mercredi 30 juillet 2008
"Revue de presse" - juillet 2008
30/07
Des proches de Royal défendent sa stratégie face à Sarkozy ("Libération")
Les dangers de “l’affaire Siné” (Thierry Savatier - "Les mauvaises fréquentations")
"Comme dans les procès intentés aux artistes pour "pornographie", souvent, les accusateurs savent que leur dossier est pratiquement vide et qu’ils n’obtiendront pas gain de cause, mais leur tentative de censure sert à intimider ceux qui n’adhèrent pas à leur système de pensée et à dissuader les autres de s’exprimer. (...) Le paradoxe – et le danger – de [cette] "affaire" [Siné], c’est que les invectives qu’elle a soulevées et la véhémence des réactions suscitées semblent si disproportionnées en comparaison du texte incriminé qu’elles risquent de créer dans l’opinion une réaction inverse à celle espérée."
Pour en finir avec « l’antisémitisme » (Jean BRICMONT - "Le Grand Soir")
Affaire Siné : «Val voit de l’antisémitisme subliminal» ("contre journal")
"dans l’affaire Siné, il n’y a pas d’outrage ou d’injure envers un groupe religieux dans son entier, la volonté de Val est d’aller au-delà de la loi."
28/07
Clan Sarkozy : la manipulation médiatique d’une oligarchie financière ("Betapolitique")
Petite parano du dimanche soir ("Le Fer railleur")
L’ "effet Sarkozy" en Irlande : le Non gagne encore du terrain ("Plume de presse")
Siné : Val fan culo ! (Renaud Chenu)
26/07
Affaire Tapie : Eva Joly accuse Sarkozy de privilégier l'intérêt de "ses amis" ("Libération")
"Le fait d'avoir recours à la justice privée non transparente est tout à fait extravagant quand les deniers publics sont en jeu. (...) Il n'y a pas de précédent en France"
Premier recours déposé de Lyon contre le fichier Edvige ("LibéLyon")
"Un élu lyonnais, Etienne Tête, conteste les décrets publiés le 1er juillet, qui permettent notamment de ficher les élus, leurs mœurs et leurs fréquentations, mais aussi les mineurs à partir de 13 ans."
Marina Petrella : « C’est mon cadavre qu’ils extraderont » ("L'Humanité")
25/07
Bernard Tapie ou l'abaissement de l'Etat, par François Bayrou ("Le Monde")
Antisémitisme : l’échec d’un chantage ("Le Monde Diplomatique")
Affaire Siné: quand Joffrin efface les races... (Guy Birenbaum - "LePost")
Nicolas Sarkozy kärcherise encore la princesse de Clèves ("Rue89")
24/07
Tout antisarkozyste est-il un chien ?, par Alain Badiou ("Le Monde")
Edvige: un fichier de plus, un fichier de trop ? ("Rue89")
Le mauvais sacre de Versailles ("Le blog de François Hollande")
"Dati veut remettre Marina Petrella sur pied pour l'expédier" ("Rue89")
Carla Bruni, son temps de parole doit-il être comptabilisé ? ("Sarkofrance")
22/07
Constitution : Dupont-Aignan dénonce les pressions ("Marianne2")
Depuis des mois, Jack Lang servait la soupe à Sarkozy ("Bakchich")
Jack Lang ? C'est Gary Larson qui en parle le mieux! (Guy Birenbaum - "LePost")
Les 6 dangers profonds de la réforme des Institutions ("débat socialiste")
Militaire, de gauche et en colère ! ("Marianne2")
21/07
Tapie a gagné, la justice a perdu ("Actualités du droit")
Afghanistan : "une impasse militaire totale et durable" ("Secret Défense")
"Jean Sarkozy veut la place de son père très vite" ("Bakchich")
Pierre Desproges : "tout le monde sont juifs" (Guy Birenbaum - "LePost")
20/07
Non à l'hyperprésidence, par Robert Badinter ("Le Monde")
"Nos institutions souffrent d'un mal profond : l'hyperpuissance du président. Il est le véritable chef du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement à lui seul, dans la pratique actuelle de l'Elysée. Et, depuis le quinquennat et la succession des élections présidentielle et législatives, il est le chef réel de la majorité présidentielle à l'Assemblée. La séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité. J'appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d'un seul dans la République."
Bienvenue en monarchie bananière ("Plume de presse")
Le fichage EDVIGE mélange ordre public et renseignement politique ("contre journal")
Le monstrueux cynisme patronal ("Plume de presse")
Le blogueur François Mitterrand : "Beaucoup de gens me demandaient de rester anonyme!" ("LePost")
19/07
Mélenchon : On en revient au droit du travail d’avant 1936 ("Plume de presse")
Communiqué du Collectif Non à EDVIGE ("Ligue des droits de l'Homme")
Les "mauvaises mœurs" du prof manifestant ("contre journal")
Nicolas Sarkozy veut la tête de Franz-Olivier Giesbert ("NouvelObs")
"Le président de la République a demandé la tête de "FOG" à François Pinault, le propriétaire du Point. Il considère que l'hebdomadaire n’est pas suffisamment sarkozyste."
Une féministe, un humoriste et un dessinateur le défendent : Siné sème encore la zone… ("Bakchich")
18/07
La colère de François Bayrou dans l'affaire Bernard Tapie - vidéo
« Je ne connais pas la nature du lien [entre Sarkozy et Tapie], mais il n'y a personne qui ignore que la situation ainsi créée envoie un message à tout le monde : "si vous êtes avec moi, vous êtes protégés et vous n'aurez qu'à vous féliciter des libéralités dont vous ferez l'objet par l'Etat ; si vous êtes contre moi, à ce moment-là on vous casse." »
L'affaire Tapie, "scandale d'Etat" révélé à retardement ("@rrêt sur images")
Pas vues au 20 Heures, 600 voitures brûlées, quatre condamnations fermes ("@rrêt sur images")
France3/Rue89 : "Il a fallu insister pour qu'ils portent plainte…" ("Rue89")
Siné assigne Claude Askolovitch pour diffamation ("NouvelObs")
17/07
Bayrou dénonce une entente Sarkozy-Tapie ("Marianne2")
Je ne souhaite pas voir le Parlement soumis à l’autorité d’un seul ("Le blog de François Hollande")
Siné viré, Charlie Hebdo en deuil, Philippe Val dans la tourmente ("Rue89")
L’EFFET SÉGOLÈNE… ("The Wonderful World of Chris")
L'ânerie du jour : François Fillon ("desirsdavenir2012")
16/07
Robert Badinter invité de RTL (16 juillet 2008) - video
"un système monocratique avancé"
Mega couac entre parlementaires UMP et Gouvernement. ("Intox2007")
Ségolène Royal affirme "dénoncer des vérités qui dérangent" ("Libération")
Entretien avec Thierry Meyssan - vidéo
Charlie Hebdo : Siné répond à Val et Askolovitch - audio
15/07
Quelque chose ne tourne pas rond ("Betapolitique")
Le Sarkozysme, un télé-populisme ? ("L'Humanité")
"Le but, chaque jour, est de faire l’agenda et l’événement, pour structurer le débat public autour de sa personne. Le "sarkoberlusconien" devient ainsi l’animateur et le maître du débat."
Les chats de Daniel Schneidermann ("Libération")
Opération Sarkozy ("Thierry Meyssan")
Interview de Carla Bruni le 14 juillet : du vide, du vide, rien que du vide ? ("LePost")
14/07
Attentat du Drakkar : quand l’Elysée réécrit l’histoire ("Plume de presse")
Royal dénonce "l'intolérable épreuve" pour les soldats de défiler devant Assad ("AFP")
Trois jours tout show ("Le blog de François Hollande")
"Il est paraît-il prévu en ce mardi, que le Chef de l’État, dans sa grande bonté, après avoir envahit nos écrans, serait prêt à laisser quelques miettes de son festin médiatique à l’opposition. Non merci, nous ne mangeons pas de ce pain là. Mieux vaut encore l’abstinence que de légitimer cette omniprésence."
13/07
Tout cela n’est-il pas bien étrange ? ("Plume de presse")
Trop c'est trop : Libération et Ségolène Royal ("Fer railleur")
EDVIGE : flicage et fichage à tous les étages ("Plume de presse")
M. Dassault : les fainéants vous saluent bien bas ! ("Marianne2")
Merci M. Sarkozy... ("Agoravox")
12/07
62ème semaine de Sarkofrance : le précipice de Nicolas Sarkozy ("Sarkofrance")
Il menace ceux qui nous défendent ("Désirs d'avenir")
Pourquoi Ségolène Royal a raison ("Les coulisses de Sarkofrance")
Dominique Paillé, l'UMP de pire en pire... ("Intox2007")
11/07
Et si Ségolène Royal avait raison ? ("Agoravox")
« Un cabinet noir à l'Elysée » ("Le Parisien")
Royal : le "Clan Sarkozy" lui accorde 30 secondes au JT de TF1 ("RichardTrois" - "LePost")
Bertignac : "Carla Bruni aimerait être la femme la plus connue au monde" ("LePost")
10/07
Sois intimidée et tais-toi! ("la pire racaille")
Sarkozy, président d'un clan ("le blog de dedalus")
Popularité Sarkozy : pas d'effet Ingrid Bétancourt ("le blog de dedalus")
06/07
Non, Petits : Le Chef de L'Etat N'Est Pas Méchant ("Vive le feu!)
04/07
Ingrind Betancourt : Sarkozy n'y est pour rien et ne savait pas... ("Intox2007")
Popularité Sarkozy : retour vers les profondeurs ("Le blog de dedalus")
03/07
Quand le Figaro censure Ingrid Bétancourt ("Le blog de dedalus")
02/07
Patrick de Carolis allume Nicolas Sarkozy! (Guy Birenbaum - "LePost")
"Il est temps de dire que la télévision, c'est un métier. Qui est fait par des professionnels, qui répond à des règles. (...) Il est bon que l'on laisse travailler les professionnels. Depuis trois ans (...) nous nous efforçons de faire une télévision respectable, et j'entends qu'elle soit respectée. (...) Je trouve que lorsque l'on dit qu'il n'y a pas de différence entre la télévision de service public ou les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela injuste. Profondément injuste. (...) Je dis tout simplement les choses telles que je les ressens, en chef d'entreprise qui défend une maison, qui défend un savoir-faire, et qui défend des collaborateurs qui sont inquiets pour leur avenir, à juste titre."
La Ligue des Droits de l'Homme dénonce le fichage des mineurs de plus de 13 ans ("NouvelObs") (source)
Selon les Français, Nicolas Sarkozy utilise son épouse ("LePost")
Sept minutes de guerre froide (Daniel Schneidermann - "@rrêt sur images")
"Les
tics sont, en apparence, le plus effrayant. Ce visage dévoré, ravagé de
tics. Par quel miracle cessent-ils lorsque s'allume le rouge ? Mais ils
cessent, ou presque. Contrôle des autres, contrôle de soi."
01/07
Contribution de Ségolène Royal "Combattre et proposer" ("Désirs d'avenir")
"Nous devons retrouver le sens et le goût du combat !" ("Le blog de Vincent Peillon")
Consignes écrites de contrôle au faciès dans les commissariats. Vidéo ("Les mots ont un sens")
Ségolène demande à Sarkozy "de se calmer" ("desirdavenir2012")
Sarkozy provoque une crise avec les armées ("Le Point")
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A lire aussi :
jeudi 24 juillet 2008
De la "dénonciation pour antisémitisme"
Après Claude Askolovitch et Philippe Val, Bernard-Henri Lévy (BHL) dégaine à son tour le missile suprême, à l'encontre de Siné mais aussi de "un antisarkozysme", puis enfin de Alain Badiou !
Un passage d'une récente tribune de BHL dans Le Monde, à propos de "l'affaire Siné", attire l'attention.
De quoi Siné est-il le nom ?, par Bernard-Henri Lévy (Le Monde)
« L'antisémitisme - comme, naturellement, le racisme - est un délit qui ne souffre ni circonstances atténuantes ni excuses. La chose devrait aller de soi. Hélas, ce n'est pas le cas. Car il y a une excuse au moins qui, depuis l'affaire Dreyfus, semble marcher à tous les coups et instaurer une sorte de clause de la haine la mieux autorisée.
C'est celle qui consiste à dire : non à l'antisémitisme, sauf s'il s'agit d'un grand bourgeois, officier supérieur de l'armée française. Ou : non à l'antisémitisme sauf si l'enjeu est un symbole du Grand Capital, un banquier juif, un ploutocrate, un Rothschild. Ou : sus à l'antisémitisme, cette peste des âges anciens que le progressisme a terrassé - sauf s'il peut se parer des habits neufs d'un antisarkozysme qui, lui non plus, ne fait pas de détail et ne recule devant rien pour l'emporter. »
Résumons :
1. L'antisémitisme est "terrassé", mais revit parfois, camouflé dans "un antisarkozysme"
2. "Un antisarkozysme" et l'antisémitisme présentent des caractéristiques communes (ils "ne font pas de détail et ne reculent devant rien pour l'emporter")
BHL se rend-il compte de ce qu'il écrit ?
Par ailleurs on se rappelle cette phrase de Claude Askolovitch (celui par qui le "scandale Siné" est arrivé) :
« L'idée selon laquelle Nicolas Sarkozy n'est pas un adversaire politique (avec qui on débat, on argumente, on contre-argumente), mais qu'il est un ennemi, un ennemi absolu, un ennemi de la République, qu'il est en train de détruire ce pays, et que donc il faut l'éradiquer : c'est une idée qui fait son chemin (...). »
(source)
Si le constat global de Askolovitch est juste, l'emploi du mot "éradiquer" (qui participe de la même posture que BHL) est évidemment irrecevable.
On se rappelle aussi que pendant la campagne présidentielle, le rapprochement entre "antisarkozysme" et antisémitisme avait déjà été osé, apparemment sans honte, et pas par Frédéric Lefebvre : mais par des personnes à priori respectables et sensées savoir manier les idées, tel Max Gallo.
"Dénonciation pour antisémitisme"
C'est un fait que depuis quelque temps l'accusation d'antisémitisme (infamie suprême) se trouve employée comme arme : après "l'antisarkozysme", Siné fut visé, victime apparemment d'un règlement de comptes interne à Charlie-Hebdo.
Il ne serait pas infondé d'avancer ici l'expression "dénonciation pour antisémitisme" (dénonciation calomnieuse en son principe - dans le cas contraire les lois sont là pour réprimer tout propos antisémite) : sorte de lointain et grotesque renversement de la délation antisémite qui sévissait sous l'occupation, mais en l'occurence visant plutôt l'effet des dénonciations qui intervinrent à la Libération, lors de ce que l'on nomma l'épuration : "qu'on le tonde!"
Car l'objectif de ceux qui brandissent ces accusations d'antisémitisme calomnieuses (ainsi que l'ont bien senti, dans la toute récente "affaire Siné", la quasi totalité des commentateurs sur le net), est bien une "excommunication", un bannissement, le rejet hors de la civilisation, voire hors de l'Humanité véritable.
- « En raison de la collaboration dont ont fait preuve les autorités françaises avec le régime nazi, durant la 2me guerre mondiale (1939-1945), et de leur contribution à la déportation des Juifs de France vers les camps de concentration, l’antisémitisme est un sujet sensible en France. Accusation infamante, elle condamne quiconque en est l’objet à une sorte d’ostracisme. » (René Naba)
- « Siné n'est pas un ami, à peine un copain, mais je sais que cette accusation d'antisémitisme dont on l'accable n'est qu'un prétexte, je le vois, et je sais que c'est une accusation ignominieuse, destinée à tuer un homme moralement, socialement, professionnellement. » (Delfeil de Ton)
- « "Antisémite" ! Ça vaut "Collabo" en 45, "Trotskyste" sous Staline, "Sorcière" sous l’Inquisition, "Pédophile" depuis l’affaire Dutroux. Ça salit bien, ça colle à la peau, ça tache éternellement, on ne s’en relève pas. » (Renaud Chenu)
Il y a quelques mois, même Pierre Bourdieu, ou plutôt son œuvre et sa mémoire, avaient été visés !
