lundi 30 avril 2012

NKM, porte-parole de Sarkozy, en état d'ébriété au Grand Journal de C+

 

Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), apparemment pas tout à fait dans son état normal, se trouvait ce soir avec Pierre Moscovici sur le plateau du Grand Journal de Canal+.

Extrait :

 

 

Quelques minutes plus tard ça ne va pas en s'arrangeant :

 

 

2012-04-30 NKM 19H44-2 380

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2012-04-30 NKM 19H51 380

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2012-04-30 NKM 20H05 380

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Signe supplémentaire que NKM n'était pas dans son état "normal" (à 1'13 de la 2ème vidéo) :

« je pense que vous pouvez gagner euh Miss France et je vous conseille de candidater. »


Sans doute il n'est pas charitable de pointer le #fail de NKM - trop de champagne dans les loges ? (1) -, elle n'est pas l'être le plus antipathique de toute la sarkozie.

Hélas nous ne pouvons rien contre ce fait brut : Nathalie Kosciusko-Morizet restera celle qui, porte-parole d'un président de la République candidat à sa réélection, se sera présentée saoule sur un plateau télé à 6 jours du 2ème tour. 

(1) On se rappelle que Sarkozy s'était lui-même présenté en état d'ébriété au sommet du G8, un mois après son élection à la présidence de la République.

   

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A lire aussi ici :

G8 : Nicolas Sarkozy tente de surclasser Bourvil (juin 2007)

Posté par antenne_relais à 22:43 - Commentaires [8] - Permalien [#]
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Commentaires sur NKM, porte-parole de Sarkozy, en état d'ébriété au Grand Journal de C+

    "Le choix d'une procédure secrète"

    Mardi 1er mai 2012 :

    Plainte de Sarkozy : Mediapart dénonce le "choix d'une procédure secrète"

    Au lendemain de la plainte de Nicolas Sarkozy contre Mediapart pour des accusations de financement illégal de sa campagne de 2007 par le régime libyen, le site d'information accuse mardi le président-candidat de faire "le choix d'une procédure secrète" pour éviter un débat public devant le tribunal correctionnel.

    Le parquet de Paris a annoncé lundi soir avoir ouvert une enquête après avoir reçu la plainte de Nicolas Sarkozy contre le site internet Mediapart pour "faux et usage de faux", "recel de ces délits", et "publication de fausses nouvelles".

    Le directeur de publication de Mediapart, Edwy Plenel, ainsi que les deux journalistes auteurs de l'article concerné, Fabrice Arfi et Karl Laske, sont visés par la plainte du chef de l'Etat, a-t-on précisé de même source. L'enquête a été confiée à la police judiciaire.

    Le site internet Mediapart a publié ce week-end le fac-similé d'un document présenté comme une note officielle du régime de Moammar Kadhafi, datée de décembre 2006, qui donnerait son accord de principe pour financer à hauteur de 50 millions d'euros sa campagne de 2007. Nicolas Sarkozy a dénoncé un "faux grossier".

    Dans un communiqué, Mediapart, Fabrice Arfi, Karl Laske et Edwy Plenel dénoncent une "démarche exceptionnelle" qui vise, selon eux, "à contourner la procédure spéciale prévue par la loi sur la presse".

    "Une procédure du chef de diffamation aurait exigé un débat public devant le tribunal correctionnel ainsi que la production des preuves et des témoins, ce que, manifestement, M. Nicolas Sarkozy ne veut pas", observent-ils.

    "Il a préféré, avec le concours du procureur de la République, placé sous son autorité, faire le choix d'une procédure secrète, à l'abri, qui vise à intimider les journalistes dans l'exercice de leur mission constitutionnelle d'information du public".

    Les journalistes s'étonnent de "la rapidité avec laquelle le ministère public aura prêté son concours pour ouvrir une enquête préliminaire sur des faits intéressant ès qualités le candidat à l'élection présidentielle en 2007 alors qu'il s'obstine depuis des mois, malgré l'ampleur de nos révélations répétées, à refuser d'enquêter sur un possible financement illicite de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007".

