jeudi 10 juillet 2008

Ségolène et les barbouzes

 

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Le 9 mai 2008, dans l'émission Entre les lignes sur LCP (émission hebdomadaire dans laquelle sont invités 4 journalistes qui devisent sur l'actualité, ceci avec une très remarquable liberté de ton - peut-être parce que cela se passe sur une chaîne confidentielle), un des journalistes présents avait eu ce propos (à propos de l'espionnage dont avait été victime, des mois durant, Olivier Besancenot) :


« Ces histoires de barbouzes, d'écoutes téléphoniques, c'est en prolifération active. C'est quelque chose que l'on voit aujourd'hui fleurir, c'est hallucinant. Dans le moindre petit dossier sensible, il y a de la barbouzerie qui intervient. C'est terriblement inquiétant. »

(source)

   

François Hollande, toujours très prudent dans ses déclarations, a néanmoins osé hier, à propos de la mise à sac du domicile de Ségolène Royal le 27 juin dernier :

   
« Ce sont des faits graves, qui n'ont d'ailleurs pas concerné que Ségolène Royal, puisque l'on sait que depuis plusieurs mois, un certain nombre de personnalités... (...) Besancenot (...) a été, on le sait, suivi par des officines. Bernard Thibault avait engagé une action. Je ne fais pas de rapport, mais quand même, il y a un climat. » (source)


   

« Ce n'est pas dans tous les pays qu'un des chefs de l'opposition voit régulièrement son appartement visité »

(Gérard Collomb)

   

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, ne mâche pas ses mots :

   
« [si Ségolène Royal a mis en cause le] clan Sarkozy [dans] la mise à sac [de son appartement], c'est qu'elle a des bonnes raisons de le dire »


« Qu'il y ait un clan Sarkozy c'est une évidence »

« une attaque en règle, brutale, violente, voire à la limite de l'insulte de la part (...) de conseillers proches du président de la République »

« On voit bien que Nicolas Sarkozy a un comportement étonnant, étrange qui est parfois éloigné de sa fonction »

(source)

   

François Rebsamen résume la situation :

   
« Pour la deuxième fois l’appartement de Ségolène Royal a fait l’objet le 27 Juin d’un "cambriolage" d’un genre particulier : une intrusion, pas de vol, mais une mise à sac et une mise en scène, orchestrée qui relève de la menace et de l’intimidation musclée. (...) Pas un mot de soutien de Nicolas Sarkozy qui a pourtant érigé la compassion en méthode de gouvernement, mais des insultes du Premier Ministre et du porte-parole de l’UMP, quand Ségolène Royal s’interroge sur les liens entre les attaques dont elle est victime et son rôle d’opposante au président de la République. (...) Une des chefs de l’opposition, l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle, est menacée dans sa sécurité quotidienne et la seule réponse est de l’accuser de "péter les plombs". La démocratie c’est d’abord le respect de l’opposition, j’appelle les représentants de la majorité à s’en souvenir. »

(source)


  • « Dans la France de Nicolas Sarkozy, on peut désormais mettre à sac le domicile de la principale opposante politique et cela ne déclenche que l’hilarité des porte-paroles, ou plutôt des porte-flingues, du pouvoir en place. (...) La France de Sarkozy c’est la télé de Berlusconi et les méthodes de Poutine. » (Aurélie Filippetti)
  • « La seule chose dont on soit absolument certain, c'est qu'elle est ciblée. Il ne s'agit pas d'un cambriolage ordinaire mais d'une mise à sac (...) Je trouve choquant de moquer cela » (JP. Mignard)
  • « Je trouve que l'agressivité des sbires qui entourent Sarkozy n'a plus de limite » ("radical chic")
  • « Pour moi, la sortie de Royal sur un fait divers qui la touche personnellement n'est pas du tout irraisonné. C'est un signe évident qu'elle veut démontrer que quelque chose ne tourne pas rond dans la sphère du pouvoir actuel. » (ovrefoss)
   

Le mieux est finalement d'écouter Ségolène Royal, d'une dignité parfaite ce matin sur RTL, intervention pugnace à suivre jusqu'au bout :

   

"Mon cambriolage est une affaire politique, pas personnelle"

   
En comparaison, considérons un instant cet histrion, agité de soubresauts et de tics de petite frappe :

   

Sarkozy : "l'Europe nous a sauvé des socialistes"

   
Certes le contraste est rude.

