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Désinformation, intox : questions sur l'indépendance des medias

jeudi 10 juillet 2008

Ségolène et les barbouzes

   

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Le 9 mai 2008, dans l'émission Entre les lignes sur LCP (émission hebdomadaire dans laquelle sont invités 4 journalistes qui devisent sur l'actualité, ceci avec une très remarquable liberté de ton - peut-être parce que cela se passe sur une chaîne confidentielle), un des journalistes présents avait eu ce propos (à propos de l'espionnage dont avait été victime, des mois durant, Olivier Besancenot) :


« Ces histoires de barbouzes, d'écoutes téléphoniques, c'est en prolifération active. C'est quelque chose que l'on voit aujourd'hui fleurir, c'est hallucinant. Dans le moindre petit dossier sensible, il y a de la barbouzerie qui intervient. C'est terriblement inquiétant. »

(source)

   

François Hollande, toujours très prudent dans ses déclarations, a néanmoins osé hier, à propos de la mise à sac du domicile de Ségolène Royal le 27 juin dernier :

   
« Ce sont des faits graves, qui n'ont d'ailleurs pas concerné que Ségolène Royal, puisque l'on sait que depuis plusieurs mois, un certain nombre de personnalités... (...) Besancenot (...) a été, on le sait, suivi par des officines. Bernard Thibault avait engagé une action. Je ne fais pas de rapport, mais quand même, il y a un climat. » (source)


   

« Ce n'est pas dans tous les pays qu'un des chefs de l'opposition voit régulièrement son appartement visité »

(Gérard Collomb)

   

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, ne mâche pas ses mots :

   
« [si Ségolène Royal a mis en cause le] clan Sarkozy [dans] la mise à sac [de son appartement], c'est qu'elle a des bonnes raisons de le dire »


« Qu'il y ait un clan Sarkozy c'est une évidence »

« une attaque en règle, brutale, violente, voire à la limite de l'insulte de la part (...) de conseillers proches du président de la République »

« On voit bien que Nicolas Sarkozy a un comportement étonnant, étrange qui est parfois éloigné de sa fonction »

(source)

   

François Rebsamen résume la situation :

   
« Pour la deuxième fois l’appartement de Ségolène Royal a fait l’objet le 27 Juin d’un "cambriolage" d’un genre particulier : une intrusion, pas de vol, mais une mise à sac et une mise en scène, orchestrée qui relève de la menace et de l’intimidation musclée. (...) Pas un mot de soutien de Nicolas Sarkozy qui a pourtant érigé la compassion en méthode de gouvernement, mais des insultes du Premier Ministre et du porte-parole de l’UMP, quand Ségolène Royal s’interroge sur les liens entre les attaques dont elle est victime et son rôle d’opposante au président de la République. (...) Une des chefs de l’opposition, l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle, est menacée dans sa sécurité quotidienne et la seule réponse est de l’accuser de "péter les plombs". La démocratie c’est d’abord le respect de l’opposition, j’appelle les représentants de la majorité à s’en souvenir. »

(source)


  • « Dans la France de Nicolas Sarkozy, on peut désormais mettre à sac le domicile de la principale opposante politique et cela ne déclenche que l’hilarité des porte-paroles, ou plutôt des porte-flingues, du pouvoir en place. (...) La France de Sarkozy c’est la télé de Berlusconi et les méthodes de Poutine. » (Aurélie Filippetti)
  • « La seule chose dont on soit absolument certain, c'est qu'elle est ciblée. Il ne s'agit pas d'un cambriolage ordinaire mais d'une mise à sac (...) Je trouve choquant de moquer cela » (JP. Mignard)
  • « Je trouve que l'agressivité des sbires qui entourent Sarkozy n'a plus de limite » ("radical chic")
  • « Pour moi, la sortie de Royal sur un fait divers qui la touche personnellement n'est pas du tout irraisonné. C'est un signe évident qu'elle veut démontrer que quelque chose ne tourne pas rond dans la sphère du pouvoir actuel. » (ovrefoss)
   

Le mieux est finalement d'écouter Ségolène Royal, d'une dignité parfaite ce matin sur RTL, intervention pugnace à suivre jusqu'au bout :

   

"Mon cambriolage est une affaire politique, pas personnelle"

   
En comparaison, considérons un instant cet histrion, agité de soubresauts et de tics de petite frappe :

   

Sarkozy : "l'Europe nous a sauvé des socialistes"

   
Certes le contraste est rude.

