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Désinformation, intox : questions sur l'indépendance des medias

dimanche 24 février 2008

« Casse-toi, pauv' con » : une posture sarkozyenne

   
« Casse-toi, pauv' con » : cette phrase fut prononcée hier au Salon de l'agriculture par le Chanoine de Latran le Président de la République française, à l'adresse d'un visiteur qui refusait de lui serrer la main.

Casse toi pauve con

 

 

Relevé exact :

    
Un français : OUOUOUOUOUOUHHHHHH !...

Sarkozy (pendant la fin du "OUH") : Bonjour monsieur...

Le français : ...OUOUH.

Sarkozy : Bonjour monsieur...

Un autre français : Ah nan !

Sarkozy : Bonjour madame...

L'autre français : Touche-moi pas !

Sarkozy : Alors va te coucher, casse-toi alors !

L'autre français : Tu me salis !

Sarkozy : Eh cass... Casse-toi alors ! Pauv' con va.

Une voix (Barnier ?) : On est filmés là...

Sarkozy : Merci... Bonsoir...

   
A noter que l'injonction présidentielle « Alors va te coucher » semble avoir échappé à la plupart des commentateurs.

 

  • « "Casse-toi, pauvre con !", "Descends, allez, descends, viens le dire ici !" Pauvre président qui n'inspire plus que la dérision et le mépris, qui se fait couvrir d'outrages, qui craque à chaque instant, qui tutoie et engueule tout le monde. Parfait exemple de cercle vicieux. Pauvre homme sans dignité ! » (Pauvre Blaise)
  • « Je me souviens d'un préfet qui avait utilisé ce vocabulaire choisi de "c..." pour négocier avec des malfrats : il avait été viré par la suite, au nom de la retenue obligatoire d'un personnage incarnant l'Etat. » (1dlMS)
  • « Miséricorde ! Cet homme n'est-il donc pas conscient de la portée de ses actes? » (Yohan F.)
  • « "C'est du sérieux !" cette fois. Mais que fait ce zombie à l'Élysée ? Ses électeurs peuvent être fiers. La France est pour celui-ci une cour d'école où l'on fait joujou en se vantant d'avoir "levé" la plus belle poulette et en traitant les autres de C... » (JACQUES C.)
  • « C'est quand même incroyable qu'un président qui poursuit en justice des mecs qui l'insultent (le mail qui compare à Vichy,...) se permette lui-même de dire tout et n'importe quoi. » (The Este)
  • « J'ai vu Alain Juppé faire une campagne très hostile à Bordeaux en 1995. Les uns ont refusé de le saluer. D'autres lui ont jeté des œufs. Il a toujours su prendre sur lui. Je suis de gauche, mais je sais reconnaître un homme d'Etat quand j'en vois un. Nicolas Sarkozy n'a pas les épaules pour ce poste. » (gael v.)
  • « Sarkozy élu je m'attendais au pire et j'avoue ne pas être déçu. » (GERARD M.)

 
Au-delà de la consternation que suscite, une fois de plus, le comportement du chef de l'Etat français, on se rend compte que la phrase « Casse-toi, pauv' con » pourrait servir de maxime à bien des actes de l'actuel Président de la République.

   
Vouloir censurer une décision du Conseil constitutionnel (fait unique dans l'histoire de la Vème République), est en effet un acte emprunt de vulgarité et de mépris, d'invraisemblable outrecuidance de la part de quelqu'un censé au contraire donner l'exemple en tant que Président de la République, à commencer par le respect de la Constitution.

Autant dire, de la part de Sarkozy, pour résumer : « Casse-toi, pauv' con ».