  • « Est-ce un sketch d'Anne Roumanoff ou de Fernand Raynaud ? Un discours de Jean-Marie Le Pen, de George Dobeuliou Bush ou de Joseph McCarthy ? » ("Les mots ont un sens")
  • « Il n'est pas anodin de noter les rires gras et complaisants des barons de l'UMP, assis aux premiers rangs. Ceux-là savent bien que désormais, et tant que ce clown sera en poste, la France leur appartient. » (Dedalus)

   
On relève de la part de l'histrion ce propos absurde autant que scandaleux (à 1'38 de la vidéo)
:

« La France est en train de changer. Elle change beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément qu'on ne le croit. Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit. »

(Nicolas Sarkozy, 05/07/2008)

   
Ségolène Royal, au diapason d'une écrasante majorité de français qui expriment chaque jour davantage leur réprobation vis à vis de la personnalité et des agissements de l'histrion Nicolas Sarkozy, parle, elle, de "déchirure".

Elle avait d'ailleurs eu cette phrase d'une lucidité parfaite :

   
« Nicolas Sarkozy ne se rend même plus compte de ce qu'il dit, il vit dans un autre monde. On se croirait revenu sous l'Ancien Régime où le Roi s'amuse, le Roi dilapide l'argent, le Roi soigne ses amis, le Roi enrichit ceux qui sont déjà riches et pendant ce temps là le peuple s'appauvrit » (source)


***

 
Mise à jour 11 /07/2008

   
Intéressant article :

Et si Ségolène Royal avait raison ? ("Agoravox")

   

Il y a 10 jours, après être revenu sur la mise à sac de l'appartement de Ségolène Royal, Jean-Pierre Mignard précisait la notion de "clan Sarkozy", dont Ségolène Royal venait de dénoncer "la mainmise sur la France" :

   

"S.Royal cambriolée : Peut-être un fait politique"

   
Question
: C'est quoi "le clan Sarkozy" ?

Jean-Pierre Mignard : « Ce sont ses amis politiques, ce sont ses amis économiques. C'est à dire ceux qui détiennent un pouvoir. Un clan c'est un groupe de gens qui ont l'habitude de se voir, et de concevoir des stratégies qui sont des stratégies d'occupation du pouvoir, de prise de pouvoir - des positions stratégiques, du pouvoir économique, du pouvoir médiatique et du pouvoir politique. (...) Il peut y avoir des amitiés mais il y a surtout des stratégies d'intérêts. (...) Il y a des connivences d'intérêt entre des groupes industriels [Bouygues, Lagardère] ou des groupes de participation financière [Bolloré], avec la politique du président de la République. [Ces] connivences (...) se manifestent sur beaucoup de terrains et notamment sur le plan médiatique : c'est très significatif. »

   
Autre article notable :

Royal : le "Clan Sarkozy" lui accorde 30 secondes au JT de TF1 ("RichardTrois" - "LePost")

 

Dossier en construction dans @rrêt sur images :

"Royalgate" : Guéant informe directement la presse... mais pas l'avocat de Royal

   
Extraits :


« L'Elysée et le ministère de l'Intérieur semblent décidés à éventer [les] accusations [de Ségolène Royal] en poussant à l'accélération de l'enquête.

Ainsi, jeudi 10 juillet, une dépêche de Reuters signalait qu'"une suspecte de droit commun a été identifiée comme le possible auteur du cambriolage du domicile de Ségolène Royal en août 2006 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)" et qu'elle est actuellement recherchée.