  • « Est-ce un sketch d'Anne Roumanoff ou de Fernand Raynaud ? Un discours de Jean-Marie Le Pen, de George Dobeuliou Bush ou de Joseph McCarthy ? » ("Les mots ont un sens")
  • « Il n'est pas anodin de noter les rires gras et complaisants des barons de l'UMP, assis aux premiers rangs. Ceux-là savent bien que désormais, et tant que ce clown sera en poste, la France leur appartient. » (Dedalus)

   
On relève de la part de l'histrion ce propos absurde autant que scandaleux (à 1'38 de la vidéo)
:

« La France est en train de changer. Elle change beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément qu'on ne le croit. Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit. »

(Nicolas Sarkozy, 05/07/2008)

   
Ségolène Royal, au diapason d'une écrasante majorité de français qui expriment chaque jour davantage leur réprobation vis à vis de la personnalité et des agissements de l'histrion Nicolas Sarkozy, parle, elle, de "déchirure".

Elle avait d'ailleurs eu cette phrase d'une lucidité parfaite :

   
« Nicolas Sarkozy ne se rend même plus compte de ce qu'il dit, il vit dans un autre monde. On se croirait revenu sous l'Ancien Régime où le Roi s'amuse, le Roi dilapide l'argent, le Roi soigne ses amis, le Roi enrichit ceux qui sont déjà riches et pendant ce temps là le peuple s'appauvrit » (source)


***

 
Mise à jour 11 /07/2008

   
Intéressant article :

Et si Ségolène Royal avait raison ? ("Agoravox")

   

Il y a 10 jours, après être revenu sur la mise à sac de l'appartement de Ségolène Royal, Jean-Pierre Mignard précisait la notion de "clan Sarkozy", dont Ségolène Royal venait de dénoncer "la mainmise sur la France" :

   

"S.Royal cambriolée : Peut-être un fait politique"

   
Question
: C'est quoi "le clan Sarkozy" ?

Jean-Pierre Mignard : « Ce sont ses amis politiques, ce sont ses amis économiques. C'est à dire ceux qui détiennent un pouvoir. Un clan c'est un groupe de gens qui ont l'habitude de se voir, et de concevoir des stratégies qui sont des stratégies d'occupation du pouvoir, de prise de pouvoir - des positions stratégiques, du pouvoir économique, du pouvoir médiatique et du pouvoir politique. (...) Il peut y avoir des amitiés mais il y a surtout des stratégies d'intérêts. (...) Il y a des connivences d'intérêt entre des groupes industriels [Bouygues, Lagardère] ou des groupes de participation financière [Bolloré], avec la politique du président de la République. [Ces] connivences (...) se manifestent sur beaucoup de terrains et notamment sur le plan médiatique : c'est très significatif. »

   
Autre article notable :

Royal : le "Clan Sarkozy" lui accorde 30 secondes au JT de TF1 ("RichardTrois" - "LePost")

 

Dossier en construction dans @rrêt sur images :

"Royalgate" : Guéant informe directement la presse... mais pas l'avocat de Royal

   
Extraits :


« L'Elysée et le ministère de l'Intérieur semblent décidés à éventer [les] accusations [de Ségolène Royal] en poussant à l'accélération de l'enquête.

Ainsi, jeudi 10 juillet, une dépêche de Reuters signalait qu'"une suspecte de droit commun a été identifiée comme le possible auteur du cambriolage du domicile de Ségolène Royal en août 2006 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)" et qu'elle est actuellement recherchée.

