Prenant la parole samedi dernier à Bourg Saint-Andéol, Vincent Peillon, une nouvelle fois, impressionne par l'authenticité et la force de son propos.

Soutien de François Hollande en vue de la prochaine primaire socialiste, il s'affirme déjà comme un indispensable inspirateur et catalyseur pour la victoire en 2012 : pour enfin mettre un terme à ce qu'il a toujours nommé, depuis 2007, abaissement national.
  

  

 

Extraits.

 

"La France est blessée"

à 1'17 de la vidéo :

« Nous sommes au début d'une année qui doit être l'année de la bataille et du combat, contre ceux qui ont foulé aux pieds, pendant 5 ans (après déjà 5 années), les valeurs du pacte républicain et social qui, au-delà de la gauche qui en a toujours été l'aile avancée, pouvait réunir les français, et faire que la France ait une identité non pas "nationale" (on se disait "patriotes" lorsque l'on était de gauche), mais républicaine. »

à 1'51 :

« J'ai entendu sur Nicolas Sarkozy toutes ces dernières années des attaques violentes. On les a dites souvent excessives : je ne le crois pas. »

à 3'16 :

« [...] il y a abaissement de notre République. [...] depuis 10 ans, [...] attaques sans précédent contre le service public, non seulement en termes de moyens mais en terme d'esprit. Attaques contre la culture - La Princesse de Clèves). Attaques contre la laïcité, nous expliquant [...] que le pasteur ou que le curé étaient plus capables que l'instituteur de donner le sens de la vie, et que la loi de 1905 elle-même n'était pas une loi de pacification, mais de violence. Attaques contre les remboursements de soins de la Sécurité sociale. Attaques contre l'image de la France, alors qu'il [Sarkozy] veut se rattraper maintenant en guerroyant, après avoir pratiqué la diplomatie du carnet de chèques, éhontément ! [...] »

« Oui ! La France est blessée. »

à 5'13 :

« La France a des moments de hauteur et des moments de bassesse. Nous venons de vivre un moment de bassesse. [...] Ce qui nous attend, républicains, socialistes, c'est bien le redressement de notre pays. »


Sur Eric Besson

à 5'40 :

« Je me souviens de cette girouette, ce traitre, qui est venu de nos rangs, et qui, comme cela ne s'était jamais fait depuis Vichy, a organisé dans les préfectures un débat, où l'identité nationale de la France était couplée à l'immigration, alors que pour nous tous elle a toujours été couplée à la raison, à l'éducation, aux Lumières, à la justice. »




Nicolas Sarkozy allié des obscurantistes

à 8'24 :

« Nicolas Sarkozy n'est pas allié, comme tous les ennemis de la République, avec les obscurantistes qui ont aujourd'hui pris la propriété des moyens de production télévisuelle, par hasard ! [...] »

« Affaiblissez l'école faite pour former le jugement individuel, former des citoyens éclairés, nourrir la pensée critique nécessaire à la démocratie ; et fortifiez la privatisation des moyens [télévisuels] (4 heures par jour de consommation télévisuelle pour les enfants !), et vous aurez le résultat d'une démocratie affaissée sur elle-même. C'est un projet politique que nous avons à combattre dans toutes ses dimensions. »

 

Les primaires socialistes

à 12'20 :

« [Des primaires réussies] ce sont aussi bien entendu des primaires dans lesquelles il n'y a pas entre les uns et les autres, d'oppositions inutiles. Nous avons voté le même projet. Les français ne sont pas sots. Ils savent bien que le 17 octobre nous nous rassemblerons. Pourquoi alors commettre d'ici là ce qui serait véritablement de la politique spectacle ? Pour se différencier, surenchérir, attaquer son camarade ? Ces primaires doivent se faire uniquement sur des propositions. »

« Chacun doit courir dans son couloir, ne pas commenter l'autre, ne pas chercher la polémique, se tenir à un degré et à une hauteur qui permettra, demain, la victoire. [...] »

« Sur le terrain, c'est la même chose. Ne divisons pas nos amis ! Ne divisons pas nos sections ! Ne divisons pas nos fédérations ne divisons pas nos Régions ! »

à 14'07 :

« Pour la première fois dans l'histoire de la République française, un parti politique accepte que tous les citoyens qui le souhaitent (1 euro, une déclaration), puissent à la place de ses dirigeants, [...] décider qui sera candidat. »

