Ou d'un nouvel usage du mot "communication" 

      

Le fils cadet Sarkozy aura donc disposé hier de huit minutes entières, au 20H de la principale chaîne télévisée de service public, pour dérouler tranquillement le plan de "communication" concocté par les conseillers de son père.

 


Jean Sarkozy renonce à la présidence de l'Epad par djilou75


Aucun contradicteur durant ces huit minutes de rouerie, de petits et grands mensonges : David Pujadas, simple faire-valoir, ne reprit pas une fois le fils Sarkozy sur un point précis (il fit semblant une fois ou deux).

Dans cette soupe qui s'écoula sans interruption durant un bon 1/4 de ce journal télévisé, on sursauta tout particulièrement aux phrases suivantes de Jean Sarkozy :

  

"c'est ma décision bien entendu" (à 1'02)

Si in fine c'est effectivement "sa décision" (il n'a pas été amené sur le plateau de F2 ligoté et sous la menace), tout le monde a compris que c'est le président de la République en personne qui a fini par se rendre compte, se laisser convaincre, qu'il était allé trop loin, lui Nicolas Sarkozy.

  

"c'est une décision que j'ai prise seul" (à 1'32)

Pinnochio n'aurait pu prononcer cette phrase sans se faire immédiatement démasquer.

  

"il y a eu une campagne de désinformation, organisée de manière professionnelle" (à 2'42)

"pendant 15 jours, on a assisté à une véritable campagne de manipulation et de désinformation" (à 3'50)

C'est exact : à ceci près que la "campagne de désinformation" fut orchestrée à l'Élysée, puis exécutée par les godillots du gouvernement (ou d'ailleurs) qui se succédèrent au micro pour tenter de faire passer des vessies pour des lanternes.

Ce type de mensonge est très caractéristique de Sarkozy père : renversement des valeurs, accuser l'adversaire de ses propres turpitudes.


"on a parlé de népotisme, on a parlé de nomination, chacun a bien compris qu'il en était pas le cas" [sic] (à 2'50)

Pur mensonge, grossier, éhonté, dans la droite ligne de ceux habituels à son père.

Mensonge double qui plus est :

1. Ce fut le cas au contraire, le monde entier s'en est rendu compte. Débarquer au 20H de F2 pour soutenir la thèse inverse ne témoigne pas d'une grande estime pour le discernement de ceux qui regardent (encore) le journal télévisé.

2. Chacun avait au contraire "bien compris" que c'était le cas (c'est même cela précisément qui a conduit Nicolas Sarkozy à renoncer à bombarder son fils à la tête de l'EPAD), et non pas "qu'il en était pas le cas" (cette faute de syntaxe est à mettre au crédit de David Pujadas, qui tentait gentiment de faire revenir le fils Sarkozy à la réalité : ce dernier se troubla quelques secondes - tout en continuant à débiter son petit boniment ***).

*** Cette façon dont s'enraye la parole mensongère, fugacement confrontée à l'évidence de la réalité, est très caractéristique de Sarkozy père ("Ces mensonges semblent ne poser aucun problème moral au candidat Sarkozy : seul son corps se rebiffe (balbutiements, tics divers)" - source).

   

pinnochio_1


Déniaisés par l'affaire Jean Sarkozy, les citoyens de ce pays vont-ils supporter longtemps qu'un tel mensonge organisé (baptisé communication par les marchands de soupe) continue à se répandre dans les médias ?

Aujourd'hui dans la presse, pas un journaliste pour relever et dénoncer les multiples allégations mensongères du fils Sarkozy hier soir sur France 2...

 

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Mise à jour

   

Alors que la communication présidentielle diffuse aujourd'hui dans les médias l'idée d'une "maturité" exceptionnelle de Jean Sarkozy, les lecteurs du Monde sont heureusement là pour tenir un langage de vérité :

  • « Depuis ce matin je ne vis plus sur la même planète que les commentateurs et les experts. J'ai vu hier sa prestation, j'ai trouvé ça nul, ultra construit, téléphoné à chaque coin de phrase, aucune modernité ni personnalité, rien qui puisse laisser augurer d'un futur grand caractère de la politique. Faut savoir aussi que son travail au CG du 92 est jugé par beaucoup comme timoré, transparent ! Il a 23 ans et non pas 13 comme on pourrait le penser en écoutant les experts parler de maturité précoce » (Olivier B.)
  • « Du vent ! Jean a été drillé par une armée de conseillers en communication. Il a appris son texte et sait nous servir la soupe. Il n'y a rien de naturel dans tout cela. » (GCC)
  • « Je n'ai vu moi aussi qu'une intervention entièrement bâtie, de A à Z, de la moindre phrase à la coupe de cheveux, par des conseillers en communication. » (Henri B.)
  • « C’est vraiment la victoire de la forme sur le fond : ainsi, il suffirait d’être bien habillé, bien peigné, et de savoir ânonner comme un robot téléguidé des paroles apprises par cœur, concoctées par une armée de "communicants" pour être brillant en politique. Laissez-nous rigoler. Envoyez-lui un contradicteur avec deux sous de répartie et il se fait laminer, le pauvre minet. » (Lorraine a.)

   

« Ces mensonges sont inquiétants dans la mesure où Jean Sarkozy ne ment pas sur quelque chose d’extérieur à lui-même [...], mais il ment sur lui-même en essayant d’apparaître pour ce qu’il n’est pas. » (Le blog de Gabale)

Cette caractéristique précise provient en droite ligne de Sarkozy père !