Un coupable pour le premier cambriolage ? L'information, sourcée du ministère de l'Intérieur, tombe à point nommé. (...)

Elle fait (...) l'objet d'un article dans Libération [:] la source est désignée comme "un conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée". Selon nos informations, ce conseiller n'est autre que Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée et bras droit du chef de l'Etat.

L'idée semble donc bien de contredire Royal une fois pour toutes.

Notons que le calendrier est troublant : une empreinte de la jeune femme suspectée avait été relevée en 2006, mais l'identification de cette empreinte n'avait rien donné. Le dossier avait donc été clos en mars 2007 par le parquet de Nanterre.

Et surprise, selon la police, la suspecte a finalement été identifiée le 30 juin, soit trois jours après la deuxième visite dans l'appartement de Ségolène Royal, par un nouveau passage de cette empreinte dans les fichiers de la police... L'enquête devrait donc être rouverte.

La coïncidence est étrange, d'autant que l'entourage de l'ex-candidate à la présidentielle n'avait même pas été prévenu ! Dans Libé l'avocat de Ségolène Royal, Jean-Pierre Mignard, s'indigne: "C'est invraisemblable ! Pourquoi découvre-t-on maintenant l'existence de cette cambrioleuse ? Comme si on avait clôturé puis rouvert une enquête sans même en être informés."...

Surtout, l'avocat rappelle au figaro.fr que lors du premier cambriolage, rien n'avait été volé. "La suspecte, présentée comme délinquante d'habitude, aurait donc ce soir-là exercé son activité habituelle à titre bénévole, mue par la seule curiosité. C'est assurément une originalité", ironise-t-il. (...)

Etranges ou pas, ces faits n'ont guère fait réagir les médias. Et pourtant, Ségolène Royal n'est plus seule à affirmer avoir été suivie ou surveillée. (...) Quand un ancien premier Ministre lui confie qu'il pense avoir été espionné, quelle est la réaction de Barbier [sur LCI] ? Aucune, il passe à la question suivante. »


ça se précise  (il se trouve encore des journalistes pour faire leur boulot et ne pas se contenter de servir de la pâtée pour chats) :


« Un cabinet noir à l'Elysée »
("Le Parisien", 10/07/2008)

   
LEILA_BOUACHERA_2« Leila Bouachera, ex-candidate à la candidature présidentielle, docteur en droit, chargée de mission au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), (...) avait tenté, sans succès, de se présenter à l'élection présidentielle de 2007. Inconnue du grand public, (...) [elle] désignait à l'époque le candidat Nicolas Sarkozy comme "un réel danger pour la démocratie". Ex-membre du RPR puis de l'UMP, elle a été cambriolée deux fois et se dit, comme Ségolène Royal, victime d'une opération "d'intimidation".» 

« "C'est du travail de professionnels, pas de barbouzes. Je maintiens qu'il existe un cabinet noir à l'Elysée qui s'occupe d'intimider les gêneurs." »

« "Tout le monde tourne en ridicule Ségolène Royal. Lorsqu'une femme s'exprime pour oser dénoncer la mainmise du clan Sarkozy, on la considère comme quasi folle... C'est scandaleux." »

 
***

 
Mise à jour


Différentes réactions collectées par l'indispensable Mel : extraits.