Après Bourdieu, à qui le tour ? (Libération)
« Ces propos ne mériteraient pas qu'on les relève tant ils sont absurdes et ridicules. (...) l'usage de cette injure (...) est le symptôme de la vacuité du débat intellectuel et politique. Faute d'arguments, on injurie. Mais, à force de manier l'injure n'importe comment, ce sont les actes et les paroles réellement antisémites ou racistes que l'on banalise. »
Badiou dans le collimateur
Ce n'est pas fini : en effet dans sa tribune du Monde BHL n'hésite pas à cibler, juste après "un antisarkozysme", l'excellent Alain Badiou ! Au mot "antisémitisme" déjà brandi il y a quelques mois à l'encontre de celui-ci (à cause de son emploi du mot "rat"!), BHL en ajoute un autre : "fascisme" ! Comment peut-on tolérer une telle bouillie ? Mais attention : BHL invoque Sartre.
« Ainsi parlait Alain Badiou quand, dans un livre récent, De quoi Sarkozy est-il le nom?, il s'autorisait de sa juste lutte contre l'"immonde" pour réintroduire dans le lexique politique des métaphores zoologiques ("les rats"... "l'homme aux rats"...) dont le Sartre de la préface aux Damnés de la terre avait pourtant démontré, sans appel, qu'elles sont toujours la marque du fascisme. » (BHL)
La préface de Sartre date de 1961. On ne sait quel était le ressenti exact il y a 47 ans, vis à vis de ces expressions "aux rats". En 2008, elles feraient plutôt penser à ceci : "nervi fasciste", "extrême-droite", etc.
Par ailleurs, il aurait été plus élégant, et plus sérieux, de la part de BHL, de donner une citation précise de la préface de Sartre. Heureusement celle-ci est disponible sur internet (qui en dix ans a "détricoté le travail fragile de deux siècles", dixit Philippe Val) :
Les damnés de la terre (Frantz Fanon, 1961) - Préface à l'édition de 1961 par Jean-Paul Sartre
Il se trouve que dans cette préface de Sartre, on ne trouve ni le mot "rat", ni le mot "fascisme", ni les mots "métaphore" ou "zoologique", ni rien directement en rapport avec ce qu'avance BHL.
« le Sartre de la préface aux Damnés de la terre avait pourtant démontré, sans appel, [que ces métaphores zoologiques] sont toujours la marque du fascisme» (BHL)
Peut-être est-ce ailleurs que Sartre - par ailleurs préfacier des Damnés de la terre - avait opéré cette "démonstration sans appel" ? Mais où ?
Ne serait-on pas plutôt là en présence d'une de ces "manipulations" dont BHL semble coutumier ?
BHL le faussaire
« Avec Bernard-Henry Lévy, il faut toujours tout vérifier, même le plus anodin. (...) [Dans] un entretien publié par L'Express, du 10 au 16 janvier 2005, (...) l'écrivain, sommé de s'expliquer sur les libertés qu'il a l'habitude de prendre avec la réalité, revendique "une conception guerrière de la recherche de la vérité. Avec des stratégies, des lignes de front et de fuite, des ruses". Bref, une définition de la vérité qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle... du mensonge. »
« Le détail parfois dit l'homme entier. La petite imposture s'emboîte dans la plus grande qui elle-même en enferme une plus conséquente encore. »
(N. Beau & O. Toscer, Une imposture française, Les Arènes, 2006, p. 207)
Autre petite manipulation, pointée par Jean-Louis Loubet del Bayle (cité par BHL dans sa tribune), dans une lettre adressée au directeur du Monde :
« (...) j’ai eu la surprise de trouver mon nom (...) dans les propos suivants, sous la signature de M. Bernard-Henri Lévy : "c’est faire bon marché du courant dit précisément des "non-conformistes des années 30", et de l’énergie qu’il mit à fournir à l’antisémitisme de son temps ses armes et ses raisons (il convient, sur le sujet, de lire et relire le classique de Jean-Louis Loubet del Bayle…)".
(...) Ce (...) livre intitulé "Les non-conformistes des années 30. Une tentative de renouvellement de la pensée politique française" (...) ne contient AUCUN élément susceptible de justifier et de fonder l’affirmation de M. Bernard-Henry Lévy.
(...) Etant donné la notoriété de l’auteur de ce contresens, qui prétend donc utiliser à tort, à la fois, la réputation de l’ouvrage cité - qu’il qualifie lui-même de "classique" - et l’autorité qu’il me prête, je ne peux que vous demander la publication d’un rectificatif destiné à rétablir aux yeux de vos lecteurs une information exacte concernant le contenu de ce livre, son objet – les "non-conformistes des années 30" - et les analyses de son auteur. »
(source)
Autres manipulations au moyen de citations, opérées par BHL dans sa tribune du Monde, repérées ici :
La fabrique de l'antisémitisme ("Vive le goulag!")
A propos de BHL, les auteurs de Une imposture française concluaient cruellement, dans leur épilogue (p. 203) :
« Le théatre d'ombres béachélien joue la même pièce depuis trente ans sans que le masque ne soit jamais tombé, car l'homme épouse son époque. Philosophe enseigné dans aucune université, journaliste mêlant le vrai, le vraisemblable et le totalement faux, cinéaste de raccroc, écrivain sans vraie œuvre littéraire, il est l'icône d'une société des médias où la simple apparence pèse infiniment plus que le fond des choses. Ainsi Bernard-Henri Lévy est-il d'abord et surtout un brillant communicant, l'attaché de presse du seul produit qu'il sait vraiment vendre : "BHL". »
- « Comment expliquer (...) que celui dont plusieurs livres d'auteurs différents ont mis à jour les multiples mensonges (de ses rencontres avec Massoud, à sa ceinture noire de judo) puisse encore être crédible ? Sans doute suis-je d'une naïveté infantile, mais je pensais qu'on ne pouvait à la fois être un menteur multirécidiviste et se prendre pour une figure morale. Comment quelqu'un ayant une pensée binaire (bien-mal, ami-ennemi, eux-nous) [peut-il] passer pour un intellectuel incontestable ? » (Pascal Boniface)
- « Je crois qu'on le savait depuis le début que BHL c'était du toc et qu'on a laissé faire »
(Bernard Kouchner, interview à Actuel, mai 1987, cité in Une imposture française, p. 152)
- « L'ignorance de BHL et sa malhonnêteté intellectuelle sont proprement insondables »
(Pierre Vidal-Naquet, cité in Une imposture française, p. 149)
L'affaire Siné
Le texte de Siné :
« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »
(Siné, Charlie-Hebdo, 02/07/2008)
Sur ce texte de Siné, l'avant-dernier paragraphe de la tribune de BHL est un chef-d'œuvre de suffisance et
d'aveuglement mêlés. Il est évident que le texte de Siné se plaçait
principalement dans le registre de l'indignation (devant l'ambition voire l'arrivisme du fils Sarkozy -
mariage d'argent avec apparemment conversion
religieuse comme passage obligé), et non de l'humour... Qui cela pouvait-il faire rire ?
«
Allons, Siné. Tu as encore le choix. Ou bien la répétition, le
stéréotype, le même éternel retour du même humour de cabaret qui ne te
fait, j'en suis sûr, plus rire toi-même - mécanique plaquée sur du
vivant, ignominie couplée avec du cliché, gâtisme assuré. Ou bien
changer de disque, inventer, te libérer et faire de ton humour
l'aventure d'une liberté retrouvée et ajustée aux libertés du jour -
jeunesse à volonté, talent, modernité. » (BHL)
Après s'être ainsi égaré (prendre un
coup de gueule pour une blague débile !), BHL peut-il sérieusement
être écouté lorsqu'il décrète que le texte de
Siné présente un caractère "antisémite" ? Mais on sent bien que sa tribune du Monde est avant tout posture, calcul.
Les derniers mots de l'article de BHL sont néanmoins d'une justesse parfaite :
« Je ne pense pas qu'on en ait "trop fait" sur cette affaire Siné. Aussi minuscule qu'elle semble, c'est une de ces "sécrétions du temps" dont Michel Foucault disait qu'elles n'ont pas leur pareil pour refléter, condenser, télescoper, l'esprit et le malaise d'une époque. »
A ceci près que pour BHL, "l'affaire Siné" serait révélatrice d'un antisémitisme sensé se glisser partout ("s'insinuer partout", serait-il plus juste d'écrire).
Pour d'autres (ainsi que l'exprime de manière très claire, en marge des articles de presse publiés sur le net, la quasi totalité des commentaires - mais ce n'est jamais là que ce que "ânonne l'opinion", pour reprendre l'expression de BHL dans son article), "l'affaire Siné" est avant tout indignation devant une calomnie (l'accusation d'antisémitisme portée contre le texte de Siné) ; et accessoirement, révélatrice de cette imposture répétée qui consiste, pour s'en débarrasser, à accuser n'importe qui - ou quoi - d'antisémitisme (l'antisarkozysme, Bourdieu, Badiou, Siné, parmi les exemples les plus récents). "L'affaire Siné" est ce qui aura fait déborder le vase.
- « Mais la rescapée que je suis ne supporte plus tout ce ramdam chaque fois qu'on écrase un cor au pied juif. Je parle bien de cor au pied. Tout cela est malsain, contre productif, et pire, alimente un antisémitisme véritable. Quelque chose de malsain et qui risque d'exploser un jour d'une manière qu'on n'imagine pas. » (Deborah)
- « Ce serait risible si ça ne donnait pas de quoi faire fantasmer les adeptes de "complots juif" et autres vrais antisémites, racistes et timbrés de toute sorte » (Altarius)
- « Siné antisémite! Ce serait une bonne blague si cela ne relevait pas d'une chasse aux sorcières, initiée par des écrivaillons embourgeoisés prêts à toutes les forfaitures pour être du bon côté du manche médiatique. (...) Oui! A cette insulte fielleuse, ma part de juif se révolte, partagée entre le dégoût et le rire. Quels nabots du journalisme il faut être pour se livrer à de telles bassesses, et quels flatteurs soumis pour les soutenir ? Oui, de la même façon qu'il défend les "underdogs" toutes couleurs confondues, Siné est le grand ami des juifs, Siné est notre ami, le meilleur de nos amis, l'ami de ce que nous avons de meilleur en nous ! Siné,à te lire depuis si longtemps, à te fréquenter, j'en témoigne et suis prêt à le faire jusqu'à ce que tes lamentables détracteurs soient confondus. » (Mark Held)
- « Certes, pour bon nombre de personnes qui réfléchissent, l’avis de BHL n’a aucune espèce d’importance. (...) le dernier épisode de son "engagement intellectuel" contre le dessinateur Siné a fini de le situer du côté où finit la pensée et commencent les aboiements des serre files de tous les temps et tous les camps. » (Jean-Luc Mélenchon)
Un précédent dans Le Point
En mars dernier, BHL avançait les mêmes idées que dans sa tribune du Monde, mais de manière plus radicale.
Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy - Sur un certain antisarkozysme... ("Le Point" 27/03/2008)
« (...) ces sites antisémites qui se déchaînaient, pendant la campagne, sur l'air du "Tout sauf Sarkozy" »
« le livre (...) où le philosophe Alain Badiou, prétendant se réclamer
de Freud (pauvre Freud !), n'appelle plus le président par son nom mais
"l'homme aux rats", juste "l'homme aux rats", comme dans les films de propagande qui passaient dans les cinémas sous l'Occupation. »
Le meilleur pour la fin :
« Je pense à tels signes, minuscules sans doute, dérisoires, mais qui
vont des attaques ad hominem (en particulier sur le physique) à un type
d'agression que l'on ne s'était autorisé vis-à-vis d'aucun de ses
prédécesseurs (l'affaire du SMS) en passant par "Les Guignols de
l'info", qui lui collent maintenant (s'en sont-ils eux-mêmes avisés ?)
l'accent des comédiens de "La vérité si je mens". Je mets tout cela
bout à bout. Et finis par me dire qu'il y a là, qu'on le veuille ou
non, quelque chose qui fait symptôme : non plus de quoi Sarkozy mais de
quoi l'antisarkozysme est-il le nom ? »
A ce stade, il ne semblerait pas déraisonnable de
s'interroger sur l'intégrité mentale de BHL. Cependant on peut
reconnaître que dans sa tribune du Monde il a baissé d'un ton.
***
A noter que Alain Badiou, dans un article de Libération, avait lui-même répondu en janvier dernier à cette invraisemblable accusation d'antisémitisme déjà portée à son encontre.
Badiou répond aux "tontons flingueurs" (Alain Badiou, Libération, 14/01/2008)
« (...) un jour, on vous envoie des porte-flingues. Parce qu’on sait que vous êtes devenu le philosophe français vivant le plus traduit et le plus demandé, et de loin ? Parce que s’annonce le déclin des imposteurs qui depuis vingt ans représentent dans les médias la "philosophie" ? Parce qu’un de vos petits livres d’intervention, De quoi Sarkozy est-il le nom, consonne avec l’humeur belliqueuse d’une fraction du "grand public" ? L’avenir de l’histoire fera le tri des raisons.
Mais qu’est-ce qui tue quelqu’un, de nos jours, dans la guerre intellectuelle ? Parbleu ! L’accusation d’antisémitisme ! Voilà la bonne idée ! »
***
Mise à jour
Le temps que ce billet se termine, et Le Monde mettait en ligne la réponse de Badiou à l'article de BHL !
Tout antisarkozyste est-il un chien ?, par Alain Badiou ("Le Monde", 24/07/2008)
Copie intégrale (Le Monde ne laisse pas indéfiniment en ligne ses articles) :
« Les ennemis de toute politique autre que celle qu'ils nomment très à tort "démocratie", vu qu'elle est, de notoriété publique, le pouvoir d'une maigre oligarchie de dirigeants d'entreprise, de détenteurs de capitaux, de politiciens consensuels et de stars médiatiques, ont inventé depuis quelques années un truc dont ils usent maintenant contre quiconque leur déplaît : insinuer qu'il est antisémite. J'ai l'honneur d'être flanqué de vrais professionnels de cette insinuation.
S'agissant de mon avant-dernier livre, De quoi Sarkozy est-il le nom?, qui a plu à pas mal de monde, et qu'il fallait de ce fait même stigmatiser le plus vite possible, il était dur d'y trouver, même en mentant comme un arracheur de dents, de quoi alimenter le truc de l'antisémitisme. Pas la moindre allusion au mot "juif". Eh bien, les professionnels de la délation, les sycophantes, en ont trouvé quand même ! M. Assouline a remarqué, sur son blog, que je traitais de "rats" les socialistes entrés au gouvernement Sarkozy, et, par voie de conséquence, Sarkozy lui-même, d'"homme aux rats".
Quelqu'un de très modérément cultivé sait aussitôt que j'entrelace ici, non sans une subtilité rhétorique qui mériterait des éloges, la métaphore des rats qui quittent le navire, la légende du joueur de flûte qui entraîne les rats hors de la ville, et le cas, décrit par Freud, de "l'homme aux rats" comme exemple type de l'obsession. M. Assouline est-il cultivé ? Il sait en tout cas où il veut en venir. Depuis la dernière guerre et les nazis (suivez mon regard), proclame-t-il, personne n'a plus traité qui que ce soit de rat. Par ailleurs, il y a des juifs dans la généalogie de Sarkozy. Donc… Vous voyez ? Hein ? Vous voyez bien ?