Un coupable pour le premier cambriolage ? L'information, sourcée du ministère de l'Intérieur, tombe à point nommé. (...)

Elle fait (...) l'objet d'un article dans Libération [:] la source est désignée comme "un conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée". Selon nos informations, ce conseiller n'est autre que Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée et bras droit du chef de l'Etat.

L'idée semble donc bien de contredire Royal une fois pour toutes.

Notons que le calendrier est troublant : une empreinte de la jeune femme suspectée avait été relevée en 2006, mais l'identification de cette empreinte n'avait rien donné. Le dossier avait donc été clos en mars 2007 par le parquet de Nanterre.

Et surprise, selon la police, la suspecte a finalement été identifiée le 30 juin, soit trois jours après la deuxième visite dans l'appartement de Ségolène Royal, par un nouveau passage de cette empreinte dans les fichiers de la police... L'enquête devrait donc être rouverte.

La coïncidence est étrange, d'autant que l'entourage de l'ex-candidate à la présidentielle n'avait même pas été prévenu ! Dans Libé l'avocat de Ségolène Royal, Jean-Pierre Mignard, s'indigne: "C'est invraisemblable ! Pourquoi découvre-t-on maintenant l'existence de cette cambrioleuse ? Comme si on avait clôturé puis rouvert une enquête sans même en être informés."...

Surtout, l'avocat rappelle au figaro.fr que lors du premier cambriolage, rien n'avait été volé. "La suspecte, présentée comme délinquante d'habitude, aurait donc ce soir-là exercé son activité habituelle à titre bénévole, mue par la seule curiosité. C'est assurément une originalité", ironise-t-il. (...)

Etranges ou pas, ces faits n'ont guère fait réagir les médias. Et pourtant, Ségolène Royal n'est plus seule à affirmer avoir été suivie ou surveillée. (...) Quand un ancien premier Ministre lui confie qu'il pense avoir été espionné, quelle est la réaction de Barbier [sur LCI] ? Aucune, il passe à la question suivante. »


ça se précise  (il se trouve encore des journalistes pour faire leur boulot et ne pas se contenter de servir de la pâtée pour chats) :


« Un cabinet noir à l'Elysée »
("Le Parisien", 10/07/2008)

   
LEILA_BOUACHERA_2« Leila Bouachera, ex-candidate à la candidature présidentielle, docteur en droit, chargée de mission au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), (...) avait tenté, sans succès, de se présenter à l'élection présidentielle de 2007. Inconnue du grand public, (...) [elle] désignait à l'époque le candidat Nicolas Sarkozy comme "un réel danger pour la démocratie". Ex-membre du RPR puis de l'UMP, elle a été cambriolée deux fois et se dit, comme Ségolène Royal, victime d'une opération "d'intimidation".» 

« "C'est du travail de professionnels, pas de barbouzes. Je maintiens qu'il existe un cabinet noir à l'Elysée qui s'occupe d'intimider les gêneurs." »

« "Tout le monde tourne en ridicule Ségolène Royal. Lorsqu'une femme s'exprime pour oser dénoncer la mainmise du clan Sarkozy, on la considère comme quasi folle... C'est scandaleux." »

 
***

 
Mise à jour


Différentes réactions collectées par l'indispensable Mel : extraits.

 

« Libération a fait visiblement le choix de privilégier la campagne de promotion du disque de la nouvelle première dame de France, plutôt que de choisir de manifester une solidarité avec le leader de l'opposition de gauche. »

« Sarkozy et le pouvoir ce ne sont pas des anges. On est pas ici au royaume de Blanche Neige. (...) On a des raisons de s'inquiéter des atteintes aux libertés publiques qui petit à petit se font jour en France, aujourd'hui. »

(Aurélie Filippetti)



Admirable intervention
de David Assouline, face au sulfureux et très difficilement soutenable Patrick Balkany :

   

Débat D. Assouline / P. Balkany

   