 

« Libération a fait visiblement le choix de privilégier la campagne de promotion du disque de la nouvelle première dame de France, plutôt que de choisir de manifester une solidarité avec le leader de l'opposition de gauche. »

« Sarkozy et le pouvoir ce ne sont pas des anges. On est pas ici au royaume de Blanche Neige. (...) On a des raisons de s'inquiéter des atteintes aux libertés publiques qui petit à petit se font jour en France, aujourd'hui. »

(Aurélie Filippetti)



Admirable intervention
de David Assouline, face au sulfureux et très difficilement soutenable Patrick Balkany :

   

Débat D. Assouline / P. Balkany

   

Extraits :

« Ségolène a soulevé un problème (...), elle considère que la mainmise du clan Sarkozy sur la France devient insoutenable, notamment dans l'affaire des médias. Elle le dénonce fortement. Il se trouve qu'au moment où elle le fait, (...) par deux fois on "visite" l'appartement. On ne vole rien, on le fait de façon très professionnelle, on fait une mise en scène ! On montre que les objets de valeur on les a vus, on les étale, on ne les prend pas. [Cette] dernière fois, [la] "visite" est encore une plus grande mise en scène, puisque dans le bouleversement de l'appartement et des papiers qui sont jetés partout, il y a un papier qui est trouvé : la plainte de Ségolène Royal [pour] la [précédente] "visite", déchirée en deux et jetée sur le lit ! Tout cela les policiers l'ont constaté. A ce moment là, quand on est une femme politique, qui a eu 47% des voix, 17 millions d'électeurs, qui représente l'opposition dans le pays, c'est un problème politique et pas un problème personnel ! »

« C'est la méthode : quand [Ségolène Royal] ouvre la bouche ou quand elle essaye de parler, on essaye de la décrédibiliser (...). »

« Imaginons M. Chirac au lendemain de sa défaite en 1988 face à M. Mitterrand, qui a son appartement mis à sac, pour la deuxième fois, avec une mise en scène, qui ressemble à de l'intimidation, qui n'est pas un vulgaire cambriolage. On attend quand même que les responsables de l'Etat, que la droite, que les responsables politiques, disent à un moment donné quelque chose, s'émeuvent! Disent qu'il y a quelque chose qui n'est pas sain ! Aient des paroles de compassion, téléphonent même : rien ! La droite depuis 3 jours s'acharne sur Mme Royal, elle n'a pas eu dans ces 3 jours un mot pour déplorer ce qu'elle a subi. »

   
Patrick Balkany ose cette réponse :

« Cette opération que vous montez peut-être de toutes pièces »

   
Quand la France sera-t-elle débarrassée de tels escrocs ?


Jean-Louis Bianco monte lui aussi au créneau (à partir de 1'15) :

   

Jean-Louis Bianco - I>Tele - 11 juillet 08

   

« le degré zéro de la démocratie"

   
Jean-Louis Bianco
:
« C'est une coïncidence extraordinairement étrange et troublante que presque à chaque fois qu'elle a un discours important, ça se produise de la même manière [la "visite" de son appartement]. Dans quelle démocratie au monde aurait-on pris l'affaire aussi peu au sérieux ? Il suffit qu'elle parle pour que brusquement - alors que l'affaire de 2006 avait été classée, on ne s'en était plus occupé - brusquement on retrouve une hypothétique coupable. C'est quand même pas sérieux ! N'importe où le ministre de l'Intérieur se serait exprimé, il y aurait eu un coup de fil, au leader ou à un des leaders de l'opposition ! Il se préoccupe, il prend l'affaire au sérieux ! En France, qu'est-ce qu'elle récolte : des insultes. C'est vraiment le degré zéro de la démocratie. »

Question : Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP, hier, est encore monté d'un cran : il a dit "Ségolène Royal a besoin d'aide psychologique, elle est paranoïaque". C'est assez sérieux de dire ça, c'est assez grave.


Jean-Louis Bianco : « ça n'est pas grave parce que c'est Frédéric Lefebvre. Frédéric Lefebvre est plutôt dans l'insulte, dans l'agression, dans l'aboiement, que dans la politique. Il est utilisé pour ça, l'UMP l'utilise pour ça. (...) Quand on insulte un adversaire politique, c'est qu'on est faible. Et c'est un signe de faiblesse, en dehors d'être une grossièreté. (...) Ce qui est important (...) c'est de savoir si oui ou non il va y avoir une enquête sérieuse, et si oui ou non on va cesser de manier l'insulte comme seul instrument de propagande du côté du pouvoir. »

