jeudi 8 mars 2012

Emmanuel Todd : «il faudra infliger à Sarkozy une lourde défaite»

   

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Emmanuel Todd

  

Un soir de septembre 2010 sur France 3, dans un Ce soir ou jamais resté fameux, Emmanuel Todd avançait cette idée :

« [...] toute la politique extérieure de Sarkozy depuis qu'il est là (dans sa posture anti-musulmane, anti-ceci anti-cela, anti-Roms), donne une image de marque à la France qui nous coûte très cher ! On peut parler d'intérêt national au sens économique ! C'est à dire que à cause de ces singeries produites par notre Président, on ne peut plus vendre une centrale nucléaire parce qu'on est alignés sur les Etats Unis, nos technologies de pointe ne sont plus fiables, [...] on se fait enlever nos otages et on se les fait tuer... Nous avons un Président qui pour des raisons de basse politique intérieure, travaille contre l'intérêt national, et est un danger pour notre propre pays. Quand on se sera débarrassés de lui, on va avoir des économistes, on pourrait jouer à faire de beaux modèles économétriques, pour nous dire ce que nous a finalement coûté le sarkozysme, avec sa politique extérieure irresponsable. Le monde de la globalisation est un monde de compétition, c'est un monde dur, où les pays doivent avoir de bonnes images de marque. Le coût final du sarkozysme ce sera des centaines de milliards d'euros et des centaines de milliers d'emplois. C'est ça qu'on ne voit pas. [...] La morale est très importante, je ne voudrais pas donner l'impression d'être un type cynique qui ne voit pas la gravité des choses. Mais il ne faut surtout pas laisser s'installer l'idée que Sarkozy est immoral mais efficace pour la France. Il est immoral, et il nous fait perdre énormément, en termes d'intérêt économique national. »


Todd: Sarkozy travaille contre l'intérêt économique national

 

Dans un entretien paru dans le dernier hors-série de Politis (1), E. Todd parachève son idée :

« [Sarkozy] a mis le pays dans un état épouvantable. D'abord, dans un état épouvantable notre commerce extérieur. Il a nui a notre image de marque. On pourrait dire qu'il s'est comporté en agent commercial négatif. Virer Sarkozy ne suffira pas à rétablir cette image. Il faudra lui infliger une lourde défaite, afin de délivrer le message que c'était une terrible erreur. Un accident de l'histoire.

Mais la liste des destructions est trop longue : industrie, équilibre budgétaire, finances locales, sécurité, justice, prisons. Et s'il perd le pouvoir, on va vraisemblablement voir émerger bien des dysfonctionnements dont nous n'avons pas encore idée. L'iceberg sarkozyste a aussi sa partie immergée. »


(1) Hors-série N° 56, mars-avril 2012 : Ce qu'il a fait à la France

Posté par antenne_relais à 10:55 - Commentaires [12] - Permalien [#]
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Commentaires sur Emmanuel Todd : «il faudra infliger à Sarkozy une lourde défaite»

    Vivement sa sortie !

    Excellent papier !

    Posté par jpd83, jeudi 8 mars 2012 à 13:23 | | Répondre
  • triste sire

    cet article fait pour moi suite à l'intervention d'E.Todd à la radio,édifiant mais aussi inquiétant tant il va y avoir à faire pour remonter la pente, on peut comparer Le Président-candidat à un lointain ancêtre nommé Attila en souhaitant malgré tout que l'herbe repousse après ces cinq années de sécheresse.
    Souhaitant le réveil d'une grande majorité des français, ce peuple que je crois raisonnable,nous allons nous battre ensemble, c'est pourquoi je me suis engagée depuis longtemps.

    Posté par Anne, jeudi 8 mars 2012 à 17:38 | | Répondre
  • un tout petit président.

    enfin une vision trés juste sur notre tout petit président et ses dégats que je partage .etre partout gérer tout c'est etre nul part.dire beaucoup de chose mais ne pas faire grand chose cela ne fait avancer!de plus peu de cape des idees variables en fonction du vent et de la soit disant opinion;capable d'argumenter l'inverse d 'un mois à l'autre.du vent des paroles et en prime beaucoup de divisions.il est grand temps de s'en débarrasser;le pire de tout c'est qu'il pense etre grand!degage!

