Nouveau « bain de foule » sarkozien factice au 20H de France 2 !
Une journaliste de France 2 baptise « bain de foule » une mise en scène, et s'abstient de faire allusion à la présence pourtant bruyante de militants UMP. Pujadas garde un silence complice.

David Pujadas
Cela pourrait sembler une blague mais non !
Mardi 6 juillet 2010, nouveau "bain de foule" sarkozien truqué au 20H de France 2, cinq jours seulement après le précédent (1) : à Brie-Comte-Robert (77), et avec cette fois le concours d'un authentique chœur de militants UMP.
(1) Ayant négligé de programmer le magnétoscope du 2 au 5 juillet, nous ne sommes pas en mesure d'affirmer que le 20H de France 2 fut exempt d'autres « bains de foule » factices au cours de cette période.
Analyse plan par plan
Note. Le site @rrêt sur images se refusant pour l'instant à faire de "l'arrêt sur images" (en particulier de l'analyse détaillée de journaux télévisés), il faut bien que certains s'y mettent.
1. Présentation Pujadas (16 secondes, 1 plan)
David Pujadas : « Alors on l'a compris Eric Woerth n'est plus le seul visé par cette affaire, Nicolas Sarkozy lui aussi est concerné : il a évoqué publiquement cette affaire pour la première fois, lors d'un déplacement où son agacement vous allez le voir, était perceptible. Valérie Astruc, Jean-François Monnier. »
Pujadas ne signale aucun « bain de foule » dans le reportage à venir (2). Sa grande éthique professionnelle lui fait sans doute préférer éviter de se compromettre publiquement à évoquer même de loin ces soi-disant « bains de foule » animés par des militants UMP (son scooter a déjà assez souffert comme cela). Le reportage commencera néanmoins par 21 secondes d'images montrant un Sarkozy triomphalement soutenu et acclamé. Ceci en pleine débâcle Woerth-Bettencourt, et alors que Sarkozy vient de battre une nouvelle fois son record d'impopularité : on peut déjà juger de la plausibilité, de l'hypothétique spontanéité et véracité, de tels "faits de rue"...
(2) Exactement comme 5 jours plus tôt, dans sa présentation du reportage incluant un précédent "bain de foule" sarkozien.
2. Reportage France 2, séquence 1 : « Bain de foule » sarkozien (21 secondes, 3 plans)
Plan 1 (7 secondes)
(à 0'16 de la vidéo)
Photo 1 (cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Militant UMP 1 ("off", voix tonitruante) : « Bon courage, Nicolas ! Bon courage, Nicolas ! »
Militant UMP 2 ("off", voix un peu en retrait, dans une sorte de basse continue) : « Courage ! Courage ! Courage ! »
Journaliste 1 ("off") : « Des encouragements et un bain de foule, rien de tel... »
Les deux militants UMP, hélas non présents à l'image, forment un assez remarquable duo, avec notamment un subtil contrepoint : le militant 2 fait son entrée (« Courage ! ») précisément sur le premier « Nicolas ! » déclamé par le militant 1.
Comme dans le reportage du 1er juillet analysé précédemment, la journaliste de France 2 n'hésite pas à prononcer le mot « bain de foule » (3), alors même qu'elle ne peut ignorer la manipulation consistant à fabriquer ces « bains de foule » au moyen de militants UMP.
