Mélenchon vise au centre à Hénin-Beaumont
Il n'est pas raisonnable d'affirmer que Jean-Luc Mélenchon est guidé par son ego dans sa décision de se présenter aux législatives dans le "fief" de la n°1 du FN Marine Le Pen. Il fait premièrement son devoir, et avec un certain courage car l'élection n'est pas gagnée (il sera néanmoins en meilleure posture qu'un candidat PS). Ne serait-ce que pour la vertu pédagogique, avec répercussion nationale (1), de la campagne qu'il va mener, sa décision mérite applaudissements.
(1) L'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite en France, prophétisée par Jérôme Leroy dans son roman noir Le Bloc, se faisait chaque jour moins inconcevable durant la campagne de fou furieux menée par Sarkozy ces derniers mois, après l'oeuvre de l'ensemble de son quinquennat. Il y a désormais danger à moyen terme (dans Le Bloc, l'extrême-droite entre au gouvernement avec dix ministères dont celui de l'Intérieur).
On se rappelle d'un Des paroles et des actes (DPDA) de l'héritière Le Pen sur France 2 : elle refusait de débattre avec Mélenchon qui lui était opposé (on se rendit d'ailleurs compte, là comme en d'autres occasions durant la campagne, que Marine le Pen n'était pas au niveau d'une présidentielle). Mélenchon a raison d'aller la chercher sur son terrain (acte de courage en tauromachie) : il va peser sur l'adversaire - même si comme lors du DPDA on verra sans doute l'héritière Le Pen dans une attitude d'évitement (ces genres de toros sont qualifiés de mansos dans les arènes : sans bravoure, ils sont néanmoins agressifs, d'une agressivité désordonnée : signe de peur, non de courage).
- « quand on voit la pluie d’insultes qui provient du camp adverse, on se dit que cette décision là, si elle se confirmait, serait sûrement la bonne, pour provoquer tant de violence, c’est bien que Jean-Luc touche là où ça fait mal. » (Gauche de combat)
Des paroles et des actes, France 2, jeudi 23 février 2012 (extraits)
Sarkozy invente le mensonge ultime: la «dépêche de 18H17»

Entre autres mensonges proférés durant sa campagne kamikaze d'entre deux tours, Sarkozy a prétendu que Tariq Ramadan a appelé à voter F. Hollande (T. Ramadan a démenti, et ce matin, pour se moquer de Sarkozy, il appelle à voter pour lui).
Hier soir dans "Des paroles et des actes" sur France 2, Sarkozy a persisté dans son mensonge (de façon plus sournoise - il n'est plus explicitement question d'"appel au vote") :
« la preuve a été apportée que M. Ramadan se mobilise contre moi et soutient M. Hollande. »
Quelque peu (pas trop méchamment quand même) ramené à la réalité par D. Pujadas et F. Namias, Sarkozy inaugure alors un nouveau genre de botte secrète (#CestUneDepecheDe18H17) :
« Il l'a dit cet après-midi, c'est une dépêche de 18H17, si vous ne l'avez pas je peux vous la fournir. »
Sarkozy et sa "dépêche de 18H17" (DPDA 26/04/2012)

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Pas sûr que devant le juge le coup de la "dépêche de 18H17" suffise...
Mise à jour

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Sur twitter le hashtag #CestUneDepecheDe18H17 prend un peu ; apparition de #18h17.
Mise à jour 20H30
Sarkozy, en meeting tout-à-l'heure à Dijon, persiste avec sa "dépêche de 18H17" !
Sarkozy persiste dans son mensonge "18H17" !
Nous n'examinerons ici qu'un point de ce dernier tissu de mensonges : la fameuse "dépêche de 18H17".
Verbatim (à 0'16 de la vidéo) :
« [...] Toute la journée d'hier, on m'a accusé de mentir. Toute la journée d'hier on a contesté ce que j'dis. Et puis à 18H17, une dépêche de M. Ramadan (1) : "je n'ai pas appelé à voter pour M. Hollande, j'ai juste appelé à voter contre Nicolas Sarkozy." [...] »
(1) A ce moment Sarkozy se touche le nez : pour vérifier qu'il ne grandit pas trop sans doute.
Premier rideau de fumée : il ne s'agirait plus d'une dépêche d'agence comme tout le monde l'avait compris hier soir, mais d'une "dépêche de M. Ramadan".
=> Or on le sait, T. Ramadan a fait son démenti par un entretien téléphonique avec l'AFP (source).
Deuxième rideau de fumée : c'est cette "dépêche de M. Ramadan" qui serait tombée à "18H17" (hier jeudi).
=> On ne sait à quelle heure précisément Tarik Ramadan a opéré son démenti à l'AFP : c'était de toute façon avant 12H33, de même pour la dépêche AFP ayant rendu compte de ce démenti :