   
Des personnalités choquées réagissent (lien) : Sarkozy lâche alors ses pitt-bull UMP (lien), qui, ne se retenant plus, outrepassent même à la vérité la consigne du «Casse-toi, pauv' con» :

« les socialistes sont du côté des coupables plutôt que des victimes »
(Yves Jégo, porte-parole de l'UMP)

« Je laisse le soin aux Français de juger le Parti Socialiste qui se met clairement du côté des assassins et oublie toutes les victimes »
(Nadine Morano, porte-parole de l'UMP, 23/02/2008)

 

Le journal "Marianne", comme frappé de prémonition, avait lancé quelques jours plus tôt un appel "Pour une vigilance républicaine". Les sbires UMP enclenchèrent aussitôt (sur injonction présidentielle) le plan « Casse-toi, pauv' con » :

« Il y a des types qui n'ont toujours pas accepté que Sarkozy gagne les élections. C'est du déni de démocratie et du fascisme rampant »
(Robert Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, 16/02/2008)

« En ce moment, notamment de la part de l'opposition, on est dans une posture de terrorisme intellectuel »
(Laurent Wauquiez , porte-parole du gouvernement, 20/02/2008, Radio-Classique)

« Le débat politique est dominé par des méthodes qui relèvent de la Stasi »
(Pierre Lellouche, député UMP, 21/02/2008, i>Télé - lien)

   
A noter qu'un des inspirateurs de cet appel "Pour une vigilance républicaine", le journaliste Jean-François Kahn, s'est retrouvé il y a quelques jours la cible de l'équipe du "Grand Journal" sur Canal + (particulièrement du journaliste Jean-Michel Apathie).

Difficile de ne pas résumer le comportement de ces journalistes, qui servent habituellement la soupe dans une atmosphère doucereuse lorsque l'invité se trouve être un membre du gouvernement (par exemple Xavier Bertrand, trois jours avant J-F. Kahn : le contraste est saisissant...), difficile de ne pas résumer ce comportement, en particulier celui du sieur Apathie, par un « Casse-toi, pauv' con »...

  •  « C'est tout à fait stupéfiant de voir combien on peut dire de bêtises en aussi peu de mots » (Jean-Michel Apathie)

 

Jean-François Kahn Vigilence Républicaine

 

Seul contre tous, âgé presque de 70 ans, Jean-François Kahn sort vainqueur du traquenard !

   
***

   
La France entière prend conscience, petit à petit et depuis quelques semaines, de la véritable personnalité du président Sarkozy. Il est étonnant comme la phrase «Casse-toi, pauv' con» lui parait consubstantielle : elle semble émaner de chacun de ses gestes, de chacune de ses attitudes.

   

je_vous_emmerde

© GroZbulles

 

***


M
ise à jour

   

A ne pas manquer : le journal de la Radio-Télévision Belge.

Sarkozy : "casse toi, pov con!!!" Journal RTBF

   
« Depuis que vous m'avez choisi pour présider aux destinées de notre pays, j'ai voulu tout mettre en oeuvre pour tenir la promesse que j'vous avais faite, de vous rendre la fierté d'être français. »

(Nicolas Sarkozy, Voeux à la Nation, 31/12/2007)
   

***

 
Dans un registre plus convenu, le 20H de France 2 :


JT 20H France 2 - 24/02/08


 
***

 

Mise à jour 25/02/2008


Best-off de l'actuel président de la République française :

 

Quand Sarkozy Fait Le Tour De La Toile

      

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A lire aussi :

Jean-François Kahn persiste : « Sarkozy, quelque part, est fou » (février 2008)

« Un sentiment d'imposture » (février 2008)

La revanche du Petit Nicolas (mai 2007)

Mickey président (décembre 2007)

Une tarte pour les fêtes (décembre 2007)

Le Sarko vidéo show ("NouvelObs.com")

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samedi 16 février 2008

Jean-François Kahn persiste : « Sarkozy, quelque part, est fou »

   
JF_Kahn2Jean-François Kahn
vient d'accorder un entretien video à @rrêt sur images.