(3) « En fait, paradoxalement, le monde de l’image est dominé par les mots. La photo n’est rien sans la légende qui dit ce qu’il faut lire (...). Nommer, on le sait, c’est faire voir, c’est créer, porter à l’existence. (...) ces mots font des choses, créent des fantasmes, des peurs, des phobies ou, simplement, des représentations fausses. »
(Pierre Bourdieu, cité in Pourquoi les mots sont importants de Pierre Tevanian & Sylvie Tissot, éditions Libertalia, 2010)
Rappelons ces propos du Monde (26 janvier 2010) :
« Les villes visitées par le président sont sous haut contrôle policier. [...] Les rares bains de foule ont lieu avec des militants UMP. Et la police, pesante, empêche toute manifestation d'opinion divergente. »
Libération précisait déjà en septembre 2009, à l'occasion de "l'affaire Faurecia" :
« En France comme à l’étranger, tous les lieux où Nicolas Sarkozy pose ses mocassins font l’objet d’une visite préparatoire (le «prépa» dans le jargon élyséen) des services de la Présidence. [...] à l’heure du tout info, ce «prépa» se concentre en priorité sur un message et une image à livrer aux télévisions. Aucune improvisation n’est tolérée. [...] tout est calibré, minuté, répété avec des doublures [...]. Des cars de militants sont également convoyés dès lors qu’il faut illustrer un «accueil populaire» ou un bain de foule, comme ce fut le cas à Caen le 6 juin lors de la venue de Barack Obama. »
« Même pour les préfectures rompues aux visites en tout genre, le degré d’exigence des équipes de l’Elysée pour mettre en scène le monde merveilleux de Nicolas Sarkozy est souvent un choc. »
En repassant les images de ce plan 1, on constate que la « foule » n'est en fait qu'un petit groupe de personnes, semblant comme "parquées" sur la droite de l'image. Le tout début du plan (photo 1) montre d'ailleurs un grand vide sur la gauche (excepté les sbires et Sarkozy lui-même).
En examinant les images on s'aperçoit que les deux femmes prenant des photos au premier plan (photo 2) ne prennent pas de photos : elles font semblant de prendre des photos. Elles ne cherchent pas à viser Sarkozy avec leurs appareils : tout au long du plan elles prennent la pose en tant que "dames qui photographient le président" ! (4)
(4) Un commentateur avance cette objection : « Rien ne prouve que les deux femmes (à l’évidence des militantes Ump) qui ont un appareil numérique en main n’ont pas pris de photo. Très probablement, elles sont en train de visionner sur l’écran LCD la ou les photos qu’elles viennent de prendre en oubliant de s’intéresser au sujet : Sarkozy. Ce faisant, elles agissent comme la majorité des utilisateurs de numériques, prisonniers d’un comportement pavlovien qui peut être vérifié partout, y compris sur le Tour de France où certains photographes, obnubilés par leur premier cliché, en oublient de regarder passer le peloton ! »
Photo 2 (cliquer sur l'image pour l'agrandir)
On remarque aussi deux mystérieuses créatures (photos 3 à 5), semblant "encadrer" la «foule» (tout en y figurant) : deux brunes à chignon, lunettes et veste sombre . Leur comportement, mi-distancié/impassible mi-scrutateur, fait penser à celui de gardes du corps. Ces deux créatures ne sont sans doute pas de simples "militantes UMP" destinées seulement à garnir le plan : plus probablement des préposées à l'encadrement et à la supervisation de ce « bain de foule » sarkozien.
Photos 3 à 5 (cliquer sur les images pour les agrandir)
A la fin du plan (photo 6), Nicolas Sarkozy serre une main surgie du côté de la caméra - peut-être celle d'un des deux militants UMP s'étant illustrés sur la bande son au début du plan. Les deux créatures en noir restent impassibles, les deux "dames photographes" gardent la pose. On remarque que Sarkozy fait semblant de ne pas voir la créature brune de droite. Il lui passe devant, serre des mains avant et après elle, en l'ignorant totalement (la créature pour sa part reste remarquablement impassible tandis que le Président se tient absolument face à elle à une distance d'un demi mètre). Cette créature (comme sa collègue) n'est pas une simple figurante UMP sensée figurer une participante à une foule enthousiaste. Son rôle précis dans le dispositif sarkozien, reste à préciser.
Photo 6 (cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Cette fin de plan (photo 6) montre sans doute à droite la limite droite du petit groupe de personnes sensées figurer une « foule » (limite droite d'ailleurs masquée par la créature brune de dos, peut-être plantée là précisément pour masquer cette limite, afin que la « foule » n'apparaisse pas trop ridicule). Or à ce moment, on voit encore à l'image la limite gauche de la « foule » (limite correspondant au bord de mur en brique rouge).