(source LeSoir.be, entre autres sites de presse ayant repris la dépêche AFP)
Il est tout simplement stupéfiant que Sarkozy persiste dans ce mensonge "dépêche de 18H17". (2)
(2) Si l'affaire a eu quelque retentissement sur twitter aujourd'hui, les sites d'info en ligne n'en ont pas soufflé mot (seule exception à notre connaissance : une brève du NouvelObs.com).

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Emmanuel Todd: «le FN a eu Sarkozy comme "attaché de presse" très actif pendant 5 ans»
Extrait du "Ce soir ou jamais" d'hier soir sur France 3 :
Emmanuel Todd : «le FN a eu N. Sarkozy comme "attaché de presse" pendant 5 ans»
Frédéric Taddéï : Peut-on véritablement parler d'une poussée du FN, comme on l'a dit et répété depuis 3 jours ?
Emmanuel Todd : [...] Si on pense à ce qui s'est passé pendant les 5 ans de la présidence Sarkozy, c'est-à-dire un président de la République et une droite dite républicaine l'UMP, qui ont fait sans arrêt campagne sur les thèmes du FN ! C'est-à-dire qu'en fait le FN a eu Nicolas Sarkozy comme "attaché de presse" très actif pendant 5 ans. On a aussi vécu l'accentuation d'une crise économique extraordinaire : en tant qu'historien je dirais que compte tenu du matraquage idéologique d'une UMP qui en vérité est passée pratiquement à la droite du FN,
Frédéric Taddéï : Ohhh !
Emmanuel Todd : Oui, parce qu'en plus... Le FN a ce côté populiste et xénophobe, mais l'UMP est xénophobe, et en plus accrochée aux riches ! Moi je la mets plutôt [plus] à droite encore, si on peut dire. [...] Compte tenu du matraquage idéologique du pouvoir en place sur le thème de l'identité nationale, de la violence économique, et du début de baisse du niveau de vie qui commence dans le pays, je trouve que le score du FN... Il est très sérieux, mais en fait c'est comme s'il ne s'était pas passé grand chose.
Sarkozy démasqué par son lapsus: «Chacun a des talents à faire croire... euh à faire valoir»
Quelques mots au milieu du discours de N. Sarkozy aujourd'hui à Saint-Cyr-sur-Loire :
Sarkozy trahi par son lapsus "des talents à faire croire"
- En dépit des apparences, derrière les moulinets, les provocations, les défis, lancés à la terre entière et à la banlieue, derrière ce décor d’opérette, se cache un individu fragile et tourmenté, une conscience fragile, livrée aux sournois atermoiements du doute; un être sans illusions sur sa nature, qui s’agite frénétiquement pour oublier qu’il se connaît trop bien et qui tente de se fabriquer un destin à côté de lui-même, espérant ainsi duper son monde. (Bruno Roger-Petit "François-Mitterrand-2007", 30 mars 2007)
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Mise à jour 25/04/2012
Discours de Sarkozy aujourd'hui :

