lundi 14 juillet 2008
Nicolas Sarkozy, ou l'âme tyrannique d'un despote au petit pied
« Il est donc nécessaire que l'âme tyrannique soit toujours pauvre et irrassasiée »
(Platon, La République, Livre IX, 578)
Un certain nombre de faits étranges s'accumulent depuis quelque temps dans ce pays.
Précisons tout de suite en préambule, que nous ne sommes pas un 1er avril.
Ces faits étranges, et qui semblent d'ailleurs se multiplier, ont fait leur apparition il y a déjà plusieurs années.
Ainsi, le 23 mars 2004 :
Voiture de Sarkozy yaourtée : quatre mois avec sursis ("NouvelObs")
« Un homme de 36 ans, qui avait jeté un yaourt [périmé] sur la voiture du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy [circulant à contre-sens] lors de sa visite à Toulouse le 2 février, a été condamné à 4 mois de prison avec sursis. »
« Poursuivi pour "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique", [il] a été jugé mardi 23 mars par le tribunal correctionnel de Toulouse. »
Ce sera finalement de la prison ferme :
Sept mois de prison pour le vélorutionnaire "rebelle" ("Rue89")
« Alors qu'il venait de prendre deux mois ferme pour "entrave à la circulation", Olivier Theron commente le jugement au tribunal. Il parle notamment de bavures. Il n'en fallait pas davantage pour alourdir son dossier : il écope d'un mois supplémentaire pour "outrage à magistrat dans l'exercice de ses fonctions". Dans la foulée, le sursis est révoqué pour la peine de quatre mois dans l'affaire du yoghourt, commuée en quatre mois fermes pour avoir atteint la voiture ministérielle avec son projectile. »
- « On a du mal à le croire, de plus aucune information ni à la radio, ni a la télé...» (Francis_68)
- « Le yaourt a-t-il été condamné ? » (Chanbourcy)
- « Comment ce manant a-t-il pu croire un instant que la loi commune s'applique à un seigneur de la république ? et d'ailleurs comment se fait-il que le peuple ait encore des surplus de nourriture à jeter ? » (Sergent de garde)
- « Une directrice d'un établissement pénitentiaire me disait il y a quelques mois (...) que nous étions en France dans une "démocrature", ne comprenant pas le mot je lui demande de m'expliquer. Elle me dit alors c'est un mélange de démocratie et dictature. Maintenant je comprend mieux (...). » (HALIM)
- « A vous de vous faire une opinion, mais je crains fort que ce ne soit qu'un début... » (trop énervé)

L'article du NouvelObs notait :
« Ce n'est pas la première fois que la justice condamne lourdement "l'outrage à Nicolas Sarkozy" »
L'article rapporte deux affaires (datées de février 2004) :
"Sarkozy, va n... ta mère!" : un mois ferme
« Le parquet avait requis de deux à trois mois de prison ferme contre le jeune Strasbourgeois »
"Retourne en Chine, espèce de Hongrois" : un mois ferme
« Le tribunal (...) a suivi les réquisitions du procureur, qui faisait observer que le prévenu ameutait la foule. »
Dans ce même registre de "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique", la liste commence à s'allonger.
Ainsi, en août 2007 (on notera que le ministre de l'Intérieur était devenu entre temps président de la République) :
Prison ferme pour avoir injurié Nicolas Sarkozy ("NouvelObs")
« Un adolescent de 19 ans a été condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir insulté des agents de police et adressé un "Je nique Sarko, le fils de p… ! ", à Nicolas Sarkozy alors qu'il était en déplacement à Aubagne, en tant que ministre de l'Intérieur. »
- « Choquée. Lui il se prend 4 mois ferme pour une insulte, et celui qui ma violée s'est pris trois ans avec sursis. » (Une jeune nana du 13)
- « Fable bien connue qui blanchit le puissant et noircit le misérable. Une de mes connaissances de près de 70 ans a été tabassée gravement par deux jeunes, il a failli perdre son œil, son bras restera handicapé. Ses deux agresseurs ont été condamnés à des travaux d'intérêt général. Des gamins insultent Nicolas Sarkozy et se retrouvent en prison ferme. Cherchez l'erreur » (Charlotte)
- « Mais où est donc passée l'Egalité qui vient frapper nos pièces pour les distinguer et dont la France est si fière ? » (jeristo)
Trois mois plus tard, en novembre 2007 :
Condamnés pour un clip diffamatoire à l'égard de Nicolas Sarkozy ("20 minutes")
« Six hommes ont été condamnés vendredi par le tribunal correctionnel de Versailles pour avoir réalisé un clip pendant les émeutes de 2005 dans lequel certains d'entre eux proféraient des insultes à l'égard de Nicolas Sarkozy autour d'une voiture en flammes (...). Les six prévenus, âgés d'une vingtaine d'années (...) ont été condamnés à des peines de détention allant de trois mois avec sursis à six mois ferme. »
- « J'espère que la prochaine fois que l'on me traitera de nègre ou sale noir les contrevenants seront punis de la sorte. » (yascollection)

L'affaire "Pétain-Sarkozy"
On se rappelle qu'un brave citoyen avait connu de sérieux ennuis pour avoir osé écrire, dans un mail adressé en décembre 2006 au ministère de l'Intérieur (mail dans lequel il protestait contre la mise en garde à vue d'un instituteur qui s'était opposé à l'expulsion d'un parent d'élève), la phrase suivante :
« Voilà donc Vichy qui revient : Pétain avait donc oublié ses chiens! »
Jugé pour avoir comparé Sarkozy à Pétain ("Rue89")
« Nicolas Sarkozy a saisi le ministère de la Justice pour "outrage" en février 2007. L'avocat de l'ancien ministre entretemps devenu chef de l'Etat ne réclamait qu'1 euro de dommages et intérêts. Mais la procureure chargée du dossier a décidé de requérir, en tant que partie civile, 750 euros d'amende, au titre du préjudice moral contre la personne de Nicolas Sarkozy. »
Justice fut rendue :
800 euros d'amende pour outrage à Nicolas Sarkozy ("Rue89")
« Un outrage, aux yeux du tribunal, qui a estimé qu'il lui en coûterait 800 euros d'amende et 1 euro de dommages et intérêts à verser au locataire de l'Elysée. »
« Rue89 avait interviewé Romain Dunand après son audience, le 17 janvier, au Palais de justice de Paris. A l'époque, il hésitait entre croire à "un canular" et s'inquiéter pour les libertés publiques, arguant que la comparaison avec Vichy n'était qu'une "image". »
- « C'est acté, comparer un régime politique au régime de "Vichy" constitue un outrage. Le faire dans un mail, par définition faisant partie du domaine de la vie privée, n'y change rien. » ("Les mots ont un sens")
- « Et dans le même temps une certaine Carla Bruni-Sarkozy qui compare le Nouvel Observateur à la collaboration avec les nazis [affaire du SMS], est laissée en liberté ! » (Cinsault)
- « Et Alain Badiou il risque combien ? » (efji)
« Je suis très étonné qu'il n'y ait pas de réactions plus vives dans ce pays devant un gouvernement qui déclare expressément "voila nous avons une minorité de gens, il faut en expulser 25.000 dans l'année" ! ça c'est un trait que l'on peut appeler pétainiste sans la moindre hésitation. »

Une confusion des genres
Dans cette "affaire Sarkozy-Pétain", on remarquera que c'est le ministre Sarkozy qui avait déposé la plainte (pour "outrage à une personne dépositaire de l'ordre public"). Mais au moment du jugement, c'est le président de la République Sarkozy qui reçoit l'euro symbolique de dommages et intérêts.