On le voit, cette « foule » (dixit la journaliste de France 2) n'est en fait qu'un simple petit groupe de personnes regroupées là, et facticement constitué : sans doute par au moins un bon nombre de militants UMP. Ce plan est un trucage complet. Sa brièveté (7 secondes), sa rapidité d'exécution (le mouvement de Sarkozy et celui de la caméra), permettent de masquer aux yeux du téléspectateur son caractère factice, son vice de fabrication (cf. note (1) du Chapitre 1 "Présentation Pujadas", ICI).
Question : qui a tourné ce plan 1 ? Une équipe privée sarkozienne, selon la pratique en vigueur durant la campagne présidentielle (les chaines de télévision récupérant ensuite les images pour construire leurs "reportages") ? Question accessoire : y a-t-il eu plusieurs prises ?
Dans le cas où ce plan serait l'œuvre d'un caméraman de France 2, sa conscience professionnelle a du en prendre un sacré coup... Il n'aurait dans ce plan absolument pas agi en caméraman de reportage (cherchant à filmer "ce qui se passe" - et donc s'intéressant à la réalité de ce qui se déroule sous ses yeux) : mais en simple employé d'une entreprise de propagande, visant tel objectif prédéfini, respectant tel "cahier des charges" (à savoir : tourner un plan, prévu, et préparé à l'avance par les communicants élyséens, de « bain de foule » sarkozien).
Plan 2 (3 secondes)
(à 0'22 de la vidéo)
Journaliste 1 ("off", finissant sa phrase) : « ...pour oublier les tracas du moment et échapper aux questions des journalistes. »
Rupture temporelle à l'image : ce plan 2 se situe maintenant dans une rue, avec quelques vrais habitants, tenus à distance par les molosses de sécurité (Sarkozy et ses 5 ou 6 sbires occupent le principal de l'image). Par contre, parfaite continuité de la bande son : la journaliste termine sa phrase commencée à la fin du plan 1 ; et, chose plus étonnante (perceptible avec un bon casque) : l'environnement sonore reste celui du plan 1, c'est à dire que l'on entend en bruit de fond les restes d'acclamations qui accompagnaient ce plan 1, avec même un « au revoir » d'une des participantes !
Exactement comme dans le « bain de foule » précédent diffusé sur France 2 cinq jours plus tôt (cf. ici l'analyse de son Plan 2), le monteur a choisi d'assurer la continuité de la séquence en faisant persister l'environnement sonore d'un plan sur le plan suivant pourtant déconnecté du plan précédent, temporellement aussi bien que géographiquement (il aurait été bien plus intéressant ici de faire durer le plan 1, pour mieux cerner le bord droit de cette «foule»...). Manipulation aboutissant encore une fois au même effet : accréditer dans un plan "neutre" voire inanimé l'idée d'un « bain de foule », en faisant persister, par un artifice de montage, l'atmosphère - fabriquée et factice ! - du plan précédent. Dans le présent plan 2, on constate visuellement que rien ne se passe, les quelques "vrais habitants" que l'on peut apercevoir entre les gardes du corps sont remarquablement indifférents, loin de manifester des encouragements au Président qui passe : de simples curieux.
Au passage du président une jeune-fille en civil lui tourne le dos (elle évite néanmoins de montrer son visage à la caméra) : son rôle apparemment est de "contrôler" la « foule » de son côté (pourtant simplement composée, à vue d'œil, de quelques personnes du 3ème âge).
La présence de cette jeune-fille, après les deux créatures du plan 1, semble accréditer l'existence d'une "garde prétorienne femelle" au service du candidat UMP du chef de l'Etat.
