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Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui victime d'un "buzz". Ironie du sort ?

Il y a un mois en effet, sur la foi d'un mini-extrait d'entretien de Vincent Peillon sur Public Sénat, présenté de façon extrêmement fallacieuse par la chaine à la recherche d'un "buzz" (en faisant accroire que Peillon "regrettait" voire cherchait à s'excuser vis à vis de Chabot), Mélenchon avait été un des rares à prendre ce "buzz" en considération, jusqu'à monter sur ses grands chevaux avec notamment ces mots :

« Vincent Peillon a tort de s'humilier devant Chabot »
« Il gémit et se tortille pour obtenir le pardon des vaches sacrées »
« son abjuration et repentance »

Après diffusion de l'entretien intégral deux semaines plus tard, on put vérifier qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat (ce qu'avait d'ailleurs déjà montré une glorieuse étude).

 

Il y a une semaine, au détour d'une interview accordée au blogueur Reversus, on put lire cette phrase adressée à Jean-Luc Mélenchon et non démentie par celui-ci :

« Sur votre blog, vous aviez indiqué que vous aviez déjà essayé de vous réconcilier avec Arlette Chabot en déjeunant avec elle, mais qu’elle ne vous avait pas adressé la parole du repas. »

 

Ainsi donc, Jean-Luc Mélenchon, après avoir versé à plein dans ce qu'il convient d'appeler une intox, une désinformation, via un "buzz" qu'il aura lui-même contribué à faire prospérer ; après s'être comporté de façon fort peu confraternelle envers Peillon, l'accusant d'un forfait dont en fait c'est lui-même Mélenchon qui se serait apparemment rendu coupable ("gémir et se tortiller pour obtenir le pardon des vaches sacrées", en l'occurrence : essayer de se réconcilier avec Chabot en déjeunant avec elle) ; le voici qui continue à donner des leçons de maintien, allant au passage jusqu'à agonir d'importance un sous-fifre apprenti journaliste.

A propos de cette "interview volée" dont il vient d'être "victime", Mélenchon se plaint sur son blog :

« Cela revient à faire d’une phrase dans un film d’amateur une déclaration officielle de ma part »

Ne reconnait-on pas là, très exactement (moins le mot "amateur"), le processus de désinformation dont avait été victime Peillon, processus auquel Mélenchon avait lui-même contribué et ceci jusqu'au délire ?

Derrière la posture de martyr et de pourfendeur des médias corrompus (rôle endossé avec éclat par Peillon dernièrement, peut-être est-ce cela qui avait énervé Mélenchon : que Peillon lui "pique" son terrain...), on aperçoit un peu trop chez Mélenchon les réactions d'un ego trop chatouilleux. Certes sous ce chapitre, le plus mauvais exemple est donné, depuis trop longtemps déjà, au sommet de l'Etat. Ce n'est peut-être pas une raison pour en rajouter...

    

Mise à jour 05/04/2010

   
Jean-Luc Mélenchon revient sur son blog sur son erreur :

« Je me suis souvenu d’une discussion avec Vincent Peillon à ce sujet. Je l’avais accusé sur ce blog d’avoir reculé et de s’être excusé vis-à-vis de Chabot. Je le faisais sur la foi d’une brève lue dans « Le Monde ». Il me le reprochait. Il me dit qu’il ne s’est nullement excusé et que le journal avait retenu une phrase dans un entretien très long. On voit que les méthodes ne changent pas… »



A noter la parfaite camaraderie avec laquelle Peillon exprime son soutien à Mélenchon aux prises avec son propre "buzz", dans le Confidences+ tourné en marge de l'émission Dimanche+
(C+) du 4 avril dernier :

    

Billet également publié sur Agoravox