On le sent bien : ce n'est pas tant "l'outrage" à la fonction (ministre puis président, dépositaires de l'autorité publique), qui motive de la part de Nicolas Sarkozy ces actions en justice. Mais bien un "outrage" à sa propre personne, lui Nicolas Sarkozy.
Le mélange des genres semble coutumier à l'actuel président de la République : on se rappelle que celui-ci ne s'était pas gêné pour jouer de son double statut de ministre (ayant à disposition l'appareil d'Etat) et de candidat, lors de la dernière campagne présidentielle.
- « La confusion des rôles entre Sarkozy ministre et Sarkozy candidat est écœurante. Et quand, au juste, depuis presque cinq ans, Sarkozy n’a-t-il pas été d’abord un candidat, un politicien fondamentalement malhonnête, qui met tout l’appareil d’état, les préfets, la police, et même les compagnies aériennes (...) au service de ses ambitions personnelles ? » ("Journal d'école")
- « Le milliard d'euros qu'il accorde à [la Corse] en tant que ministre de l'Intérieur sert aussi les intérêts du candidat à la présidentielle. Du coup, des élus ont boudé ce visiteur à la double casquette. » ("Libération")
François Hollande, en février 2007, résumait alors la situation :
« L'intimidation, elle est aussi dans cette confusion insupportable, entre les fonctions d'Etat, et la candidature à l'élection présidentielle. Je ne parle pas ici de l'utilisation des services de renseignement par le ministre de l'Intérieur lui-même. (...) Je ne veux pas évoquer cette confusion des caisses, où un candidat fait campagne aux frais du contribuable. Mais je veux parler de ce mélange des genres, qui le fait monter il y a quelques jours - si je puis m'exprimer ainsi - sur le Charles de Gaulle, en présence des personnels militaires du porte-avion, pour exprimer sa politique de défense sous le regard de la ministre compétente (...). Que penser de ce comportement ? Et que penser de ce prochain déplacement sur l'île de la Réunion, où il va faire le ministre le matin, et le candidat l'après-midi ? Où l'aller en avion c'est le ministre, et le retour c'est le candidat de l'UMP ! Il nous dit qu'il va quitter le ministère de l'Intérieur à la fin du mois de mars, mais c'est tout de suite qu'il doit quitter le ministère de l'Intérieur tant cette situation est devenue insupportable ! Intimidation et confusion. »
(source)
Suite du chapitre : voir plus bas "Mise à jour 22/09/2009"

Un procès exemplaire
Tout récemment, on remarque cette affaire, défendue par l'illustre Maître Thierry Lévy :
« Le procès d'une Franco-Colombienne poursuivie à Paris pour outrage lors de la "Journée de commémoration du souvenir aux résistants", et notamment à Guy Môquet, en octobre 2007, a pris une ampleur inattendue. Frédéric Lacave, sous-préfet, accuse Maria Vuillet de lui avoir dit : "Vous représentez l'Etat. Vous représentez Sarko. Sarko facho. Donc vous êtes facho." » ("20 minutes")
Procès pour outrage : "Sarko facho !" contre "Casse-toi, pauvre con" ("Le Monde")
« Elle jure "sur la tête de (s)es ancêtres" qu'elle n'a pas dit ça. "Il m'a dit qu'il représentait la République, j'ai répondu : pas celle de Guy Môquet", assure-t-elle. Un seul témoin corrobore sa version. Celle du sous-préfet est soutenue par son chauffeur, un "bon petit soldat" pour Thierry Lévy, avocat de la défense. »
Outrage : le sous-préfet peine à justifier sa version des faits ("Libération")
« "Houuuuuuu !", mime Maria Vuillet qui admet avoir "fait pareil que les autres". Elle a un échange avec le sous-préfet. Elle en sort menottée, placée en garde à vue, avec une plainte pour outrage. La procureur (...) réclame 1 000 euros d’amende à l’assistante sociale qui en gagne 900 par mois. »
(...)
« Me Thierry Lévy donne un dernier coup de poignard. "Tout le monde a le droit de mentir. Et [Frédéric Lacave] a menti grossièrement, tout à l’heure." (...) Livide, hué, le sous-préfet sort de la salle sans tourner le dos. »
Cette affaire s'avère exemplaire, centrale. En effet, dépassant le mensonge du sous-préfet, habilement mis en évidence par la défense, Maître Lévy choisit un angle audacieux pour défendre la victime sa cliente :
« [Maître Levy] : "Dans cette affaire, l’aspect politique ne peut être dissocié de l’aspect juridique. M. Lacave a agi à la demande du préfet de région et du ministère de l’Intérieur qui, lui-même, n’agit pas sans l’accord du chef de l’État." »
« Me Levy pointe le "paradoxe inacceptable" qu’il y aurait à condamner sa cliente, alors que le "plus haut magistrat" de France [Nicolas Sarkozy] "emploie sans cesse des expressions outrageantes, voire injurieuses, quand des personnes s’opposent à lui". »
« Pour l’avocat, impossible d’oublier le "casse-toi, pauvre con !" proféré au Salon de l’agriculture. "Comment peut-on admettre que celui qui incarne la République porte si gravement atteinte à l’autorité de l’État et qu’en même temps il engage des poursuites ?" »
(sources : L'Humanité Le Monde)
Jugement le 4 septembre 2008.
- « Jamais un président n'a eu si peu de culture ou de sens de la répartie pour ne répondre autrement que par des procès ou des "casse toi pov'con". Je signe d'un pseudo car je n'ai pas envie que la DST frappe à ma porte... » (La tulipe noire)
- « Quand un Président de la République emploie des mots grossiers devant le peuple alors qu'il devrait donner l'exemple de l'intelligence, de la politesse et de la courtoisie, il ne faut pas s'étonner que le dit peuple s'adresse à lui avec le même langage. En revanche, je trouve inconvenant de sa part ou de celle de ses hauts fonctionnaires de faire appel à la justice pour obtenir réparation. » (JACQUES M.)