Plan 3 (14 secondes)
(à 0'25 de la vidéo)
Journaliste 2 ("off", au président) : « Est-ce que vous avez reçu de l'argent de Liliane Bettencourt Monsieur le président ? »
Nicolas Sarkozy : « Merci... »
Une militante UMP ("off", au journaliste) : « Oh mais on s'en fout ! »
Chœur de militants UMP ("off", huant le journaliste et sa question) : « HAAAAAA ! OHHH ! OUOUAAAEUEUEUEUEU ! HOU !!! »
Journaliste 1 ("off") : « Faire comme si de rien n'était. Visiter un hôpital de proximité... »
Rupture temporelle peu importante par rapport au plan 2 : on reconnait les mêmes lieux, les mêmes sbires placés au même endroit.
Le « on s'en fout » de la militante UMP sur la bande son est particulièrement absurde et déplacé, en tant que sensé représenter la vox populi ("l'opinion du peuple") - et d'ailleurs clairement contredit un peu plus tard dans le même JT de France 2, par le témoignage de la candidate des Verts en campagne sur le terrain dans une élection partielle : « les gens ne s'intéressent qu'à ça [l'affaire Woerth-Bettencourt-Sarkozy]. On aimerait qu'ils s'intéressent aussi à notre programme ! »
Chose très remarquable, déjà notée dans l'analyse du reportage du 1er juillet : les militants UMP "hurleurs" prennent manifestement le plus grand soin de ne pas apparaître à l'image. Il y a là très certainement consigne, donnée à ces militants.
Autre chose très remarquable, et difficilement explicable : les militants UMP "hurleurs" ont l'air placés très près du micro (davantage que le journaliste 2 qui pose sa question au Président, ou que Sarkozy lui-même). Comment un tel prodige est-il possible ? Ont-ils un micro spécialement dédié ? A moins qu'ils restent tout simplement agglutinés derrière et sur les côtés de la caméra, aboutissant ainsi à ce double résultat : ne pas apparaître à l'image ; et pouvoir facilement rugir en direction du micro traditionnellement fixé sur le dessus de la caméra.
Ces trois plans de « bain de foule » (dixit la journaliste de France 2) auront finalement été sonorisés, d'un bout à l'autre, par des militants UMP (grâce à un artifice de montage en ce qui concerne le plan 2).
Conclusion
Rien à ajouter à la conclusion de l'analyse du "bain de foule" précédent diffusé cinq jours plus tôt dans le 20H de France 2 : la chaine de télévision publique se déshonore en se rendant complice, de façon plus ou moins active (le plan 1 a-t-il ou non été tourné par une équipe privée payée par l'Élysée ?), d'une entreprise de fabrication d'images factices : des « bains de foule » animés en fait par des militants UMP. En clair : de la propagande. Puissent les journalistes et techniciens de France 2, refuser un jour de se prêter à pareille entreprise de désinformation (et David Pujadas cesser de couvrir d'un silence complice, ces peu reluisantes manigances).
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Analyse du précédent "bain de foule" sarkozien factice (JT France 2) :
« Bains de foule » de Nicolas Sarkozy : trafics et manipulations au 20H de France 2 (02/07/2010)
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Sur le même sujet :
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"Étant l'un des trois journalistes de télévision l'époque à avoir couvert cette affaire et découvert le pot-aux-roses (qu'est-ce qu'on a ri!), je peux attester que cela avait accouché d'une quasi-affaire d'État et que dès le lendemain de la révélation de l'affaire, [Olivier] Stirn démissionnait. C'était une époque où l'on considérait que la politique était encore une chose sérieuse et qu'elle ne devait pas ressembler à une comédie rythmée par les coups de com' des uns et des autres.
Aujourd'hui, tout ça c'est fini. Luc Chatel, à l'instar de son maître à penser peut bidonner tranquille ses petits coups de com'. Il ne risque plus rien."
Luc Chatel : la honte internationale sur le site du New York Times (Fuctuat.net, 20/08/2009)
"à la une de la version en ligne du NYT ce jeudi matin, le papier a également été "publié le 20 août 2009, à la page A5 de l'édition de New York", peut-on lire en bas de page."