Le plus drôle est que le chef de file des intellectuels médiatiques commis à la Restauration, Bernard-Henri Lévy, saute sur l'occasion, sans citer du reste sa source, M. Assouline. Citons, nous, BHL (dans Le Monde du 22 juillet) : "Dans un livre récent, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Alain Badiou s'autorisait de sa juste lutte contre l'immonde pour réintroduire dans le lexique politique des métaphores zoologiques ( les rats … l'homme aux rats ) dont le Sartre de la préface aux Damnés de la terre avait pourtant démontré, sans appel, qu'elles sont toujours la marque du fascisme."
Alors là ! Sartre ! Tout du long de l'essai fondamental Les Communistes et la paix, écrit au début des années 1950 (Les Temps modernes, 1952), il appelle "rats" les anticommunistes. Il le fait certainement avec d'autant plus de bonne humeur qu'il a été lui-même traité de "hyène dactylographe", non par les fascistes, mais par ses alliés communistes. Le même Sartre avait du reste prononcé la sentence fameuse : "Tout anticommuniste est un chien." Comme quoi, bien après la guerre, les animaux étaient mis à contribution de toutes parts… Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal ont fait l'éloge de Tony Blair. Utilisant une comparaison chinoise, je les ai appelés des "blaireaux de la même colline". Blair, blaireaux… Que les délateurs prennent note : j'ai ajouté aux "métaphores zoologiques" l'ignominie des jeux de mots sur les noms propres. Aucun respect de la personne humaine.
Eh bien, finalement, je plaide coupable. J'utilise en effet sans remords les "métaphores zoologiques". Ce qui caractérise la politique, même si le capitalo-parlementarisme pousse sa domination jusqu'à vouloir nous le faire oublier, c'est qu'il y a des ennemis. Et pourquoi diable, si ce sont de vrais ennemis, me serait-il interdit de les injurier ? De les comparer à des vautours, à des chacals, à des butors, à des linottes sans tête, et même à des rats, à des vipères, lubriques ou pas, voire à des hyènes, dactylographes ou pas ? On ne peut pas toujours comparer les gens à des aigles, comme on l'a fait pour Bossuet, ni même à des bœufs, comme ce fut le cas pour le président du conseil Joseph Laniel, ou encore à des renards, comme c'était courant s'agissant de Mitterrand.
Et puis, mesdames, messieurs, un peu d'humour. A supposer que Ségolène Royal me fasse penser à une chèvre peinte et le premier ministre Fillon à une fouine endormie, ne croyez pas, quel que soit votre animal favori, qu'il faille grimper au plafond ! »
Lorsqu'un lecteur familier des grands auteurs aborde un livre de Alain Badiou, il se sent immédiatement en confiance, en même temps qu'une allégresse se diffuse en lui : ceci par le simple effet de l'excellence du style de l'auteur, chose si rare.
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Mise à jour 25/07/2008
Antisémitisme : l’échec d’un chantage ("Le Monde Diplomatique")
« Depuis le début des années 1990, on ne comptait plus les adversaires de l’impérialisme, du néolibéralisme, des médias dominants…, qualifiés d’antisémites, voire de "nazis" par quelque gardien de l’ordre social. Le prétexte pouvait être léger, inexistant même. Qu’importe : écrasé par la gravité de l’imputation, l’accusé devait aussitôt exciper de ses états de service antiracistes, évoquer la liste de ses amis et parents promptement transformés en cautions de moralité, autopsier un trait d’humour plus ou moins réussi.»
« (...) seul le tribunal de l’Inquisition et ses juges inamovibles (Alain Finkielkraut, Ivan Rioufol, Alexandre Adler, Philippe Val, Bernard-Henri Lévy) avaient la permission de manier l’irrespect, la provocation, de frôler (ou de franchir) la ligne jaune de la stigmatisation collective. Eux pouvaient justifier — au nom de Voltaire et du droit à la caricature — leurs dérapages sur, par exemple, la couleur des joueurs de l’équipe de France ou l’assimilation de l’islam au terrorisme. »
« (...) Edgar Morin, Pierre Péan et Philippe Cohen, Daniel Mermet, Hugo Chavez, Pascal Boniface, Jacques Bouveresse, Charles Enderlin, Pierre Bourdieu, José Bové… sans oublier Le Monde diplomatique, ont été tour à tour suspectés ou accusés d’antisémitisme. »
« (...) cette fois, l’affaire semble se retourner contre ses instigateurs. En marquant leur solidarité avec le dessinateur calomnié, des milliers de personnalités, d’intellectuels, de journalistes et d’anonymes ont signifié que ce manège devait cesser. »
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Mise à jour 26/07/2008
Article irresponsable et halluciné de Alexandre Adler (membre du "tribunal de l'Inquisition" dont parlait hier Le Monde Diplomatique) :
L'antisémitisme, ciment du vertige identitaire ("Le Figaro")
Passons sur sa façon d'accabler Siné, emplie de mauvaise foi, car ceci est au fond de pure forme : l'objectif de Adler dans cet article est surtout d'attirer l'attention sur ce qui semble constituer sa marotte (l'existence d'une sorte de "complot antisémite" irréfléchi, accessoirement "antisarkozyste").
Marotte
1. Sceptre surmonté d'une tête coiffée d'un capuchon bigarré et garni de grelots.
3. [Sens figuré] Idée fixe, manie. => dada, folie, manie.
(Le Petit Robert)
Mais, en lisant cet article, une horrible impression : comme si Adler créait réellement, lui-même, avec ses mots, ce qu'il s'efforce pourtant apparemment d'exorciser, et qui n'existait jusque là que dans son cerveau victime de surchauffe.
« Qu'est-ce qui unit de part le monde un islamiste marocain, un communiste russe déçu, un pasteur africain-américain ségrégationniste à l'envers, un intellectuel anglais semi-aristocratique et antiaméricain… et un adversaire rabique du président Nicolas Sarkozy, qui voit en lui l'inacceptable promotion de l'étranger ? L'antisémitisme sert ici de ciment à un authentique vertige identitaire. » (Adler)
Il y a effectivement un vertige : mais créé par Adler lui-même, par l'inconséquence, l'irresponsabilité avec laquelle il mélange tout pour aboutir à une dangereuse bouillie, sur un sujet sensible comme l'antisémitisme, qui ne devrait être abordé que mezza voce. Mais Adler vocifère, en tous sens, agitant les grelots de sa marotte...
« Mais revenons un instant sur la haine antisarkozyste : on aura beau rappeler que le président n'est ni juif par la religion ni même très majoritairement par l'origine (...) : qu'importe, (...) voici que les antisémites, comme un essaim de mouches, s'en prennent à sa personne, ou, le cas échéant, à celle de son fils. » (Adler)
Après de tels propos, un premier réflexe serait d'appeler au secours la phrase de Jules Lagneau : "c'est d'une sottise qui désarme l'indignation". Hélas on est là dans quelque chose de sensiblement plus grave que la simple sottise... Car il est parfaitement exact qu'à hurler après les démons, ceux-ci finissent par réellement apparaître.
Mais une lueur : peut-être Adler a-t-il écrit un texte parodique, pour rire ? Pour se moquer sans doute de cette ridicule accusation d'antisémitisme portée contre le texte de Siné ?
En effet :
« Aujourd'hui, on voit en tout cas qui a la trempe d'un Zola, d'un général Picard : c'est Philippe Val. »
(rires)
Et juste après, les derniers mots de l'article :
« Et qui a la bassesse de Drumont, de Maurras ou de Bernanos : ce sont les pétitionnaires semi-trotskistes en faveur de l'éternel stalinien Siné. »
Certes c'est amusant, on aimerait quand même avoir confirmation de l'intention comique de Adler...
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De quoi l'antisémitisme est-il le nom? ("Actualités de la Recherche en histoire visuelle")
« Derrière l'accusation d'antisémitisme, ce qui se cache est bien souvent un incontrôlable prurit antigauchiste. On le constate : d'Askolovitch, qui déclare les chroniques de Siné d'un "gauchisme imbécile", à Joffrin, qui vise les "bataillons quelque peu cacochymes de l’extrême gauche antisioniste", en passant par BHL, qui profite de l'affaire Charlie pour régler ses comptes avec Alain Badiou et l'"islamo-gauchisme", la rage des intellectuels médiatiques à débusquer la haine du juif s'abreuve à une source des plus politiques. (...) A force de mauvaise foi et d'aveuglement, l'anti-antisémitisme est devenu le nom d'une bien nauséabonde dérive, qui n'a plus rien de la vigilance éclairée, mais tout du règlement de comptes néo-conservateur. »
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Mise à jour 27/07/2008
Siné : Val fan culo ! (Renaud Chenu)
« (...) Siné n’a pas associé juif, pouvoir et réussite sociale. Il a suggéré une conversion à caractère supposée opportuniste de la part d’un garçon dont la récente geste politique a montré qu’il est brillant en la matière. Il ne l’a pas condamné, il l’a même félicité, avec un poil d’ironie, c’est de bonne guerre, c’est l’arme des Siné de tous les pays, l’ironie ! Dans cette phrase, Siné se fout que Mlle Darty soit de confession juive. (...) Tout cerveau normalement constitué a compris ça. Des fous dangereux comme Guy Bedos, Gisèle Halimi, Christophe Alévèque, Lefred Thouron et des milliers d’anonymes qui le soutiennent ont compris ça. »
« Ceux qui y voient de l’antisémitisme ont un vrai problème. (...) Soit ils sont paranos et dénichent l’antisémitisme là où il n’est pas, et dans ce cas on ne peut rien pour eux, juste regretter qu’ils aient tant de facilité à répandre la peur qui les ronge sur la place publique. Soit ils sont sciemment manipulateurs, et dans ce cas ils sont dangereux pour la démocratie, car ils entretiennent un climat médiatique où l’antisémitisme est maintenu à un niveau artificiellement haut, en tout cas plus élevé qu’il ne l’est réellement. (...) »
« (...) Utiliser l’antisémitisme, cet outil inflammable, pour salir un homme qu’on ne peut pas saquer... pour le mettre au banc... (...) Val (...) espérait que ça passerait, il avait dû parier que personne n’oserait soutenir un homme taché du sceau de l’infamie. Plantage, mec. »
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Mise à jour 30/07/2008
"La phrase de Siné avait été prononcée par le président de la Licra!", par Delfeil de Ton
Tartuffes de tous bords, ne touchez pas a mon pote Siné ! ("Democratie & socialisme")
« Moins de 70 ans après la libération des camps d’extermination, l’accusation d’antisémitisme est certainement une des plus graves qui soient, car elle est liée à un des plus grands crimes de l’époque moderne. C’est bien pourquoi on ne doit l’utiliser a la légère. Encore moins l’instrumentaliser pour régler des comptes personnels ou politiques. »
Pour en finir avec « l’antisémitisme » (Jean BRICMONT - "Le Grand Soir")
« Cette affaire, vue dans le contexte des attaques répétées de Charlie contre les musulmans, amène la liberté d’expression en France à une croisée des chemins : soit on déclare une fois pour toutes que les musulmans et les catholiques sont des cibles légitimes qui doivent subir en silence toutes les insultes et toutes les caricatures, mais que tout propos désobligeant contenant le mot "juif" ou "sioniste" est tabou, ou bien cette affaire permettra de faire sauter ce verrou. Dans le premier cas, il ne faut se faire aucune illusion : un tel traitement différentiel suscitera (et suscite sans doute déjà) un antisémitisme massif, bien que silencieux et ignoré des élites médiatiques. »
Affaire Siné : «Val voit de l’antisémitisme subliminal» (contre journal")
« c’est une forme de terrorisme intellectuel que de considérer ce message comme faisant l’analogie entre judaïsme et goût de l’argent. (...) Philippe Val possède un épiderme à géométrie variable. Cela ne lui posait en effet aucun problème de faire le parallèle entre Mahomet et les poseurs de bombes. Et d’assimiler, par là-même, les musulmans aux terroristes. (...) dans l’affaire Siné, il n’y a pas d’outrage ou d’injure envers un groupe religieux dans son entier, la volonté de Val est d’aller au-delà de la loi. »
Le théorème de Joffrin, par Delfeil de Ton
« Aucun journal, en France, à ma connaissance, n'avait encore fait ça [avant Libération] : stopper net les réactions des internautes à un écrit de son directeur. »
Philippe Val devrait prendre de longues vacances... (Guy Birenbaum - "LePost")
Texte absolument remarquable signé Thierry Savatier, écrivain et historien :
Les dangers de “l’affaire Siné” ("Les mauvaises fréquentations")
« (...) Le fait de pouvoir substituer à "judaïsme" tout autre qualificatif religieux (bouddhiste, protestant, born-again, musulman, hindouiste, etc.) sans changer le sens de la phrase litigieuse rend la suspicion d’antisémitisme peu consistante. Par ailleurs, avoir vu dans ces lignes le raccourci – aussi stupide qu’odieux – "Juif = pouvoir et fortune" ou "il faut être Juif pour réussir dans la vie", n’est-ce pas avant tout avoir voulu l’y voir ? (...) »
« (...) A force de crier à l’antisémitisme à tout propos, ne court-on pas le risque, particulièrement dangereux, de décrédibiliser une juste cause, d’en banaliser la notion et de lasser une opinion qui restera sourde si un jour survient une alerte sérieuse ? (...) »
« (...) Comme dans les procès intentés aux artistes pour "pornographie", souvent, les accusateurs savent que leur dossier est pratiquement vide et qu’ils n’obtiendront pas gain de cause, mais leur tentative de censure sert à intimider ceux qui n’adhèrent pas à leur système de pensée et à dissuader les autres de s’exprimer. Car, on le sait, la qualification d’antisémitisme ou de diffamation raciale conduit à une exclusion sociale dont les intellectuels qui en sont accusés injustement, comme Edgar Morin ou Hannah Arendt, ont toutes les peines à se remettre. »
« Dans toute son œuvre, et surtout dans Chien blanc, [Romain] Gary exprime sa méfiance, voire son mépris pour certains professionnels de l’antiracisme qui "cachent en eux une faille paranoïaque [et] se servent ainsi des persécutés authentiques pour se retourner contre les "ennemis"." (...) »
« (...) Le paradoxe – et le danger – de [cette] "affaire" [Siné], c’est que les invectives qu’elle a soulevées et la véhémence des réactions suscitées semblent si disproportionnées en comparaison du texte incriminé qu’elles risquent de créer dans l’opinion une réaction inverse à celle espérée. »
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Mise à jour 04/08/2008
Affaire Charlie Hebdo : la pétition à laquelle vous avez échappé ("Le Plan B")
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Soutien à Siné
Pétition de soutien à Siné
(plus de 25 000 signatures dont celle de Jean-Luc Godard)
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Mise à jour 04/09/2008
Siné lance son propre journal :
Détails en ligne : Le site www.sinehebdo.eu
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Sur l'antisémitisme, pour se remettre le jugement en place :
Céline - Sartre - Apostrophes 1-2
C'est long mais intéressant, certaines choses d'ailleurs ne pourraient peut-être pas être dites si "librement" et avec l'esprit si dégagé, à l'heure actuelle. On sent qu'à l'époque "l'inquisition askolovichienne" ne sévissait pas encore, il y a même quelque chose d'assez saisissant dans ce contraste. Pourtant c'était Apostrophes, pas Droit de réponse...