- « Petite rétrospective des réactions d'autres présidents français insultés : 1. De Gaulle, à la descente d'un avion, un homme lui crie "mort aux cons !" Réponse : "Vaste programme ..." 2. Mitterrand : A un "Mitterrand, fout le camp", il répond "Ca rime, certes, mais la rime est pauvre." 3. Chirac : Traité de "connard" à la sortie d'une église, il répond "Enchanté, moi c'est Jacques Chirac."... » (aiglon)
- « Nicolas Sarkozy restera dans les annales comme le président de la République qui aura plus manié ou fait utiliser le "papier bleu" en un an que tous les présidents de la Vème République en 50 ans. » (http://kamizole.blog.lemonde.fr)
- « C'est ahurissant. Quand bien même cette dame l'aurait dit, que devient notre liberté d'expression si on ne peut plus lancer, dans une protestation publique : "X facho", sans autre forme de violence ? C'est une opinion politique, ce n'est pas une insulte du genre "casse-toi pauvre con". On peut ne pas être d'accord avec cette opinion, mais son expression doit être protégée par l'Etat. Citoyens, réveillez-vous ! Un fachisme d'un nouveau genre est effectivement en train de s'installer. » (naïf22)
- « Je n'aurais jamais eu l'idée d'injurier Chirac ou Mitterrand face à eux, peu importe tout ce que je leur reprochais (beaucoup) je ne pense pas qu'ils l'auraient mérité. Mais sur Sarko et bien des jeunes loups de l'UMP ? hmm... pourquoi ? Personne ne se le demande ? Parce que j'ai vraiment de leur part un ressenti très différent. Vraiment une toute autre manière d'approcher les gens qui me choque. » (Oomu)

La susceptibilité maladive de Nicolas Sarkozy
En attendant le délibéré du procès défendu par Maître Lévy, les enfants eux-mêmes doivent faire très attention :
Sarkozy ou la figure du "méchant" ("Le Figaro")
« L'utilisation d'une photo du chef de l'Etat, par un élève de CM1, pour illustrer le thème de la méchanceté dans une école primaire d'Albi a déclenché l'ouverture d'une enquête. »
« L'exercice paraissait inoffensif : en novembre dernier, l'enseignante Valérie Framit, de l'école primaire Claude-Nougaro d'Albi, demande à ses élèves de CM1 de collecter des photos et des images illustrant les sentiments de joie, de colère, de crainte, de fatigue et… de méchanceté. Pour illustrer ce dernier thème, un enfant choisit d'apporter une photo de Nicolas Sarkozy. Les images n'étaient pas destinées au public mais elles étaient placardées sur un mur de l'école. »
- « Même le Roi laissait faire ces bêtises » (clodio)
- « Il faut d'urgence créer en France une sorte de Tribunal de la Sainte Inquisition. Il pourrait instruire et juger tous les crimes de lèse-président, même ceux commis par les enfants et les animaux. » (Franck Belvoir)
- « Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Si l'enfant a perçu notre président de cette façon, à qui la faute ? Il faut sortir les balais des placards et balayer devant les portes et je laisse à chacun deviner lesquelles ! » (crycro01)
- « Il aurait fallu que votre président donne ne serait-ce que l'ombre d'un exemple et ne se comporte pas en "méchant garnement" lorsqu'il a dit "pauv'con" a un concitoyen. Cet enfant n'a pas a respecter un président qui insulte les gens (...). En plus, cet enfant est mineur et n'a pas à voir son cas publié dans tous les journaux français. ça le marquera c'est certain, et qui sait si demain il aura le courage de voter ou de dire ce qu'il pense ? Par ailleurs, il n'y a que dans les pays totalitaires ou ultra communistes où l'on doive rendre culte a la figure sacrée du président. » (cactus)
- « Nous devrions sanctionner un enfant (ou l'instit) d'une hypothétique opinion sur le chef de l'Etat ? (...) Mais mon pays devient complètement dingue c'est pas possible !! » (jacobito)
- « Le chevalier de la Barre a été supplicié à 19 ans pour n'avoir pas retiré son chapeau devant un défilé religieux. Saint Nicolas exige t'il le même châtiment pour outrage à sa sainte face ? » (raqvam)
- « Mise en examen de l'enfant pour attitude attentatoire au chef de l'Etat ? Prélèvement ADN sur l'enfant ? Les parents ? Enfant et parents condamnés à suivre une thérapie ? Tout est possible maintenant dans ce pays. » (wanguard2D)
- « Quand vous voyez le visage de Sarkozy, objectivement, vous ne pensez pas franchement à de la gentillesse et de l'ouverture. Moi ce que j'y lis, c'est plutôt de la peur, de la méfiance et...donc effectivement de la méchanceté réactive!!!! Que quelqu'un m'affirme le contraire!!! » (seb)
- « Je respecte le président de la république, mais je reste bouche bée. Constater que l'on va faire des "remontrances", qu'on a interdit, qu'on voudrait faire de "l'instruction" civique (appelons cela de la propagande!!), tout ça parce qu'un enfant a choisi celui qu'il ne fallait pas, on se croirait en dictature!! (...) Où sommes nous? » (will)
- « Le respect cela se mérite. Pauvre président il passe pour un méchant pour un enfant, mais lui a le droit de traiter une personne de pauvre con, de traiter l'armée d'amateur, de vouloir contrôler la télévision publique, d'avoir des réactions impulsives comme son discours sur la shoah (...), de faire venir en France un dictateur. » (savate)
- « Sidéré ! Et donc à quand la censure des caricatures du président ? Et des guignols de canal+ ? » (mijnoog)
- « Heureusement qu'EDVIGE va remédier à ce genre de "dérive sociétale" en épinglant les sociopathes dés l'âge de 13 ans, même s'il eût été préférable de fixer la barre à "l'âge de raison"... soit dès 7 ans. » (Arminius)
- « Cet article me fait peur, de par les faits rapportés et ce qu'ils impliquent (...) : délation, interdiction d'utiliser l'image du chef de l'Etat et de sa critique, punition, crime de lèse-majesté ... Ce petit fait divers est parlant de l'époque et c'est terrifiant vers quoi on se dirige. » (FO le dire)
Les caricaturistes plus âgés ne sont bien sûr pas à l'abri :
Trois étudiants interpellés par la police pour crime de lèse-Sarkozy ("Libération")
« La critique du président Sarkozy devient-elle un jeu dangereux ? (...) Trois étudiants de La Rochelle, membres du syndicat étudiant Unef, ont été arrêtés et entendus par la police. Leur crime ? Avoir collé une affiche montrant un Nicolas Sarkozy faisant un doigt d’honneur. Il s’agit de la nouvelle campagne d’affichage du syndicat étudiant de gauche [l'Unef]. »