Pujadas, quatre mois plus tard (Daniel Schneidermann - @rrêt sur images, 30/09/2009) - vidéo
[David Pujadas, 28/09/2009, France 2] :"« Ce soir, nous revenons sur l'organisation de ces voyages présidentiels dans les régions, et sur leur mise en scène. Comment sont-ils organisés ? Comment sont sélectionnés ou choisis les salariés ou les jeunes qui entourent le président de la République ? Rien n'est semble-t-il laissé au hasard. »"
[Daniel Schneidermann] : "La diffusion de ce reportage n'a rien, mais alors strictement rien à voir, avec la crise d'énervement présidentiel qu'a dû subir ladite Arlette Chabot à New York, après la célébrissime interview présidentielle. (...) On pourra espérer que se multiplient les savons présidentiels, qui titillent le reste de fierté, et fouettent le zèle journalistique."
« Village Potemkine » révélé avec Sarkozy et ses figurants à Faurécia. L’énorme imposture perce. (Le blog de Gérard Filoche, 07/09/2009)
"Le problème ce n’est pas « la petite taille » des ouvriers choisis pour être derrière Sarkozy, c’est surtout le « casting », la « répétition », la « mise en scène » effectuée avec les figurants amenés artificiellement alors qu’ils ne sont pas de l’usine"
"on a une mise en scène qui est une véritable et dangereuse escroquerie médiatique. C’est Ceaucescu en province, c’est comme ces fameux « village Potemkine » de façade, c’est Mussolini aux champs, rien d’autre, comme cela arrive avec toutes les propagandes totalitaires, l’Elysée est pris la main dans le sac."
"Il faut le redire : Olivier Stirn a été chassé du gouvernement pour moins que cela dans le passé. Luc Chatel et Nadine Moreno ont déjà été pris la main dans le sac, à Intermarché avec des vraies fausses ménagères de l’UMP faisant leurs courses…"
Liens vers ce billet :
Agoravox
Dazibaoueb
Désirs d'avenir 95
R-sistons à la désinformation
A la mienne...
Commentaires sur Nouveau « bain de foule » sarkozien factice au 20H de France 2 !
- ExcellentMerci de ce très bon travail... c'est un énorme boulot, ce genre d'analyse - et en ce qui concerne Sarkozy, il sera utile à l'Histoire que quelqu'un l'ait déjà fait ^^ (je suppose que vos archives sont prudemment sauvegardées ?)
Tous les gens qui ont l'oeil et un brin de culture ont remarqué, sans pouvoir le détailler avec autant de finesse, l'utilisation qu'il fait des médias... effectivement très proche des manip staliniennes de l'image. - Oui les sauvegardes c'est fait, en plus pour le présent article c'est repris in extenso par quelques sites donc ça va !
Le souci ce serait plutôt la diffusion : que 1500 ou 2000 personnes suivent l'analyse c'est mieux que rien, mais c'est ridicule par rapport à la masse qui se tape le JT ! (de Pujadas, sans parler de ceux de TF1, dont celui de Pernaud qui est une honte en soi...)
la critique de médias doit véritablement se concentrer sur cette vérole que sont les JT, et il faut mettre la pression sur "@rrêt sur images" pour qu'ils s'y mettent, c'est à eux de faire ce boulot, c'est marqué dans leur nom ! - @ antennerelaisC'est vrai, ils ne font pas vraiment ce boulot-là, qui demande énormément de culture visuelle, de temps et de patience... Peut-être ont-ils choisi leur nom avant tout parce qu'il sonnait bien, sans imaginer que certains spécialistes de l'image seraient déçus de ne pas y trouver ce décryptage ? Franchement, je n'en sais rien. Je n'avais pas tellement les moyens de m'abonner à deux journaux en ligne et j'ai préféré Mediapart ;)
En tout cas, je n'hésite pas à recommander votre site.
Je l'ai fait ce matin sur le billet de Schneidermann sur Rue89, justement :
http://www.rue89.com/schneidermann-9-15/2010/07/12/david-pujadas-lepreuve-de-lindependance-158398
Autre chose : 1000, 1500, vous vous dites que c'est trop peu. Mais en fait, pas forcément. Tout dépend de qui sont ces personnes. Chomsky, que vous citez souvent, l'a bien montré, on peut faire basculer une opinion en changeant seulement celle des 20% de décideurs que compte une nation. Les autres -malheureusement pour eux- sont ceux "qui font ce qu'on leur dit de faire" ...et qui payent.