Parole de Sartre rapportée par un des invités d'Apostrophes :
« l'antisémitisme ce n'est pas une doctrine, ce n'est pas un sentiment : c'est une passion »
Chose étonnante : sous ce rapport de la "passion" (prise comme délire irrationnel), on pourrait presque voir une sorte de "transfert", de l'antisémitisme (irrationnel et délirant par nature) vers l'anti-antisémitisme hystérique et inquisiteur de certains à l'heure actuelle.
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Mise à jour (février 2009)
Antisémitisme : Pierre Péan blanchi grâce à "@rrêt sur images"
Siné relaxé des poursuites pour incitation à la haine raciale ("LibéLyon)
« (...) les juges s'appuient sur le témoignage d'une linguiste qui avait décortiqué la chronique de Siné, et conclu à "l'inconsistance du grief antisémite" »
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A lire aussi :
L'affaire Siné ("Nouvel Obs")
Salir Badiou ("Vive le feu!")
BHL : les dessous d'un système ("Lire")
L’affaire Siné, par Bernard Langlois ("Politis")
BHL ou l'empereur de la morale aux habits neufs
Siné qua non (Paul Moreira)
Philippe Val, à son propre jeu… (Sébastien Fontenelle - "Bakchich")
Dossier — L’imposture Bernard-Henri Lévy ("Le Monde Diplomatique")
lundi 14 juillet 2008
Nicolas Sarkozy, ou l'âme tyrannique d'un despote au petit pied
« Il est donc nécessaire que l'âme tyrannique soit toujours pauvre et irrassasiée »
(Platon, La République, Livre IX, 578)
Un certain nombre de faits étranges s'accumulent depuis quelque temps dans ce pays.
Précisons tout de suite en préambule, que nous ne sommes pas un 1er avril.
Ces faits étranges, et qui semblent d'ailleurs se multiplier, ont fait leur apparition il y a déjà plusieurs années.
Ainsi, le 23 mars 2004 :
Voiture de Sarkozy yaourtée : quatre mois avec sursis ("NouvelObs")
« Un homme de 36 ans, qui avait jeté un yaourt [périmé] sur la voiture du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy [circulant à contre-sens] lors de sa visite à Toulouse le 2 février, a été condamné à 4 mois de prison avec sursis. »
« Poursuivi pour "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique", [il] a été jugé mardi 23 mars par le tribunal correctionnel de Toulouse. »
Ce sera finalement de la prison ferme :
Sept mois de prison pour le vélorutionnaire "rebelle" ("Rue89")
« Alors qu'il venait de prendre deux mois ferme pour "entrave à la circulation", Olivier Theron commente le jugement au tribunal. Il parle notamment de bavures. Il n'en fallait pas davantage pour alourdir son dossier : il écope d'un mois supplémentaire pour "outrage à magistrat dans l'exercice de ses fonctions". Dans la foulée, le sursis est révoqué pour la peine de quatre mois dans l'affaire du yoghourt, commuée en quatre mois fermes pour avoir atteint la voiture ministérielle avec son projectile. »
- « On a du mal à le croire, de plus aucune information ni à la radio, ni a la télé...» (Francis_68)
- « Le yaourt a-t-il été condamné ? » (Chanbourcy)
- « Comment ce manant a-t-il pu croire un instant que la loi commune s'applique à un seigneur de la république ? et d'ailleurs comment se fait-il que le peuple ait encore des surplus de nourriture à jeter ? » (Sergent de garde)
- « Une directrice d'un établissement pénitentiaire me disait il y a quelques mois (...) que nous étions en France dans une "démocrature", ne comprenant pas le mot je lui demande de m'expliquer. Elle me dit alors c'est un mélange de démocratie et dictature. Maintenant je comprend mieux (...). » (HALIM)
- « A vous de vous faire une opinion, mais je crains fort que ce ne soit qu'un début... » (trop énervé)

L'article du NouvelObs notait :
« Ce n'est pas la première fois que la justice condamne lourdement "l'outrage à Nicolas Sarkozy" »
L'article rapporte deux affaires (datées de février 2004) :
"Sarkozy, va n... ta mère!" : un mois ferme
« Le parquet avait requis de deux à trois mois de prison ferme contre le jeune Strasbourgeois »
"Retourne en Chine, espèce de Hongrois" : un mois ferme
« Le tribunal (...) a suivi les réquisitions du procureur, qui faisait observer que le prévenu ameutait la foule. »
Dans ce même registre de "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique", la liste commence à s'allonger.
Ainsi, en août 2007 (on notera que le ministre de l'Intérieur était devenu entre temps président de la République) :
Prison ferme pour avoir injurié Nicolas Sarkozy ("NouvelObs")
« Un adolescent de 19 ans a été condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir insulté des agents de police et adressé un "Je nique Sarko, le fils de p… ! ", à Nicolas Sarkozy alors qu'il était en déplacement à Aubagne, en tant que ministre de l'Intérieur. »
- « Choquée. Lui il se prend 4 mois ferme pour une insulte, et celui qui ma violée s'est pris trois ans avec sursis. » (Une jeune nana du 13)
- « Fable bien connue qui blanchit le puissant et noircit le misérable. Une de mes connaissances de près de 70 ans a été tabassée gravement par deux jeunes, il a failli perdre son œil, son bras restera handicapé. Ses deux agresseurs ont été condamnés à des travaux d'intérêt général. Des gamins insultent Nicolas Sarkozy et se retrouvent en prison ferme. Cherchez l'erreur » (Charlotte)
- « Mais où est donc passée l'Egalité qui vient frapper nos pièces pour les distinguer et dont la France est si fière ? » (jeristo)
Trois mois plus tard, en novembre 2007 :
Condamnés pour un clip diffamatoire à l'égard de Nicolas Sarkozy ("20 minutes")
« Six hommes ont été condamnés vendredi par le tribunal correctionnel de Versailles pour avoir réalisé un clip pendant les émeutes de 2005 dans lequel certains d'entre eux proféraient des insultes à l'égard de Nicolas Sarkozy autour d'une voiture en flammes (...). Les six prévenus, âgés d'une vingtaine d'années (...) ont été condamnés à des peines de détention allant de trois mois avec sursis à six mois ferme. »
- « J'espère que la prochaine fois que l'on me traitera de nègre ou sale noir les contrevenants seront punis de la sorte. » (yascollection)

L'affaire "Pétain-Sarkozy"
On se rappelle qu'un brave citoyen avait connu de sérieux ennuis pour avoir osé écrire, dans un mail adressé en décembre 2006 au ministère de l'Intérieur (mail dans lequel il protestait contre la mise en garde à vue d'un instituteur qui s'était opposé à l'expulsion d'un parent d'élève), la phrase suivante :
« Voilà donc Vichy qui revient : Pétain avait donc oublié ses chiens! »
Jugé pour avoir comparé Sarkozy à Pétain ("Rue89")
« Nicolas Sarkozy a saisi le ministère de la Justice pour "outrage" en février 2007. L'avocat de l'ancien ministre entretemps devenu chef de l'Etat ne réclamait qu'1 euro de dommages et intérêts. Mais la procureure chargée du dossier a décidé de requérir, en tant que partie civile, 750 euros d'amende, au titre du préjudice moral contre la personne de Nicolas Sarkozy. »
Justice fut rendue :
800 euros d'amende pour outrage à Nicolas Sarkozy ("Rue89")
« Un outrage, aux yeux du tribunal, qui a estimé qu'il lui en coûterait 800 euros d'amende et 1 euro de dommages et intérêts à verser au locataire de l'Elysée. »
« Rue89 avait interviewé Romain Dunand après son audience, le 17 janvier, au Palais de justice de Paris. A l'époque, il hésitait entre croire à "un canular" et s'inquiéter pour les libertés publiques, arguant que la comparaison avec Vichy n'était qu'une "image". »
- « C'est acté, comparer un régime politique au régime de "Vichy" constitue un outrage. Le faire dans un mail, par définition faisant partie du domaine de la vie privée, n'y change rien. » ("Les mots ont un sens")
- « Et dans le même temps une certaine Carla Bruni-Sarkozy qui compare le Nouvel Observateur à la collaboration avec les nazis [affaire du SMS], est laissée en liberté ! » (Cinsault)
- « Et Alain Badiou il risque combien ? » (efji)
« Je suis très étonné qu'il n'y ait pas de réactions plus vives dans ce pays devant un gouvernement qui déclare expressément "voila nous avons une minorité de gens, il faut en expulser 25.000 dans l'année" ! ça c'est un trait que l'on peut appeler pétainiste sans la moindre hésitation. »

Une confusion des genres
Dans cette "affaire Sarkozy-Pétain", on remarquera que c'est le ministre Sarkozy qui avait déposé la plainte (pour "outrage à une personne dépositaire de l'ordre public"). Mais au moment du jugement, c'est le président de la République Sarkozy qui reçoit l'euro symbolique de dommages et intérêts.
On le sent bien : ce n'est pas tant "l'outrage" à la fonction (ministre puis président, dépositaires de l'autorité publique), qui motive de la part de Nicolas Sarkozy ces actions en justice. Mais bien un "outrage" à sa propre personne, lui Nicolas Sarkozy.
Le mélange des genres semble coutumier à l'actuel président de la République : on se rappelle que celui-ci ne s'était pas gêné pour jouer de son double statut de ministre (ayant à disposition l'appareil d'Etat) et de candidat, lors de la dernière campagne présidentielle.
- « La confusion des rôles entre Sarkozy ministre et Sarkozy candidat est écœurante. Et quand, au juste, depuis presque cinq ans, Sarkozy n’a-t-il pas été d’abord un candidat, un politicien fondamentalement malhonnête, qui met tout l’appareil d’état, les préfets, la police, et même les compagnies aériennes (...) au service de ses ambitions personnelles ? » ("Journal d'école")
- « Le milliard d'euros qu'il accorde à [la Corse] en tant que ministre de l'Intérieur sert aussi les intérêts du candidat à la présidentielle. Du coup, des élus ont boudé ce visiteur à la double casquette. » ("Libération")
François Hollande, en février 2007, résumait alors la situation :
« L'intimidation, elle est aussi dans cette confusion insupportable, entre les fonctions d'Etat, et la candidature à l'élection présidentielle. Je ne parle pas ici de l'utilisation des services de renseignement par le ministre de l'Intérieur lui-même. (...) Je ne veux pas évoquer cette confusion des caisses, où un candidat fait campagne aux frais du contribuable. Mais je veux parler de ce mélange des genres, qui le fait monter il y a quelques jours - si je puis m'exprimer ainsi - sur le Charles de Gaulle, en présence des personnels militaires du porte-avion, pour exprimer sa politique de défense sous le regard de la ministre compétente (...). Que penser de ce comportement ? Et que penser de ce prochain déplacement sur l'île de la Réunion, où il va faire le ministre le matin, et le candidat l'après-midi ? Où l'aller en avion c'est le ministre, et le retour c'est le candidat de l'UMP ! Il nous dit qu'il va quitter le ministère de l'Intérieur à la fin du mois de mars, mais c'est tout de suite qu'il doit quitter le ministère de l'Intérieur tant cette situation est devenue insupportable ! Intimidation et confusion. »
(source)
Suite du chapitre : voir plus bas "Mise à jour 22/09/2009"

Un procès exemplaire
Tout récemment, on remarque cette affaire, défendue par l'illustre Maître Thierry Lévy :
« Le procès d'une Franco-Colombienne poursuivie à Paris pour outrage lors de la "Journée de commémoration du souvenir aux résistants", et notamment à Guy Môquet, en octobre 2007, a pris une ampleur inattendue. Frédéric Lacave, sous-préfet, accuse Maria Vuillet de lui avoir dit : "Vous représentez l'Etat. Vous représentez Sarko. Sarko facho. Donc vous êtes facho." » ("20 minutes")
Procès pour outrage : "Sarko facho !" contre "Casse-toi, pauvre con" ("Le Monde")
« Elle jure "sur la tête de (s)es ancêtres" qu'elle n'a pas dit ça. "Il m'a dit qu'il représentait la République, j'ai répondu : pas celle de Guy Môquet", assure-t-elle. Un seul témoin corrobore sa version. Celle du sous-préfet est soutenue par son chauffeur, un "bon petit soldat" pour Thierry Lévy, avocat de la défense. »
Outrage : le sous-préfet peine à justifier sa version des faits ("Libération")
« "Houuuuuuu !", mime Maria Vuillet qui admet avoir "fait pareil que les autres". Elle a un échange avec le sous-préfet. Elle en sort menottée, placée en garde à vue, avec une plainte pour outrage. La procureur (...) réclame 1 000 euros d’amende à l’assistante sociale qui en gagne 900 par mois. »
(...)
« Me Thierry Lévy donne un dernier coup de poignard. "Tout le monde a le droit de mentir. Et [Frédéric Lacave] a menti grossièrement, tout à l’heure." (...) Livide, hué, le sous-préfet sort de la salle sans tourner le dos. »
Cette affaire s'avère exemplaire, centrale. En effet, dépassant le mensonge du sous-préfet, habilement mis en évidence par la défense, Maître Lévy choisit un angle audacieux pour défendre la victime sa cliente :
« [Maître Levy] : "Dans cette affaire, l’aspect politique ne peut être dissocié de l’aspect juridique. M. Lacave a agi à la demande du préfet de région et du ministère de l’Intérieur qui, lui-même, n’agit pas sans l’accord du chef de l’État." »
« Me Levy pointe le "paradoxe inacceptable" qu’il y aurait à condamner sa cliente, alors que le "plus haut magistrat" de France [Nicolas Sarkozy] "emploie sans cesse des expressions outrageantes, voire injurieuses, quand des personnes s’opposent à lui". »
« Pour l’avocat, impossible d’oublier le "casse-toi, pauvre con !" proféré au Salon de l’agriculture. "Comment peut-on admettre que celui qui incarne la République porte si gravement atteinte à l’autorité de l’État et qu’en même temps il engage des poursuites ?" »
(sources : L'Humanité Le Monde)
Jugement le 4 septembre 2008.
- « Jamais un président n'a eu si peu de culture ou de sens de la répartie pour ne répondre autrement que par des procès ou des "casse toi pov'con". Je signe d'un pseudo car je n'ai pas envie que la DST frappe à ma porte... » (La tulipe noire)
- « Quand un Président de la République emploie des mots grossiers devant le peuple alors qu'il devrait donner l'exemple de l'intelligence, de la politesse et de la courtoisie, il ne faut pas s'étonner que le dit peuple s'adresse à lui avec le même langage. En revanche, je trouve inconvenant de sa part ou de celle de ses hauts fonctionnaires de faire appel à la justice pour obtenir réparation. » (JACQUES M.)