- « Au poste, les trois camarades subiront des interrogatoires séparément plutôt musclés (selon les propos de Thomas P., le secrétaire général de l'Unef)» ("Plume de presse")
« "La susceptibilité du président est défendue par la police" estime (...) Juliette Griffond, responsable de la communication de l’Unef. »
« Quant aux médias, ils s’intéressent encore peu à l’affaire, hormis les médias locaux. Et si la télévision belge lui a consacré un reportage, les téléspectateurs français peuvent encore attendre. »
Même Plantu, dessinateur emblématique du Monde, a eu quelques soucis (décembre 2005) :
Sarkozy s'est plaint des caricatures de Plantu, selon "Le Monde" ("NouvelObs")
« Un "motard en tenue" a remis à Plantu "une lettre à en-tête du ministère de l'Intérieur" dans laquelle M. Sarkozy lui reprochait d'avoir dessiné une mouche au-dessus de sa tête. »
« Le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle était à l'époque ministre de l'Intérieur. "Je ne le vis pas comme une tentative de pression car j'ai la chance d'être soutenu par la rédaction du 'Monde'", explique le caricaturiste dans le journal, mais "Sarkozy impressionne tellement que, s'il y a un pétochard dans la rédaction en chef, la liberté du dessinateur est fichue". »
Plus tard (date non précisée), rebelote pour Plantu :
Nicolas Sarkozy s'est plaint de sa caricature auprès de Plantu ("Le Point")
« Selon Le Monde, le candidat de l'UMP s'est (...) plaint à nouveau auprès de la direction du journal pour avoir été caricaturé en petit chien puis affublé d'un brassard avec les lettres "IN" pour identité nationale. »
- « Sarkozy ne défendait-il pas la liberté d'expression lors de l'affaire des caricatures de Mahomet ? Deux poids deux mesures? » (steph)
- « J'ai suivi de prés la campagne électorale du 1er tour et je crains vraiment que la France soit dirigée par un homme aussi rigide que Mr Sarkozy. La liberté de la presse, les libertés des français tout court sont en danger. » (biochimie58)
- « Son incapacité à admettre la critique et son goût prononcé pour les rapports de force le rend dangereux (...) pour la France. Il utilise (...) des stratagèmes calculés. Par exemple, il se victimise, il ressort les plus belles répliques de son pipotron pour retourner vilement la situation. Quand les faits ne sont pas à son avantage, il ne se remet jamais en question. Il agit avant de réfléchir, il perd des occasions de se taire comme par exemple sur les gènes. Ces bourdes perpétuelles tout au long de la compagne sont ignorées des médias en regard du matraquage médiatique que l'on a vu contre Ségolène Royal et sa 'bravitude'. Elle ne répond pas à la bassesse journalistique, elle n'applique de pressions. Jamais un favori n'avait dit autant d'âneries dans une élection présidentielle ! » (Fred)
- « Minable Sarkozy utilisant les moyens de son ministère pour faire pression sur un journal. » (jeanmarcd)
- « Nicolas Sarkozy aurait pu faire conte mauvaise fortune bon cœur, faire preuve d'un peu d'élégance, un peu de classe. Il en est décidément complètement incapable. Il est vrai que nous n'avons jamais vu d'élégance chez les modèles de Sarkozy que sont Bush, Berlusconi ou Aznar. » (Jean-Christophe B.)
- « (...) la politique de pression tous azimuts du candidat de la droite sur les médias. C'est la leçon apprise de Berlusconi et des néo-conservateurs américains de Bush et Cheney qu'il veut appliquer à la France (avec la complicité de ses amis milliardaires et de certains patrons de presse qui n'ont plus de journaliste que le nom). (...) Ce candidat est dangereux. Il n'accepte pas le libre jeu de la démocratie. » (Sadi Carnot)
- « Ce qui donne plus de vraisemblance aux propos de Bayrou, quand il avance que Sarko aurait tenté de faire capoter son débat avec Royal. » (marabbeh)
- « Je suis scandalisé par le fait qu'il manque des mouches : une mouche pour les clins d'oeil à l'extrème-droite, une mouche pour le soutien de Berlusconi, une mouche pour la préface du livre de Fini, une mouche pour les excuses faites à Bush, une mouche pour l'agression des journalistes de France 3, une mouche pour "racaille" et une autre pour "karcher", une mouche pour le pacte avec Chirac, une mouche pour le rabais sur appartement, une mouche pour... Plantu est avare en mouches ! » (alceste a.)
- « Une certitude : NS ne supporte ni les contradictions, ni les gens qui "osent" penser autrement que lui. (...) Des pressions NS en exerce partout : journaux, télévisions, empêche certains livres le mettant en cause de paraître etc... Cela sent mauvais et rappelle de très mauvais souvenirs. » (Phil67)
- « Il faut bien reconnaître que ça ne sent pas très bon pour les libertés publiques en ce moment. » (Loic F.)
- « Après l'incroyable non-diffusion du débat [Royal-Bayrou] de samedi par les chaine nationales et leur résumé squelettique dans les journaux de 20H, voila maintenant que NS s'en prend à Plantu... Heureusement que le vote est secret!» (Sylvie K.)
- « Je crains que ce soit trop tard pour attirer l'attention sur la dangerosité de Sarkozy pour la démocratie et la liberté de la presse. Son jeu est fait et Le Monde l'a largement aidé à duper les français en ne jouant pas son rôle qui aurait été d'analyser ses propos. Pendant ce temps il préférait s'occuper de la soi-disant "bécassine". J'ose espérer que la honte rougit le front de certains. » (anne-marie b.)
A lire aussi :
Sarkozy porte plainte contre un tee-shirt ! ("Plume de presse")
A noter une récente initiative pour tenter de modifier la loi concernant le "délit d'outrage" :
Le délit d’outrage dégainé à outrance ("Libération")
Outrage à outrance ("Politis")

Une pulsion tyrannique et revancharde
Il ressort de cette longue litanie, de sinistres relents, qui ne sont d'ailleurs pas sans faire penser au tout récent "Royalgate" (comme dit @rrêt sur images).
Lire en ligne :
Ségolène, histrion et barbouzeries
Quoiqu'il en soit dans cette dernière affaire, il est indéniable que l'on sent quelque part à l'œuvre dans ce pays, quelque chose comme une pulsion tyrannique et revancharde.
Il ne s'agit manifestement pas de celle d'un petit monstre de 12 ans terrorisant ses parents (quoique) : selon toute vraisemblance, le coupable ne serait autre que Nicolas Sarkozy, 53 ans (actuel président de la République française).