D'autre part, dans la lutte que nous menons, nous simples citoyens (et avec un certain succès ces derniers temps) pour "remonter le courant" vers une vraie Démocratie, c'est la convergences des tâches multiples qui compte. A ce titre, votre travail est important -voire essentiel, car d'une qualité rare- au sein de tout un ensemble informatif qui va dans le même sens. - Bonjour.
N'ayez pas peur,
Certes, bien plus de personnes regardent/rons les jt que de lire votre démonstration,
Cependant nous sommes moins bête qu'il n'y parait.
Depuis qqs. années je vois ,j'entend la dissonnance entre ce qui est montré ,ce qui est vu,ce qui est dit sur les images .
Toutes personnes à qui j'en ai parlé m'ont confirmé identiquement la même chose.
Nous savons à quel point nous sommes manipulés. - continuezje viens de découvrir votre travail grace au lien posté par Lohiel.
" c'est la convergence des tâches multiples qui compte " : je pense comme Lohiel sur ce point.
l'internet est un outil tout récent et il peut donner le pire mais aussi le meilleur ; la preuve du meilleur par votre mise à plat.
quant à la puissance des médias , jele crois dans l'immédiateté mais pas dans la réflexion. Il suffit d'une fois pour ne plus jamais croire ..... - @ Lohiel
oui sympa la pub !
"c'est la convergences des tâches multiples qui compte"
Oui et d'ailleurs Chomsky, pour le peu que j'en ai lu, dit à peu près la même chose, à savoir que c'est par un travail de fourmi que des choses même a priori inamovibles finissent par bouger.
Ainsi que l'avait d'ailleurs souligné Chartier dit Alain en 1909 :
http://www.arretsurimages.net/forum/read.php?3,1090126,1090151#msg-1090281
@ mario & jaja01
ça bougera de toute façon !
PS. si quelqu'un remarque (et enregistre) un reportage de JT particulièrement suspect, une idée serait de l'héberger sur dailymotion et de m'envoyer le lien - ou sinon me faire parvenir l'enregistrement sous forme de DVD (via le lien "contacter l'auteur" tout en haut à gauche).
J'ai l'enregistreur programmé pour les 20H de F2, mais ce serait intéressant d'avoir aussi ce que fait TF1, et par exemple sur les "bains de foule" sarkozyens : d'ailleurs ce serait du plus haut intérêt de comparer deux reportages sur le même "bain de foule", diffusés par chacune des deux chaines ... - Pistes-son post-synchronisées ?Bonjour !
Je viens de prendre connaissance de votre belle analyse sur le tout signifiant que constitue tout objet audiovisuel. Vous montrez combien, encore une fois, l'objet audiovisuel n'est pas "simplement" un composé additionnel de sons et d'images, mais un tout dont les propriétés ne se limitent pas à la seule sommation de ses parties. C'est bien pour cela, du reste, que l'effet de réel persiste, quand l'analyse détaillée de chacun des composants en révèle le caractère pourtant construit et "factice", comme vous l'écrivez.
Je me demande toutefois dans quelle mesure l'effet de réel produit par cet extrait de docu-fiction ne vous empêche pas ici de formuler une hypothèse, qui viendrait renforcer encore plus le versant éthiquement scandaleux de ce minifilm : les paroles des militants UMP, hors-champ et travaillées en contre-point, pour reprendre votre superbe dénonciation, ne sont-elles pas post-synchronisées (et partant, complètement "fictionnelles", c'est-à-dire éminemment trompeuses eu égard au genre filmique considéré) ? Si tel était le cas, on comprendrait mieux les incohérences, dans la scène réelle, des intensités relatives des différents sons, que vous mettez parfaitement en lumière. La post-synchronisation du son prétendument "interne" à la scène et à l'image relèverait de ces multiples opérations de montage qui ne se "voient" plus une fois le film monté, mais qui dérogent à la déontologie du genre filmique que constitue le documentaire ou le reportage. Le "réel", ici, semble bien être un mixte reconfiguré à des fins politiques, mixte de "réalité" (déjà travaillée par la mise en scène, que vous décrivez en détails) et de "fiction" par addition sonore de "voix" enregistrées en studio et censées ancrées dans le "réel" hors-champ de l'image.