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Lapsus de Sarkozy : "des engagements que je ne pourrai tenir" par LeNouvelObservateur
Va-t-il tenir jusqu'au 6 mai ?
Sarkozy le cancre voulait changer les règles du débat d'entre deux tours
Le 7 avril 2012, après avoir durant des semaines esquivé tout débat de fond, N. Sarkozy proposait soudain 2 débats d'entre deux tours.
Le 22 avril 2012, au soir du premier tour qui sonne comme un grave désaveu personnel, il surenchérit en proposant 3 débats.
Pour endiguer cette escalade, réplique fut donnée par François Hollande avant même son retour de Tulle vers Paris, suivi par d'autres personnalités du PS tels Kader Harif et Vincent Peillon :
Sarkozy le cancre voulait "changer les règles"
Pourquoi avoir refusé les 3 débats ?
François Hollande : « Et pourquoi pas 4, ou 5, 6, ou je ne sais combien ? Il y a une tradition. Pourquoi Nicolas Sarkozy n'avait fait qu'un débat la dernière fois ? Et pourquoi il en voudrait trois ? Vous avez la réponse : comme il est en mauvaise posture, il voudrait changer la règle. Eh bien on ne change pas la règle. Quand on a été un mauvais élève, et que l'on a une mauvaise note, on ne demande pas à changer de professeur. »
Kader Harif : « Je vais me permettre une métaphore sportive. A la mi-temps d'un match où on est mené, considérer qu'il faut changer les règles pour la 2ème mi-temps : c'est la demande qui est faite aujourd'hui par M. Sarkozy. ça n'arrive jamais sur aucun stade du monde. »
Peilllon: «il ne faut pas changer les règles en cours de match»
Est-ce que le candidat Hollande n'esquive pas le débat en refusant les 3 débats ?
Vincent Peillon : « Il y a une vieille règle républicaine : il ne faut pas changer les règles en cours de match. [N. Sarkozy] l'avait d'ailleurs lui-même refusé la dernière fois. C'est la politique du zig-zag, c'est l'esbrouffe médiatique, c'est ce dont on ne veut plus depuis 5 ans. [...] »
Dans 2 semaines le cancre Sarkozy sera renvoyé : il est de la première importance, comme l'a souligné Emmanuel Todd, que la défaite qui lui sera infligée soit la plus lourde possible.
Mise à jour 23/04/2012
Twitter s'est emparé de l'affaire avec les hashtags #JeVeux3Debats (lancé au départ par l'UMP mais rapidement détourné), et #JeVeux3DébatsEt1Poney.

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Interrogé aujourd'hui au cours d'un déplacement à Quimper, François Hollande joue adroitement du double sens du mot "correction" :
Sarkozy "élève" qui va "avoir la correction" (Hollande)
François Hollande : « [...] Ce n'est pas parce que lui est inquiet qu'il faut changer les règles ! Il fait partie de ces élèves qui n'ont pas bien fait la première copie, et qui demandent une correction. Il va l'avoir la correction. »

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Une fois ces diverses précisions apportées, le mot d'ordre sera sans doute :

