vendredi 30 octobre 2009
Sarkozy président de la parole

1. Occuper le terrain
Dans cette affaire du discours aux paysans repris deux fois à l'identique par l'actuel président de la République, une chose étonne : le discours est déclamé, à plusieurs mois de distance, quasiment à la même nuance près (intonation, rythme). Comme un musicien reprenant les mêmes "rails" de l'interprétation d'un morceau, préalablement fixée par des heures de répétition. Sarkozy travaille-t-il vraiment, pour autre chose que la galerie ?
On n'a pas souvenir que Mitterrand ou Chirac produisaient autant de discours. Eux par contre faisaient des conférences de presse... Cette façon d'occuper le terrain (et surtout les médias), de façon contrôlée, par moult discours - et annonces - interposés, semble bien constituer un point central de la "stratégie sarkozyenne". Cette "stratégie", qui ressemble de plus en plus à un plan de "com" ou de pub (à moins que ce soient les yeux qui se dessillent à ce sujet), cette stratégie parait de plus en plus axée sur la simple conservation du pouvoir (avec finalement les mêmes ingrédients qui auront servi pour y accéder).
2. Une "communication" qui a bon dos
Dans le dernier "discours aux paysans", la déclaration liminaire de l'actuel président de la République - "je ne suis pas venu vous tenir un discours que vous avez déjà entendu" - n'est pas sans faire penser à un certain type de mensonge grossier et éhonté ("plus c'est gros mieux ça passe"), caractéristique de l'actuel président de la République.
On remarquera d'ailleurs que cette caractéristique semble se transmettre de père en fils : Jean Sarkozy, lors de son grand oral face à assisté de Pujadas il y a huit jours, avait empilé un certain nombre de ces gros mensonges éhontés, pudiquement baptisés "communication" ou "éléments de langage" par certains ("c'est une décision que j'ai prise seul", "on a parlé de népotisme, on a parlé de nomination, chacun a bien compris que c'était pas le cas", "campagne de manipulation et de désinformation" etc.).
L'actuel président de la République n'est pas un acteur en représentation, mais un responsable politique : ses paroles doivent être strictement pesées à l'aune de leur rapport au vrai (à la différence du théâtre où chaque spectateur sait qu'il se trouve au théâtre, c'est dans le contrat : c'est pour de faux). Il convient d'appliquer à ses paroles, lorsqu'il y a lieu, les termes adéquats : mensonge, mensonge par omission, mensonge éhonté, etc.
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Commentaires
bien dit, malheureusement NOUS avons voté pour un président acteur de l'image pour son image, rappelons nous le karcher, etc...
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