NOUS DEVRIONS TOUS MULTIPLIER LES LIENS VERS VOTRE SITE D'ANALYSE, DONT LA VALEUR CRITIQUE, AU SENS NOBLE DU TERME, EST IRREMPLAçABLE.
Merci encore. - @ Ilario
Pourquoi "NOUS DEVRIONS..." ?
Ce n'est pas très difficile de sortir du conditionnel... il suffit de le faire :-))
D'ailleurs, les gens apprécient, parce que ce travail est vraiment pertinent dans la situation actuelle. J'ai été très étonnée du nombre de réactions positives explicites au message que j'ai posté sur Rue89... d'habitude les gens vous "topent" quand ils aiment bien un lien, mais ils vont rarement vous l'écrire en dessous ! Là il y en a six qui renchérissent en remerciant pour l'intérêt du site ! Autant de compliments directement destinés à Antennerelais ^^
Beaucoup de gens croyaient Pujadas "assez indépendant pour tenir"... Eh bien non, il était depuis longtemps miné par sa complaisance et peut-être même sa peur. Il semble qu'à sa prestation de ce soir était suspendue une prochaine promotion. Nous verrons bien.
Mais ce qui est sûr, c'est que ce blog ne cessera pas de sitôt d'être d'actualité et qu'il est d'utilité publique de le faire connaître à vos interlocuteurs !
(promis, je n'ai aucun intérêt dans l'histoire, ni même de contact perso avec le maître les lieux ! :-) - Super boulotSalut Antenne Relais,
Super boulot as usual. Ne te décourage pas, comme tes commentateurs précédents je pense que nous sommes nombreux à avoir compris même intuitivement cette propagande.
Et toi avec d'autres, officiels ou non vous nous permettez de nous appuyer sur des faits précis. Charge à ces 1500 ou 2000 de retransmettre oralement ou non.
Large up - @ Ilario
Merci de votre message. C'est audacieux comme hypothèse, que les acclamations UMP aient été ajoutées a posteriori ! (là pour le coup ce serait la preuve que les images sont l'œuvre d'une équipe contrôlée par l'Élysée - comme pour les meetings sarkozyens durant la campagne présidentielle - et fournies ensuite aux chaines télé).
Mais je pense pas que ça ait été ajouté en post-synchro, en tous cas dans le plan 3 ici on constate une certaine interaction entre les hurlements UMP visant le journaliste et sa question, et ce qui se passe à l'image. La fille réquisitionnée par Sarkozy pour poser à côté de lui a comme un mouvement d'impatience, et s'en va : ce sont manifestement les hurlements UMPistes qui créent chez elle une sorte de malaise qui la fait quitter le champ et Sarkozy (alors que le PR lui avait fait l'honneur de poser avec elle ! Mais elle a senti un truc tordu ou malsain, et instinctivement elle s'extrait de là).
De plus on constate que ces hurlements UMP font tourner la tête aux curieux à l'arrière plan. Enfin au moins dans ce plan 3 c'est du son direct.
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@ Lohiel
"Beaucoup de gens croyaient Pujadas "assez indépendant pour tenir"... Eh bien non, il était depuis longtemps miné par sa complaisance et peut-être même sa peur. Il semble qu'à sa prestation de ce soir était suspendue une prochaine promotion."
