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Désinformation, intox : questions sur l'indépendance des medias

samedi 17 octobre 2009

Affaire Jean Sarkozy : quelques minutes de parler vrai sur France Info

   
   

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L'information est ordinairement cadenassée à double tour sur France Info : ce fut une surprise d'entendre, ce matin vers 9H20, une parole vraie se déployer librement à l'antenne sur "l'affaire Jean Sarkozy", qui fait le tour du monde depuis quelques jours.

Cette parole était cependant extérieure à la rédaction : il s'agissait du "Duel du week-end", réunissant Alain Genestar et Edwy Plenel.

Relevé quasi intégral.



Question : Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, c'est du népotisme ou pas ?

GenestarAlain Genestar : « Oui, je vais vous expliquer pourquoi. On n'est pas du tout dans le cadre d'une "polémique". On est dans quelque chose d'important et de très révélateur. Je dirais qu'il y a une indignation, il y a une démonstration, et il y a une information. »

« L'indignation ce n'est pas "Jean Sarkozy a 23 ans" (après tout, vive la jeunesse) ; ce n'est pas "Jean Sarkozy a 2 années de droit derrière lui - ou à côté de lui je ne sais pas - (après tout, vive la formation sur le tas, il n'y a pas que des énarques). »

- C'est qu'il est "fils de" ?

Alain Genestar : « On est tous le fils de son père. Non, il y a intervention ; du père, ou de l'entourage du père, pour faire de la place au fils au sein du conseil d'administration de l'EPAD. C'est à dire qu'un membre du conseil d'administration de l'EPAD a été nommé au Comité Economique et Social : il y a donc eu une place de libre, et il se trouve que c'est Jean Sarkozy qui a occupé ce fauteuil. Voilà. Le népotisme, il commence là. (...) L'indignation à mon avis elle est là. »

« La démonstration, c'est la démonstration de "l'hyper-présidence". Cela fait deux ans que l'on assiste à cette démonstration. (...) Il y a une certaine rigidité. Il y a des blocages. On le voit sur le bouclier fiscal : tout le monde lui conseille de le supprimer, il ne veut pas. Et puis il y a l'autoritarisme. L'autoritarisme c'est "vous êtes tous avec moi, ou sinon vous êtes contre moi" ; et : "tout est permis". Là on est dans le "tout est permis". »

« L'information elle est d'ordre politique : sur ce qu'est devenu Nicolas Sarkozy. (...) Là il ne "sent" plus l'opinion. Il n'a pas compris que dans cette affaire, qui est une affaire politique grave et qui est révélatrice, ils se coupe de son électorat. (...) Il entendait la voix du peuple, et il répondait à la voix du peuple ; là c'est un comportement de nanti. C'est le comportement de l'élite contre le peuple. »


plenel2Edwy Plenel : « Nous somme totalement d'accord et ce n'est pas surprenant, car je pense que la majorité des français se retrouvent dans une sorte d'indignation démocratique et républicaine. Ce n'est pas seulement du népotisme. C'est la corruption de l'esprit public. A la fois de manière factuelle, et de manière symbolique. »

« De manière factuelle parce que ce n'est pas rien l'EPAD, La Défense, et les Hauts-de-Seine. C'est le département le plus riche de France, c'est un univers d'immobilier où béton a rimé longtemps avec corruption ; c'est toute une histoire. C'est là qu'est né Nicolas Sarkozy, au sens politique du terme. »

« Et nous savons ce qu'elle a représenté cette histoire. C'est le couple Balkany et son clientélisme et ses démêlés avec la justice. C'est le système Pasqua dont aujourd'hui on connait la résultante : monsieur Pierre Pasqua a été condamné (son fils), monsieur Marchiani a été condamné (son homme de service particulier, nommé préfet), et monsieur Pasqua lui-même a des problèmes avec la justice. Donc c'est quand même quelque chose de grave : c'est à dire mettre son fils, mettre son nom, mettre son clan, au coeur de ce système. »

« Le Maire de Neuilly est un Maire de droite, l'adjoint au Maire est UMP. Ils ont été piétinés. Je voudrais insister sur le symbole. La République c'est une pédagogie politique ; c'est une décence, c'est une correction. Nos élus et nos représentants sont un miroir. Ce n'est pas la vulgarité. Ce que j'appelle la vulgarité c'est s'imposer en écrasant les autres. C'est s'imposer y compris avec des méthodes de voyou, dans son propre camp. »

« La démocratie, depuis les Lumières, c'est l'apprentissage des limites, c'est l'apprentissage de certains interdits pour ceux qui nous représentent. Georges Orwell (...) parlait de la common decency ; une certaine décence, qui est un respect vis à vis du peuple, vis à vis du peuple de ceux qui vous ont fait confiance. Il y a dans cette affaire une insulte parce qu'il y a un manque de décence. »

 

Emission à écouter en intégralité ICI

 

***

Sur le même sujet :

La presse mondiale relaie l'affaire du "Petit prince" Jean Sarkozy ("NouvelObs.com")

Epad : les lecteurs du Figaro lynchent Sarko ("Marianne2")

Bayrou sur Sarkozy fils : "Nous sommes la risée du monde entier" ("NouvelObs.com")

Nicolas Dupont-Aignan : "Les Français ne supporteront bientôt plus le pouvoir sarkozyste" ("Libération")

Promesses de campagne Sarkozy : "je veux que les nominations soient irréprochables" (vidéo)

"Revue de presse" octobre 2009 ("antennerelais")

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