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Emmanuel Todd

  

Un soir de septembre 2010 sur France 3, dans un Ce soir ou jamais resté fameux, Emmanuel Todd avançait cette idée :

« [...] toute la politique extérieure de Sarkozy depuis qu'il est là (dans sa posture anti-musulmane, anti-ceci anti-cela, anti-Roms), donne une image de marque à la France qui nous coûte très cher ! On peut parler d'intérêt national au sens économique ! C'est à dire que à cause de ces singeries produites par notre Président, on ne peut plus vendre une centrale nucléaire parce qu'on est alignés sur les Etats Unis, nos technologies de pointe ne sont plus fiables, [...] on se fait enlever nos otages et on se les fait tuer... Nous avons un Président qui pour des raisons de basse politique intérieure, travaille contre l'intérêt national, et est un danger pour notre propre pays. Quand on se sera débarrassés de lui, on va avoir des économistes, on pourrait jouer à faire de beaux modèles économétriques, pour nous dire ce que nous a finalement coûté le sarkozysme, avec sa politique extérieure irresponsable. Le monde de la globalisation est un monde de compétition, c'est un monde dur, où les pays doivent avoir de bonnes images de marque. Le coût final du sarkozysme ce sera des centaines de milliards d'euros et des centaines de milliers d'emplois. C'est ça qu'on ne voit pas. [...] La morale est très importante, je ne voudrais pas donner l'impression d'être un type cynique qui ne voit pas la gravité des choses. Mais il ne faut surtout pas laisser s'installer l'idée que Sarkozy est immoral mais efficace pour la France. Il est immoral, et il nous fait perdre énormément, en termes d'intérêt économique national. »


Todd: Sarkozy travaille contre l'intérêt économique national

 

Dans un entretien paru dans le dernier hors-série de Politis (1), E. Todd parachève son idée :

« [Sarkozy] a mis le pays dans un état épouvantable. D'abord, dans un état épouvantable notre commerce extérieur. Il a nui a notre image de marque. On pourrait dire qu'il s'est comporté en agent commercial négatif. Virer Sarkozy ne suffira pas à rétablir cette image. Il faudra lui infliger une lourde défaite, afin de délivrer le message que c'était une terrible erreur. Un accident de l'histoire.

Mais la liste des destructions est trop longue : industrie, équilibre budgétaire, finances locales, sécurité, justice, prisons. Et s'il perd le pouvoir, on va vraisemblablement voir émerger bien des dysfonctionnements dont nous n'avons pas encore idée. L'iceberg sarkozyste a aussi sa partie immergée. »

 

(1) Hors-série N° 56, mars-avril 2012 : Ce qu'il a fait à la France