Le moment clé du face à face hier : quand Sarkozy demande à Pujadas (à la 6ème minute de l'entretien) : "est-ce qu'ils parlent de moi ces gens?" (ces gens qui ont parlé des politiques qui passaient chercher leur enveloppe chez les Bettencourt). 2 secondes et demie de lourd silence. Grosse pression de Sarkozy, hésitation de Pujadas. Pujadas finalement répond "il n'a pas été cité", essaie de se rattraper (pour ne pas paraître trop servile aux yeux de la France entière, sans doute), mais trop tard Sarkozy a repris la parole (1). Pujadas a là clairement privilégié sa carrière. S'il avait répondu la vérité c'est à dire : "vous avez été cité, puis la comptable s'est rétractée, sous la pression d'un interrogatoire policier visant à la faire craquer d'après son avocat", s'il répondait ça il pouvait commencer à se chercher un point de chute sur une chaine câblée. Mais il a répondu "non" : la place de directeur de l'info sur France 2, qu'il convoite apparemment (poste actuellement occupé par Chabot), lui tend les bras. Bien sûr, il faudra qu'il continue à surveiller son langage, à se tenir sage - par exemple continuer à couvrir d'un silence poli les "bains de foule" sarkozyens truqués, apparemment régulièrement diffusés dans son JT !
(1) Dans ces quelques secondes, Sarkozy a fait ce qu'en tauromachie ils appellent : "faire baisser la tête à l'adversaire", "humilier l'adversaire". C'est exactement ce qu'a accompli Sarkozy sur Pujadas, lors de cette "passe" à la minute 6 : ensuite, pour tout le reste de l'entretien (1H10), Pujadas était en quelque sorte "domestiqué".
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@ Toyan & les autres
Merci pour les encouragements ! - ça fait peurquand on voit le decryptage, les financements, les privilégiés... l ump a tout les traits d une dictature... dire qu il y a 10 ans on croyait en toujours plus d égalité, de paix, de liberté... on s aperçoit qu avec des gens comme ça pour sapper tout les droits obtenus des citoyens, ça sera jamais possible... en 3 ans sarkozy a casser la france, l a mutilé, a tout pourris l ambiance, a attisé les conflits juste pour son profit et celui de ses amis mercenaires et du crif... plus jamais ça, esperons qu on sera pas en guerre avant qu il parte... mais d ici 2012, y aura encore des dégats et malheureusement de plus en plus de mort sous le systéme sarkozy, on voit les coincidences et conséquences de tout son discours.. et plein d autres choses dont on a pas le droit... de parler en france au 21 eme siecle parce que en france il y a des pourris qui ressemblent a bush et sont fier de l etre en plus d etre protégé par le gouvernement
- Merci pour ce décorticage d'images,
Le petit monsieur était venu dans ma ville (Cahors), et malgré le bouclage du quartier pendant toute la journée, nous avions pu apercevoir les pantins de l'UMP, les faux bains de foules relayés par France3, ils faisaient croire qu'il y avait une foule alors que la place était entièrement vide, et que seuls les militants avec une carte UMP avait le droit de marcher en ville (nous on ne pouvait même plus rentrer chez nous dans nos maisons, ou atteindre nos lieux de vie, on a même mis des chaises dans la rue pour les retraités qui ne pouvaient attendre la journée debout)...
Le seul truc cool, c'est qu'il ne reviendra jamais chez nous, son comportement digne des ses amis africains a énervé-choqué beaucoup, oui vraiment beaucoup de monde - y compris des électeurs de droite (il a demandé aux gendarmes mobiles de péter la gueule à des lycéens avec banderoles, car il ne voulait pas passer en berline devant). Ça les parents ne le pardonneront jamais.
Bonne continuation - @ krapo
Merci pour ce témoignage !
Vous devriez développer ça avec tous les détails, et même en recueillant d'autres témoignages sur Cahors ! D'ailleurs dans toutes les villes "visitées" par Sarkozy il faudrait faire de même... Afin que soit mise en évidence aux yeux de tous cette hallucinante et incroyable propagande : la mise en scène de faux "bains de foule" avec des militants UMP, à destination des JT du soir...





















http://www.jourdan.ens.fr/~mariot/hoprubrique.php?id_rub=4
Ces détails de son, de caméra et de montage sont passionnants.