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Sarkozy trahi par google #SarkoVousMent
Lorsque l'on tape "les mensonges" dans google, la première suggestion est :
Les mots "de sarkozy" apparaîssent comme première suggestion car ils sont ceux les plus souvent tapés pour compléter une recherche commençant par "les mensonges".
Ceci laisse peu de doute sur l'estime en laquelle les français peuvent tenir la "sincérité" de Sarkozy...
Alexandre Jardin petit télégraphiste de Luc Chatel
Une tribune du Monde signée Alexandre Jardin étonna jeudi dernier. Sous couvert de grands sentiments sur le thème de l'école il y avait là attaque en règle du candidat PS. A tel point qu'en court de lecture, on se disait qu'une telle prose n'aurait pas déparé dans un tract de l'UMP, dont on retrouvait d'ailleurs certains "éléments de langage".
Romain Pigenel, dans une magnifique riposte (tançant au passage la « mise en forme approximative » de Jardin), leva le zèbre le lièvre deux jours plus tard. Alexandre Jardin se trouve dans les petits papiers de Carla Bruni-Sarkozy : sa tribune était sans doute un « travail en service commandé ».
Confirmation hier soir sur twitter par @McMissir journaliste à L'Express :
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Cette information importante figurait donc il y a 15 jours dans les "Indiscrets" de L'Express.
Le Monde la portera-t-elle à la connaissance de ses lecteurs, à l'occasion de la prochaine tribune de commande téléguidée par Luc Chatel ?
La parole de Carla Bruni-Sarkozy est d'or
Carla Bruni-Sarkozy a déclaré cette semaine :
« Sur le terrain, je ne ressens pas d'agressivité, les gens semblent aimer Nicolas. L'antisarkozysme est un phénomène d'élite parisienne. »
Examinons cette vidéo d'un tractage UMP hier sur le marché de La Guérinière, quartier populaire de Caen :
«Sarkozy, sûrement pas!» par Mediapart
Extraits :
« Hé là ! Ben tiens j'vais acheter des tomates pis lui foutre sur la gueule... » (à 0'34)
« Le pygmée à Caen ? Il va venir plomber notre ville ! » (à 0'40)
« Ah non pas Sarkozy, sûrement pas... » (0'53)
« Ah non, je suis contre Sarkozy. Cette année je vote pas pour lui. » (à 2'40)
« Non, merci. NAN ! Sarkozy non. » (à 2'50)
« Je voterai pas pour lui aussi hein... » (à 3'03)
« Non, j'en veux pas. Une catastrophe. » (à 3'18)
Les vindicatifs citoyens croisés sur ce marché étaient-ils des figurants payés par la gauche ?
Note. Respect quand même pour le militant UMP...
«Un financement direct, par Mme Bettencourt, de l'UMP et du candidat Sarkozy en 2007»
Antoine Peillon, grand reporter au journal La Croix, vient de sortir un livre :
Ces 600 milliards qui manquent à la France. Enquête au coeur de l'évasion fiscale
Il était interrogé hier sur France Info. Extrait :
«Un financement direct, par Mme Bettencourt, de l'UMP et du candidat Sarkozy en 2007»
En 2009, Nicolas Sarkozy a promis la fin des paradis fiscaux. Où en sommes-nous ?
Antoine Peillon : « Les paradis fiscaux ne se sont jamais aussi bien portés. C'est l'évaluation unanime de tous les spécialistes. [...] Il suffit de regarder tous les discours prononcés dans les enceintes internationales (les sommets G20 G8 etc.). Et il faut regarder le résultat de la lutte contre la fraude fiscale. C'est un véritable fiasco. Non seulement les évadés fiscaux ne sont pas inquiétés, mais la fraude fiscale dans son ensemble, aujourd'hui, jouit d'une totale impunité. »
Pourquoi ?
Antoine Peillon : « L'explication qui m'est donnée par toutes mes sources, c'est qu'il y a un retour de l'évasion fiscale vers le financement occulte de la politique, et pas de n'importe quelle politique. La campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, vous le savez très bien, est dans le collimateur de la justice depuis maintenant un bon bout de temps. Des instructions menées à Bordeaux sont aujourd'hui très avancées sur la question du financement par Mme Bettencourt de la campagne de M. Sarkozy. Il y a un chapitre dans mon livre sur les mouvements, pour 20 millions d'euros, entre 2005 et 2007, des comptes Bettencourt. Je peux affirmer que toutes mes sources m'ont dit qu'il y avait un financement direct par Mme Bettencourt de l'UMP de l'époque, et du candidat Nicolas Sarkozy de l'époque. »
- « Antoine Peillon lance de nombreuses et graves accusations mais il est sûr de ses sources : des cadres écoeurés d'UBS en France, en Suisse, mais aussi les services secrets français. Les preuves dont ces informateurs disposent ont été transmises à plusieurs autorités de régulation. Le parquet a été saisi, mais il ne bouge pas, assurant une forme de protection aux gros fraudeurs. C'est pour lever cette impunité que le journaliste a décidé d'écrire ce livre. » (Alternatives-Economiques.fr)
Une fois intégrés ces divers élements, on appréciera dans toute son étendue cet incroyable exercice de boniment de N. Sarkozy (sept. 2009) :
Sarkozy : "Il n'y a plus de paradis fiscaux" par politistution
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A lire aussi :
Antoine Peillon: "Les mouvements des comptes de Madame Bettencourt sont troublants" (MyBoox.fr)
L'évasion fiscale, une cagnotte de 590 milliards ! (Marianne2.fr)
«Les douanes françaises ont fait un énorme travail d’enquête sur UBS» (LeTemps.ch)
Évasion fiscale protégée par le pouvoir, le livre qui accuse (Agoravox)
Une évasion fiscale massive continue malgré les promesses gouvernementales (Laurent Mucchielli)
Emmanuel Todd et les "évènements de la gare du Nord" 2007
Dans son désormais classique Après la démocratie (2008), Emmanuel Todd écrivait, à propos des évènements de la gare du Nord de mars 2007 :
« [...] le 26 mars [2007], Nicolas Sarkozy quittait le ministère de l'Intérieur. Le lendemain, à la gare du Nord, des affontements spectaculaires opposaient bandes de casseurs et forces de police. Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, le sondage TNS Sofres dit de "sortie des urnes" indiquait que ce qui avait le plus influencé le vote des électeurs de Sarkozy était, mentionné par 43% d'entre eux, le choc de la gare du Nord.
L'enchaînement des faits, leur importance obligent à s'interroger (ce que la presse n'a pas fait) sur la spontanéité de ces affrontements. L'agent provocateur, après tout, est une figure familière dans l'Histoire. [...] l'épisode de la gare du Nord a joué un rôle central dans la campagne présidentielle. Jamais Nicolas Sarkozy n'aurait atteint 31% des suffrages au premier tour sans le climat de fièvre qu'engendra cet évènement, pas seulement en lui-même mais aussi et surtout parce qu'il rappelait la grande flambée des banlieues survenue 17 mois auparavant. »
(p. 151-152 en poche)