« Dès le soir de l'élection, on a perçu que Nicolas Sarkozy non seulement n'avait pas quitté son monde, ses vulgarités et son opulence mais les avait amplifiés. (...) Du candidat au président, on est allé de mal en pis. Contrairement à ses prédécesseurs, son arrivée à la tête de l'Etat n'a pas constitué un frein, une entrave, une limite pour ses débordements personnels mais les a justifiés et multipliés. Je suis président donc j'ai le droit d'être moi donc je peux tout. Et n'importe quoi. »
("Marianne2")
- « Je trouve que l'agressivité des sbires qui entourent Sarkozy n'a plus de limite. On demande des excuses quand Carolis parle d'une comparaison "stupide" entre télé privée et télé publique (...). On lâche les chiens contre Royal parce qu'elle touche à l'union sacrée autour de Sainte Ingrid (...). » ("radical chic")
- « Il y a des mots employés (bigorneau), des attitudes (la nique aux syndicats), des procédés qui ne s'emploient pas dans un Etat de droit. » (fer)
- « Cette démocratie a un vrai problème avec les médias transformés en organes de propagande et de tract en faveur du pouvoir. » (Julien)
- « C'est bien l'agressivité consubstantielle de Sarkozy qui frappe, comme le fait qu'il ne puisse s'ouvrir qu'après avoir marqué, ou tenté de marquer, sa domination. » ("radical chic")
- « Pour ce qui est du tutoiement systématique, c'est une méthode utilisée par les malfrats pour déstabiliser leur interlocuteur. » (bionet)
Sur ce qui ressemble à une volonté de "flicage" poussée sans cesse davantage, on notera ce fait récent :
EDVIGE : flicage et fichage à tous les étages ("Plume de presse")
« Le nouveau fichier, dit "EDVIGE", mélange les personnes considérées par un policier comme "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public avec les militants associatifs, syndicaux ou politiques et en général tout citoyen sur lequel le gouvernement souhaite en savoir davantage", tempête la Ligue des droits de l’Homme : "il ne s’agit plus (...) de ficher les auteurs d’infractions constatées, mais, comme pour la rétention de sûreté, de cibler ceux que l’on étiquette d’avance comme de futurs délinquants hypothétiques. Le soupçon préventif suffit à justifier le fichage. Et il y a pire : désormais vont pouvoir être eux aussi "tracés" comme futurs délinquants présumés les enfants, dès l’âge de treize ans, que les policiers considèrent comme potentiellement dangereux." »
« La LDH juge "ce niveau de surveillance des citoyens, généralisée parfois, discriminatoire souvent, comme incompatible avec l’état de droit", pas moins.
« Ce gouvernement est antisocial. Il s’expose de ce fait à une résistance citoyenne sous la forme de mouvements sociaux. Le flicage généralisé qu’il souhaite mettre en place, indigne d’une démocratie, est la première étape vers la répression généralisée de toute contestation. »
Paroles tristement prémonitoires de Jack Lang, en janvier 2007 :
Quand les RG fichent les voisins du QG de Nicolas Sarkozy ("NouvelObs")
« "Cette prise en main des moyens de l'Etat à des fins politiciennes dépasse la mesure." (...) "ces opérations de basse police rappellent les tristes heures du SAC et des barbouzes". "Les comportements antirépublicains de M. Sarkozy préfigurent ce que pourrait être la mise en coupe réglée de l'Etat s'il accédait à de plus hautes responsabilités" »
Sans aller jusqu'à user de mots extrêmes - pour celui auquel sied si bien le qualificatif d'histrion - on notera toutefois que la personne ayant préfacé le livre du candidat Sarkozy, Témoignages, n'était autre que le post-fachiste italien Gianfranco Fini : on peut raisonnablement supposer là-dedans quelque douce aimantation.

« Un ennemi de la République »
« L'idée selon laquelle Nicolas Sarkozy n'est pas un adversaire politique (avec qui on débat, on argumente, on contre-argumente), mais qu'il est un ennemi, un ennemi absolu, un ennemi de la République, qu'il est en train de détruire ce pays, et que donc il faut l'éradiquer : c'est une idée qui fait son chemin (...). »
Le mot "éradiquer" est évidemment déplacé, mais le constat sonne juste.
L'excellent François-Mitterrand-2007 notait en avril 2007 sur son "blog présidentiel" :
« Tout bien comparé, les vieilles figures de la droite française profanatrice de libertés que furent les Frey, Marcellin, Peyrefitte, Poniatowski et autres, apparaissent désormais comme de bien pâles ancêtres de ce qu’est devenu le candidat de l’UMP, cette hydre médiatique engendrée par les puissances d’argent, brutale et arrogante, et qui s’apprête, sans trop se dissimuler, à faire main basse sur une nation. »
« La France est devenue le seul Etat démocratique du monde où une confrontation courtoise, souhaitée, décidée par deux candidats à une élection présidentielle [le débat Royal-Bayrou], ne peut se tenir parce qu’un individu s’y oppose. Ce même individu peut ainsi imposer sa volonté à l’ensemble de la presse quotidienne régionale, à toutes les chaînes de télévisions, à toutes les stations de radios et à tout le CSA. Tout cela pour éviter une image qui serait pour lui assassine : Royal et Bayrou se serrant la main, tout sourire, puis débattant sereinement, et constatant, qu’au bout du compte, ce qui importe, c’est la défense des libertés publiques et leur volonté commune de faire obstacle à un candidat qui s’apprête à les bafouer. »
« Je souhaite que chacun réfléchisse, en conscience, à ce que cette situation signifie au regard de l’Histoire. Cette affaire ne doit pas être jugée comme une anecdote de campagne ordinaire, une péripétie commune d’entre deux tours d’élection présidentielle. Cette affaire est révélatrice de la nature profonde du changement de régime qui se prépare dans les antichambres médiatiques et financières du sarkozysme : une France confisquée puis enchaînée. Si le candidat de l’UMP est élu, la Ve république sera morte et nous assisterons de fait, et pour un temps, à la résurrection de la IIe. Cette résurrection sera éphémère, car l’Histoire nous enseigne que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets..»
