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Le journal italien Corriere a publié samedi 5 novembre, en se basant sur un article du Sun de la veille, le prix des chambres ou suites qu'auraient occupées différents chefs d'Etat durant le G20 de Cannes.

Selon le Sun, le Premier ministre britannique D. Cameron occupait une chambre à "1.920 euros" au Marriott ; Berlusconi et Obama, des suites au Carlton facturées respectivement "presque 30.000 euros" et "34.000 euros" ; Sarkozy, une suite à "presque 37.000 euros" au Majestic (ce qui, "en pleine crise économique, et alors que le gouvernement racle les fonds de tiroirs à la recherche des milliards manquants, frise la provocation", note ce matin La Dépêche, qui ajoute : "On est loin de la « République irréprochable » du candidat Sarkozy en 2007").


Après un démenti hier de l'Elysée, affirmant que Sarkozy aurait dépensé aux alentours de 3500 euros, un article du Post nous apprend que la direction du Majestic "confirme les chiffres avancés par l'Elysée". Diable !

On tique une 1ère fois : la direction du Majestic "ne peut pas répondre" pour dire qui était dans la suite présidentielle car le sujet serait "sensible". Cette même direction "confirme" néanmoins que Sarkozy (et tels autres chefs d'Etats) étaient dans l'hôtel. Là ce n'est plus "sensible" ?

 

La bonne foi du "service communication" du Majestic semble effectivement à géométrie variable, à écouter le récit de ce journaliste de France 24 hier soir (à partir de 1'12) :

 

 

Un horrible doute nous saisit : la direction du Majestic serait-elle sous influence élyséenne?

 

Une simple recherche sur le net nous apprend que le Majestic de Cannes et le Fouquet's ont le même propriétaire : le Groupe Lucien Barrière, groupe hôtelier français spécialisé dans l'hôtellerie de luxe et le casino (1).

(1) Le Groupe Lucien Barrière est propriétaire de 37 casinos (dont 33 en France). On se rappelle des largesses de Sarkozy envers les casinos lorsqu'il était ministre de l'Intérieur...
 

 

Mise à jour 16H00


Comme le note Variae, des milliers de comptes facebook (barre des 20.000 franchie à l'instant) relaient depuis ce matin l'article G20. La nuit à 37 000 € de Sarkozy ("La Dépêche"), linké plus haut. Ce phénomène va-t-il finir par propulser l'affaire de "la nuit à 37.000 €" dans tous les JT, comme ce fut le cas pour la caissière de Cora ?

 

  • « "Et maintenant je vais me goinfrer" : dixit Sarkozy [au Fouquet's] le soir de son élection et rapporté à l'époque par le Canard Enchainé » (LokoLoko)

 

 

Mise à jour 23H00

 

La Tribune de Genève et Le Matin (Suisse) reprennent en choeur le chiffrage du Sun : "Avec une suite à 46.000 francs [suisses], Sarkozy fut le plus dépensier à Cannes".

 

  

Mise à jour 09/11/2011

 

Intéressant commentaire de "wesson" sur Agoravox :

  • « souvent les hôtels proposent à leur clients fortunés et/ou très célèbres des surclassements. Donc il est possible que notre grand président ait obtenu cette super suite pour le prix d’une bien plus modeste. »


Sarkozy aurait donc pu régler une chambre à 3500€ comme le dit l’Elysée, et obtenir un "surclassement" dans la suite à 37000€ du Majestic propriété du groupe Lucien Barrière propriétaire de 37 casinos. Autant dire se faire offrir la suite : on pourrait se demander à quel titre (par exemple en échange de quels services rendus) - dans un même registre on se rappelle du yacht de Bolloré. Ce cadeau camouflé en "surclassement" ne serait pas moins grave que le fait de claquer 37.000€ pour une nuit dans un palace aux frais de la République.

  • « se faire loger à l'oeil dans un super palace par l'empereur des casinos - et ceci même pas pendant ses vacances, mais en plein G20 ! -, poserait obligatoirement de graves questions sur l'intégrité de ce président de la République... » (contributeur anonyme)

 

Rue89 rebondit sur l'article de La Tribune de Genève : 46 000 francs (suisses), la suite qui colle aux basques de Sarkozy.

 

  

Mise à jour 10/11/2011

 

Le proprio du Majestic et du Fouquet's ami personnel de N. Sarkozy, il réclamait la libéralisation des paris en ligne

Dans une interview publiée il y a quelques mois par Nice Matin sous le titre D. Desseigne (Barrière): "Un sentiment d’injustice face à l’impopularité de Sarkozy", Dominique Desseigne (Barrière), le PDG et détenteur de 60% du Groupe Lucien Barrière (propriétaire du Fouquet's et du Majestic de Cannes), qualifié d'"ami de Nicolas Sarkozy" par le journal, précise : « J’ai une amitié pour le président, fidèle et longue. »

   

Barrière-SarkoDominique Desseigne (Barrière) et Nicolas Sarkozy

   

L'Expansion.com nous apprenait par ailleurs en février 2010, dans une galerie de portraits intitulée Ceux qui convoitent le pactole des paris en ligne, que Dominique Desseigne (Barrière) "opère déjà en Angleterre dans les casinos en ligne", et "a proposé à la Française des jeux une offre légale de poker sur Internet."

En 2008 déjà, Dominique Desseigne (Barrière) n'y allait pas avec le dos de la cuillère : invoquant une "chute" du chiffre d'affaires des casinos causée par la loi anti-tabac, il "réclame d'urgence", pour "combler le manque-à-gagner", la "légalisation des paris en ligne" ! (ZoneBourse.com)

On sait que cette libéralisation des paris en ligne aura été un des chantiers majeurs du quinquennat Sarkozy.

  

Note. Le Carlton de Lille avec les sms de DSK sont sortis comme par miracle ce matin en peloton groupé sur tous les réseaux d'info, occupant un terrain que l'on aurait plutôt vu dévolu au Majestic de Cannes (copie d'écran GoogleActus à 11H05).

  

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Du grain à moudre chez Pensez Bibi avec une trilogie consacrée à Dominique Desseigne (Barrière). Extrait du volume 2 :

« Le lobby du jeu est devenu en France l’un des lobbys les plus puissants. Il a des ramifications au cœur du pouvoir et personne ne semble s’en inquiéter. Lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à favoriser l’industrie du jeu dans les règlementations.

Dès son élection, Nicolas Sarkozy va signer son premier décret d’importance : il concernera l’autorisation pour les casinos de ses amis DéDé et Partouche de multiplier les machines à sous. »

Dans le volume 3, on apprend que Dominique Desseigne (Barrière) affirme avoir pu "prendre le contrôle du Groupe Barrière" "grâce au Maire de Neuilly".
   

 

"La transparence s’arrête aux marches du Majestic", dit Politis ce matin dans une brève. On attend donc que des journalistes s'intéressent de près à l'affaire, entre "bling-bling" et "cadeaux entre amis" il y a un certain potentiel...