    "Au passage, une telle procédure permet de contourner la loi protégeant le secret des sources des journalistes. Ces procédés portent la marque du régime. Nous réaffirmons avoir effectué un travail sérieux, en toute indépendance et avoir respecté nos obligations déontologiques", ajoutent-ils.

    http://www.romandie.com/news/n/Plainte_de_Sarkozy_Mediapart_denonce_le_choix_d039une_procedure_secrete010520121109.asp

    Posté par BA, mardi 1 mai 2012 à 12:01 | | Répondre
  • L'ex-Premier ministre de Kadhafi confirme.

    Jeudi 3 mai 2012 :

    Campagne 2007 de Sarkozy : l'ex-Premier ministre libyen confirme un financement par Kadhafi.

    L'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi, emprisonné en Tunisie, a affirmé que le régime de Mouammar Kadhafi avait bien financé la campagne 2007 du candidat Nicolas Sarkozy, selon ses avocats à Tunis.

    Démentis et confirmations se succèdent ces derniers jours dans l'affaire du financement supposé de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye en 2007. Alors que le président-candidat et Mediapart ont chacun déposé plainte l'un contre l'autre et que le sujet a enflammé la campagne présidentielle, l'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi, emprisonné en Tunisie, affirme ce jeudi que le régime de Mouammar Kadhafi a bien financé la campagne 2007 du candidat Nicolas Sarkozy.

    «Mouammar Kadhafi, son régime et les responsables qui travaillaient avec lui ont financé la campagne électorale de Sarkozy en 2007», déclare à la presse Me Bechir Essid, un des avocats de l'ancien Premier ministre. Il avance un montant de quelque 50 millions d'euros.

    Selon cet avocat, al-Baghdadi al-Mahmoudi a assuré que «le marché a été conclu par Moussa Koussa (nldr: ex-chef des services de renseignements extérieurs) sur instruction de Kadhafi et il a assuré que des documents attestant de la transaction existent».

    http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/campagne-2007-de-sarkozy-l-ex-premier-ministre-libyen-confirme-un-financement-par-kadhafi-03-05-2012-1982775.php

    Posté par BA, jeudi 3 mai 2012 à 16:15 | | Répondre
  • Les avocats de l'ex-Premier ministre balancent.

    Vendredi 4 mai 2012 :

    Sarkozy 2007 : des avocats tunisiens de l'ex-Premier Ministre libyen reparlent de fonds libyens.

    Le principal avocat tunisien de l'ex-Premier ministre libyen incarcéré en Tunisie a affirmé à son tour vendredi à l'AFP que son client lui avait dit que le régime Kadhafi avait financé la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, une allégation démentie par son avocat français Marcel Ceccaldi.

    "Al-Mahmoudi m'a dit plusieurs fois que le régime de Kadhafi avait bien financé la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007", a déclaré Mabrouk Kourchid, reprenant l'essentiel des propos tenus la veille par un autre avocat tunisien, Bechir Essid.

    Me Mabrouk Kourchid, qui a assisté l'ex-dignitaire libyen auprès de la justice tunisienne, n'a pas avancé de montant, contrairement à Me Bechir Essid, qui avait mentionné une enveloppe de 50 millions d'euros pour le financement de la campagne présidentielle 2007.

    "L'ex-Premier ministre libyen est convaincu que sa détention prolongée en Tunisie était effectuée à la demande de la France et visait à taire la question du financement", a-t-il poursuivi.

    D'autres avocats tunisiens ont indiqué que l'affaire de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime libyen avait été évoquée devant une cour d'appel tunisienne le 25 octobre 2011.

    "La question a été posée devant un juge à l'ex-Premier ministre libyen et sa réponse affirmative figure dans un procès-verbal judiciaire", a assuré à l'AFP l'avocat qui avait posé la question, Slim Ben Othman.

    "Al-Mahmoudi avait alors indiqué qu'une enveloppe de 50 millions d'euros a été remise par lui-même aux mains d'envoyés de Sarkozy à Genève", a déclaré Me Ben Othman.