    Posté par daniel, jeudi 8 mars 2012 à 17:50 | | Répondre
  • Oh oui une lourde défaite

    Je rêve qu'il lui soit infligé le même traitement qu'à Jean Marie LE PEN quand les français, gauche et droite confondus, ont montré au reste du monde ce qu'ils ne voulaient pas. Si c'est le cas, il faudra que François HOLLANDE reconnaissent la part de l'électorat de droite qui l'aura soutenu. Pas comme Jacques CHIRAC qui a fait semblant de croire que 82% des français l'avaient plébiscité

    Posté par Pascale, jeudi 8 mars 2012 à 18:21 | | Répondre
  • faisons un rêve

    Oui faisons ce rêve d'une France citoyenne qui au-delà des idéologies se lève pour défendre son intégrité et des valeurs justes, démontrant massivement qu'elle n'est plus la dupe des mascarades de notre illusionniste actuel.
    C'est pour cela qu'il faut se mobiliser et amener vers nous les sceptiques qui ont perdu la foi en la politique.
    OUI ENSEMBLE FAISONS DU RËVE UNE REALITE.

    Posté par Anne, jeudi 8 mars 2012 à 18:36 | | Répondre
  • Bravo pour ce post!!! J'espère qu'E. Todd va avoir un rôle politique et pas simplement de critique. Au delà de la critique, il faut construire et s'engager.

    Posté par Alain, mercredi 14 mars 2012 à 10:19 | | Répondre
  • @ Alain

    Il a fait cette intéressante sortie il y a 10 jours :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120304.OBS2872/emmanuel-todd-je-parie-sur-l-hollandisme-revolutionnaire.html

    Posté par antennerelais, mercredi 14 mars 2012 à 17:57 | | Répondre
  • Jeudi 15 mars 2012 :

    Invité à commenter les incidents survenus devant son QG de campagne, à Paris, entre des salariés d'ArcelorMittal venus de Florange (Moselle) et les forces de police, Nicolas Sarkozy a vivement répondu à un journaliste jeudi 15 mars, lors d'un déplacement dans la Marne.

    "Couillon va", lance le président candidat à ce journaliste, en rigolant, après lui avoir répondu : "Qu'est-ce que ce que vous voulez que j'ai à foutre de ce que vous me dites ?"

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/breve/2012/03/15/video-sarkozy-repond-vivement-a-un-journaliste_1670290_1471069.html?google_editors_picks=true

    Posté par BA, jeudi 15 mars 2012 à 20:45 | | Répondre
  • Et va y couillon!

    Nous constatons que le vocabulaire du candidat sortant ne s'améliore pas ni sa conception de la fonction.
    Je voudrais rebondir sur son niveau de culture qui s'est nettement amélioré depuis l'époque où il n'arrivait pas à apprendre par coeur " la princesse De Clèves" grâce aux fiches de lecture qu'on lui fournit pour faire son culturé à Canal +
    il est capable de comparer " la confusion des sentiments" à "mort à Venise" dommage que personne sur le plateau n'est eu le réflexe de lui demander s'il s'agissait du film de ? ( Visconti) ou du livre de ? ( Thomas Mann) sans compter que la comparaison est un non sens.

    Et bravo pour la sortie sur Dreyer qui figurez-vous :"a également fait un film sur Jeanne D'Arc muet et en noir et blanc" sans doute pour imiter " the Artist".

    On aimerait que les journalistes puissent être plus souvent traités de "couillon" ce qui signifierait qu'ils en ont justement!!!

    Posté par Anne, dimanche 18 mars 2012 à 15:34 | | Répondre
  • @ Anne

    "Ordet" est un de mes films fétiches, voir ce cuistre ce butor se pavaner avec ce film (en en caricaturant la fin d'ailleurs, comme si la femme se "levait" [sic] du cercueil alors que le principal passe par le plan sur la petite fille qui regarde ce qui se passe), atteignait au surréalisme quelque part...

    Cet escroc aura tout le temps de visionner le film + attentivement dans sa cellule en taule.

    Posté par antennerelais, lundi 19 mars 2012 à 02:04 | | Répondre
  • Bravo et merci

    Pour un candidat " proche du peuple" ces choix littéraires et cinématographiques laissent perplexe!je ne sais pas s'il a vraiment vu le film mais à mon avis le sens poétique et la parabole lui ont échappé comme le sens de la relation entre l'étudiant et le professeur de la nouvelle de Zweig qui n'a rien à voir avec celle d'Aschenbach et de Tadzio dans celle de Thomas Mann
    Je suis une fervente lectrice de ces deux écrivains et je ne pense pas que leur univers corresponde à celui d'un individu à la syntaxe généralement approximative sauf dans l'injure où la palette de son vocabulaire est nettement plus étendue.