- « Petite rétrospective des réactions d'autres présidents français insultés : 1. De Gaulle, à la descente d'un avion, un homme lui crie "mort aux cons !" Réponse : "Vaste programme ..." 2. Mitterrand : A un "Mitterrand, fout le camp", il répond "Ca rime, certes, mais la rime est pauvre." 3. Chirac : Traité de "connard" à la sortie d'une église, il répond "Enchanté, moi c'est Jacques Chirac."... » (aiglon)
- « Nicolas Sarkozy restera dans les annales comme le président de la République qui aura plus manié ou fait utiliser le "papier bleu" en un an que tous les présidents de la Vème République en 50 ans. » (http://kamizole.blog.lemonde.fr)
- « C'est ahurissant. Quand bien même cette dame l'aurait dit, que devient notre liberté d'expression si on ne peut plus lancer, dans une protestation publique : "X facho", sans autre forme de violence ? C'est une opinion politique, ce n'est pas une insulte du genre "casse-toi pauvre con". On peut ne pas être d'accord avec cette opinion, mais son expression doit être protégée par l'Etat. Citoyens, réveillez-vous ! Un fachisme d'un nouveau genre est effectivement en train de s'installer. » (naïf22)
- « Je n'aurais jamais eu l'idée d'injurier Chirac ou Mitterrand face à eux, peu importe tout ce que je leur reprochais (beaucoup) je ne pense pas qu'ils l'auraient mérité. Mais sur Sarko et bien des jeunes loups de l'UMP ? hmm... pourquoi ? Personne ne se le demande ? Parce que j'ai vraiment de leur part un ressenti très différent. Vraiment une toute autre manière d'approcher les gens qui me choque. » (Oomu)

La susceptibilité maladive de Nicolas Sarkozy
En attendant le délibéré du procès défendu par Maître Lévy, les enfants eux-mêmes doivent faire très attention :
Sarkozy ou la figure du "méchant" ("Le Figaro")
« L'utilisation d'une photo du chef de l'Etat, par un élève de CM1, pour illustrer le thème de la méchanceté dans une école primaire d'Albi a déclenché l'ouverture d'une enquête. »
« L'exercice paraissait inoffensif : en novembre dernier, l'enseignante Valérie Framit, de l'école primaire Claude-Nougaro d'Albi, demande à ses élèves de CM1 de collecter des photos et des images illustrant les sentiments de joie, de colère, de crainte, de fatigue et… de méchanceté. Pour illustrer ce dernier thème, un enfant choisit d'apporter une photo de Nicolas Sarkozy. Les images n'étaient pas destinées au public mais elles étaient placardées sur un mur de l'école. »
- « Même le Roi laissait faire ces bêtises » (clodio)
- « Il faut d'urgence créer en France une sorte de Tribunal de la Sainte Inquisition. Il pourrait instruire et juger tous les crimes de lèse-président, même ceux commis par les enfants et les animaux. » (Franck Belvoir)
- « Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Si l'enfant a perçu notre président de cette façon, à qui la faute ? Il faut sortir les balais des placards et balayer devant les portes et je laisse à chacun deviner lesquelles ! » (crycro01)
- « Il aurait fallu que votre président donne ne serait-ce que l'ombre d'un exemple et ne se comporte pas en "méchant garnement" lorsqu'il a dit "pauv'con" a un concitoyen. Cet enfant n'a pas a respecter un président qui insulte les gens (...). En plus, cet enfant est mineur et n'a pas à voir son cas publié dans tous les journaux français. ça le marquera c'est certain, et qui sait si demain il aura le courage de voter ou de dire ce qu'il pense ? Par ailleurs, il n'y a que dans les pays totalitaires ou ultra communistes où l'on doive rendre culte a la figure sacrée du président. » (cactus)
- « Nous devrions sanctionner un enfant (ou l'instit) d'une hypothétique opinion sur le chef de l'Etat ? (...) Mais mon pays devient complètement dingue c'est pas possible !! » (jacobito)
- « Le chevalier de la Barre a été supplicié à 19 ans pour n'avoir pas retiré son chapeau devant un défilé religieux. Saint Nicolas exige t'il le même châtiment pour outrage à sa sainte face ? » (raqvam)
- « Mise en examen de l'enfant pour attitude attentatoire au chef de l'Etat ? Prélèvement ADN sur l'enfant ? Les parents ? Enfant et parents condamnés à suivre une thérapie ? Tout est possible maintenant dans ce pays. » (wanguard2D)
- « Quand vous voyez le visage de Sarkozy, objectivement, vous ne pensez pas franchement à de la gentillesse et de l'ouverture. Moi ce que j'y lis, c'est plutôt de la peur, de la méfiance et...donc effectivement de la méchanceté réactive!!!! Que quelqu'un m'affirme le contraire!!! » (seb)
- « Je respecte le président de la république, mais je reste bouche bée. Constater que l'on va faire des "remontrances", qu'on a interdit, qu'on voudrait faire de "l'instruction" civique (appelons cela de la propagande!!), tout ça parce qu'un enfant a choisi celui qu'il ne fallait pas, on se croirait en dictature!! (...) Où sommes nous? » (will)
- « Le respect cela se mérite. Pauvre président il passe pour un méchant pour un enfant, mais lui a le droit de traiter une personne de pauvre con, de traiter l'armée d'amateur, de vouloir contrôler la télévision publique, d'avoir des réactions impulsives comme son discours sur la shoah (...), de faire venir en France un dictateur. » (savate)
- « Sidéré ! Et donc à quand la censure des caricatures du président ? Et des guignols de canal+ ? » (mijnoog)
- « Heureusement qu'EDVIGE va remédier à ce genre de "dérive sociétale" en épinglant les sociopathes dés l'âge de 13 ans, même s'il eût été préférable de fixer la barre à "l'âge de raison"... soit dès 7 ans. » (Arminius)
- « Cet article me fait peur, de par les faits rapportés et ce qu'ils impliquent (...) : délation, interdiction d'utiliser l'image du chef de l'Etat et de sa critique, punition, crime de lèse-majesté ... Ce petit fait divers est parlant de l'époque et c'est terrifiant vers quoi on se dirige. » (FO le dire)
Les caricaturistes plus âgés ne sont bien sûr pas à l'abri :
Trois étudiants interpellés par la police pour crime de lèse-Sarkozy ("Libération")
« La critique du président Sarkozy devient-elle un jeu dangereux ? (...) Trois étudiants de La Rochelle, membres du syndicat étudiant Unef, ont été arrêtés et entendus par la police. Leur crime ? Avoir collé une affiche montrant un Nicolas Sarkozy faisant un doigt d’honneur. Il s’agit de la nouvelle campagne d’affichage du syndicat étudiant de gauche [l'Unef]. »
- « Au poste, les trois camarades subiront des interrogatoires séparément plutôt musclés (selon les propos de Thomas P., le secrétaire général de l'Unef)» ("Plume de presse")
« "La susceptibilité du président est défendue par la police" estime (...) Juliette Griffond, responsable de la communication de l’Unef. »
« Quant aux médias, ils s’intéressent encore peu à l’affaire, hormis les médias locaux. Et si la télévision belge lui a consacré un reportage, les téléspectateurs français peuvent encore attendre. »
Même Plantu, dessinateur emblématique du Monde, a eu quelques soucis (décembre 2005) :
Sarkozy s'est plaint des caricatures de Plantu, selon "Le Monde" ("NouvelObs")
« Un "motard en tenue" a remis à Plantu "une lettre à en-tête du ministère de l'Intérieur" dans laquelle M. Sarkozy lui reprochait d'avoir dessiné une mouche au-dessus de sa tête. »
« Le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle était à l'époque ministre de l'Intérieur. "Je ne le vis pas comme une tentative de pression car j'ai la chance d'être soutenu par la rédaction du 'Monde'", explique le caricaturiste dans le journal, mais "Sarkozy impressionne tellement que, s'il y a un pétochard dans la rédaction en chef, la liberté du dessinateur est fichue". »
Plus tard (date non précisée), rebelote pour Plantu :
Nicolas Sarkozy s'est plaint de sa caricature auprès de Plantu ("Le Point")
« Selon Le Monde, le candidat de l'UMP s'est (...) plaint à nouveau auprès de la direction du journal pour avoir été caricaturé en petit chien puis affublé d'un brassard avec les lettres "IN" pour identité nationale. »
- « Sarkozy ne défendait-il pas la liberté d'expression lors de l'affaire des caricatures de Mahomet ? Deux poids deux mesures? » (steph)
- « J'ai suivi de prés la campagne électorale du 1er tour et je crains vraiment que la France soit dirigée par un homme aussi rigide que Mr Sarkozy. La liberté de la presse, les libertés des français tout court sont en danger. » (biochimie58)
- « Son incapacité à admettre la critique et son goût prononcé pour les rapports de force le rend dangereux (...) pour la France. Il utilise (...) des stratagèmes calculés. Par exemple, il se victimise, il ressort les plus belles répliques de son pipotron pour retourner vilement la situation. Quand les faits ne sont pas à son avantage, il ne se remet jamais en question. Il agit avant de réfléchir, il perd des occasions de se taire comme par exemple sur les gènes. Ces bourdes perpétuelles tout au long de la compagne sont ignorées des médias en regard du matraquage médiatique que l'on a vu contre Ségolène Royal et sa 'bravitude'. Elle ne répond pas à la bassesse journalistique, elle n'applique de pressions. Jamais un favori n'avait dit autant d'âneries dans une élection présidentielle ! » (Fred)
- « Minable Sarkozy utilisant les moyens de son ministère pour faire pression sur un journal. » (jeanmarcd)
- « Nicolas Sarkozy aurait pu faire conte mauvaise fortune bon cœur, faire preuve d'un peu d'élégance, un peu de classe. Il en est décidément complètement incapable. Il est vrai que nous n'avons jamais vu d'élégance chez les modèles de Sarkozy que sont Bush, Berlusconi ou Aznar. » (Jean-Christophe B.)
- « (...) la politique de pression tous azimuts du candidat de la droite sur les médias. C'est la leçon apprise de Berlusconi et des néo-conservateurs américains de Bush et Cheney qu'il veut appliquer à la France (avec la complicité de ses amis milliardaires et de certains patrons de presse qui n'ont plus de journaliste que le nom). (...) Ce candidat est dangereux. Il n'accepte pas le libre jeu de la démocratie. » (Sadi Carnot)
- « Ce qui donne plus de vraisemblance aux propos de Bayrou, quand il avance que Sarko aurait tenté de faire capoter son débat avec Royal. » (marabbeh)
- « Je suis scandalisé par le fait qu'il manque des mouches : une mouche pour les clins d'oeil à l'extrème-droite, une mouche pour le soutien de Berlusconi, une mouche pour la préface du livre de Fini, une mouche pour les excuses faites à Bush, une mouche pour l'agression des journalistes de France 3, une mouche pour "racaille" et une autre pour "karcher", une mouche pour le pacte avec Chirac, une mouche pour le rabais sur appartement, une mouche pour... Plantu est avare en mouches ! » (alceste a.)
- « Une certitude : NS ne supporte ni les contradictions, ni les gens qui "osent" penser autrement que lui. (...) Des pressions NS en exerce partout : journaux, télévisions, empêche certains livres le mettant en cause de paraître etc... Cela sent mauvais et rappelle de très mauvais souvenirs. » (Phil67)
- « Il faut bien reconnaître que ça ne sent pas très bon pour les libertés publiques en ce moment. » (Loic F.)
- « Après l'incroyable non-diffusion du débat [Royal-Bayrou] de samedi par les chaine nationales et leur résumé squelettique dans les journaux de 20H, voila maintenant que NS s'en prend à Plantu... Heureusement que le vote est secret!» (Sylvie K.)
- « Je crains que ce soit trop tard pour attirer l'attention sur la dangerosité de Sarkozy pour la démocratie et la liberté de la presse. Son jeu est fait et Le Monde l'a largement aidé à duper les français en ne jouant pas son rôle qui aurait été d'analyser ses propos. Pendant ce temps il préférait s'occuper de la soi-disant "bécassine". J'ose espérer que la honte rougit le front de certains. » (anne-marie b.)
A lire aussi :
Sarkozy porte plainte contre un tee-shirt ! ("Plume de presse")
A noter une récente initiative pour tenter de modifier la loi concernant le "délit d'outrage" :
Le délit d’outrage dégainé à outrance ("Libération")
Outrage à outrance ("Politis")

Une pulsion tyrannique et revancharde
Il ressort de cette longue litanie, de sinistres relents, qui ne sont d'ailleurs pas sans faire penser au tout récent "Royalgate" (comme dit @rrêt sur images).
Lire en ligne :
Ségolène, histrion et barbouzeries
Quoiqu'il en soit dans cette dernière affaire, il est indéniable que l'on sent quelque part à l'œuvre dans ce pays, quelque chose comme une pulsion tyrannique et revancharde.
Il ne s'agit manifestement pas de celle d'un petit monstre de 12 ans terrorisant ses parents (quoique) : selon toute vraisemblance, le coupable ne serait autre que Nicolas Sarkozy, 53 ans (actuel président de la République française).
« Dès le soir de l'élection, on a perçu que Nicolas Sarkozy non seulement n'avait pas quitté son monde, ses vulgarités et son opulence mais les avait amplifiés. (...) Du candidat au président, on est allé de mal en pis. Contrairement à ses prédécesseurs, son arrivée à la tête de l'Etat n'a pas constitué un frein, une entrave, une limite pour ses débordements personnels mais les a justifiés et multipliés. Je suis président donc j'ai le droit d'être moi donc je peux tout. Et n'importe quoi. »
("Marianne2")
- « Je trouve que l'agressivité des sbires qui entourent Sarkozy n'a plus de limite. On demande des excuses quand Carolis parle d'une comparaison "stupide" entre télé privée et télé publique (...). On lâche les chiens contre Royal parce qu'elle touche à l'union sacrée autour de Sainte Ingrid (...). » ("radical chic")
- « Il y a des mots employés (bigorneau), des attitudes (la nique aux syndicats), des procédés qui ne s'emploient pas dans un Etat de droit. » (fer)
- « Cette démocratie a un vrai problème avec les médias transformés en organes de propagande et de tract en faveur du pouvoir. » (Julien)
- « C'est bien l'agressivité consubstantielle de Sarkozy qui frappe, comme le fait qu'il ne puisse s'ouvrir qu'après avoir marqué, ou tenté de marquer, sa domination. » ("radical chic")
- « Pour ce qui est du tutoiement systématique, c'est une méthode utilisée par les malfrats pour déstabiliser leur interlocuteur. » (bionet)
Sur ce qui ressemble à une volonté de "flicage" poussée sans cesse davantage, on notera ce fait récent :
EDVIGE : flicage et fichage à tous les étages ("Plume de presse")
« Le nouveau fichier, dit "EDVIGE", mélange les personnes considérées par un policier comme "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public avec les militants associatifs, syndicaux ou politiques et en général tout citoyen sur lequel le gouvernement souhaite en savoir davantage", tempête la Ligue des droits de l’Homme : "il ne s’agit plus (...) de ficher les auteurs d’infractions constatées, mais, comme pour la rétention de sûreté, de cibler ceux que l’on étiquette d’avance comme de futurs délinquants hypothétiques. Le soupçon préventif suffit à justifier le fichage. Et il y a pire : désormais vont pouvoir être eux aussi "tracés" comme futurs délinquants présumés les enfants, dès l’âge de treize ans, que les policiers considèrent comme potentiellement dangereux." »
« La LDH juge "ce niveau de surveillance des citoyens, généralisée parfois, discriminatoire souvent, comme incompatible avec l’état de droit", pas moins.
« Ce gouvernement est antisocial. Il s’expose de ce fait à une résistance citoyenne sous la forme de mouvements sociaux. Le flicage généralisé qu’il souhaite mettre en place, indigne d’une démocratie, est la première étape vers la répression généralisée de toute contestation. »
Paroles tristement prémonitoires de Jack Lang, en janvier 2007 :
Quand les RG fichent les voisins du QG de Nicolas Sarkozy ("NouvelObs")
« "Cette prise en main des moyens de l'Etat à des fins politiciennes dépasse la mesure." (...) "ces opérations de basse police rappellent les tristes heures du SAC et des barbouzes". "Les comportements antirépublicains de M. Sarkozy préfigurent ce que pourrait être la mise en coupe réglée de l'Etat s'il accédait à de plus hautes responsabilités" »
Sans aller jusqu'à user de mots extrêmes - pour celui auquel sied si bien le qualificatif d'histrion - on notera toutefois que la personne ayant préfacé le livre du candidat Sarkozy, Témoignages, n'était autre que le post-fachiste italien Gianfranco Fini : on peut raisonnablement supposer là-dedans quelque douce aimantation.