(source)
« Après avoir humilié l’armée dans l’affaire de Carcassonne, après avoir mis au pas la télévision, demandé que le président soit nommé par l’exécutif et insulté France 3, après avoir détruit l’image de modération et de rassemblement que se doit d’avoir le président de la République, il tente de détruire la concertation sociale en méprisant l’action syndicale. »
« Sarkozy détruit peu à peu ce qui faisait la France : la laïcité par ses discours en Arabie saoudite ou à Latran, par la volonté de lier la France au commandement intégré de l’Otan faisant perdre à la France sa voix d’indépendance ce qui lui a permis de refuser la guerre en Irak, les valeurs du mérite quand son fils à 22 ans devient conseiller général, responsable de la section locale de l’UMP, président du groupe UMP du conseil général, quand il fait de l’argent le symbole absolu de la réussite. »
(Agoravox)
François BAYROU, pas plus tard que la semaine dernière (mais il est douteux que ses propos aient été repris en boucle sur les ondes) :
« Jour après jour, on attaque tout ce qui charpentait solidement la société française, les fondations du modèle français. En une semaine, on a eu une série d'attaques blessantes contre l'armée, non seulement des mots très durs et offensants, mais une enquête de contre-espionnage pour identifier des officiers généraux qui ont livré au Figaro une analyse critique du livre blanc ! (...) Le lendemain même, l'annonce d'un plan sans précédent de prise de contrôle de l'audiovisuel, l'arrêt des recettes publicitaires dirigées vers les chaînes privées et la décision de nommer le président de France Télévisions par le pouvoir. Enfin, le ricanement humiliant pour les syndicats et les grévistes… Or l'armée, les syndicats, le service public, tout cela c'est la France, et c'est cela qu'on humilie. Dangereusement. »
« Le président de la République cesse d'être le président de tous les Français dès l'instant qu'il s'affiche comme chef de parti. Au lieu d'être l'homme de la nation, il se fait le porte-parole d'un clan. Il n'est plus la figure du rassemblement et de la réconciliation. Il devient une figure d'affrontement et de fracture. C'est la fonction elle-même qui est ainsi mise en cause. »
(source)

Sur Nicolas Sarkozy
Philippe Madelin, journaliste et écrivain, trace cet étonnant portrait de Nicolas Sarkozy :
« Il ressemble à mon beau-père qui est un hongrois. Quand il n’était pas content, il donnait des coups de pied dans les portes et jetait les affaires de ses filles par la fenêtre. Et Sarkozy, c’est ça. C’est un homme incroyablement impulsif, qui ne supporte aucune contradiction, assez malin sur le plan politique, malin pour arriver à la tête de l’Etat. Mais depuis qu’il est président, il n’a pas apparemment compris ce que d’être président. Il reste un homme politique de terrain, toujours en train de se battre, on dirait qu’il est toujours en campagne électorale. C’est un homme qui n’est pas cohérent, un homme qui prêche en public un certain nombre d’idées et qui, en privé ne les applique pas. Nous on commence à l’appeler le prédicateur. Sarkozy souffre du syndrome des hommes politiques petits. Dès qu’il parle en public, il parle le nez par terre. Il ne regarde jamais ses interlocuteurs. »
(source)
Lluis Bassets, directeur adjoint du quotidien espagnol de référence El Pais :
« Une fois parvenu à ses fins, il s’est consacré à lui-même, comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs » (source)
Un député UMP :
« Jamais je n'ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko est une sorte d'aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça. »
(source)
- « Si les Français savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui » (François Goulard)
Mise à jour 17/07/2008
François Hollande, sur la révision de la Constitution :
Je ne souhaite pas voir le Parlement soumis à l’autorité d’un seul ("Le blog de François Hollande")
Extraits :
« La méthode même de Nicolas Sarkozy révèle le contenu de sa réforme. C’est le fait du prince. C’est lui qui décide ce que peut être la réponse de l’opposition et son temps de parole. C’est lui décide dans un entretien au Monde ce que seront les futurs règlements intérieurs de chacune des assemblées. C’est lui qui fixe le seuil qui permet à un groupe parlementaire d’exister, tout cela pour permettre une tractation avec le PRG. C’est lui qui fait la réponse qu’il n’a pas encore reçu du Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, réduit maintenant au rôle de factotum. C’est lui qui va nommer d’ailleurs bientôt le Président de France Télévisions, à quoi bon garder des autorités intermédiaires ? »
« Cette révision de la Constitution est uniquement faite pour lui permettre de venir s’adresser à tout moment devant les parlementaires réunis en Congrès, et donc devant tous les français, comme si son intrusion quotidienne dans les médias ne suffisait pas. »
« Ce qu’il propose va accentuer les dérives du régime. Je forme donc le vœu qu’un certain nombre de parlementaires de la majorité aient le courage de s’associer à nous. Certains pensent exactement la même chose de la dérive de la présidentialisation, de la personnalisation, mais ils subissent pressions, menaces, chantages. Quand je suis sorti de l’Élysée je voyais presque la file indienne des derniers parlementaires récalcitrants qui venaient se faire convaincre dans le bureau du Président. Pauvre majorité obligée d’être soumise à l’autorité d’un seul. Je ne souhaite pas que le Parlement en soit réduit à ça. »
Robert Badinter pointe un autre problème dans cette réforme des institutions : la représentativité du Sénat (le Sénat qui "détient la clé des révisions" des institutions).
Robert Badinter invité de RTL (16 juillet 2008) - video
« un système absolument anti-démocratique »
« (...) L'obstination incroyable de la majorité sénatoriale, qui entend garder un système absolument anti-démocratique, je résume en deux mots :
Dans la Constitution il est dit : "le Sénat est la représentation des collectivités territoriales". Vous regardez les collectivités territoriales : elles sont maintenant massivement à gauche, qu'il s'agisse des régions (20 sur 22), des conseils généraux, et des municipalités des grandes villes - après les dernières élections c'était encore plus net. Vous projetez le résultat : la majorité du Sénat est à droite, elle continuera à rester à droite, cet automne elle sera encore à droite.
Nous avons posé la question dès le départ, et ouvert des négociations. La réponse a été : "pas question !"
[Dans le rapport Balladur **], en ce qui concerne le Sénat, il a été dit explicitement : "en fonction de la population sera déterminé le mode électoral du Sénat". Ça a été immédiatement écarté. Comme le Sénat détient la clé des révisions, cela veut dire que c'est un système dans lequel la majorité sénatoriale est ancrée à droite pour toujours (...). Insupportable. (...) C'était dès le départ la volonté de la majorité sénatoriale de rompre avec toute tentative tendant à permettre une alternance. Ça vous explique toute la position de la gauche. »
** La page officielle de la présidence de la République permettant de télécharger ce rapport est ornée par pas moins de trois photos du despote au petit pied de Nicolas Sarkozy...

Intéressante réflexion :
Et si Nicolas Sarkozy se fichait royalement de sa popularité ? ("Rue89")
« Si l’on pose comme hypothèse que le bon indicateur, c’est non pas la popularité, mais l’impression de puissance, de pouvoir, d’être quelqu’un qui peut des choses que d’autres ne peuvent pas, alors tout ce qui a rendu perplexes les observateurs depuis un an devient extrêmement cohérent. Depuis son rapport à ses femmes successives, son T-shirt de jogging NYPD, ses petites insolences vis-à-vis des grands de ce monde (rappelez-vous les trois quarts d’heure de retard au rendez-vous chez les Bush à Wolfeboro, rappelez-vous Bigard chez le pape…), jusqu’à la libération de Betancourt et à l’humiliation de la télé publique. »
Au-delà du titre excessif donné à l'article (en particulier l'usage du mot "royalement", qui sied si peu à Sarkozy), il y a du vrai là-dedans. Il y a incontestablement une posture de garnement chez Sarkozy, de garnement revanchard pouvant enfin tout se permettre, se fichant des réactions scandalisées, au contraire : s'en gargarisant.
Ainsi, lorsque le vénérable Robert Badinter eut ces réactions, en février dernier :
Robert Badinter : "Les fondements de notre justice sont atteints" ("Libération")
Robert Badinter dénonce "une période sombre pour notre justice" ("NouvelObs")
Il est problable que la réaction de l'actuel locataire de l'Elysée fut du genre : « hin hin hin ! »
Que quelqu'un d'aussi respectable et historiquement important que Badinter, se penche sur son cas à lui Sarkozy, et en soit remué et se scandalise, ceci tout en étant réduit à l'incapacité à s'opposer autrement que par une prise de parole : voilà qui a du être bien doux au despote au petit pied.
