Ne pas manquer la façon dont Alain Badiou cerne la réaction dans l'Histoire de France depuis la Révolution :



Badiou : de quoi Sarkozy est-il le nom ?


Sarkozy tombera jusqu'à 25% d'opinions favorables (les gens se décillent enfin les yeux sur son compte), mais le quinquennat et l'alignement des législatives sur la présidentielle lui laissent la haute main sur le pays pour 4 ans encore.

Après avoir été durant la campagne, de façon éhontée, les principaux agents de la mystification sarkozyenne, les médias "officiels" retournent leur veste et reviennent maintenant à davantage d'impartialité (pour ne pas se faire "lyncher" avec le principal coupable sans doute), mais c'est TROP TARD.

Il y a dans tout ça quelque chose de grave.

  

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Mise à jour

   

De quel réel cette crise est-elle le spectacle ?, par Alain Badiou ("Le Monde", novembre 2008)

« Que voit-on, ainsi détourné, ou retourné ? On voit, ce qui s'appelle voir, des choses simples et connues de longue date : le capitalisme n'est qu'un banditisme, irrationnel dans son essence et dévastateur dans son devenir. Il a toujours fait payer quelques courtes décennies de prospérité sauvagement inégalitaires par des crises où disparaissaient des quantités astronomiques de valeurs, des expéditions punitives sanglantes dans toutes les zones jugées par lui stratégiques ou menaçantes, et des guerres mondiales où il se refaisait une santé. »

« Laissons au film-crise, ainsi revu, sa force didactique. Peut-on encore oser, face à la vie des gens qui le regardent, nous vanter un système qui remet l'organisation de la vie collective aux pulsions les plus basses, la cupidité, la rivalité, l'égoïsme machinal ? Faire l'éloge d'une "démocratie" où les dirigeants sont si impunément les servants de l'appropriation financière privée qu'ils étonneraient Marx lui-même, qui qualifiait pourtant déjà les gouvernements, il y a cent soixante ans, de "fondés de pouvoir du capital" ? Affirmer qu'il est impossible de boucher le trou de la "Sécu", mais qu'on doit boucher sans compter les milliards le trou des banques ? »

« Il faut renverser le vieux verdict selon lequel nous serions dans "la fin des idéologies". Nous voyons très clairement aujourd'hui que cette prétendue fin n'a d'autre réalité que le mot d'ordre "sauvons les banques". »

       

Alain Badiou : «Le volontarisme de Sarkozy, c’est d’abord l’oppression des plus faibles» (Libération, janvier 2009)

« Son volontarisme s’applique à ce à quoi il peut s’appliquer, c’est-à-dire à travers l’oppression des plus faibles, singulièrement les ouvriers de provenance étrangère, et à l’extension sans frein, par des lois scélérates, de l’appareil répressif. Les "réformes" vont toutes dans le même sens : un Etat autoritaire et antipopulaire, que tout obstacle importune. Sarkozy procède à vive allure au démantèlement du système éducatif et, plus grave encore, du secteur hospitalier. La désignation du malade mental à la vindicte publique est l’un des aspects les plus révulsifs de sa politique. Ces derniers mois, la crise financière l’a pris à contre-pied. Il essaie de la gérer par des effets d’annonce, mais il ne fait rien d’autre que ce que les gouvernements font partout : sauver les banques avec des fonds publics. »

   

Alain Badiou : «C'est le communisme qui est une idée neuve en Europe» (Libération, janvier 2009)

« Toute une partie de la politique de Sarkozy produit une diminution des libertés publiques. Il y a multiplication des contrôles, aggravation de peines, et attaques ouvertes contre les institutions chargées de défendre ces libertés. Il ne fait maintenant aucun doute que la conception que se fait Sarkozy de l'action de l'Etat est de façon principale une conception autoritaire et répressive. »

« Une partie de l'action répressive de Sarkozy a été au-delà de ce que je pouvais imaginer. Je citerai notamment la rétention administrative concernant les malades mentaux, et les tentatives répétées de durcissement sans limite de la répression des mineurs. D'un autre côté, on peut évidemment être surpris de l'intervention systématique de l'Etat pour renflouer les banques, alors que la doctrine libérale voulait comprimer, presque sans mesure, les dépenses publiques. »

 


Alain Badiou l'hypothèse communiste csoj 09-04-2009 

   

  

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Sur le même sujet :

Le sarkozysme est-il un pétainisme transcendandental ?

   

   

Billet également publié sur Betapolitique.fr