« Un ennemi de la République »
« L'idée selon laquelle Nicolas Sarkozy n'est pas un adversaire politique (avec qui on débat, on argumente, on contre-argumente), mais qu'il est un ennemi, un ennemi absolu, un ennemi de la République, qu'il est en train de détruire ce pays, et que donc il faut l'éradiquer : c'est une idée qui fait son chemin (...). »
Le mot "éradiquer" est évidemment déplacé, mais le constat sonne juste.
L'excellent François-Mitterrand-2007 notait en avril 2007 sur son "blog présidentiel" :
« Tout bien comparé, les vieilles figures de la droite française profanatrice de libertés que furent les Frey, Marcellin, Peyrefitte, Poniatowski et autres, apparaissent désormais comme de bien pâles ancêtres de ce qu’est devenu le candidat de l’UMP, cette hydre médiatique engendrée par les puissances d’argent, brutale et arrogante, et qui s’apprête, sans trop se dissimuler, à faire main basse sur une nation. »
« La France est devenue le seul Etat démocratique du monde où une confrontation courtoise, souhaitée, décidée par deux candidats à une élection présidentielle [le débat Royal-Bayrou], ne peut se tenir parce qu’un individu s’y oppose. Ce même individu peut ainsi imposer sa volonté à l’ensemble de la presse quotidienne régionale, à toutes les chaînes de télévisions, à toutes les stations de radios et à tout le CSA. Tout cela pour éviter une image qui serait pour lui assassine : Royal et Bayrou se serrant la main, tout sourire, puis débattant sereinement, et constatant, qu’au bout du compte, ce qui importe, c’est la défense des libertés publiques et leur volonté commune de faire obstacle à un candidat qui s’apprête à les bafouer. »
« Je souhaite que chacun réfléchisse, en conscience, à ce que cette situation signifie au regard de l’Histoire. Cette affaire ne doit pas être jugée comme une anecdote de campagne ordinaire, une péripétie commune d’entre deux tours d’élection présidentielle. Cette affaire est révélatrice de la nature profonde du changement de régime qui se prépare dans les antichambres médiatiques et financières du sarkozysme : une France confisquée puis enchaînée. Si le candidat de l’UMP est élu, la Ve république sera morte et nous assisterons de fait, et pour un temps, à la résurrection de la IIe. Cette résurrection sera éphémère, car l’Histoire nous enseigne que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets..»
(source)
« Après avoir humilié l’armée dans l’affaire de Carcassonne, après avoir mis au pas la télévision, demandé que le président soit nommé par l’exécutif et insulté France 3, après avoir détruit l’image de modération et de rassemblement que se doit d’avoir le président de la République, il tente de détruire la concertation sociale en méprisant l’action syndicale. »
« Sarkozy détruit peu à peu ce qui faisait la France : la laïcité par ses discours en Arabie saoudite ou à Latran, par la volonté de lier la France au commandement intégré de l’Otan faisant perdre à la France sa voix d’indépendance ce qui lui a permis de refuser la guerre en Irak, les valeurs du mérite quand son fils à 22 ans devient conseiller général, responsable de la section locale de l’UMP, président du groupe UMP du conseil général, quand il fait de l’argent le symbole absolu de la réussite. »
(Agoravox)
François BAYROU, pas plus tard que la semaine dernière (mais il est douteux que ses propos aient été repris en boucle sur les ondes) :
« Jour après jour, on attaque tout ce qui charpentait solidement la société française, les fondations du modèle français. En une semaine, on a eu une série d'attaques blessantes contre l'armée, non seulement des mots très durs et offensants, mais une enquête de contre-espionnage pour identifier des officiers généraux qui ont livré au Figaro une analyse critique du livre blanc ! (...) Le lendemain même, l'annonce d'un plan sans précédent de prise de contrôle de l'audiovisuel, l'arrêt des recettes publicitaires dirigées vers les chaînes privées et la décision de nommer le président de France Télévisions par le pouvoir. Enfin, le ricanement humiliant pour les syndicats et les grévistes… Or l'armée, les syndicats, le service public, tout cela c'est la France, et c'est cela qu'on humilie. Dangereusement. »
« Le président de la République cesse d'être le président de tous les Français dès l'instant qu'il s'affiche comme chef de parti. Au lieu d'être l'homme de la nation, il se fait le porte-parole d'un clan. Il n'est plus la figure du rassemblement et de la réconciliation. Il devient une figure d'affrontement et de fracture. C'est la fonction elle-même qui est ainsi mise en cause. »
(source)

Sur Nicolas Sarkozy
Philippe Madelin, journaliste et écrivain, trace cet étonnant portrait de Nicolas Sarkozy :
« Il ressemble à mon beau-père qui est un hongrois. Quand il n’était pas content, il donnait des coups de pied dans les portes et jetait les affaires de ses filles par la fenêtre. Et Sarkozy, c’est ça. C’est un homme incroyablement impulsif, qui ne supporte aucune contradiction, assez malin sur le plan politique, malin pour arriver à la tête de l’Etat. Mais depuis qu’il est président, il n’a pas apparemment compris ce que d’être président. Il reste un homme politique de terrain, toujours en train de se battre, on dirait qu’il est toujours en campagne électorale. C’est un homme qui n’est pas cohérent, un homme qui prêche en public un certain nombre d’idées et qui, en privé ne les applique pas. Nous on commence à l’appeler le prédicateur. Sarkozy souffre du syndrome des hommes politiques petits. Dès qu’il parle en public, il parle le nez par terre. Il ne regarde jamais ses interlocuteurs. »
(source)
Lluis Bassets, directeur adjoint du quotidien espagnol de référence El Pais :
« Une fois parvenu à ses fins, il s’est consacré à lui-même, comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs » (source)
Un député UMP :
« Jamais je n'ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko est une sorte d'aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça. »
(source)
- « Si les Français savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui » (François Goulard)
Mise à jour 17/07/2008
François Hollande, sur la révision de la Constitution :
Je ne souhaite pas voir le Parlement soumis à l’autorité d’un seul ("Le blog de François Hollande")
Extraits :
« La méthode même de Nicolas Sarkozy révèle le contenu de sa réforme. C’est le fait du prince. C’est lui qui décide ce que peut être la réponse de l’opposition et son temps de parole. C’est lui décide dans un entretien au Monde ce que seront les futurs règlements intérieurs de chacune des assemblées. C’est lui qui fixe le seuil qui permet à un groupe parlementaire d’exister, tout cela pour permettre une tractation avec le PRG. C’est lui qui fait la réponse qu’il n’a pas encore reçu du Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, réduit maintenant au rôle de factotum. C’est lui qui va nommer d’ailleurs bientôt le Président de France Télévisions, à quoi bon garder des autorités intermédiaires ? »
« Cette révision de la Constitution est uniquement faite pour lui permettre de venir s’adresser à tout moment devant les parlementaires réunis en Congrès, et donc devant tous les français, comme si son intrusion quotidienne dans les médias ne suffisait pas. »
« Ce qu’il propose va accentuer les dérives du régime. Je forme donc le vœu qu’un certain nombre de parlementaires de la majorité aient le courage de s’associer à nous. Certains pensent exactement la même chose de la dérive de la présidentialisation, de la personnalisation, mais ils subissent pressions, menaces, chantages. Quand je suis sorti de l’Élysée je voyais presque la file indienne des derniers parlementaires récalcitrants qui venaient se faire convaincre dans le bureau du Président. Pauvre majorité obligée d’être soumise à l’autorité d’un seul. Je ne souhaite pas que le Parlement en soit réduit à ça. »
Robert Badinter pointe un autre problème dans cette réforme des institutions : la représentativité du Sénat (le Sénat qui "détient la clé des révisions" des institutions).
Robert Badinter invité de RTL (16 juillet 2008) - video
« un système absolument anti-démocratique »
« (...) L'obstination incroyable de la majorité sénatoriale, qui entend garder un système absolument anti-démocratique, je résume en deux mots :
Dans la Constitution il est dit : "le Sénat est la représentation des collectivités territoriales". Vous regardez les collectivités territoriales : elles sont maintenant massivement à gauche, qu'il s'agisse des régions (20 sur 22), des conseils généraux, et des municipalités des grandes villes - après les dernières élections c'était encore plus net. Vous projetez le résultat : la majorité du Sénat est à droite, elle continuera à rester à droite, cet automne elle sera encore à droite.
Nous avons posé la question dès le départ, et ouvert des négociations. La réponse a été : "pas question !"
[Dans le rapport Balladur **], en ce qui concerne le Sénat, il a été dit explicitement : "en fonction de la population sera déterminé le mode électoral du Sénat". Ça a été immédiatement écarté. Comme le Sénat détient la clé des révisions, cela veut dire que c'est un système dans lequel la majorité sénatoriale est ancrée à droite pour toujours (...). Insupportable. (...) C'était dès le départ la volonté de la majorité sénatoriale de rompre avec toute tentative tendant à permettre une alternance. Ça vous explique toute la position de la gauche. »
** La page officielle de la présidence de la République permettant de télécharger ce rapport est ornée par pas moins de trois photos du despote au petit pied de Nicolas Sarkozy...

Intéressante réflexion :
Et si Nicolas Sarkozy se fichait royalement de sa popularité ? ("Rue89")
« Si l’on pose comme hypothèse que le bon indicateur, c’est non pas la popularité, mais l’impression de puissance, de pouvoir, d’être quelqu’un qui peut des choses que d’autres ne peuvent pas, alors tout ce qui a rendu perplexes les observateurs depuis un an devient extrêmement cohérent. Depuis son rapport à ses femmes successives, son T-shirt de jogging NYPD, ses petites insolences vis-à-vis des grands de ce monde (rappelez-vous les trois quarts d’heure de retard au rendez-vous chez les Bush à Wolfeboro, rappelez-vous Bigard chez le pape…), jusqu’à la libération de Betancourt et à l’humiliation de la télé publique. »
Au-delà du titre excessif donné à l'article (en particulier l'usage du mot "royalement", qui sied si peu à Sarkozy), il y a du vrai là-dedans. Il y a incontestablement une posture de garnement chez Sarkozy, de garnement revanchard pouvant enfin tout se permettre, se fichant des réactions scandalisées, au contraire : s'en gargarisant.
Ainsi, lorsque le vénérable Robert Badinter eut ces réactions, en février dernier :
Robert Badinter : "Les fondements de notre justice sont atteints" ("Libération")
Robert Badinter dénonce "une période sombre pour notre justice" ("NouvelObs")
Il est problable que la réaction de l'actuel locataire de l'Elysée fut du genre : « hin hin hin ! »
Que quelqu'un d'aussi respectable et historiquement important que Badinter, se penche sur son cas à lui Sarkozy, et en soit remué et se scandalise, ceci tout en étant réduit à l'incapacité à s'opposer autrement que par une prise de parole : voilà qui a du être bien doux au despote au petit pied.
Les sondages c'est une autre affaire. Sarkozy ne s'en "fiche" pas (et encore moins "royalement"). Il se dit sans doute : "de toutes façons je suis tranquille pour 4 ans encore". Il y a un sentiment d'impunité chez Sarkozy. De fait : la raclée des municipales ne fut suivie strictement d'aucun effet, à l'inverse on vit entrer au gouvernement des gens comme Nadine Morano (vaincue à Toul). Sarkozy semble se contreficher de la souveraineté populaire (cf. aussi sa façon de narguer les syndicats).
Mise à jour 20/07/2008
Intervention définitive de Robert Badinter :
Non à l'hyperprésidence, par Robert Badinter ("Le Monde")
Extraits.
« Nos institutions souffrent d'un mal profond : l'hyperpuissance du président. Il est le véritable chef du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement à lui seul, dans la pratique actuelle de l'Elysée. Et, depuis le quinquennat et la succession des élections présidentielle et législatives, il est le chef réel de la majorité présidentielle à l'Assemblée. La séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité. J'appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d'un seul dans la République. »
« Or le projet de révision [constitutionnelle] ne réduit pas les pouvoirs du président. Il les accroît en lui permettant de s'adresser directement aux parlementaires réunis en Congrès. Le président présentera un bilan flatteur de son action et fera acclamer par sa majorité son programme de gouvernement. Le premier ministre comme chef de la majorité parlementaire disparaît. Le renforcement des prérogatives du Parlement, premier objectif de la révision selon le président, est un leurre en termes de pouvoir réel. Tant que le président sera le chef incontesté de la majorité à l'Assemblée, le Palais-Bourbon demeurera une annexe du palais de l'Elysée. "Cy veut le Roi, cy fait la loi", l'axiome de l'Ancien Régime demeure la règle sous la Ve République. »
« (...) D'autres font valoir que la réforme accorde à l'opposition parlementaire des droits nouveaux. Mais il faut regarder la portée des textes et non pas seulement l'étiquette. On nous dit : le Parlement aura la maîtrise de la moitié de l'ordre du jour, "un progrès immense". Mais qu'en est-il pour l'opposition ? Le projet lui réserve un jour pour trois semaines, à partager avec les centristes. Belle avancée démocratique ! »
« Autre exemple. Le président annonce que la présidence d'une commission parlementaire sur huit sera réservée à l'opposition. Pourquoi pas trois ? Nous ne demandons pas des pourboires, mais un rééquilibrage. »
« Enfin, la révision proposée consolide le mode d'élection archaïque des sénateurs, qui assure à la droite une majorité pérenne au Sénat. Cette situation est un défi à la démocratie. Le comité Balladur avait ouvert la voie à un changement possible. La droite sénatoriale a tout refusé à ce sujet. Elle entend demeurer maîtresse du Sénat et, par là, de toute révision constitutionnelle proposée par la gauche. Lors de la prochaine alternance, la gauche devra donc présenter un projet de révision constitutionnelle, soumis directement au pays par voie de référendum.»

Mise à jour 06/11/2008
30 euros pour un «Casse-toi pov’con» ("Libération")
« L'homme qui a brandi en août une affichette "Casse-toi pov’con" devant la voiture de Sarkozy a été condamné à une "amende de principe". »
- « J'imagine déjà ce qu'aurait fait Coluche du "Casse toi! Pôv' con" de notre "Chef de l'Etat". Il y a belle lurette qu'il aurait appelé à une grande manifestation nationale ayant pour seul slogan "Casse toi! Pôv' con!". Chacun des manifestants aurait été tenu d'apporter sa petite pancarte comme le pauvre M.Eon de Laval. Et on aurait bien ri en voyant notre belle police arrêter par milliers tous ces offenseurs au "Chef de l'Etat"... » (Bruno Roger-Petit)

Mise à jour 15/05/2009
Crier "Sarkozy, je te vois!" conduit au tribunal ("NouvelObs")
Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom... ("Les mots ont un sens")
« Outrage ! Un Marseillais se retrouve devant le tribunal pour avoir crié à deux reprises "Sarkozy, je te vois !" à destination de deux agents (un peu spéciaux) de la police nationale qui pratiquaient un contrôle d'identité un peu trop "viril" à son goût. "Injurieux"... pour les condés ! »
Sarkozy, l’injure ("Plume de presse")
« On était déjà allé très haut dans l’échelle des affaires de ce type, mais là on atteint le sommet du caricatural, on voit où la folie de la politique sécuritaire actuelle est en train de nous emmener. »
L'affaire du « Sarkozy je te vois » ("Journal d'un avocat")
« Il y a dans ce type d'affaire une impression d'instrumentalisation du droit pénal pour faire une police politique qui me déplaît au plus haut point. »

Mise à jour 22/09/2009
Ouverture hier du procès Clearstream.
