François Bayrou accuse (27/04) (Reuters / AP) (lien audio)

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François Bayrou affirme que Nicolas Sarkozy a exercé des pressions pour empêcher la tenue du débat télévisé qu'il devait avoir avec Ségolène Royal samedi sur l'antenne de Canal+.

"J'ai parlé de la part de Nicolas Sarkozy d'intimidation et de menace. C'est exactement là qu'on en est."

François Bayrou qui, lors de cette même conférence de presse mercredi à Paris, a évoqué "la proximité (de Nicolas Sarkozy) avec les milieux d'affaires, les puissances médiatiques", a dit disposer d'éléments à l'appui de son affirmation que l'ancien ministre de l'Intérieur était intervenu et avait fait pression.

Il a dit s'appuyer "sur des témoignages nombreux (de pressions) adressées pas seulement à la direction de Canal+ mais à tous ceux qui s'intéressaient à ce débat et avaient l'intention de le retransmettre".

"Par toute une série de réseaux, que nous connaissons tous, qui rapprochent de très grandes puissances financières et de très grandes puissances médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, des interventions directes sont faites auprès des rédactions, auprès des chaînes, de manière que l'information se trouve verrouillée." Le dirigeant centriste a affirmé qu'il n"acceptera pas que "dans mon pays on verrouille l'information".

"Je dis avec certitude qu'il y a dans l'organisation de Nicolas Sarkozy depuis longtemps une tentative de verrouiller l'information, que ceci passe par des puissances très importantes que j'ai tout au long de la campagne électorale désignées comme étant un problème pour la France, ce réseau qui fait que se rapprochent de très grandes puissances financières, de très grandes puissances médiatiques et la puissance politique que Nicolas Sarkozy représente".

"Je dis avec certitude que je ne peux pas accepter que cela se fasse et donc, autant qu'il dépendra de moi, je vous dis aussi, contrairement à toutes les informations qui ont été avancées, ce débat aura lieu parce que deux candidats qui représentent 45% des Français, c'est un droit légitime pour les Français de savoir ce qui les sépare, quelle est leur vision de l'avenir. Puisque la confrontation n'a pas pu avoir lieu avant le premier tour, il faut qu'elle ait lieu entre les deux tours".

François Bayrou a réaffirmé qu'il n'était "pas là pour donner une intention de vote". "J'ai dit que je le ferais si je dois le faire plus tard", a-t-il souligné, observant que "nous avons sous les yeux, là aujourd'hui, la preuve, que cette propension ou ce choix de Nicolas Sarkozy de verrouiller l'information et le débat est nuisible pour la France. Je ne laisserai pas faire ce genre de choses".

"On est en train de choisir le chemin d'une régression immense qui met en cause le droit élémentaire des Français à être informés"

"Et songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Alors, qu'en sera-t-il s'il est élu?".

 

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Ségolène Royal accuse (27/04) (AFP / AP)

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Dans la matinée, Ségolène Royal a réaffirmé sa volonté de débattre avec François Bayrou, dénonçant au passage les "méthodes d'un autre âge" de l'UMP, accusée d'avoir fait pression pour empêcher la tenue de ce débat. "Ces méthodes d'un autre âge n'auront pas le dessus et le débat aura lieu". "Ce débat aura lieu", a-t-elle répété à la sortie. "Personne ne me fera taire".

"Je crois que le système médiatico-financier auquel est lié Nicolas Sarkozy a, comme le dit François Bayrou, essayé de faire en sorte que ce débat (avec le candidat UDF) n'existe pas. (...) Mais les électeurs, les citoyens ont quand même droit à la liberté d'expression de responsables politiques qui veulent parler ensemble de l'avenir de la France."

"J'encourage tous les journalistes à résister aux pressions de toutes sortes. On ne voit ça dans aucun autre pays démocratique. C'est quand même tout à fait surprenant. Cela en dit long sur ce qui se passe et sur ce qui se passerait [en cas de victoire du candidat UMP]."


"Les Français ne veulent pas que le pouvoir soit confisqué entre les mains de quelques groupes médiatiques liées aux puissances d'argent et liées à un candidat. Je crois que ce n'est pas acceptable dans une démocratie et je crois qu'il faudra faire les réformes nécessaires pour mettre fin à cette concentration."