Extraits : 

   
Jean-François Kahn
: - Réfléchissez un moment : si c'est vrai, l'affaire du SMS. Je suis désolé, mais c'est l'asile... Vous imaginez ? Ce qui m'étonne, c'est qu'on ne prend pas conscience. C'est à dire que le mec sa place est à Charenton si c'est vrai ! (...) C'est énorme ! C'est une bombe atomique, c'est à dire c'est l'empeachment !

(...)
Quand on a fait ce numéro [de "Marianne"] qui s'appelait Le vrai Sarkozy, où il y avait des choses dures. Moins unilatérales qu'on le prétend aujourd'hui et qu'on le dit aujourd'hui - mais des choses effectivement dures. Que j'assume ! Et je dis que je le referais !

Daniel Schneidermann : - En gros ce que vous disiez c'est "cet homme quelque part est fou". Déjà, il y a un an.

J-F. Kahn - Je suis plutôt fier d'avoir dit quelque chose qui aujourd'hui me semble en effet essentiel (...).

D. S. - "Essentiel", mais confirmé par les faits ?

J-F. Kahn - Qu'est-ce que vous croyez ? J'ai fait des erreurs dans ma vie, d'analyse etc. J'ai 46 ans de journalisme, je crois que jamais je n'ai été mis en faute d'être un fou moi-même, qui écrit n'importe quoi des bêtises etc. Vous croyez que j'ai écrit ça, comme ça ? Je le connais, on le connait, les gens le connaissent... C'est une certitude! Et tout ce qui s'est passé depuis montre que quelque part il a un grain, quoi, voila.
(...)
Ce qui est terrible (...), c'est que beaucoup de gens y croient [au SMS]. Moi j'y crois pas. Je ne peux pas y croire. Je n'arrive pas à croire que c'est possible qu'il ait fait ça. Pour la raison que je vous dit, parce que c'est trop fou !

D. S. - C'est bizarre, vous êtes celui qui a dit il y a un an, quand personne ne le disait, "cet homme est fou quelque part" : et là vous n'y croyez pas.

J-F. Kahn - J'ai dit qu'il était fou quelque part, je n'ai pas dit qu'il fallait le mettre à Charenton tout de suite ! (...) Là ça dépasse l'imagination. Donc je n'y crois pas.


Entretien intégral : Jean-François Kahn, invité d'@rrêt sur images


***

 

Jean-François Kahn avait donc publié dans "Marianne", à la veille du premier tour des présidentielles, un dossier intitulé Le vrai Sarkozy. Etonnant de relire ça à la lumière des évènements de ces dernières semaines...


Extraits :


marianne_logo_156x94« CETTE VÉRITE INTERDITE

 
Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la gauche étouffe
, pour rester sagement confinée dans la confortable bipolarité d'un débat hémiplégique, c'est ce constat indicible : cet homme, quelque part, est fou ! (...)

(...) Les médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous aucun prétexte, le dire.

(...)

"Fou", entendons-nous : cela ne rature ni l'intelligence, ni l'intuition, ni l'énergie, ni les talents du personnage. "Fou" au sens, où, peut-être, de considérables personnages historiques le furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l'UDF, officiellement intégré à la meute "de Sarkozy" : "On dit qu'il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n'ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko est une sorte d'aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça."

   
ET POURTANT, EN PRIVE, ILS LE DISENT

Tous les journalistes politiques savent, même s’ils s’interdisent d’en faire état, qu’au sein même du camp dont Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer. Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c’est, déclara Jacques Chirac à ses proches, "comme organiser une barbecue partie en plein été dans l’Estérel". Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : "J’aurais préféré Juppé. Lui, au moins, c’est un homme d’Etat." Le ministre libéral François Goulard ne le dissimule pas : "Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l’achat ou la mort de l’adversaire." Sa principale faiblesse ? Son manque total d’humanisme. "Chirac, lui, a le souci des autres, de l’homme. Sarkozy écrase tout sur son passage. Si les Français savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui."