Les sondages c'est une autre affaire. Sarkozy ne s'en "fiche" pas (et encore moins "royalement"). Il se dit sans doute : "de toutes façons je suis tranquille pour 4 ans encore". Il y a un sentiment d'impunité chez Sarkozy. De fait : la raclée des municipales ne fut suivie strictement d'aucun effet, à l'inverse on vit entrer au gouvernement des gens comme Nadine Morano (vaincue à Toul). Sarkozy semble se contreficher de la souveraineté populaire (cf. aussi sa façon de narguer les syndicats).
Mise à jour 20/07/2008
Intervention définitive de Robert Badinter :
Non à l'hyperprésidence, par Robert Badinter ("Le Monde")
Extraits.
« Nos institutions souffrent d'un mal profond : l'hyperpuissance du président. Il est le véritable chef du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement à lui seul, dans la pratique actuelle de l'Elysée. Et, depuis le quinquennat et la succession des élections présidentielle et législatives, il est le chef réel de la majorité présidentielle à l'Assemblée. La séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité. J'appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d'un seul dans la République. »
« Or le projet de révision [constitutionnelle] ne réduit pas les pouvoirs du président. Il les accroît en lui permettant de s'adresser directement aux parlementaires réunis en Congrès. Le président présentera un bilan flatteur de son action et fera acclamer par sa majorité son programme de gouvernement. Le premier ministre comme chef de la majorité parlementaire disparaît. Le renforcement des prérogatives du Parlement, premier objectif de la révision selon le président, est un leurre en termes de pouvoir réel. Tant que le président sera le chef incontesté de la majorité à l'Assemblée, le Palais-Bourbon demeurera une annexe du palais de l'Elysée. "Cy veut le Roi, cy fait la loi", l'axiome de l'Ancien Régime demeure la règle sous la Ve République. »
« (...) D'autres font valoir que la réforme accorde à l'opposition parlementaire des droits nouveaux. Mais il faut regarder la portée des textes et non pas seulement l'étiquette. On nous dit : le Parlement aura la maîtrise de la moitié de l'ordre du jour, "un progrès immense". Mais qu'en est-il pour l'opposition ? Le projet lui réserve un jour pour trois semaines, à partager avec les centristes. Belle avancée démocratique ! »
« Autre exemple. Le président annonce que la présidence d'une commission parlementaire sur huit sera réservée à l'opposition. Pourquoi pas trois ? Nous ne demandons pas des pourboires, mais un rééquilibrage. »
« Enfin, la révision proposée consolide le mode d'élection archaïque des sénateurs, qui assure à la droite une majorité pérenne au Sénat. Cette situation est un défi à la démocratie. Le comité Balladur avait ouvert la voie à un changement possible. La droite sénatoriale a tout refusé à ce sujet. Elle entend demeurer maîtresse du Sénat et, par là, de toute révision constitutionnelle proposée par la gauche. Lors de la prochaine alternance, la gauche devra donc présenter un projet de révision constitutionnelle, soumis directement au pays par voie de référendum.»

Mise à jour 06/11/2008
30 euros pour un «Casse-toi pov’con» ("Libération")
« L'homme qui a brandi en août une affichette "Casse-toi pov’con" devant la voiture de Sarkozy a été condamné à une "amende de principe". »
- « J'imagine déjà ce qu'aurait fait Coluche du "Casse toi! Pôv' con" de notre "Chef de l'Etat". Il y a belle lurette qu'il aurait appelé à une grande manifestation nationale ayant pour seul slogan "Casse toi! Pôv' con!". Chacun des manifestants aurait été tenu d'apporter sa petite pancarte comme le pauvre M.Eon de Laval. Et on aurait bien ri en voyant notre belle police arrêter par milliers tous ces offenseurs au "Chef de l'Etat"... » (Bruno Roger-Petit)

Mise à jour 15/05/2009
Crier "Sarkozy, je te vois!" conduit au tribunal ("NouvelObs")
Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom... ("Les mots ont un sens")
« Outrage ! Un Marseillais se retrouve devant le tribunal pour avoir crié à deux reprises "Sarkozy, je te vois !" à destination de deux agents (un peu spéciaux) de la police nationale qui pratiquaient un contrôle d'identité un peu trop "viril" à son goût. "Injurieux"... pour les condés ! »
Sarkozy, l’injure ("Plume de presse")
« On était déjà allé très haut dans l’échelle des affaires de ce type, mais là on atteint le sommet du caricatural, on voit où la folie de la politique sécuritaire actuelle est en train de nous emmener. »
L'affaire du « Sarkozy je te vois » ("Journal d'un avocat")
« Il y a dans ce type d'affaire une impression d'instrumentalisation du droit pénal pour faire une police politique qui me déplaît au plus haut point. »

Mise à jour 22/09/2009
Ouverture hier du procès Clearstream.
Clearstream : Les doubles casquettes de Nicolas Sarkozy ("Le blog de Jean-Marcel Bouguereau")
« le
vrai problème dans l'acharnement de Nicolas Sarkozy, c'est sa double
casquette, si l'on peut dire, celle de Président, et donc de fait de
Président du Conseil de la Magistrature, et de plaignant. Or c'est un
plaignant un peu particulier puisque son immunité pénale interdit toute
action à son encontre. »
Clearstream : Hollande demande à Sarkozy de se retirer des parties civiles ("NouvelObs")
« "Ce que nous ne pouvons pas accepter c’est que le président de la République puisse être partie civile au procès" alors qu’"il bénéficie de l’immunité présidentielle" et qu’"il a autorité sur le parquet" (...) Il est "insupportable qu’une partie civile puisse avoir autorité sur le parquet" »
Affaire Clearstream : Montebourg estime que Villepin est "victime des abus du pouvoir" ("L'Express")
«
Le président de la République, s'il avait un honneur, (...) le respect
des principes républicains, devrait immédiatement, avant l'ouverture du
procès, retirer sa constitution de partie civile »
«
Il est inadmissible et scandaleux qu'un président de la République
fasse pression sur la Justice, dont il est censé être le garant, à
l'intérieur de l'enceinte d'un tribunal, quand il va demander à travers
ses avocats d'éliminer son principal adversaire politique. La justice
est totalement instrumentalisée dans cette affaire »
Ce procès Clearstream semble marquer le point culminant d'une longue traque à tout ce qui ressemble à un "crime de lèse-Sarkozy", on reconnait la même patte.