    "Une mallette contenant de l'argent en espèces avait été remise à Genève par al-Mahmoudi accompagné d'autres ex-dirigeants libyens", a poursuivi Me Ben Othman, rapportant des propos tenus par son client devant une cour présidée par le magistrat Ezzedine Bouzrara.

    "Des documents attestant de l'opération ont été copiés et déposés dans plusieurs capitales européennes", a ajouté l'avocat affirmant que son client craignait une liquidation physique.

    Citant son client, l'avocat Mabrouk Kourchid a indiqué que "le régime de Kadhafi n'avait pas financé que la présidentielle française, deux autres pays de l'Europe de l'est et de l'ouest ont profité de ses largesses", a-t-il affirmé, sans plus de précision.

    "J'étais présent lorsque la question du financement a été posée", a indiqué à l'AFP un avocat du comité de défense, Me Mahdi Bouaoucha, assurant que les propos de al-Mahmoudi avaient été consignés dans un procès-verbal.

    Les trois avocats tunisiens ont assuré ne pas connaître l'avocat français Marcel Ceccaldi qui avait formellement démenti jeudi les affirmations de ses confrères tunisiens.

    "En ma qualité d'avocat d'al-Baghdadi al-Mahmoudi, et sur instruction de ce dernier, je démens formellement les allégations de Bechir Essid", a déclaré à l'AFP l'avocat français Marcel Ceccaldi, qui dit défendre l'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi.

    Dans un état de santé critique, M. al-Mahmoudi avait été hospitalisé pour hémorragie interne, avait indiqué jeudi Me Kourchid.

    http://www.romandie.com/news/n/_Sarkozy_2007_des_avocats_tunisiens_de_l_ex_PM_libyen_reparlent_de_fonds_libyens84040520121710.asp

    Posté par BA, vendredi 4 mai 2012 à 18:05 | | Répondre
  • Vers l'implosion de l'UMP.

    Lundi 7 mai 2012 :

    Législatives : un député UMP veut un "rapprochement" avec le FN.

    Cela n'aura guère traîné. Au lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, Jean-Paul Garraud, député UMP de la Gironde et membre de la Droite populaire, a été le premier lundi à poser publiquement la question du « rapprochement » avec le Front national, en se demandant s'il fallait devenir « pragmatique » ou rester « dans les blocages idéologiques ».

    « De nombreuses questions se posent qu'il va falloir trancher rapidement et qui tournent autour de la recomposition de la droite », écrit Jean-Paul Garraud, membre de l'aile droite de l'UMP, dans un texte intitulé "La défaite de Nicolas Sarkozy : analyse d'un scrutin", rendu public lundi.

    « Une majorité des électeurs de l'UMP et des électeurs du FN veulent un rapprochement. Qu'est-ce qui est le plus important pour la France ? Cette question, seule, doit nous guider. On devient pragmatique ou on reste dans les blocages idéologiques ? », demande-t-il, en indiquant que la Droite populaire « a un rôle important à jouer ».

    Selon Jean-Paul Garraud, « le pays est majoritairement à droite » mais « il existe un risque majeur de voir cependant tous les pouvoirs entre les mains de la gauche à la faveur de triangulaires mortifères pour la droite lors des prochaines législatives ».

    « Qu'on le veuille ou non, la dynamique est sur le FN depuis 2002 » et « aujourd'hui, il représente près de 20% de l'électorat, sans aucune représentation nationale », poursuit le secrétaire national de l'UMP à la Justice.

    Enfin, « la gauche n'a aucune leçon de morale à nous donner, elle qui, sans état d'âme, s'allie avec des extrémistes révolutionnaires patentés », déclare le député.

    http://www.francesoir.fr/actualite/politique/legislatives-un-depute-ump-veut-un-rapprochement-avec-le-fn-221791.html

    Posté par BA, lundi 7 mai 2012 à 17:37 | | Répondre
  • Le scandale Karachi.

    Mercredi 9 mai 2012 :

    EXCLUSIF. Karachi : le document qui embarrasse le camp Balladur.

    Les juges ont retrouvé un bordereau, preuve du retrait en liquide de 10 millions de francs le 7 avril 1995. Une pièce confortant l’existence de rétrocommissions.