« C'est un progrès considérable du suffrage universel. [...] La réalité vous le verrez c'est que demain tous les autres partis seront obligés de faire la même chose : des primaires citoyennes et des primaires ouvertes. »

 

Une grande réforme fiscale

à 16'22 :

« Un pays qui va avoir à faire des efforts est un pays qui plus qu'un autre a besoin de justice. Et c'est pour cela que nous portons cette grande réforme fiscale que nous n'avions pas su faire sous François Mitterrand, et qui nous a toujours manquée. »

« Cela fait très longtemps que l'on sait que dans ce pays, un smicard paye autant d'impôts que quelqu'un qui gagne 20 fois le SMIC. [...] Les riches payent moins d'impôts que les pauvres, parce qu'il n'y a pas que l'impôt sur le revenu : il y a les impôts locaux, il y a la TVA, il y a la CSG : il y a donc tous les impôts indirects qui font que [...] dans ce pays, quelqu'un qui est au SMIC paye environ 50% de son revenu en impôts. »

à 17'19 :

« Cette réforme doit être une grande réforme de justice, pour nous donner les moyens d'agir bien entendu, mais en même temps pour faire comprendre aux uns et aux autres, que nous avons besoin pour avancer ensemble de retrouver de la cohésion, de la solidarité et de la fraternité, et que cela n'existe qu'à la condition  que personne ne soit exempté des efforts, et que chacun y contribue comme le dit d'ailleurs notre Constitution, en fonction de ses moyens. »

 

La jeunesse et l'éducation, grande cause nationale

à 19'10 :

« [...] supprimer, par je ne sais quelle aberration, la formation des enseignants... On pouvait la trouver insuffisante ; on pouvait vouloir la réformer pour l'améliorer. [Mais la] supprimer et faire en sorte que [l'on aie] le seul métier où on arriverait devant les élèves sans avoir été préparé, c'est véritablement une entreprise de destruction de l'école publique. Il n'y a pas que cela : le non renouvellement des postes, les  RASED [Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté] que l'on a fait exploser [...]. »

« Les grands républicains le disaient déjà, la jeunesse c'est quoi ? L'école c'est quoi ? Mais c'est juste la France de demain ! »

à 20'18 :

« Si nous considérons que nous devons abandonner notre école, nous retrouvons ce qui est le pire des maux aujourd'hui pour la France : la véritable crise de l'avenir que nous vivons. Quand vous regardez les autres pays européens, les français sont les plus pessimistes, ceux qui voient l'avenir le plus bouché : pour eux, pour leurs enfants, pour le pays (d'où d'ailleurs la manière dont Nicolas Sarkozy joue en permanence sur les peurs). »

« [...] Nous avons raison de faire de la jeunesse et de l'éducation cette grande cause nationale. [...] C'est un projet républicain, un projet pour toute la France, et un projet pour l'avenir. »

 

Sur le militantisme politique

à 21'40 :

« Nous sommes, quelles que soient nos vies [...], des militants. [...] il s'agit de porter dans son existence personnelle, dans ses rapports avec les autres, dans son quotidien, les valeurs qui sont les nôtres. »

à 22'20 :

« Pourquoi consacrons-nous tant de temps à l'action politique ? [...] Parce que [nous nous sentons] d'abord les héritiers d'une longue tradition [...], ceux qui précisément ont mené ces combats, pour le suffrage universel, pour la démocratie, pour les lois de protection sociale (protection du travail, assurance maladie, retraite). Est-ce que cela est venu tout seul ! Jamais. Tout cela a été le résultat de combats. [...] »

à 23'08 :

« Nous avons face à nous les mêmes pouvoirs qu'ils avaient hier : les pouvoirs de l'obscurantisme, et les pouvoirs de l'argent. Ils sont réunis à nouveau. »

« Est-ce que ce serait plus difficile de mener le combat pour la régulation financière internationale, ou pour la priorité à l'éducation, que ce ne fut autrefois de se battre pour la réduction du temps de travail, ou pour les assurances maladie ? Non. C'est le même combat. [...] Il y a faudra de la persévérance, il faudra de l'obstination, il faudra de l'unité et du rassemblement. C'est là que nous en sommes. »

à 24'00 :

« Et je vous le dis, le combat de cette année ce n'est pas un combat politicien, ce n'est pas un combat de petite politique. La bataille que nous avons à mener, c'est une grande bataille. Parce que c'est une bataille pour les valeurs républicaines, les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité, qui sont les valeurs de la France. »

 

(à suivre)