Clearstream : Les doubles casquettes de Nicolas Sarkozy ("Le blog de Jean-Marcel Bouguereau")
« le
vrai problème dans l'acharnement de Nicolas Sarkozy, c'est sa double
casquette, si l'on peut dire, celle de Président, et donc de fait de
Président du Conseil de la Magistrature, et de plaignant. Or c'est un
plaignant un peu particulier puisque son immunité pénale interdit toute
action à son encontre. »
Clearstream : Hollande demande à Sarkozy de se retirer des parties civiles ("NouvelObs")
« "Ce que nous ne pouvons pas accepter c’est que le président de la République puisse être partie civile au procès" alors qu’"il bénéficie de l’immunité présidentielle" et qu’"il a autorité sur le parquet" (...) Il est "insupportable qu’une partie civile puisse avoir autorité sur le parquet" »
Affaire Clearstream : Montebourg estime que Villepin est "victime des abus du pouvoir" ("L'Express")
«
Le président de la République, s'il avait un honneur, (...) le respect
des principes républicains, devrait immédiatement, avant l'ouverture du
procès, retirer sa constitution de partie civile »
«
Il est inadmissible et scandaleux qu'un président de la République
fasse pression sur la Justice, dont il est censé être le garant, à
l'intérieur de l'enceinte d'un tribunal, quand il va demander à travers
ses avocats d'éliminer son principal adversaire politique. La justice
est totalement instrumentalisée dans cette affaire »
Ce procès Clearstream semble marquer le point culminant d'une longue traque à tout ce qui ressemble à un "crime de lèse-Sarkozy", on reconnait la même patte.
Clearstream, une victime peut en cacher une autre ("Marianne2")
« L’Elysée, juge et partie. L’un des aspects les plus choquants de
cette affaire est clairement la place tenue par Nicolas Sarkozy. Il est
le premier président de la République à porter plainte, rompant avec
une tradition qui veut que comme le président est protégé par une
immunité, il ne se porte pas non plus partie civile… »
« Alors que l’Elysée cherche par tous les moyens à accréditer la
théorie du complot ourdi à Matignon, il est possible d’avoir
l’interprétation inverse. Après tout, cette affaire est sortie à peine
quelques jours après l’échec du CPE, dans un timing tellement parfait
pour abattre Dominique de Villepin. Ensuite, l’influence de l’Elysée
sur la justice, en matière de nomination, est troublante. Enfin,
comment ne pas reconnaître que s’il y a une victime, il semble que ce
soit plutôt l’ancien locataire de Matignon… »
« Nécessairement - et cela s'accentuera en lui en raison de la charge de direction qu'il exerce - [l'homme tyrannique] sera envieux, indigne de confiance, injuste, incapable d'amitié, impie (...). »
(Platon, La République, Livre IX, 580)
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jeudi 10 juillet 2008
Ségolène et les barbouzes

Le 9 mai 2008, dans l'émission Entre les lignes sur LCP (émission hebdomadaire dans laquelle sont invités 4 journalistes qui devisent sur l'actualité, ceci avec une très remarquable liberté de ton - peut-être parce que cela se passe sur une chaîne confidentielle), un des journalistes présents avait eu ce propos (à propos de l'espionnage dont avait été victime, des mois durant, Olivier Besancenot) :
« Ces histoires de barbouzes, d'écoutes téléphoniques, c'est en prolifération active. C'est quelque chose que l'on voit aujourd'hui fleurir, c'est hallucinant. Dans le moindre petit dossier sensible, il y a de la barbouzerie qui intervient. C'est terriblement inquiétant. »
(source)
François Hollande, toujours très prudent dans ses déclarations, a néanmoins osé hier, à propos de la mise à sac du domicile de Ségolène Royal le 27 juin dernier :
« Ce sont des faits graves, qui n'ont d'ailleurs pas concerné que Ségolène Royal, puisque l'on sait que depuis plusieurs mois, un certain nombre de personnalités... (...) Besancenot (...) a été, on le sait, suivi par des officines. Bernard Thibault avait engagé une action. Je ne fais pas de rapport, mais quand même, il y a un climat. » (source)
« Ce n'est pas dans tous les pays qu'un des chefs de l'opposition voit régulièrement son appartement visité »
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, ne mâche pas ses mots :
« [si Ségolène Royal a mis en cause le] clan Sarkozy [dans] la mise à sac [de son appartement], c'est qu'elle a des bonnes raisons de le dire »
« Qu'il y ait un clan Sarkozy c'est une évidence »
« une attaque en règle, brutale, violente, voire à la limite de l'insulte de la part (...) de conseillers proches du président de la République »
« On voit bien que Nicolas Sarkozy a un comportement étonnant, étrange qui est parfois éloigné de sa fonction »
(source)
François Rebsamen résume la situation :
« Pour la deuxième fois l’appartement de Ségolène
Royal a fait l’objet le 27 Juin d’un "cambriolage" d’un genre
particulier : une intrusion, pas de vol, mais une mise à sac et une
mise en scène, orchestrée qui relève de la menace et de l’intimidation
musclée. (...) Pas un mot de soutien de Nicolas Sarkozy qui a
pourtant érigé la compassion en méthode de gouvernement, mais des
insultes du Premier Ministre et du porte-parole de l’UMP,
quand Ségolène Royal s’interroge sur les liens entre les attaques dont
elle est victime et son rôle d’opposante au président de la République.
(...) Une des chefs de l’opposition, l’ancienne candidate
socialiste à l’élection présidentielle, est menacée dans sa sécurité
quotidienne et la seule réponse est de l’accuser de "péter les plombs". La démocratie c’est d’abord le respect de l’opposition, j’appelle les représentants de la majorité à s’en souvenir. »
(source)
- « Dans la France de Nicolas Sarkozy, on peut désormais mettre à sac le domicile de la principale opposante politique et cela ne déclenche que l’hilarité des porte-paroles, ou plutôt des porte-flingues, du pouvoir en place. (...) La France de Sarkozy c’est la télé de Berlusconi et les méthodes de Poutine. » (Aurélie Filippetti)
- « La seule chose dont on soit absolument certain, c'est qu'elle est ciblée. Il ne s'agit pas d'un cambriolage ordinaire mais d'une mise à sac (...) Je trouve choquant de moquer cela » (JP. Mignard)
- « Je trouve que l'agressivité des sbires qui entourent Sarkozy n'a plus de limite » ("radical chic")
- « Pour moi, la sortie de Royal sur un fait divers qui la touche personnellement n'est pas du tout irraisonné. C'est un signe évident qu'elle veut démontrer que quelque chose ne tourne pas rond dans la sphère du pouvoir actuel. » (ovrefoss)
Le mieux est finalement d'écouter Ségolène Royal, d'une dignité parfaite ce matin sur RTL, intervention pugnace à suivre jusqu'au bout :
"Mon cambriolage est une affaire politique, pas personnelle"
En comparaison, considérons un instant cet histrion, agité de soubresauts et de tics de petite frappe :
Sarkozy : "l'Europe nous a sauvé des socialistes"
Certes le contraste est rude.
- « Est-ce un sketch d'Anne Roumanoff ou de Fernand Raynaud ? Un discours de Jean-Marie Le Pen, de George Dobeuliou Bush ou de Joseph McCarthy ? » ("Les mots ont un sens")
- « Il n'est pas anodin de noter les rires gras et complaisants des barons de l'UMP, assis aux premiers rangs. Ceux-là savent bien que désormais, et tant que ce clown sera en poste, la France leur appartient. » (Dedalus)
On relève de la part de l'histrion ce propos absurde autant que scandaleux (à 1'38 de la vidéo) :
« La France est en train de changer. Elle change beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément qu'on ne le croit. Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit. »
(Nicolas Sarkozy, 05/07/2008)
Ségolène Royal, au diapason d'une écrasante majorité de français qui expriment chaque jour davantage leur réprobation vis à vis de la personnalité et des agissements de l'histrion Nicolas Sarkozy, parle, elle, de "déchirure".
Elle avait d'ailleurs eu cette phrase d'une lucidité parfaite :
« Nicolas Sarkozy ne se rend même plus compte de ce qu'il dit, il vit dans un autre monde. On se croirait revenu sous l'Ancien Régime où le Roi s'amuse, le Roi dilapide l'argent, le Roi soigne ses amis, le Roi enrichit ceux qui sont déjà riches et pendant ce temps là le peuple s'appauvrit » (source)
***
Mise à jour 11 /07/2008
Intéressant article :
Et si Ségolène Royal avait raison ? ("Agoravox")
Il y a 10 jours, après être revenu sur la mise à sac de l'appartement de Ségolène Royal, Jean-Pierre Mignard précisait la notion de "clan Sarkozy", dont Ségolène Royal venait de dénoncer "la mainmise sur la France" :
"S.Royal cambriolée : Peut-être un fait politique"
Question : C'est quoi "le clan Sarkozy" ?
Jean-Pierre Mignard : « Ce sont ses amis politiques, ce sont ses amis économiques. C'est à dire ceux qui détiennent un pouvoir. Un clan c'est un groupe de gens qui ont l'habitude de se voir, et de concevoir des stratégies qui sont des stratégies d'occupation du pouvoir, de prise de pouvoir - des positions stratégiques, du pouvoir économique, du pouvoir médiatique et du pouvoir politique. (...) Il peut y avoir des amitiés mais il y a surtout des stratégies d'intérêts. (...) Il y a des connivences d'intérêt entre des groupes industriels [Bouygues, Lagardère] ou des groupes de participation financière [Bolloré], avec la politique du président de la République. [Ces] connivences (...) se manifestent sur beaucoup de terrains et notamment sur le plan médiatique : c'est très significatif. »
Autre article notable :
Royal : le "Clan Sarkozy" lui accorde 30 secondes au JT de TF1 ("RichardTrois" - "LePost")
Dossier en construction dans @rrêt sur images :
"Royalgate" : Guéant informe directement la presse... mais pas l'avocat de Royal
Extraits :
« L'Elysée et le ministère de l'Intérieur semblent décidés à éventer [les] accusations [de Ségolène Royal] en poussant à l'accélération de l'enquête.
Ainsi, jeudi 10 juillet, une dépêche de Reuters signalait qu'"une suspecte de droit commun a été identifiée comme le possible auteur du cambriolage du domicile de Ségolène Royal en août 2006 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)" et qu'elle est actuellement recherchée.
Un coupable pour le premier cambriolage ? L'information, sourcée du ministère de l'Intérieur, tombe à point nommé. (...)
Elle fait (...) l'objet d'un article dans Libération [:] la source est désignée comme "un conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée". Selon nos informations, ce conseiller n'est autre que Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée et bras droit du chef de l'Etat.
L'idée semble donc bien de contredire Royal une fois pour toutes.
Notons que le calendrier est troublant : une empreinte de la jeune femme suspectée avait été relevée en 2006, mais l'identification de cette empreinte n'avait rien donné. Le dossier avait donc été clos en mars 2007 par le parquet de Nanterre.
Et surprise, selon la police, la suspecte a finalement été identifiée le 30 juin, soit trois jours après la deuxième visite dans l'appartement de Ségolène Royal, par un nouveau passage de cette empreinte dans les fichiers de la police... L'enquête devrait donc être rouverte.
La coïncidence est étrange, d'autant que l'entourage de l'ex-candidate à la présidentielle n'avait même pas été prévenu ! Dans Libé l'avocat de Ségolène Royal, Jean-Pierre Mignard, s'indigne: "C'est invraisemblable ! Pourquoi découvre-t-on maintenant l'existence de cette cambrioleuse ? Comme si on avait clôturé puis rouvert une enquête sans même en être informés."...
Surtout, l'avocat rappelle au figaro.fr que lors du premier cambriolage, rien n'avait été volé. "La suspecte, présentée comme délinquante d'habitude, aurait donc ce soir-là exercé son activité habituelle à titre bénévole, mue par la seule curiosité. C'est assurément une originalité", ironise-t-il. (...)
Etranges ou pas, ces faits n'ont guère fait réagir les médias. Et pourtant, Ségolène Royal n'est plus seule à affirmer avoir été suivie ou surveillée. (...) Quand un ancien premier Ministre lui confie qu'il pense avoir été espionné, quelle est la réaction de Barbier [sur LCI] ? Aucune, il passe à la question suivante. »
ça se précise (il se trouve encore des journalistes pour faire leur boulot et ne pas se contenter de servir de la pâtée pour chats) :
« Un cabinet noir à l'Elysée » ("Le Parisien", 10/07/2008)
« Leila Bouachera, ex-candidate à la candidature présidentielle, docteur en droit, chargée de mission au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), (...) avait tenté, sans succès, de se présenter à l'élection présidentielle de 2007. Inconnue du grand public, (...) [elle] désignait à l'époque le candidat Nicolas Sarkozy comme "un réel danger pour la démocratie". Ex-membre du RPR puis de l'UMP, elle a été cambriolée deux fois et se dit, comme Ségolène Royal, victime d'une opération "d'intimidation".»
« "C'est du travail de professionnels, pas de barbouzes. Je maintiens qu'il existe un cabinet noir à l'Elysée qui s'occupe d'intimider les gêneurs." »
« "Tout le monde tourne en ridicule Ségolène Royal. Lorsqu'une femme s'exprime pour oser dénoncer la mainmise du clan Sarkozy, on la considère comme quasi folle... C'est scandaleux." »
***
Mise à jour
Différentes réactions collectées par l'indispensable Mel : extraits.
« Libération a fait visiblement le choix de privilégier la campagne de promotion du disque de la nouvelle première dame de France, plutôt que de choisir de manifester une solidarité avec le leader de l'opposition de gauche. »
« Sarkozy et le pouvoir ce ne sont pas des anges. On est pas ici au royaume de Blanche Neige. (...) On a des raisons de s'inquiéter des atteintes aux libertés publiques qui petit à petit se font jour en France, aujourd'hui. »
(Aurélie Filippetti)
Admirable intervention de David Assouline, face au sulfureux et très difficilement soutenable Patrick Balkany :
Débat D. Assouline / P. Balkany
Extraits :
« Ségolène a soulevé un problème (...), elle considère que la mainmise du clan Sarkozy sur la France devient insoutenable, notamment dans l'affaire des médias. Elle le dénonce fortement. Il se trouve qu'au moment où elle le fait, (...) par deux fois on "visite" l'appartement. On ne vole rien, on le fait de façon très professionnelle, on fait une mise en scène ! On montre que les objets de valeur on les a vus, on les étale, on ne les prend pas. [Cette] dernière fois, [la] "visite" est encore une plus grande mise en scène, puisque dans le bouleversement de l'appartement et des papiers qui sont jetés partout, il y a un papier qui est trouvé : la plainte de Ségolène Royal [pour] la [précédente] "visite", déchirée en deux et jetée sur le lit ! Tout cela les policiers l'ont constaté. A ce moment là, quand on est une femme politique, qui a eu 47% des voix, 17 millions d'électeurs, qui représente l'opposition dans le pays, c'est un problème politique et pas un problème personnel ! »
« C'est la méthode : quand [Ségolène Royal] ouvre la bouche ou quand elle essaye de parler, on essaye de la décrédibiliser (...). »
« Imaginons M. Chirac au lendemain de sa défaite en 1988 face à M. Mitterrand, qui a son appartement mis à sac, pour la deuxième fois, avec une mise en scène, qui ressemble à de l'intimidation, qui n'est pas un vulgaire cambriolage. On attend quand même que les responsables de l'Etat, que la droite, que les responsables politiques, disent à un moment donné quelque chose, s'émeuvent! Disent qu'il y a quelque chose qui n'est pas sain ! Aient des paroles de compassion, téléphonent même : rien ! La droite depuis 3 jours s'acharne sur Mme Royal, elle n'a pas eu dans ces 3 jours un mot pour déplorer ce qu'elle a subi. »
Patrick Balkany ose cette réponse :
« Cette opération que vous montez peut-être de toutes pièces »
Quand la France sera-t-elle débarrassée de tels escrocs ?