    Le 7 avril 1995, un prête-nom de l’intermédiaire en vente d’armes Ziad Takieddine, a retiré 10 millions de francs en liquide dans une banque suisse. Une somme qui correspond au montant déposé sur le compte de campagne de Balladur le 26 avril 1995. 34 réactionsRéagir C’est une pièce capitale. Depuis deux ans, le volet financier de l’affaire Karachi n’a qu’un but : rechercher l’origine douteuse d’un versement de 10 millions de francs (1,5 million d'euros) sur le compte de campagne du candidat Balladur, le 26 avril 1995. Selon la thèse suivie par les juges, cet argent proviendrait du détournement de commissions — les rétrocommissions — issues de contrats d’armement signés sous le gouvernement Balladur.

    Une piste plus que jamais crédible depuis la découverte, le mois dernier, d’un bordereau de retrait en liquide effectué en Suisse par un prête-nom de l’intermédiaire Ziad Takieddine. Sa date : 7 avril 1995. Son montant : 10 millions de francs. Bref, tout colle.

    Les juges Van Ruymbeke et Le Loire étaient sur les traces de ce document depuis le mois de mars. A cette époque, un banquier de Genève fait une révélation : un cheikh saoudien a mis à la disposition d’un prête-nom de Takieddine une somme de 10 millions de francs « courant avril 1995 » sur un compte de transit. Les magistrats ignorent alors si cet argent a bien été retiré et, surtout, à quelle date précise. « Sans le bordereau, il était impossible de savoir si le retrait avait été effectué, si oui comment, et s’il était antérieur au dépôt effectué le 26 avril sur le compte de Balladur », souligne une source proche de l’affaire. Ce bordereau mettra plusieurs semaines à être déterré par les enquêteurs suisses, son contenu confirmant finalement les soupçons des juges. Plus troublant encore, la somme a été mise à disposition pour une période allant « du 7 au 25 avril », soit la veille du dépôt suspect à Paris, selon un fax adressé le 5 avril par le cheikh saoudien à son banquier, que nous avons pu consulter.

    L’homme venu chercher l’argent n’est pas un inconnu. Durant l’enquête, Mustafa al-Jundi est apparu en tant que détenteur d’actions d’une société luxembourgeoise de Ziad Takieddine. « Un prête-nom », selon les propos du juge Van Ruymbeke lors de l’audition de l’intermédiaire franco-libanais le 11 avril dernier. Ce dernier a reconnu connaître Al-Jundi, mais a nié toute relation d’affaires ou amicale. Il sera entendu par le juge ce matin.

    Deux questions restent en suspens. D’abord, d’où vient l’argent? Un premier indice apporte une réponse : les enquêteurs ont découvert un virement de 5 millions de francs effectué par Abdul Rahman al-Assir le 5 avril sur le compte du cheikh. Cet homme d’affaires libanais fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par l’Espagne. Impliqué dans différents contrats d’armement entre la France et le Moyen-Orient, il était un proche de Takieddine. Ce virement confirme qu’il pourrait être le véritable commanditaire du retrait, comme l’a suggéré Takieddine aux juges à plusieurs reprises.

    Enfin, la destination finale de la somme reste incertaine. Deux témoins du dossier ont décrit de nombreux allers-retours de Takieddine et Thierry Gaubert, alors chef adjoint du cabinet du ministre du Budget Nicolas Sarkozy, entre la France et la Suisse en 1994 et 1995. Ces voyages auraient eu pour but de récupérer de fortes sommes d’argent en liquide remises ensuite à Nicolas Bazire, alors directeur de campagne de Balladur. Un scénario dont les juges n’ont toujours pas la preuve irréfutable, mais qui apparaît aujourd’hui plus crédible que jamais.

    http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-document-qui-embarrasse-le-camp-balladur-09-05-2012-1991757.php

    Posté par BA, mercredi 9 mai 2012 à 18:32 | | Répondre
  • C'était nul.

    Qu'est-ce qu'il était long, ce film.