    Posté par Anne, lundi 19 mars 2012 à 16:23 | | Répondre
  • Sarkozy veut oublier ce "prêt" de 3 millions.

    Il veut croire que c'est la faute aux médias, à quelques médias. En début de semaine, Nicolas Sarkozy a publiquement accusé le Monde de rouler pour le candidat François Hollande. Le quotidien du soir avait titré sur cette enquête du juge Gentil sur l'éventuel financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy par les époux Bettencourt en 2007.

    Il avait la trouille, et faisait mine de n'y rien paraître. Il espérait que cette France silencieuse qu'il cherchait tant ne lisait pas ses rares médias perturbateurs.

    Jeudi 29 mars, en déplacement dans le Gard, Nicolas Sarkozy refusa donc de répondre à une question de Mediapart, sur une autre affaire : comment avait-il pu financer l'acquisition de son duplex sur l'île-de-la-Jatte, à Neuilly-sur-Seine ? A l'époque, il avait prétexté un prêt de 3 millions de francs (200.000 euros) de l'Assemblée nationale. Et le prix d'achat était déjà largement inférieur aux prix du marché.

    La journaliste de Mediapart, sur cette video, est empêchée d'insister. Nicolas Sarkozy lui-même pose la main sur la caméra « pour l’empêcher de filmer.»

    La journaliste, Valentine Oberti, avait pourtant enquêté. Le candidat Sarkozy, en 2007, n'avait pu bénéficier d'une telle largesse de l'Assemblée. Car cette dernière ne pouvait prêter que 1,2 million de francs, et non 3 millions de francs. Et l'Assemblée ne put garantir l'existence d'un tel prêt.

    L'enquêtrice de Mediapart s'est interrogée. Elle avait retrouvé l'acte de vente. Le futur monarque avait écrit cette curieuse formule : « avoir obtenu l’ensemble des prêts nécessaires au financement de mon acquisition », sans pourtant préciser la source de ses apports.

    Mediapart précise : « Plus de quinze années après l’achat, nul ne sait donc comment le président de la République a financé son appartement, et ainsi constitué une grande partie de sa fortune personnelle. ».

    On résume : Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un (ou plusieurs) prêt(s) secrets pour environ 3 millions de francs (450.000 euros).

    Vendredi 30 mars, on apprit que Patrice de Maistre, l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, restait en détention. Il avait plaidé la faiblesse physique. Mais la Cour d'appel de Bordeaux a rejeté sa demande de libération, confirmant « l'ordonnance de placement en détention provisoire et ordonnant une expertise médicale pour vérifier la compatibilité de la détention avec son état de santé».

    Pour le camp Sarkozy, c'est un coup dur. Patrice de Maistre avait été mis en examen pour « soupçon de financement frauduleux de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2007 », puis écroué depuis le 23 mars pour « abus de faiblesse et abus de biens sociaux ». Il a résisté, il n'a rien dit, rien avoué.

    Par définition, ce maintien en détention signifie que la détention a son importance pour les juges. « La justice veut empêcher M. de Maistre de détruire éventuellement des preuves » précisait l'envoyé spécial du Parisien. Le juge Gentil veut qu'il craque. Et d'ailleurs, de Maistre était aux bords des larmes ce vendredi.

    La coïncidence de certains retraits d'espèces en Suisse au printemps 2007 et des rendez-vous politiques le trouble au plus au point. Pire, Patrice de Maistre a eu une défense curieuse : «Je n'ai rien fait de ce qui m'est reproché, j'ai seulement travaillé. Ce que je n'ai pas fait, c'est arrêter un système qui existait depuis 40 ans». Et il ajouta : «Ça aurait été plus facile pour moi de dénoncer».

    C'était exactement ce que la justice attend. Qu'il dénonce. « Patrice a tout intérêt à parler. Sinon, il risque de passer plusieurs mois en prison, et il fera figure de prévenu vedette quand viendra le moment du procès » avait confié à Mediapart un ami du gestionnaire.

    « Nicolas Sarkozy ne peut plus se contenter de balayer d’un revers de main les soupçons qui pèsent sur le financement de sa campagne de 2007 » s'interrogea Libération, ce samedi 31 mars.

    Effectivement.

    Cette fin de quinquennat promettait encore quelque surprises.

    Ami sarkozyste, reste avec nous.

    http://sarkofrance.blogspot.fr/2012/04/sarkozy-veut-oublier-ce-pret-de-3.html

    Posté par BA, dimanche 1 avril 2012 à 17:20 | | Répondre
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