Extraits :

« Ségolène a soulevé un problème (...), elle considère que la mainmise du clan Sarkozy sur la France devient insoutenable, notamment dans l'affaire des médias. Elle le dénonce fortement. Il se trouve qu'au moment où elle le fait, (...) par deux fois on "visite" l'appartement. On ne vole rien, on le fait de façon très professionnelle, on fait une mise en scène ! On montre que les objets de valeur on les a vus, on les étale, on ne les prend pas. [Cette] dernière fois, [la] "visite" est encore une plus grande mise en scène, puisque dans le bouleversement de l'appartement et des papiers qui sont jetés partout, il y a un papier qui est trouvé : la plainte de Ségolène Royal [pour] la [précédente] "visite", déchirée en deux et jetée sur le lit ! Tout cela les policiers l'ont constaté. A ce moment là, quand on est une femme politique, qui a eu 47% des voix, 17 millions d'électeurs, qui représente l'opposition dans le pays, c'est un problème politique et pas un problème personnel ! »

« C'est la méthode : quand [Ségolène Royal] ouvre la bouche ou quand elle essaye de parler, on essaye de la décrédibiliser (...). »

« Imaginons M. Chirac au lendemain de sa défaite en 1988 face à M. Mitterrand, qui a son appartement mis à sac, pour la deuxième fois, avec une mise en scène, qui ressemble à de l'intimidation, qui n'est pas un vulgaire cambriolage. On attend quand même que les responsables de l'Etat, que la droite, que les responsables politiques, disent à un moment donné quelque chose, s'émeuvent! Disent qu'il y a quelque chose qui n'est pas sain ! Aient des paroles de compassion, téléphonent même : rien ! La droite depuis 3 jours s'acharne sur Mme Royal, elle n'a pas eu dans ces 3 jours un mot pour déplorer ce qu'elle a subi. »

   
Patrick Balkany ose cette réponse :

« Cette opération que vous montez peut-être de toutes pièces »

   
Quand la France sera-t-elle débarrassée de tels escrocs ?


Jean-Louis Bianco monte lui aussi au créneau (à partir de 1'15) :

   

Jean-Louis Bianco - I>Tele - 11 juillet 08

   

« le degré zéro de la démocratie"

   
Jean-Louis Bianco
:
« C'est une coïncidence extraordinairement étrange et troublante que presque à chaque fois qu'elle a un discours important, ça se produise de la même manière [la "visite" de son appartement]. Dans quelle démocratie au monde aurait-on pris l'affaire aussi peu au sérieux ? Il suffit qu'elle parle pour que brusquement - alors que l'affaire de 2006 avait été classée, on ne s'en était plus occupé - brusquement on retrouve une hypothétique coupable. C'est quand même pas sérieux ! N'importe où le ministre de l'Intérieur se serait exprimé, il y aurait eu un coup de fil, au leader ou à un des leaders de l'opposition ! Il se préoccupe, il prend l'affaire au sérieux ! En France, qu'est-ce qu'elle récolte : des insultes. C'est vraiment le degré zéro de la démocratie. »

Question : Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP, hier, est encore monté d'un cran : il a dit "Ségolène Royal a besoin d'aide psychologique, elle est paranoïaque". C'est assez sérieux de dire ça, c'est assez grave.


Jean-Louis Bianco : « ça n'est pas grave parce que c'est Frédéric Lefebvre. Frédéric Lefebvre est plutôt dans l'insulte, dans l'agression, dans l'aboiement, que dans la politique. Il est utilisé pour ça, l'UMP l'utilise pour ça. (...) Quand on insulte un adversaire politique, c'est qu'on est faible. Et c'est un signe de faiblesse, en dehors d'être une grossièreté. (...) Ce qui est important (...) c'est de savoir si oui ou non il va y avoir une enquête sérieuse, et si oui ou non on va cesser de manier l'insulte comme seul instrument de propagande du côté du pouvoir. »

    