    C'était un film nul, c'était un navet.

    http://youtu.be/Ob08C_J6fMw

    Posté par BA, jeudi 10 mai 2012 à 22:46 | | Répondre
  • L'enveloppe kraft pleine de billets de banque.

    Mercredi 23 mai 2012 :

    Les enquêteurs chargés de l'affaire Bettencourt cernent Nicolas Sarkozy. Le nom de l'ex-président apparaît désormais dans la procédure, instruite à Bordeaux par le juge Jean-Michel Gentil, visant les délits d'"abus de faiblesse" et d'"abus de confiance" commis au préjudice de la milliardaire. Selon les procès-verbaux dont Le Monde a pris connaissance, le magistrat semble tenir pour acquis que M. Sarkozy a bénéficié, lors de sa campagne présidentielle de 2007, d'argent en espèces du couple Bettencourt. Et ce par le biais de Patrice de Maistre, ex-gestionnaire de fortune des Bettencourt, et Eric Woerth, ex-trésorier de l'UMP. Les deux hommes sont mis en examen - le premier étant toujours en détention provisoire.

    Le juge Gentil s'est d'abord attelé à tracer l'argent liquide. Le 17 janvier 2007, 50 000 euros sont retirés de l'un des comptes Bettencourt par la comptable Claire Thibout, sur l'injonction de M. de Maistre. Celui-ci réclame initialement 150 000 euros, mais la comptable refuse de sortir une telle somme car ce montant excède son autorisation de sortie d'espèces à la banque. Le magistrat s'est procuré l'extrait de compte qui donne crédit aux assertions de Mme Thibout. Interrogée le 14 septembre 2011 par le juge Gentil, celle-ci a réitéré que la demande de M. de Maistre était claire : c'était, selon les propos que lui aurait tenus le gestionnaire de fortune, "pour donner à Eric Woerth".

    ENVELOPPE KRAFT

    Le lendemain, 18 janvier, un rendez-vous est pris avec Mme Bettencourt pour lui remettre les fonds. Mme Thibout, dans son agenda, note : "Pour donner enveloppe qui donnera à Patrice." Les agendas de Mme Bettencourt et de M. de Maistre confirment la tenue de ce rendez-vous. L'enveloppe kraft contenant des liasses de vingt billets change donc de mains, pour atterrir dans celles de M. de Maistre. Le lendemain, soit le 19 janvier, celui-ci rencontre M. Woerth, qu'il connaît depuis 2006, et dont il s'apprête à engager l'épouse, Florence Woerth. Le tête-à-tête se déroule dans un café, près du QG de campagne, rue d'Enghien, à Paris. Question du juge à M.Woerth, lors de son interrogatoire du 9 février: "Vous souvenez-vous de la station de métro ?". "Non, a répondu l'ancien ministre du travail, je ne m'en souviens pas." Remarque perfide du magistrat : "Vous ne vous souvenez pas de la station de métro que vous avez emprunté tous les matins..."

    Curieusement, ce rendez-vous ne figure pas à l'agenda de M. Woerth, contrairement à celui de M. de Maistre qui a précisé que l'entrevue s'était déroulée de 8 h 30 à 9 h 30. Plus ennuyeux pour M. Woerth, l'agenda de Mme Thibout porte cette mention, à la date du 19 janvier 2007: "Patrice et trésorier, rue des Poissonniers (...) sécurité." "Lors de ce rendez-vous, interroge donc le magistrat, M. de Maistre vous a-t-il remis une somme de 50 000 euros en espèces ?" "Non, proteste M. Woerth, il ne m'a jamais remis d'argent (...). Nous avons parlé de la campagne qui commence..." Si le magistrat postule que l'enveloppe a bien, ce jour-là, été remise à M.Woerth, il manque 100 000euros : Mme Thibout a assuré que M. de Maistre s'était débrouillé pour les trouver. Or, le 28 janvier 2007, M. de Maistre se rend à Genève, où il a rendez-vous le 30 janvier avec l'avocat René Merkt, qui gère les comptes non déclarés du couple Bettencourt. Interrogé, M. Merkt confirme la rencontre, et précise que M. de Maistre réclamait des fonds, par le biais d'un mécanisme de compensation, en insistant pour qu'ils soient livrés en main propre à Mme Bettencourt.