Un des plus importants hiérarques de l’UMP, officiellement soutien fervent du candidat (comment faire autrement ?), renchérit : "Sarkozy, c’est le contraire de l’apaisement. Chirac, vous verrez, on le regrettera. Lui, il n’a jamais eu de mots violents." "Attention", met en garde le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, "on va très vite à la révolte aujourd’hui." "La France, c’est du cristal", dit, inquiet, Jean-Pierre Raffarin.

Dominique de Villepin a mis sa langue dans sa poche. Il n’en pense pas moins… que Sarko "a loupé sa cristallisation" ; que "sa violence intérieure, son déséquilibre personnel, l’empêchent d’atteindre à la hauteur de la présidence". Les chiraquiens du premier cercle, Henri Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement), ou Jérôme Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence. Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : "Ce garçon n’est pas mûr. Il n’est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l’affrontement partout, et non à rassembler." D’autres brodent : "C’est un enfant qui n’atteindra jamais l’âge adulte." »


Dossier complet Le vrai Sarkozy en accès libre au format PDF ("Marianne", 21 avril 2007)


  • « Un jour ou l’autre pourtant, sans passion et sans crainte, il faudra bien expliquer pourquoi l’hebdomadaire Marianne, dans son mémorable numéro sur "Le vrai Sarkozy", fut le seul à écrire noir sur blanc, avant l’élection, ce que constate aujourd’hui le peuple effaré, trompé l’an dernier par ses médias. »

(Daniel Schneidermann)

   
***


En novembre dernier, sur le plateau de "Ripostes", Jean-François Kahn revenait sur "le problème Sarkozy" :

Sarkozy est-il fou ?

Extrait :

J.-F. Kahn, une nouvelle fois prémonitoire (s'adressant à l'UMP Pierre Lelouche) : «Mais il y a un problème, terrible ! Que vous allez porter, qui va être un cauchemar pour vous... C'est Sarkozy ! Ce narcissisme inouï ! Cette hypertrophie du moi, absolument incroyable... Ce type qui ne peut pas faire un discours sans dire «Je, je, je»... Et on lui dit « mais dites un peu moins "je" » : il ne peut pas ! Et on lui dit « mais attendez, tous les jours à la télé, à la radio etc., mais vous allez vous user, arrêtez » : et il ne peut pas ! (...) ça devient évident pour tout le monde qu'il y a un problème qui est terrible pour vous, qui est le problème en effet, du caractère, et de cette folie de Sarkozy d'une certaine manière. »

 

******

 

En prolongement, on pourra lire cet article du psychiatre Serge Hefez consacré à Sarkozy : Sarkose obsessionnelle (24/01/2008)


Extraits :

   
«
Certes il exhibe son bon plaisir et nous rappelle, si nous en doutions, que le pouvoir, ça fait jouir, sur tous les plans et dans toutes les positions.
Qu’un mâle exultant sur le trône de ses conquêtes fasse fantasmer les foules n’a rien de surprenant. Mais qu’un homme utilise à ce point son mandat pour le convertir en jubilé ininterrompu, en ivresse de lui-même, en stimulant pour mieux désirer et être désiré commence à susciter un réel malaise.

(...)
Les narcissiques sont des sujets blessés, précisément carencés du point de vue de l’estime d’eux-mêmes du fait de déceptions précoces. Qui leur reste-t-il à aimer sinon eux-mêmes ? Ils ont alors le souci d’être non seulement un, mais unique, sans plus d’ancêtre que de successeur.
Le narcissisme pathologique est celui d’un individu soucieux de contrôler les impressions qu’il donne à autrui, avide d’admiration mais méprisant ceux qu’il parvient à manipuler, insatiable d’aventures affectives pouvant combler son vide intérieur, obsédé par son propre vieillissement. En dépit de sa souffrance, il évolue avec succès dans les institutions bureaucratiques qui encouragent la manipulation des relations interpersonnelles, découragent la formation de liens interpersonnels profonds et fournissent à l’envie approbation et désapprobation qui alimentent les atermoiements de l’estime de soi.