L'indispensable (et peut-être extra-lucide) Jean-François Kahn : 

   

JFK : Elle Leur Fait Peur

      
« La violence, la haine de toute une meute ! (...) Elle leur fait peur quand même, sans quoi il n'y aurait pas eu ces réactions. »

    

Foudroyant raccourci signé Claude Askolovitch :

« Ce qu'il faut savoir, c'est que la détestation absolue de Nicolas Sarkozy (NS vu comme un mal absolu), c'est quelque chose qui existe à gauche, et depuis longtemps. Au-delà je ne sais pas. Il faut savoir aussi - les initiés le savent, les journalistes politiques - que Ségolène Royal n'est pas la seule à théoriser cela. François Bayrou par exemple, en privé, dit exactement la même chose [qu'elle], il le dira publiquement s'il pense que c'est utile, et ça risque d'arriver rapidement. »

« L'idée selon laquelle Nicolas Sarkozy n'est pas un adversaire politique (avec qui on débat, on argumente, on contre-argumente), mais qu'il est un ennemi, un ennemi absolu, un ennemi de la République, qu'il est en train de détruire ce pays, et que donc il faut l'éradiquer : c'est une idée qui fait son chemin, qui est présente. Je pense - je peux être démenti mais je ne crois pas - je pense qu'on est seulement au début d'une guerre totale dans la vie politique française. »

(source)

   

De fait, François Bayrou avait déclaré mercredi au Figaro (mais il est douteux que ses propos aient été repris en boucle sur les ondes) :

   
« Jour après jour, on attaque tout ce qui charpentait solidement la société française, les fondations du modèle français. En une semaine, on a eu une série d'attaques blessantes contre l'armée, non seulement des mots très durs et offensants, mais une enquête de contre-espionnage pour identifier des officiers généraux qui ont livré au Figaro une analyse critique du Livre Blanc ! (...) Le lendemain même, l'annonce d'un plan sans précédent de prise de contrôle de l'audiovisuel, l'arrêt des recettes publicitaires dirigées vers les chaînes privées et la décision de nommer le président de France Télévisions par le pouvoir. Enfin, le ricanement humiliant pour les syndicats et les grévistes… Or l'armée, les syndicats, le service public, tout cela c'est la France, et c'est cela qu'on humilie. Dangereusement. »

« Le président de la République cesse d'être le président de tous les Français dès l'instant qu'il s'affiche comme chef de parti. Au lieu d'être l'homme de la nation, il se fait le porte-parole d'un clan. Il n'est plus la figure du rassemblement et de la réconciliation. Il devient une figure d'affrontement et de fracture. C'est la fonction elle-même qui est ainsi mise en cause. »

(source)

 

***

 

Mise à jour 13/07/2008

   

Jean-Luc Mélenchon, d'ordinaire jamais à court d'une parole perfide voire d'un propos odieux envers Ségolène Royal, rattrape en une fois, comme dit Mel, toutes ses vilénies:

   
« Elle doit bénéficier d'une protection particulière, je suis très étonné que ça ne soit pas le cas. (...) On peut aussi prendre au sérieux ce qu'elle dit, avant de se moquer d'elle. (...) Cette femme a été la candidate du Parti socialiste ! Elle a fait 17 millions de voix, elle mérite le respect, non ? On peut la protéger un peu ! Elle a déjà été cambriolée une première fois. Aucune mesure de protection pour elle ? Elle est une citoyenne comme une autre ? Mais quel français accepterait ça ! »

« Moi je vois des bâtiments publics où nous avons des policiers qui du matin au soir gardent une porte qui n'est menacée par personne : et d'un autre côté je vois la candidate de mon parti qui se fait cambrioler, et personne ne bouge et il ne se passe rien. Quand il était question du fils du président de la République et de son scooter pourri, là il y a eu des empreintes ADN. Quand madame Ségolène Royal se fait cambrioler, là il ne se passe rien. Je pense qu'elle a raison de s'indigner, et nous les socialistes nous avons intérêt à faire bloc autour d'elle avant qu'il ne lui arrive quelque chose de mal. »

(source)


Un tel retournement, que Balzac aurait pu qualifier de sublime, ne s'observe habituellement qu'au détour des meilleurs romans.