Clearstream, une victime peut en cacher une autre ("Marianne2")
« L’Elysée, juge et partie. L’un des aspects les plus choquants de
cette affaire est clairement la place tenue par Nicolas Sarkozy. Il est
le premier président de la République à porter plainte, rompant avec
une tradition qui veut que comme le président est protégé par une
immunité, il ne se porte pas non plus partie civile… »
« Alors que l’Elysée cherche par tous les moyens à accréditer la
théorie du complot ourdi à Matignon, il est possible d’avoir
l’interprétation inverse. Après tout, cette affaire est sortie à peine
quelques jours après l’échec du CPE, dans un timing tellement parfait
pour abattre Dominique de Villepin. Ensuite, l’influence de l’Elysée
sur la justice, en matière de nomination, est troublante. Enfin,
comment ne pas reconnaître que s’il y a une victime, il semble que ce
soit plutôt l’ancien locataire de Matignon… »
« Nécessairement - et cela s'accentuera en lui en raison de la charge de direction qu'il exerce - [l'homme tyrannique] sera envieux, indigne de confiance, injuste, incapable d'amitié, impie (...). »
(Platon, La République, Livre IX, 580)
******
A lire aussi :
Ségolène, histrion et barbouzeries
Graves pressions sur le débat Royal-Bayrou
Jean-François Kahn persiste : « Sarkozy, quelque part, est fou »
Sarkozy ou l'imposture permanente
L'exercice sarkozyen du pouvoir mis en question
Commentaires
La Sarkozie fragile...
Notre impulsif Génie des Carpettes est en train de perdre les pédales, c'est évident. Son pote Bush s'en va, le krach économique est imminent et à part interdire la misère visible, il ne lui reste plus grand chose à interdire pour faire mine d'agir pour la "sécurité" des moutons. Le cambriolage de l'appartement de Ségolène fait songer au socialiste allemand Bebel en 1933 quand les nazis l'ont baladé dans une brouette dans tout Berlin. Le PS a bêlé "sécuritaire" pendant dix ans, en 2003, le Ministre de l'Intérieur, Nico les Roubignolles n'a eu qu'à se mettre les pieds dans les pantoufles bleues tissée par le boy-scout Jospin. Même Ségolène qui en est la dernière victime notable n'est pas encore totalement guérie de la "maladie sécuritaire". Il faut aller faire un tour en Finlande ou même au Danemark pour piger que ça peut marcher sans avoir un poulet au Km2...Ceusescu a payé pour voir. Dans notre molle et "libérale-démocrature" autocatique, Nico les Talonnettes risque bien comme ses prédécesseurs en la matière, de finir en short !
Ben dit donc !
Quel long article… ;O) Miam !
la justice pour tous
Il est vrais que le violeur devait prendre de la prison ferme au moins 15 ans
pourquoi ne l'as t'il pas prit?
il faut qu'elle fasse appel
maintenant s'étonné qu'un mec se fasse condamnée pour injure, si demain je t'evois des injure et que tu porte plainte normal que je sois condamné non?
jc
C'est crétin!
Ce que vous dites dans ces "articles" est totalement dénué d'objectivité, ça sent la haine aveugle du chien qui aboie dans sa cour sans réellement savoir pourquoi. Ce comportement est totalement crétin et n'apporte rien au débat entre ceux qui critiquent Nicolas Sarkozy et sa politique et ceux qui les justifient.
C'est vraiment le problème du Web 2.0, n'importe quel analphabète peut se prendre pour Albert Londres et innonder le web de ses commentaires vaseux et insultants.
lamentable
ce blog pue le gaucho qui ne sait plus quoi dire pur exister
"Nicolas Sarkozy, ou l'âme tyrannique d'un despote au petit pied"... Mais à talonnettes! Et ça, ça change tout! Mouarf! :-)
nan mais "au petit pied" en fait ça fait pas du tout référence au "pied" partie du corps :
"Cette expression aujourd'hui désuète date du XVIe siècle.
Elle est construite avec le sens de 'pied' utilisé en tant qu'unité de mesure, sens qui a aussi servi à nommer le "pied à coulisse".
"Réduire au petit pied" voulait dire "reproduire à petite échelle"."
http://www.expressio.fr/expressions/au-petit-pied.php
Un esprit mal placé pourrait voir dans le titre une sorte d'allusion souterraine à la taille des panards de kituçé, mais à la base c'est pas du tout ça et j'y suis pour rien...
http://antennerelais.canalblog.com/archives/2007/02/03/3906760.html
Ah, mais j'entendais bien! Cependant, si l'échelle est tronquée par la talonnette (en gros, par un subterfuge quelconque... La talonnette, c'était précisément pour faire du mauvais esprit!), ça change l'aspect des choses (une erreur d'échelle - surtout de 5 cm - peut avoir de graves conséquences, une fois rendue à taille réelle. On en a encore la preuve, aujourd'hui! Déjà qu'à petite échelle, ce n'était pas possible, alors imagine mon état d'esprit, depuis 1 an, 2 mois et 17 jours!!!)... Et si j'avais vraiment voulu faire du très très mauvais esprit, j'aurais dit "Au petit pied, oui... Mais à celui de Hu Jintao (mais ça fonctionnait aussi avec W. Bush, ou d'autres. Seulement, les petits pieds et la Chine, c'est tout un symbole... Mouarf!)!"
je signale votre site a N Sarkozy !
sarko est aussi victime de lui même
sarkosy a un gros problême de commmunication
il est mal entouré et mal conseillé
à l'origine je ne peux pas croire qu'il était comme ça
il l'est devenu à cause d'une mauvaise conjoncture , un poste psychologiquement au dessus de ses capacités et une mauvaise gestion de la communication
il est victime de lui même aussi
dommage car ça cristallise pas mal de ressentiments qui.. l'agressent encore plus et ça fait boule de neige
réfléchissons y aussi, au delà des sentiments ou ressentiments idividuels,qu'ils soient justifiés ou non
cass'-toi !
On a à peu près tout dit, mais j'aurais aimé savoir ce qu'on fait pour le virer ! Il a beau démolir notre pays et sa démocratie légendaire (exemples : le referendum sur l'Europe, la main mise sur l'info, télé et journaux, 1er acte de n'importe quel dictateur, la transformation de l'école programmée pour fabriquer les esclaves du patronnat, avant sa privatisation... etc.), personne ne bronche ! Une révolution s'imposerait !!! Qu'est-ce qu'on attend ? A bas le fascisme ! Nous ne voulons plus de Pétain, Franco ou Sarkozy ! Ils ne passeront pas ! No pasaran !
L'irrespect
J'ai 72 ans et je suis depuis toujours la politique intérieure de la France, ce pays que j'aime par dessus tout. Jamais depuis 50 ans je n'ai connu un chef d'Etat aussi insulté, traîné dans la boue, injurié, entarté, vilipendé. Si, comme le dit l'adage "la femme de César ne doit pas être soupçonnée" je suppose que monsieur sarkozy a quelque responsabilité directe dans l'irrespect qui le poursuit et le stigmatise à mon humble avis à raison. Nous n'avons hélas pas un président de la république digne et honorable et cela me fait honte pour la France
abaissement national
@ robin
Les plus jeunes aussi peuvent avoir ce sentiment de honte. A cause du chef de l'Etat c'est grave...
Les italiens ont connu ça (Berlusconi), les américains aussi (Bush II).
Peillon a trouvé une bonne formule : Sarkozy "symptôme de l'abaissement national".
"Abaissement" : perte de grandeur, et aussi avilissement...
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