Le narcissisme est bien plus qu’un terme métaphorique pour désigner une obsession de soi ; c’est une formation psychique dans laquelle l’amour rejeté se retourne contre le moi sous forme de haine.
Chacun semble aujourd’hui prendre conscience que la machine s’emballe ; chacun guette l’accélération des tics de "Cheval fougueux", soupèse l’éventualité d’une explosion en plein vol et les éditorialistes du monde entier se déchaînent. L’activisme forcené de notre président, en virant à une gesticulation de plus en plus vidée de sa substance et de sa vérité, semble à présent mettre en scène, sous nos yeux ébahis, le spectacle de son autodestruction.
»

 

Le même Serge Hefez avait déjà livré, en mai 2007, une analyse détaillée du "pervers narcissique" (sans nommer toutefois Nicolas Sarkozy) : Petite leçon de psychologie: le pervers narcissique et ses complices. Là impossible de sélectionner des extraits, il faudrait tout mettre...

   
Par ailleurs, il est étonnant comme l'article "Pervers narcissique", dans l'encyclopédie en ligne Wikipedia, fait irrésistiblement penser à quelqu'un...

   

******


Il est toujours instructif et profitable, en particulier depuis un an et demi, d'aller consulter la presse étrangère : celle-ci s'autorise une liberté de ton, à propos des affaires intérieures françaises, que l'on ne trouve plus depuis longtemps dans la presse française.

Ainsi cet étonnant article, signé par le directeur adjoint du quotidien espagnol de référence, El Pais : Sarkozy c'est fini (14/02/2008)

Extrait :

El_pays_logo_int_2« Les français ont un problème. Ils croyaient avoir un super-président, un hyper-gouvernant, qui les sortiraient de la dépression et de la décadence, et maintenant ils se rendent compte qu'ils ont un président comme l'ont été beaucoup d'autres, malade, limité en ses fonctions, dont il faut s'occuper et qu'il faut protéger pendant que s'organisent les choses pour que la France fonctionne et que le gouvernement et les institutions remplissent leur rôle. Ce n'est pas une situation insolite : Pompidou et Mitterrand aussi furent malades et diminués (...). La maladie dont souffre Sarkozy n'a pas la gravité du cancer de Mitterrand, mais affecte l'organe vital qu'est l'ego, qui souffre chez lui d'une hypertrophie probablement irréversible. Pour une personne si jeune et active, surtout sentimentalement, l'indisposition est sérieuse et de traitement difficile.
(...)
[Sarkozy] s’est installé sur le trône élyséen porté par son ambition personnelle et sa conception égotique de la présidence : il a par le fait encore accru les pouvoirs de la présidence. Et, une fois parvenu à ses fins, il s’est consacré à lui-même, comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs.
(...)
Sarkozy se dirige vers un isolement personnel qui ne peut conduire qu'à la colère ou à la mélancolie. Même son impopularité est extravagante : elle n'est pas due à un programme de réformes non appliqué, mais à son comportement personnel. »

 

***

 
Mise à jour 19/02/2008

 
   
washington_post_logoJohn Ward Anderson, de l'éminent "Washington Post", s'amuse de la vie "soap-opera" du Président Sarkozy. Il sous-titre ainsi son article :

"ses actions poussent certains à s'interroger sur son état mental"

(Source "Sarkofrance")

 

 

***

 

Mise à jour 28/02/2008

   

Jean-François Khan précise sa pensée :

 

Jean-François Kahn : « Sarkozy est un dépressif chronique »

 

 

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A lire aussi :

Le mal de Nicolas Sarkozy enfin diagnostiqué (14 avril 2007)
Nicolas Sarkozy tente de surclasser Bourvil [G8] (9 juin 2007)
Mickey président (17 décembre 2007)
Une tarte pour les fêtes (26 décembre 2007)
« Un sentiment d'imposture » (4 février 2008)
le tic du cocaïnomane

 