"[Il faut que] les journalistes soient libres. Ce complexe médiatico-financier a été à juste titre dénoncé par François Bayrou parce que je crois que l'objectif, c'était surtout de le faire taire, lui. Il faudra faire les réformes nécessaires pour mettre fin à cette concentration d'un pouvoir financier, industriel et médiatique pour que les journalistes soient libres."

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Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) dénonce un "déni de démocratie"
(lien)

SNJ

"Avec le pitoyable feuilleton du débat empêché entre Ségolène Royal et François Bayrou, les médias se trouvent une nouvelle fois au cœur d’une des bavures majeures de la campagne électorale.

L’arithmétique pointilleuse du CSA d’un côté, le poids des sympathies auprès du candidat Sarkozy de l’autre, font que le devoir d’informer subit une entrave insupportable dans une démocratie comme la nôtre.

Les concentrations excessives dans la presse française ; les amitiés particulières entre le monde politique et les directions des médias ; la façon dont sont nommés les membres du CSA, jettent la suspicion sur tout un secteur professionnel et constituent une atteinte directe au droit légitime des citoyens d’être correctement informés.

Le SNJ, premier syndicat chez les journalistes, dénonce avec vigueur ce déni de démocratie. Cette situation le conforte dans sa lutte pour une véritable indépendance des médias, des équipes rédactionnelles, et l’inscription dans la Constitution du droit à une information honnête, complète, pluraliste et indépendante des pressions politiques."

 

Tout ce que Sarkozy a trouvé à répondre à ces gravissimes accusations, c'est son sempiternel refrain (adressé en particulier à Bayrou) :

   
"je trouve ces accusations insultantes et blessantes"

   
Ou l'inverse, il récite cela quotidiennement maintenant. Aucun mensonge, aucun trucage ne l'arrête. C'est ahurissant.

Et le sbire Copé, totalement décomplexé dans le mensonge (on dirait qu'il se singe lui-même), d'en rajouter une louche, à propos de Bayrou :

   
"Je suis scandalisé par les allégations ignobles et indignes d'un responsable politique qui se veut démocratique et respectueux du choix des Français"
. (lien)

 

 

  • « Tout bien comparé, les vieilles figures de la droite française profanatrice de libertés que furent les Frey, Marcellin, Peyrefitte, Poniatowski et autres, apparaissent désormais comme de bien pâles ancêtres de ce qu’est devenu le candidat de l’UMP, cette hydre médiatique engendrée par les puissances d’argent, brutale et arrogante, et qui s’apprête, sans trop se dissimuler, à faire main basse sur une nation.
    (...)
    La France est devenue le seul Etat démocratique du monde où une confrontation courtoise, souhaitée, décidée par deux candidats à une élection présidentielle, ne peut se tenir parce qu’un individu s’y oppose. Ce même individu peut ainsi imposer sa volonté à l’ensemble de la presse quotidienne régionale, à toutes les chaînes de télévisions, à toutes les stations de radios et à tout le CSA. Tout cela pour éviter une image qui serait pour lui assassine : Royal et Bayrou se serrant la main, tout sourire, puis débattant sereinement, et constatant, qu’au bout du compte, ce qui importe, c’est la défense des libertés publiques et leur volonté commune de faire obstacle à un candidat qui s’apprête à les bafouer. » (FM2007)
  • « Traiter François Bayrou de stalinien ! Ils sont vraiment en train de merder à l'UMP. » (P'tit LU)
  • « Sarkozy (...) a perdu une fois de plus ses nerfs à la simple idée que Bayrou et Royal puissent débattre en public, de façon transparente, démocratique. Le voilà qui trépigne, accuse ses adversaires d'être "staliniens", de "bavasser" ! Cet homme n'est pas tranquille. » (Olivier Bonnet)

   

La chronique de Sébastien Fontenelle

   

"Le candidat soutenu par Berlusconi d'un côté, la candidate soutenue par Zapatero et Romano Prodi de l'autre. Voilà le choix qui est devant vous"

(Ségolène Royal, Meeting de Lyon, 27/04/2007)

    

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Mise à jour 08/05/2007


François Bayrou censuré en direct

 

 

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Liens complémentaires :

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L'intox sarkozyste à son comble

Sarkozy vu par François Bayrou