   
***

   
Intervention claire et pédagogique de Olivier Bonnet (journaliste indépendant), décidément nécessaire :


Tout cela n’est-il pas bien étrange ? ("Plume de presse")

      
« Que le domicile de la dirigeante socialiste ait été à trois reprises violé, dans un contexte où le leader de la CGT et celui de la LCR ont également été victimes d’espionnage, n’a pas l’air de préoccuper outre mesure nos médias, au premier rang desquels Libération qui se précipite pour lyncher Ségolène Royal (...). A l’heure où EDVIGE légalise le fichage des dirigeants politiques et syndicaux, il règne décidément une drôle d’atmosphère en Sarkozie. »

 

***

 

Mise à jour 16/07/2008


L'affaire Ségolène ("NouvelObs")

   
« Pendant la campagne présidentielle, qui avait vu les RG s'intéresser de près à un de ses conseillers, l'écologiste Bruno Rebelle, elle s'était émue que plusieurs ordinateurs portables disparaissent dans son entourage. Ce fut le cas en février 2007 chez sa plus proche conseillère, Sophie Bouchet-Petersen ; le mois suivant, chez sa secrétaire ainsi que dans les locaux professionnels de son ami, l'agent Dominique Besnehard. Plus surprenant encore : fin juillet 2007, tandis que quelqu'un dérobait un ordinateur dans son appartement, un autre portable disparaissait le même week-end dans les bureaux d'un de ses plus proches soutiens. »


Vincent Peillon :

« Elle a été vraiment choquée par l'effraction de son domicile. Choquée pour ses enfants. Choquée aussi que personne ne réagisse en haut lieu, dans la presse et même parmi ses proches. »

   
A propos de la première mise à sac de son appartement en août 2006, Ségolène Royal écrivait dans son livre Ma plus belle histoire, c'est vous (Grasset, 2007) :

« Un policier m'a alors appris que la mafia a l'habitude de ce procédé, qui vaut avertissement. Le message : on peut venir quand on veut, comme on veut et faire ce qu'on veut. »

          

***

   

Mise à jour 24/07/2008

   
«
Comment expliquer que, pendant plus de dix ans, l'appartement de Ségolène Royal n'a pas fait l'objet de la moindre visite et que, soudainement, à partir de 2006, c'est-à-dire au moment où elle devient un personnage politique de tout premier rang, elle a été cambriolée trois fois? (...) D'autre part, il est intéressant de constater qu'il n'y a pas eu le moindre cambriolage significatif dans le quartier à la même époque. »

(Jean-Pierre Mignard)

 

***

 

Mise à jour 17/10/2008


Rebondissement dans l'affaire de la mise à sac du domicile de Ségolène Royal le 27 juin dernier :

 

Ségolène Royal demande l'ouverture d'une information judiciaire pour la fouille de son appartement (AP)

 

« (...) L'affaire n'ayant pas été élucidée, Mme Royal demande (...) l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction, comme la loi lui [en] donne le droit au bout de trois mois.

"Cette initiative s'impose d'autant plus que l'action des 'officines' tend à redevenir une pratique utilisée contre les responsables politiques", explique Me Mignard dans une allusion à l'affaire de l'espionnage d'Olivier Besancenot.

L'avocat justifie également sa démarche par les révélations faites par le journaliste Hubert Coudurier dans son livre Amours, ruptures et trahisons (Fayard), selon lesquelles "une cellule de trois gus surveillait en permanence Ségolène Royal et captait ses communications téléphoniques durant la campagne présidentielle". »

 

 

******

   
A lire aussi ici
  :

Nicolas Sarkozy, ou l'âme tyrannique d'un despote au petit pied (07/2008)


Posté par antenne_relais à 23:56 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires sur Ségolène et les barbouzes

Excellent travail!