Ce billet a également été publié sur Betapolitique.fr et Bellacio.org

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vendredi 18 janvier 2008

L'inculte Sarkozy se ridiculise en public

Les médias restent silencieux sur une incroyable bourde

 

ane_sarko

         
Lors d'une conférence de presse, le président Sarkozy moque le directeur de Libération, Laurent Joffrin, qui lui avait posé une question sur la monarchie élective (moquerie d'autant plus basse que le principe de cette conférence de presse ne permettait pas au célèbre barbichu de se défendre en retour - on apercevait là un nouvel exemple du syndrôme de Funès qui semble accabler le président Sarkozy, et que l'on peut résumer ainsi : "servile avec les puissants, cruel et méprisant envers les faibles").

 

Pouvoir personnel? Sarkozy riposte...

Question de Laurent Joffrin : « Vous êtes à l'origine de la plupart sinon de la totalité des initiatives gouvernementales. A propos du premier ministre vous avez employé une fois je crois le mot de "collaborateur" (...). Est-ce que au fond vous n'avez pas déjà changé la Constitution ? Vous êtes le chef d'Etat ou le chef de gouvernement du monde démocratique qui détient le plus de pouvoirs : au fond est-ce que vous n'avez pas instauré une forme de pouvoir personnel, pour ne pas dire une monarchie élective ? »

   
Énorme bourde de Sarkozy qui proclame en préambule de sa réponse, tel un collégien de 12 ans :

« Monarchie ça veut dire héréditaire »

   
En fait, en ce qui concerne la monarchie élective dont parlait Joffrin, c'est très exactement l'inverse.

« Une monarchie élective est un type de monarchie constitutionnelle où le monarque accède au trône par une élection et non de façon héréditaire. »
(Wikipedia, ici)

   
Le collégien président Sarkozy s'entête :

« Si la monarchie c'est l'élection, c'est plus la monarchie m'sieur Joffrin »

Puis ose un :

« Les mots ont un sens »

Etc.

Cet exercice de ridicule, dans lequel s'enfonce pendant plusieurs minutes le président de la République française (devant 600 journalistes et avec retransmission en direct sur LCI), n'a pas été beaucoup relevé par des médias qui se jetaient, un an plus tôt, sur la moindre "bourde", réelle ou supposée, de la canditate PS à la présidentielle Ségolène Royal.

   
Une fois de plus, il faut compter sur l'excellent Jean-François Kahn pour viser au centre et appeler un chat, un chat :

 

JF Kahn et la monarchie élective (14/01/2008)

On notera que le journaliste-présentateur Yves Calvi, avec l'aplomb qui l'a caractérisé durant toute la campagne présidentielle, s'empresse de voler au secours de Sarkozy, alors que J-F. Kahn termine de détailler l'égarement du Président de la République :

« vous montrez simplement qu'il a utilisé l'ironie et qu'il n'a pas répondu à la question »

(Yves Calvi, 14/01/2008)

Hallucinant !

Jean-François Kahn conclut :

« C'est une erreur historique, c'est une méconnaissance. Eh bien les journalistes ont ri ; parce que quand le roi dit qu'il faut rire, on rit. Le lendemain, j'aurais quand même imaginé que les médias disent : "attendez, vous avez giflé un journaliste, vous l'avez traité plus bas que terre, très bien, ça nous fait pas plaisir mais très bien. Mais il se trouve que vous vous êtes trompé ! Vous auriez pu avoir raison mais il se trouve que vous avez fait une erreur historique, une méconnaissance : alors là quand même c'est exagéré." Aucun journal ne l'a écrit, aucun. Aucun journal n'a osé dire "le roi se trompe". C'est une démocratie ça ? »


  • « 90% des journalistes ont pour patron le témoin de mariage/ parrain de l'un des enfants/meilleur ami/subalterne du président... A moins d'avoir envie d'une reconversion aucun journaliste ne s'y risquerait [à faire des vagues]. » (remy60)   
   

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