    

L'indispensable (et peut-être extra-lucide) Jean-François Kahn : 

   

JFK : Elle Leur Fait Peur

      
« La violence, la haine de toute une meute ! (...) Elle leur fait peur quand même, sans quoi il n'y aurait pas eu ces réactions. »

    

Foudroyant raccourci signé Claude Askolovitch :

« Ce qu'il faut savoir, c'est que la détestation absolue de Nicolas Sarkozy (NS vu comme un mal absolu), c'est quelque chose qui existe à gauche, et depuis longtemps. Au-delà je ne sais pas. Il faut savoir aussi - les initiés le savent, les journalistes politiques - que Ségolène Royal n'est pas la seule à théoriser cela. François Bayrou par exemple, en privé, dit exactement la même chose [qu'elle], il le dira publiquement s'il pense que c'est utile, et ça risque d'arriver rapidement. »

« L'idée selon laquelle Nicolas Sarkozy n'est pas un adversaire politique (avec qui on débat, on argumente, on contre-argumente), mais qu'il est un ennemi, un ennemi absolu, un ennemi de la République, qu'il est en train de détruire ce pays, et que donc il faut l'éradiquer : c'est une idée qui fait son chemin, qui est présente. Je pense - je peux être démenti mais je ne crois pas - je pense qu'on est seulement au début d'une guerre totale dans la vie politique française. »

(source)

   

De fait, François Bayrou avait déclaré mercredi au Figaro (mais il est douteux que ses propos aient été repris en boucle sur les ondes) :

   
« Jour après jour, on attaque tout ce qui charpentait solidement la société française, les fondations du modèle français. En une semaine, on a eu une série d'attaques blessantes contre l'armée, non seulement des mots très durs et offensants, mais une enquête de contre-espionnage pour identifier des officiers généraux qui ont livré au Figaro une analyse critique du Livre Blanc ! (...) Le lendemain même, l'annonce d'un plan sans précédent de prise de contrôle de l'audiovisuel, l'arrêt des recettes publicitaires dirigées vers les chaînes privées et la décision de nommer le président de France Télévisions par le pouvoir. Enfin, le ricanement humiliant pour les syndicats et les grévistes… Or l'armée, les syndicats, le service public, tout cela c'est la France, et c'est cela qu'on humilie. Dangereusement. »

« Le président de la République cesse d'être le président de tous les Français dès l'instant qu'il s'affiche comme chef de parti. Au lieu d'être l'homme de la nation, il se fait le porte-parole d'un clan. Il n'est plus la figure du rassemblement et de la réconciliation. Il devient une figure d'affrontement et de fracture. C'est la fonction elle-même qui est ainsi mise en cause. »

(source)

 

***

 

Mise à jour 13/07/2008

   

Jean-Luc Mélenchon, d'ordinaire jamais à court d'une parole perfide voire d'un propos odieux envers Ségolène Royal, rattrape en une fois, comme dit Mel, toutes ses vilénies:

   
« Elle doit bénéficier d'une protection particulière, je suis très étonné que ça ne soit pas le cas. (...) On peut aussi prendre au sérieux ce qu'elle dit, avant de se moquer d'elle. (...) Cette femme a été la candidate du Parti socialiste ! Elle a fait 17 millions de voix, elle mérite le respect, non ? On peut la protéger un peu ! Elle a déjà été cambriolée une première fois. Aucune mesure de protection pour elle ? Elle est une citoyenne comme une autre ? Mais quel français accepterait ça ! »

« Moi je vois des bâtiments publics où nous avons des policiers qui du matin au soir gardent une porte qui n'est menacée par personne : et d'un autre côté je vois la candidate de mon parti qui se fait cambrioler, et personne ne bouge et il ne se passe rien. Quand il était question du fils du président de la République et de son scooter pourri, là il y a eu des empreintes ADN. Quand madame Ségolène Royal se fait cambrioler, là il ne se passe rien. Je pense qu'elle a raison de s'indigner, et nous les socialistes nous avons intérêt à faire bloc autour d'elle avant qu'il ne lui arrive quelque chose de mal. »

(source)


Un tel retournement, que Balzac aurait pu qualifier de sublime, ne s'observe habituellement qu'au détour des meilleurs romans.