    Les 100 000 euros ont-ils été débloqués ce jour-là ? Toujours est-il que le 5 février 2007, un coursier débarque chez Mme Bettencourt, en présence de M. de Maistre, entre 17 h 15 et 17 h 45. Les enquêteurs ont établi que les fonds étaient toujours livrés ainsi. Deux jours plus tard, le 7 février 2007, M. de Maistre et M. Woerth se retrouvent de nouveau, le matin, toujours dans ce café discret. Juste après la rencontre, le trésorier de l'UMP file au QG, où se tient une réunion avec l'équipe financière.

    "Il voulait évoquer l'importance du rôle des PME dans l'économie française", se défend l'ex-ministre sur procès-verbal pour justifier ce rendez-vous avec M. de Maistre. L'explication ne convainc pas le magistrat qui relève notamment que l'agenda de M.Woerth mentionne ce jour-là deux réunions importantes censées se tenir aux mêmes horaires, mais au QG de campagne. Pourquoi, du coup, ne pas avoir organisé le rendez-vous au bureau ? Pour M. Woerth, le café, "c'est plus convivial". Il réfute la thèse du magistrat, convaincu que 100 000 euros lui ont été donnés ce jour-là. "Patrice de Maistre ne m'a jamais remis d'argent liquide", assure l'ex-ministre au juge.

    ARGENT DISCRÈTEMENT DÉBLOQUÉ

    Quoi qu'il en soit, le lendemain, 8 février 2007, l'étude Merkt à Genève reçoit un virement de 560 000 euros, sur un compte de Mme Bettencourt, la somme paraissant provenir d'un système de compensation. Le magistrat semble donc persuadé qu'une partie de l'argent ainsi discrètement débloqué est parvenu à M. Woerth, dans le but, de financer - illégalement - la campagne de M. Sarkozy.

    Via un procès-verbal daté du 27 février, le juge Gentil a donc décidé de verser à la procédure ouverte pour "abus de faiblesse" plusieurs témoignages d'anciens membres de la maisonnée Bettencourt. Il précise sa pensée: "Disons faire le lien avec plusieurs dépositions de témoins faisant état d'une visite de Nicolas Sarkozy au domicile de Liliane Bettencourt pendant la campagne présidentielle de 2007." Pour le magistrat, il s'agit de prouver que cet argent sorti en liquide de Suisse, a servi, in fine, à financer la campagne de M. Sarkozy. Il accumule donc les indices. Comme cette phrase extraite d'un cahier tenu par l'écrivain François-Marie Banier. A la date du 26avril 2007, celui-ci mentionne que sa richissime confidente se plaint des exigences financières de Nicolas Sarkozy. Or, ce même 26 avril 2007, 400 000 euros, décaissés de Suisse, ont été apportés à M. et Mme Bettencourt.

    Pourquoi cette arrivée d'espèces, alors que le couple "n'avait pas de besoins pour financer son quotidien puisque tout lui était acheté", comme l'a expliqué Mme Thibout au juge ? Sur l'implication de M. Sarkozy, les dépositions des témoins apportent au magistrat des éléments nécessaires, à défaut d'être suffisants. Secrétaires ou chauffeurs, ils sont formels : M. Sarkozy a bien rendu visite à Mme Bettencourt durant la campagne électorale. Mais ces rencontres-là, le dictaphone du majordome Pascal Bonnefoy, dont les enregistrements pirates ont déclenché toute l'affaire, ne les a pas enregistrées...

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/05/23/bettencourt-la-piste-du-financement-illegal-de-l-ump_1705801_3224.html

    Posté par BA, mercredi 23 mai 2012 à 13:44 | | Répondre
  • Bon article

    Très bon article, ce blog est intéressant ;) Si vous voulez lire des articles politiques argumentés et illustrés avec mes avis allez sur http://pointdevuepolitique.blogspot.fr/. Merci d'avance :)

    Posté par Jacktheripper, lundi 18 juin 2012 à 21:09 | | Répondre
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