Jean-Louis Bianco monte lui aussi au créneau (à partir de 1'15) :
Jean-Louis Bianco - I>Tele - 11 juillet 08
« le degré zéro de la démocratie"
Jean-Louis Bianco : « C'est une coïncidence extraordinairement étrange et troublante que presque à chaque fois qu'elle a un discours important, ça se produise de la même manière [la "visite" de son appartement]. Dans quelle démocratie au monde aurait-on pris l'affaire aussi peu au sérieux ? Il suffit qu'elle parle pour que brusquement - alors que l'affaire de 2006 avait été classée, on ne s'en était plus occupé - brusquement on retrouve une hypothétique coupable. C'est quand même pas sérieux ! N'importe où le ministre de l'Intérieur se serait exprimé, il y aurait eu un coup de fil, au leader ou à un des leaders de l'opposition ! Il se préoccupe, il prend l'affaire au sérieux ! En France, qu'est-ce qu'elle récolte : des insultes. C'est vraiment le degré zéro de la démocratie. »
Question : Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP, hier, est encore monté d'un cran : il a dit "Ségolène Royal a besoin d'aide psychologique, elle est paranoïaque". C'est assez sérieux de dire ça, c'est assez grave.
Jean-Louis Bianco : « ça n'est pas grave parce que c'est Frédéric Lefebvre. Frédéric Lefebvre est plutôt dans l'insulte, dans l'agression, dans l'aboiement, que dans la politique. Il est utilisé pour ça, l'UMP l'utilise pour ça. (...) Quand on insulte un adversaire politique, c'est qu'on est faible. Et c'est un signe de faiblesse, en dehors d'être une grossièreté. (...) Ce qui est important (...) c'est de savoir si oui ou non il va y avoir une enquête sérieuse, et si oui ou non on va cesser de manier l'insulte comme seul instrument de propagande du côté du pouvoir. »
L'indispensable (et peut-être extra-lucide) Jean-François Kahn :
« La violence, la haine de toute une meute ! (...) Elle leur fait peur quand même, sans quoi il n'y aurait pas eu ces réactions. »
Foudroyant raccourci signé Claude Askolovitch :
« Ce qu'il faut savoir, c'est que la détestation absolue de Nicolas Sarkozy (NS vu comme un mal absolu), c'est quelque chose qui existe à gauche, et depuis longtemps. Au-delà je ne sais pas. Il faut savoir aussi - les initiés le savent, les journalistes politiques - que Ségolène Royal n'est pas la seule à théoriser cela. François Bayrou par exemple, en privé, dit exactement la même chose [qu'elle], il le dira publiquement s'il pense que c'est utile, et ça risque d'arriver rapidement. »
« L'idée selon laquelle Nicolas Sarkozy n'est pas un adversaire politique (avec qui on débat, on argumente, on contre-argumente), mais qu'il est un ennemi, un ennemi absolu, un ennemi de la République, qu'il est en train de détruire ce pays, et que donc il faut l'éradiquer : c'est une idée qui fait son chemin, qui est présente. Je pense - je peux être démenti mais je ne crois pas - je pense qu'on est seulement au début d'une guerre totale dans la vie politique française. »
(source)
De fait, François Bayrou avait déclaré mercredi au Figaro (mais il est douteux que ses propos aient été repris en boucle sur les ondes) :
« Jour après jour, on attaque tout ce qui charpentait solidement la société française, les fondations du modèle français. En une semaine, on a eu une série d'attaques blessantes contre l'armée, non seulement des mots très durs et offensants, mais une enquête de contre-espionnage pour identifier des officiers généraux qui ont livré au Figaro une analyse critique du Livre Blanc ! (...) Le lendemain même, l'annonce d'un plan sans précédent de prise de contrôle de l'audiovisuel, l'arrêt des recettes publicitaires dirigées vers les chaînes privées et la décision de nommer le président de France Télévisions par le pouvoir. Enfin, le ricanement humiliant pour les syndicats et les grévistes… Or l'armée, les syndicats, le service public, tout cela c'est la France, et c'est cela qu'on humilie. Dangereusement. »
« Le président de la République cesse d'être le président de tous les Français dès l'instant qu'il s'affiche comme chef de parti. Au lieu d'être l'homme de la nation, il se fait le porte-parole d'un clan. Il n'est plus la figure du rassemblement et de la réconciliation. Il devient une figure d'affrontement et de fracture. C'est la fonction elle-même qui est ainsi mise en cause. »
(source)
***
Mise à jour 13/07/2008
Jean-Luc Mélenchon, d'ordinaire jamais à court d'une parole perfide voire d'un propos odieux envers Ségolène Royal, rattrape en une fois, comme dit Mel, toutes ses vilénies:
« Elle doit bénéficier d'une protection particulière, je suis très étonné que ça ne soit pas le cas. (...) On peut aussi prendre au sérieux ce qu'elle dit, avant de se moquer d'elle. (...) Cette femme a été la candidate du Parti socialiste ! Elle a fait 17 millions de voix, elle mérite le respect, non ? On peut la protéger un peu ! Elle a déjà été cambriolée une première fois. Aucune mesure de protection pour elle ? Elle est une citoyenne comme une autre ? Mais quel français accepterait ça ! »
« Moi je vois des bâtiments publics où nous avons des policiers qui du matin au soir gardent une porte qui n'est menacée par personne : et d'un autre côté je vois la candidate de mon parti qui se fait cambrioler, et personne ne bouge et il ne se passe rien. Quand il était question du fils du président de la République et de son scooter pourri, là il y a eu des empreintes ADN. Quand madame Ségolène Royal se fait cambrioler, là il ne se passe rien. Je pense qu'elle a raison de s'indigner, et nous les socialistes nous avons intérêt à faire bloc autour d'elle avant qu'il ne lui arrive quelque chose de mal. »
(source)
Un tel retournement, que Balzac aurait pu qualifier de sublime, ne s'observe habituellement qu'au détour des meilleurs romans.
***
Intervention claire et pédagogique de Olivier Bonnet (journaliste indépendant), décidément nécessaire :
Tout cela n’est-il pas bien étrange ? ("Plume de presse")
« Que le domicile de la dirigeante socialiste ait été à trois reprises violé, dans un contexte où le leader de la CGT et celui de la LCR ont également été victimes d’espionnage, n’a pas l’air de préoccuper outre mesure nos médias, au premier rang desquels Libération qui se précipite pour lyncher Ségolène Royal (...). A l’heure où EDVIGE légalise le fichage des dirigeants politiques et syndicaux, il règne décidément une drôle d’atmosphère en Sarkozie. »
***
Mise à jour 16/07/2008
L'affaire Ségolène ("NouvelObs")
« Pendant la campagne présidentielle, qui avait vu les RG s'intéresser de près à un de ses conseillers, l'écologiste Bruno Rebelle, elle s'était émue que plusieurs ordinateurs portables disparaissent dans son entourage. Ce fut le cas en février 2007 chez sa plus proche conseillère, Sophie Bouchet-Petersen ; le mois suivant, chez sa secrétaire ainsi que dans les locaux professionnels de son ami, l'agent Dominique Besnehard. Plus surprenant encore : fin juillet 2007, tandis que quelqu'un dérobait un ordinateur dans son appartement, un autre portable disparaissait le même week-end dans les bureaux d'un de ses plus proches soutiens. »
Vincent Peillon :
« Elle a été vraiment choquée par l'effraction de son domicile. Choquée pour ses enfants. Choquée aussi que personne ne réagisse en haut lieu, dans la presse et même parmi ses proches. »
A propos de la première mise à sac de son appartement en août 2006, Ségolène Royal écrivait dans son livre Ma plus belle histoire, c'est vous (Grasset, 2007) :
« Un policier m'a alors appris que la mafia a l'habitude de ce procédé, qui vaut avertissement. Le message : on peut venir quand on veut, comme on veut et faire ce qu'on veut. »
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Mise à jour 24/07/2008
« Comment expliquer que, pendant plus de dix ans, l'appartement de Ségolène Royal n'a pas fait l'objet de la moindre visite et que, soudainement, à partir de 2006, c'est-à-dire au moment où elle devient un personnage politique de tout premier rang, elle a été cambriolée trois fois? (...) D'autre part, il est intéressant de constater qu'il n'y a pas eu le moindre cambriolage significatif dans le quartier à la même époque. »
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Mise à jour 17/10/2008
Rebondissement dans l'affaire de la mise à sac du domicile de Ségolène Royal le 27 juin dernier :
Ségolène Royal demande l'ouverture d'une information judiciaire pour la fouille de son appartement (AP)
« (...) L'affaire n'ayant pas été élucidée, Mme Royal demande (...) l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction, comme la loi lui [en] donne le droit au bout de trois mois.
"Cette initiative s'impose d'autant plus que l'action des 'officines' tend à redevenir une pratique utilisée contre les responsables politiques", explique Me Mignard dans une allusion à l'affaire de l'espionnage d'Olivier Besancenot.
L'avocat justifie également sa démarche par les révélations faites par le journaliste Hubert Coudurier dans son livre Amours, ruptures et trahisons (Fayard), selon lesquelles "une cellule de trois gus surveillait en permanence Ségolène Royal et captait ses communications téléphoniques durant la campagne présidentielle". »
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A lire aussi :
Nicolas Sarkozy, ou l'âme tyrannique d'un despote au petit pied
mardi 1 juillet 2008
Sarkozy ou l'imposture permanente
« Une vraie entreprise de propagande totalitaire au sens orwellien du terme » (Olivier Bonnet)
Extrait d'une interview donnée par Ségolène Royal, le jour de la présentation de sa motion à la Maison de la Chimie :
« La vraie nature du sarkozysme on la voit maintenant. Il avait promis la rupture, la France subit une déchirure. (...) Jamais les français n'ont été aussi en situation de panne de moral. Je crois que ce n'est pas bon pour la France lorsque les français ne croient plus en leur avenir. (...) Un pouvoir insolent, un pouvoir qui fait main basse sur la presse, un pouvoir qui se comporte de façon souvent très choquante, inadmissible, un pouvoir qui se croit tout permis. »
(source)
Il semble que Ségolène Royal ait visé juste : les porte-paroles de l'UMP n'ont rien trouvé de mieux à répondre qu'un ridicule "Nous avons été choqués par les attaques de Ségolène Royal contre la personne du président de la République" (source).
Comme si les postures de voyou, la violence (clairement nommée par Ségolène Royal dans son interview), se trouvaient de son côté à elle.
Comme si les drames humains générés par la chasse au quota actuellement à l'œuvre en France, pouvaient être occultés par un "c'est une curieuse façon de présenter les choses" - réponse de Nicolas Sarkozy à l'excellente et admirable Audrey Pulvar (qui lui demandait le nombre de contrôles d'identité nécessaires à l'obtention du quota annuel de 25000 expulsés), à 0'20 de cette vidéo :
Après le off, Sarkozy-Pulvar sur France 3
(Entretien décrypté par Dedalus => ICI)
Cette façon de renverser les valeurs ; d'accuser l'adversaire de ses propres turpitudes. Cette façon de faire passer une concession aux idées du Front National pour un élan du cœur (cf. video précédente à 0'50). Cette façon d'user de mots doucereux, trompeurs et hypocrites. Ces mensonges enfin, que l'on dirait érigés en système (de conquête du pouvoir - puis de son exercice).
- « On est dans le domaine du faux-semblant, du trompe-l'œil, de la communication reine destinée à travestir la réalité. Une vraie entreprise de propagande totalitaire au sens orwellien du terme : dans 1984, l'un des slogans du pouvoir n'est-il pas "La vérité, c'est le mensonge" ? A mettre en parallèle avec cette autre phrase du roman, "La liberté, c'est l'esclavage", qui illustre parfaitement la prétendue défense de la valeur travail, autre dada de Sarkozy, qui n'est en fait que l'éloge de l'aliénation. C'est le mensonge érigé en système : on prend un mot dont on détourne le sens pour lui faire dire l'inverse de ce qu'il signifie. » ("Plume de presse", 07/09/2007, ICI)
Cette imposture enfin.
Toutes choses parfaitement démontées et mises en catalogue dans le récent livre de Olivier Bonnet :
Sarkozy, la grande manipulation
« Voilà donc clairement livrée la personnalité politique du président : un homme qui est prêt à dire n'importe quoi - ce qu'il fait régulièrement - pourvu que cela serve son ambition. »
(Olivier Bonnet, in Sarkozy, la grande manipulation, p. 95)
***
Certains commentaires, datant d'il y a un an et glanés ici ou là, gardent toute leur actualité :
- « Comment la France, après tout ce qu’elle à vécu (...), est-elle prête potentiellement à mettre sur son "trône" un mégalomane inculte et irascible comme Nicolas Sarkosy ? » (Tante Jeanne, 09/04/2007, ICI)
- « Il y a quelque chose, chez Nicolas Sarkozy, qui ne se dément jamais : c'est la façon qu'il a de remplacer la réalité par une réalité-bis, et la vérité par une vérité alternative. C'est le problème, quand on s'affranchit quelque peu de la vérité : on finit, comme le souligne Patrick Klugman, par "justifier l'injustifiable". On finit par "consentir aux plus hautes compromissions idéologiques". » ("Vive le feu!", 03/05/2007, ICI)
- « Le candidat Sarkozy est tellement habitué à mentir et à raconter n'importe quoi, qu'il semble faire cela tout à fait naturellement : il n'en est plus à un (gros) mensonge près. En fait le mensonge semble consubsanciel à son être profond : comme si le "personnage Sarkozy" était indissociable d'une stratégie de brouillage ou d'évitement du réel, appliquée à lui-même pour commencer. » (antennerelais, 06/04/2007, ICI)
- « Au fur et à mesure des semaines qui passent, la multiplication de ces mensonges les fait apparaitre comme le fondement même de son discours, de sa posture, de sa tactique. Sarkozy semble de fait engagé dans un effort quotidien de falsification de la réalité. Le problème est que, comme Berlusconi en son temps, Sarkozy dispose de médias aux ordres pour donner écho son à imposture... » (antennerelais, 01/05/2007, ICI)
- « Ce mec ment comme un arracheur de dents ("je vais publier mon patrimoine", on attend toujours, "il n'y a pas eu de bavure pendant que j'étais à l'Intérieur"), trolle comme un porc (la gauche "du côté des délinquants", la France "qui n'a jamais fait de génocide ni appliqué la solution finale"), il est très clairement coupable d'abus de biens sociaux et de prise illégale d'intérêt, et pourtant, rien... C'est flippant, parce que c'est vraiment la marque d'un chef d'Etat totalitaire que de réussir ainsi à complètement déformer la réalité sans que ça ait le moindre effet sur sa popularité... » (Lorelei, 06/04/2007, ICI)
Un motif d'espoir toutefois : un an après, la popularité du mystificateur en chef est tombée au plus bas, et y demeure (voire continue encore à baisser - malgré les couinements de quelques-uns, piaffant d'annoncer la bonne nouvelle d'une (hypothétique) remontée de popularité du président Sarkozy). Enfin les yeux des français se sont finalement décillés.
« Sa méconnaissance des églises, son ignorance de la beauté des choses de la nature, son mépris des livres, son incapacité à s'extraire de l'actualité pour l'Histoire, tout cela et tant d'autres manifestations de sa barbarie m'avaient amené à la conclusion que ce jeune-homme agité ne pouvait aller au-delà de lui-même, c'est à dire pas très haut. »
(François Mitterrand 2008, Ramsey, p. 147)
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