   
***

   
Intervention claire et pédagogique de Olivier Bonnet (journaliste indépendant), décidément nécessaire :


Tout cela n’est-il pas bien étrange ? ("Plume de presse")

      
« Que le domicile de la dirigeante socialiste ait été à trois reprises violé, dans un contexte où le leader de la CGT et celui de la LCR ont également été victimes d’espionnage, n’a pas l’air de préoccuper outre mesure nos médias, au premier rang desquels Libération qui se précipite pour lyncher Ségolène Royal (...). A l’heure où EDVIGE légalise le fichage des dirigeants politiques et syndicaux, il règne décidément une drôle d’atmosphère en Sarkozie. »

 

***

 

Mise à jour 16/07/2008


L'affaire Ségolène ("NouvelObs")

   
« Pendant la campagne présidentielle, qui avait vu les RG s'intéresser de près à un de ses conseillers, l'écologiste Bruno Rebelle, elle s'était émue que plusieurs ordinateurs portables disparaissent dans son entourage. Ce fut le cas en février 2007 chez sa plus proche conseillère, Sophie Bouchet-Petersen ; le mois suivant, chez sa secrétaire ainsi que dans les locaux professionnels de son ami, l'agent Dominique Besnehard. Plus surprenant encore : fin juillet 2007, tandis que quelqu'un dérobait un ordinateur dans son appartement, un autre portable disparaissait le même week-end dans les bureaux d'un de ses plus proches soutiens. »


Vincent Peillon :

« Elle a été vraiment choquée par l'effraction de son domicile. Choquée pour ses enfants. Choquée aussi que personne ne réagisse en haut lieu, dans la presse et même parmi ses proches. »

   
A propos de la première mise à sac de son appartement en août 2006, Ségolène Royal écrivait dans son livre Ma plus belle histoire, c'est vous (Grasset, 2007) :

« Un policier m'a alors appris que la mafia a l'habitude de ce procédé, qui vaut avertissement. Le message : on peut venir quand on veut, comme on veut et faire ce qu'on veut. »

          

***

   

Mise à jour 24/07/2008

   
«
Comment expliquer que, pendant plus de dix ans, l'appartement de Ségolène Royal n'a pas fait l'objet de la moindre visite et que, soudainement, à partir de 2006, c'est-à-dire au moment où elle devient un personnage politique de tout premier rang, elle a été cambriolée trois fois? (...) D'autre part, il est intéressant de constater qu'il n'y a pas eu le moindre cambriolage significatif dans le quartier à la même époque. »

(Jean-Pierre Mignard)

 

***

 

Mise à jour 17/10/2008


Rebondissement dans l'affaire de la mise à sac du domicile de Ségolène Royal le 27 juin dernier :

 

Ségolène Royal demande l'ouverture d'une information judiciaire pour la fouille de son appartement (AP)

 

« (...) L'affaire n'ayant pas été élucidée, Mme Royal demande (...) l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction, comme la loi lui [en] donne le droit au bout de trois mois.

"Cette initiative s'impose d'autant plus que l'action des 'officines' tend à redevenir une pratique utilisée contre les responsables politiques", explique Me Mignard dans une allusion à l'affaire de l'espionnage d'Olivier Besancenot.