Si tu pouvais faire circuler cela dans les sphères socialistes ce serait parfait!)

Posté par asse42, samedi 12 juillet 2008 à 17:13
Trop c'est trop

N'en avez vous pas encore assez ?

Ce n'est quand même que depuis la "présidence" sarkozy que

! un président traite des généraux 5 étoiles de l'armée d'amateurs

! se croit plus intelligent que la direction de France télévision dans le domaine de la télévision

! traite un quidam (moi ou vous) de pauvre con

! promet 25% d'augmentation sur les petites pensions pour se faire élire et une fois élus ne donne qu'aux riches

! sa femme pose nue dans les magazines du monde entier.

Il y en a encore beaucoup et je ne les connais pas tous...

Posté par gaebus, samedi 12 juillet 2008 à 21:21
Excellent

Bravo pour la compil' de touites ces infos. Magnifique boulot.

Posté par jocegaly, samedi 12 juillet 2008 à 21:45
Retour de manivelle ?

On dit dans le Nord que souvent

" Le bac se retourne surle pourceau ".

D'après l'histrion dont il est question, l' Europe nou aurait " débarassé des socialistes" ?
Voilà ce que mon bac vient faire dans l' histoire :

" Et si l' Europe nous débarassait de Sarkozy ???"

( Note pour mes amis de la SPA : j'aime beaucoup les animaux. Le vocable "pourceau" doit être pris comme métaphore, parce que cité dans le proverbe. En réalité, je ne voulais pas comparer les pourceaux à des histrions !)

Posté par Gérard ELOI, dimanche 13 juillet 2008 à 11:42
BRILLANTISSIME!!!!!!!

VOILA UN EXCELLENT TRAVAIL que n'importe quel JOURNALISTE D'INVESTIGATION POLITIQUE aurait du faire (mais que nous reste-t-il dans la liste de veritables journalistes politiques ?)depuis le 27 JUIN encore Bravo pour ce décriptage de ce que certains appelaient fait divers!!!!!!!!!

Posté par nanou, dimanche 13 juillet 2008 à 13:42

Merci merci...

@ asse42
pour l'instant qq'un a mis le lien sur DA... Mais note la mise à jour sur Mélanchon !

@ Gérard ELOI
"souvent le bac se retourne sur le pourceau"

très fort !

Posté par antennerelais, dimanche 13 juillet 2008 à 15:17
Très bon travail

Tout y est, c'est parfait.
A l'inverse de la majorité des journalistes, cet article délaisse quelque peu la plume pour une verritable annalyse au fond.

La qualité de cet article soulève une question: au delà de la réaction des plus hauts responsables politiques suite à la déclaration de Ségolène, c'est aussi le traitement médiatique de cette affaire qui doit conduire à nous interroger sur l'état de notre démocratie.

Posté par Tibob, mercredi 16 juillet 2008 à 13:37

@ Tibob
"c'est aussi le traitement médiatique de cette affaire qui doit conduire à nous interroger sur l'état de notre démocratie"

Mais précisément ! Et voici pourquoi l'incessante propagande de diversion (Bruni, Bétancourt), servie comme de la soupe par les JT, en devient insoutenable...

Posté par antennerelais, jeudi 17 juillet 2008 à 17:25
Et même Cavanna s'y met!

Tu peux même y rajouter, comme mise à jour, le papier de l'excellent Cavanna, dans Charlie (un des rares trucs à lire dans "Charlie", d'ailleurs), qui une fois n'est pas coutume prend la défense de Royal!

Posté par Chris79, lundi 21 juillet 2008 à 18:30
ciblé

Ton article semble complet mais il est malheureusement pasobjectif ce qui est bien dommage......
Oui j'ai bien mis semble !

Posté par boud51, vendredi 3 décembre 2010 à 12:44
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