La mise en scène de la "France fictive de N. Sarkozy", vue de l'intérieur. 

  

Le déplacement de Sarkozy en Ariège, mardi 17 janvier 2012, n'était pas passé inaperçu :

 

2012-01-17 sarko ariège

(le lien renvoyant à cet article : FranceSoir.fr)


Jean Donat, professeur du lycée de Mirepoix (09) à la retraite, livre un étonnant récit de ce passage de Sarkozy en Ariège. En plus de corriger les infos qui nous étaient parvenues, son récit permet de mieux cerner toute la logistique mise au service de la "France fictive de Nicolas Sarkozy", telle que l'Elysée s'efforce de la mettre en scène pour les JT du soir.
 

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« Etant donné que je connais comme ma poche toutes les routes du secteur "visité" par Sarko, le matin j’ai ...exploré le coin ! Des Pujols, via La Tour du Crieu, Riveneuve du Bosc, Las Parets, Villeneuve du Paréage et zone industrielle du Pic de Pamiers.

Le quartier de Cazalas était "interdit" et Jojo Doussat n’a pas dû vendre beaucoup de pain... !

J’ai réussi à me "faufiler" en voiture, en invoquant des destinations fictives et je me suis retrouvé en COREE du NORD : véhicules et groupes de policiers à chaque intersection, plus policiers tout le long des routes : près de chaque maison, de chaque chemin .. de chaque arbre... PAMIERS était devenu PYON GYANG !

Puis j’ai essayé de m’approcher, en voiture, de la salle de la Rijole, dans la zone industrielle. J’ai réussi à franchir un premier barrage en venant de l’abattoir et en exigeant d’aller chez Arnaudiès : les policiers, je pense, ont noté mon numéro et m’ont laissé passer. Deuxième barrage, un policier que je connaissais m’a dit "Mr Donat, je vous laisse passer mais vous ne pourrez pas arriver chez Arnaudiès" ... et le 3° barrage m’a été fatal : il m’a fallu laisser la voiture. Donc j’ai continué à pied ... et j’ai avancé, en compagnie de gens qui "portaient du beau linge" !!! J’ai vu une noria de bus débarquer des gens, sans doute venus d’autres départements pour remplir la salle de la Rijolle et je n’ai [re]connu personne ... (il n’y avait sans doute pas assez d’"invitables" en Ariège).

Puis ce fut le barrage "fatal", ou il fallait présenter: accréditation, invitation, badge ... et je n'ai pas pu aller plus loin, le "filtrage" étant impitoyable !

[...]

Si vous avez vu à la télé Sarko serrer des mains, ce n'était que des sympathisants soigneusement triés et filtrés au sein d'un espace protégé (d’ailleurs cinq personnes non invitées ont été arrêtées ...)

Donc, il ne me restait plus, pour continuer, qu’à aller participer à la manif ...

Là, je me suis senti parmi les miens ... des copains ... des enseignants, beaucoup de retraités, beaucoup de femmes, des syndicalistes, des militants, des élus qui avaient boycoté Sarko, notamment: Nicole Quillem (maire de Mirepoix), Jean Cazanave (conseiller général de Mirepoix)... ils m'ont dit avoir été relancé 6 ou 7 fois par la préfecture, pour "honorer leur invitation ..." puis se sont joints aux manifestants, les ouvriers de l'usine.

La manif, loin de Sarko, était autorisée à la place St Hélène (la place de Millane étant réquisitionnée pour les véhicules des invités de Sarko)

La manif était "bon enfant", 3 policiers et 2 RG empéchaient la montée vers la gare. Puis la manif grossissant, l'avant a commencé à monter et les policiers se sont écartés.

Alors, logiquement, s'est mis en place un cordon de sécurité infranchissable, au niveau du rond point sous la gare: véhicules de police cote à cote, cohortes de policiers "cosmonautes" avec boucliers et harnachements... impressionnant !!!.

Le cortège des manifestants s’est arrêté à quelques mètres avec banderolles, chansons ... Je suis allé devant, voir les manifestants, il n’y avait ni casseurs, ni holligans... que des banderolles, des slogans et des "vieux" comme moi, qui chantaient la Marseillaise !

Et on était "surveillé" par un hélico qui stationnait au dessus de la manif ... du jamais vu pour moi !

Mais des pétards (amenés par des manifestants ) ont éclaté au sein de la manif ... alors là, grosse panique en face. Crime de "lèse majesté", Sarko risquait d’entendre le bruit des pétards ... et de la contestation et tout d’un coup, brutalement... On a été arrosé de bombes lacrymogènes et des balles ( en caoutchouc ?? ) ont été tirées. Je n’avais plus vu ça depuis mai 68. J’ai vu des gens se tordre de douleur par terre... , nos yeux et nos poumons brûlaient ... effrayant !!! Incroyable !!!

[...]

Voilà ce que j’ai vécu : la France coupée en deux : les "petits fours" d’un coté et les "grenades et la violence" de l’autre .... !

Et rassurez vous, braves gens, c’est pas la crise pour tous : la salle de la Rijole à Pamiers a été spécialement refaite de neuf ... moquette au sol, goudronnage autour ...les cire pompes de Sarko craignaient qu’il salisse les siennes.

L’Elysée a même veillé à ce que les personnels approchés par Sarko soient habillés de neuf ...

[...]

Autre malaise, dans l’armée, cette fois, puisque Sarko est passé devant la caserne du 9°RCP et ne se serait pas arrêté se recueillir sur la stèle de plusieurs soldats de Pamiers, qu’il a envoyé se faire tuer en Afganistan !!!! »

(source)

 

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Les témoignages tel que celui de Jean Donat pourraient sans doute se multiplier, aux 4 coins du pays. Verra-t-on un jour un travail universitaire sur le sujet ?

Voici par exemple un hallucinant témoignage déposé ici (en commentaire d'un billet sur les faux bains de foule sarkoziens), à propos du déplacement de N. Sarkozy le 8 avril 2008 à Cahors :


« Le petit monsieur était venu dans ma ville (Cahors), et malgré le bouclage du quartier pendant toute la journée, nous avions pu apercevoir les pantins de l'UMP, les faux bains de foules relayés par France3, ils faisaient croire qu'il y avait une foule alors que la place était entièrement vide, et que seuls les militants avec une carte UMP avait le droit de marcher en ville (nous on ne pouvait même plus rentrer chez nous dans nos maisons, ou atteindre nos lieux de vie, on a même mis des chaises dans la rue pour les retraités qui ne pouvaient attendre la journée debout)...

Le seul truc cool, c'est qu'il ne reviendra jamais chez nous, son comportement digne des ses amis africains a énervé-choqué beaucoup, oui vraiment beaucoup de monde - y compris des électeurs de droite (il a demandé aux gendarmes mobiles de péter la gueule à des lycéens avec banderoles, car il ne voulait pas passer en berline devant). Ça les parents ne le pardonneront jamais. »

Posté par krapo, vendredi 23 juillet 2010 à 20:04

 

  • « Le rejet est réel, il [Sarkozy] a trop menti. Mais lui s'autopersuade tout le temps. À l'UMP, ils sont flippés. Ils voient arriver la tasse. Mais plus personne ne lui dit rien. Il vit entouré de flics, à croiser des figurants. » (Patrick Rambaud)