L'avocat justifie également sa démarche par les révélations faites par le journaliste Hubert Coudurier dans son livre Amours, ruptures et trahisons (Fayard), selon lesquelles "une cellule de trois gus surveillait en permanence Ségolène Royal et captait ses communications téléphoniques durant la campagne présidentielle". »

 

 

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A lire aussi
:

Nicolas Sarkozy, ou l'âme tyrannique d'un despote au petit pied


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mardi 1 juillet 2008

Sarkozy ou l'imposture permanente

« Une vraie entreprise de propagande totalitaire au sens orwellien du terme » (Olivier Bonnet)


pinnochio2   


Extrait d'une interview donnée par Ségolène Royal, le jour de la présentation de sa motion à la Maison de la Chimie :

 

« La vraie nature du sarkozysme on la voit maintenant. Il avait promis la rupture, la France subit une déchirure. (...) Jamais les français n'ont été aussi en situation de panne de moral. Je crois que ce n'est pas bon pour la France lorsque les français ne croient plus en leur avenir. (...) Un pouvoir insolent, un pouvoir qui fait main basse sur la presse, un pouvoir qui se comporte de façon souvent très choquante, inadmissible, un pouvoir qui se croit tout permis. »

(source)

   

Il semble que Ségolène Royal ait visé juste : les porte-paroles de l'UMP n'ont rien trouvé de mieux à répondre qu'un ridicule "Nous avons été choqués par les attaques de Ségolène Royal contre la personne du président de la République" (source).

Comme si les postures de voyou, la violence (clairement nommée par Ségolène Royal dans son interview), se trouvaient de son côté à elle.

Comme si les drames humains générés par la chasse au quota actuellement à l'œuvre en France, pouvaient être occultés par un "c'est une curieuse façon de présenter les choses" - réponse de Nicolas Sarkozy à l'excellente et admirable Audrey Pulvar (qui lui demandait le nombre de contrôles d'identité nécessaires à l'obtention du quota annuel de 25000 expulsés), à 0'20 de cette vidéo :


Après le off, Sarkozy-Pulvar sur France 3

   

(Entretien décrypté par Dedalus => ICI)


Cette façon de renverser les valeurs ; d'accuser l'adversaire de ses propres turpitudes. Cette façon de faire passer une concession aux idées du Front National pour un élan du cœur (cf. video précédente à 0'50). Cette façon d'user de mots doucereux, trompeurs et hypocrites. Ces mensonges enfin, que l'on dirait érigés en système (de conquête du pouvoir - puis de son exercice).


  • « On est dans le domaine du faux-semblant, du trompe-l'œil, de la communication reine destinée à travestir la réalité. Une vraie entreprise de propagande totalitaire au sens orwellien du terme : dans 1984, l'un des slogans du pouvoir n'est-il pas "La vérité, c'est le mensonge" ? A mettre en parallèle avec cette autre phrase du roman, "La liberté, c'est l'esclavage", qui illustre parfaitement la prétendue défense de la valeur travail, autre dada de Sarkozy, qui n'est en fait que l'éloge de l'aliénation. C'est le mensonge érigé en système : on prend un mot dont on détourne le sens pour lui faire dire l'inverse de ce qu'il signifie. » ("Plume de presse", 07/09/2007, ICI)


Cette imposture enfin.

338Toutes choses parfaitement démontées et mises en catalogue dans le récent livre de Olivier Bonnet :

Sarkozy, la grande manipulation


« Voilà donc clairement livrée la personnalité politique du président : un homme qui est prêt à dire n'importe quoi - ce qu'il fait régulièrement - pourvu que cela serve son ambition. »

(Olivier Bonnet, in Sarkozy, la grande manipulation, p. 95)

 

***

   
Certains commentaires, datant d'il y a un an et glanés ici ou là, gardent toute leur actualité :


  • « Comment la France, après tout ce qu’elle à vécu (...), est-elle prête potentiellement à mettre sur son "trône" un mégalomane inculte et irascible comme Nicolas Sarkosy ? » (Tante Jeanne, 09/04/2007, ICI)
   
