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Désinformation, intox : questions sur l'indépendance des medias

mardi 1 juillet 2008

Sarkozy ou l'imposture permanente

« Une vraie entreprise de propagande totalitaire au sens orwellien du terme » (Olivier Bonnet)


pinnochio2   


Extrait d'une interview donnée par Ségolène Royal, le jour de la présentation de sa motion à la Maison de la Chimie :

 

« La vraie nature du sarkozysme on la voit maintenant. Il avait promis la rupture, la France subit une déchirure. (...) Jamais les français n'ont été aussi en situation de panne de moral. Je crois que ce n'est pas bon pour la France lorsque les français ne croient plus en leur avenir. (...) Un pouvoir insolent, un pouvoir qui fait main basse sur la presse, un pouvoir qui se comporte de façon souvent très choquante, inadmissible, un pouvoir qui se croit tout permis. »

(source)

   

Il semble que Ségolène Royal ait visé juste : les porte-paroles de l'UMP n'ont rien trouvé de mieux à répondre qu'un ridicule "Nous avons été choqués par les attaques de Ségolène Royal contre la personne du président de la République" (source).

Comme si les postures de voyou, la violence (clairement nommée par Ségolène Royal dans son interview), se trouvaient de son côté à elle.

Comme si les drames humains générés par la chasse au quota actuellement à l'œuvre en France, pouvaient être occultés par un "c'est une curieuse façon de présenter les choses" - réponse de Nicolas Sarkozy à l'excellente et admirable Audrey Pulvar (qui lui demandait le nombre de contrôles d'identité nécessaires à l'obtention du quota annuel de 25000 expulsés), à 0'20 de cette vidéo :


Après le off, Sarkozy-Pulvar sur France 3

   

(Entretien décrypté par Dedalus => ICI)


Cette façon de renverser les valeurs ; d'accuser l'adversaire de ses propres turpitudes. Cette façon de faire passer une concession aux idées du Front National pour un élan du cœur (cf. video précédente à 0'50). Cette façon d'user de mots doucereux, trompeurs et hypocrites. Ces mensonges enfin, que l'on dirait érigés en système (de conquête du pouvoir - puis de son exercice).


  • « On est dans le domaine du faux-semblant, du trompe-l'œil, de la communication reine destinée à travestir la réalité. Une vraie entreprise de propagande totalitaire au sens orwellien du terme : dans 1984, l'un des slogans du pouvoir n'est-il pas "La vérité, c'est le mensonge" ? A mettre en parallèle avec cette autre phrase du roman, "La liberté, c'est l'esclavage", qui illustre parfaitement la prétendue défense de la valeur travail, autre dada de Sarkozy, qui n'est en fait que l'éloge de l'aliénation. C'est le mensonge érigé en système : on prend un mot dont on détourne le sens pour lui faire dire l'inverse de ce qu'il signifie. » ("Plume de presse", 07/09/2007, ICI)


Cette imposture enfin.

338Toutes choses parfaitement démontées et mises en catalogue dans le récent livre de Olivier Bonnet :

Sarkozy, la grande manipulation


« Voilà donc clairement livrée la personnalité politique du président : un homme qui est prêt à dire n'importe quoi - ce qu'il fait régulièrement - pourvu que cela serve son ambition. »

(Olivier Bonnet, in Sarkozy, la grande manipulation, p. 95)

 

***

   
Certains commentaires, datant d'il y a un an et glanés ici ou là, gardent toute leur actualité :


  • « Comment la France, après tout ce qu’elle à vécu (...), est-elle prête potentiellement à mettre sur son "trône" un mégalomane inculte et irascible comme Nicolas Sarkosy ? » (Tante Jeanne, 09/04/2007, ICI)
   
  • « Il y a quelque chose, chez Nicolas Sarkozy, qui ne se dément jamais : c'est la façon qu'il a de remplacer la réalité par une réalité-bis, et la vérité par une vérité alternative. C'est le problème, quand on s'affranchit quelque peu de la vérité : on finit, comme le souligne Patrick Klugman, par "justifier l'injustifiable". On finit par "consentir aux plus hautes compromissions idéologiques". » ("Vive le feu!", 03/05/2007, ICI)
   
  • « Le candidat Sarkozy est tellement habitué à mentir et à raconter n'importe quoi, qu'il semble faire cela tout à fait naturellement : il n'en est plus à un (gros) mensonge près. En fait le mensonge semble consubsanciel à son être profond : comme si le "personnage Sarkozy" était indissociable d'une stratégie de brouillage ou d'évitement du réel, appliquée à lui-même pour commencer. » (antennerelais, 06/04/2007, ICI)
   

  • « Au fur et à mesure des semaines qui passent, la multiplication de ces mensonges les fait apparaitre comme le fondement même de son discours, de sa posture, de sa tactique. Sarkozy semble de fait engagé dans un effort quotidien de falsification de la réalité. Le problème est que, comme Berlusconi en son temps, Sarkozy dispose de médias aux ordres pour donner écho son à imposture... » (antennerelais, 01/05/2007, ICI)
   

  • « Ce mec ment comme un arracheur de dents ("je vais publier mon patrimoine", on attend toujours, "il n'y a pas eu de bavure pendant que j'étais à l'Intérieur"), trolle comme un porc (la gauche "du côté des délinquants", la France "qui n'a jamais fait de génocide ni appliqué la solution finale"), il est très clairement coupable d'abus de biens sociaux et de prise illégale d'intérêt, et pourtant, rien... C'est flippant, parce que c'est vraiment la marque d'un chef d'Etat totalitaire que de réussir ainsi à complètement déformer la réalité sans que ça ait le moindre effet sur sa popularité... » (Lorelei, 06/04/2007, ICI)

   

Un motif d'espoir toutefois : un an après, la popularité du mystificateur en chef est tombée au plus bas, et y demeure (voire continue encore à baisser - malgré les couinements de quelques-uns, piaffant d'annoncer la bonne nouvelle d'une (hypothétique) remontée de popularité du président Sarkozy). Enfin les yeux des français se sont finalement décillés.

 

francois_mitterrand_2008_Ramsay« Sa méconnaissance des églises, son ignorance de la beauté des choses de la nature, son mépris des livres, son incapacité à s'extraire de l'actualité pour l'Histoire, tout cela et tant d'autres manifestations de sa barbarie m'avaient amené à la conclusion que ce jeune-homme agité ne pouvait aller au-delà de lui-même, c'est à dire pas très haut. »

(François Mitterrand 2008, Ramsey, p. 147)


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Posté par antenne_relais à 22:25 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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