  • « Il y a quelque chose, chez Nicolas Sarkozy, qui ne se dément jamais : c'est la façon qu'il a de remplacer la réalité par une réalité-bis, et la vérité par une vérité alternative. C'est le problème, quand on s'affranchit quelque peu de la vérité : on finit, comme le souligne Patrick Klugman, par "justifier l'injustifiable". On finit par "consentir aux plus hautes compromissions idéologiques". » ("Vive le feu!", 03/05/2007, ICI)
   
  • « Le candidat Sarkozy est tellement habitué à mentir et à raconter n'importe quoi, qu'il semble faire cela tout à fait naturellement : il n'en est plus à un (gros) mensonge près. En fait le mensonge semble consubsanciel à son être profond : comme si le "personnage Sarkozy" était indissociable d'une stratégie de brouillage ou d'évitement du réel, appliquée à lui-même pour commencer. » (antennerelais, 06/04/2007, ICI)
   

  • « Au fur et à mesure des semaines qui passent, la multiplication de ces mensonges les fait apparaitre comme le fondement même de son discours, de sa posture, de sa tactique. Sarkozy semble de fait engagé dans un effort quotidien de falsification de la réalité. Le problème est que, comme Berlusconi en son temps, Sarkozy dispose de médias aux ordres pour donner écho son à imposture... » (antennerelais, 01/05/2007, ICI)
   

  • « Ce mec ment comme un arracheur de dents ("je vais publier mon patrimoine", on attend toujours, "il n'y a pas eu de bavure pendant que j'étais à l'Intérieur"), trolle comme un porc (la gauche "du côté des délinquants", la France "qui n'a jamais fait de génocide ni appliqué la solution finale"), il est très clairement coupable d'abus de biens sociaux et de prise illégale d'intérêt, et pourtant, rien... C'est flippant, parce que c'est vraiment la marque d'un chef d'Etat totalitaire que de réussir ainsi à complètement déformer la réalité sans que ça ait le moindre effet sur sa popularité... » (Lorelei, 06/04/2007, ICI)

   

Un motif d'espoir toutefois : un an après, la popularité du mystificateur en chef est tombée au plus bas, et y demeure (voire continue encore à baisser - malgré les couinements de quelques-uns, piaffant d'annoncer la bonne nouvelle d'une (hypothétique) remontée de popularité du président Sarkozy). Enfin les yeux des français se sont finalement décillés.

 

francois_mitterrand_2008_Ramsay« Sa méconnaissance des églises, son ignorance de la beauté des choses de la nature, son mépris des livres, son incapacité à s'extraire de l'actualité pour l'Histoire, tout cela et tant d'autres manifestations de sa barbarie m'avaient amené à la conclusion que ce jeune-homme agité ne pouvait aller au-delà de lui-même, c'est à dire pas très haut. »

(François Mitterrand 2008, Ramsey, p. 147)


***


A lire aussi :

De l'art de créer une "fausse réalité"
Nicolas Sarkozy, ou l'âme tyrannique d'un despote au petit pied
Réactions à la grand-messe TV présidentielle
Sarkozy en synthétiseur de mensonges

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dimanche 27 avril 2008

Le ton grave de Ségolène Royal,

Dressant un sévère tableau de la première année de gouvernance sarkozyenne, elle affirme qu'une autre politique est possible

    

« Gouverner c'est à la fois tracer un cap et donner une cohérence. Nicolas Sarkozy n'a donné ni le cap, ni la cohérence. »

(Ségolène Royal, 25/04/2008)


Forte intervention de Ségolène Royal vendredi matin sur France Inter, au lendemain de la "grand-messe" télévisée sarkozyenne.

C'est elle qui avait lancé les premières attaques contre la politique et le comportement du Président Sarkozy, il y a quelques mois, alors que celui-ci, encore soutenu par des médias complaisants, planait relativement dans les sondages. Là, le ton est plus grave.

    

Ségolène Royal - France Inter (25/04/2008)

   
Extraits.

   
« Je crois que les Français sont inquiets aujourd’hui, la question est de savoir s’ils sont rassurés après cette émission : force est de constater que non. On est même plus inquiets après l’émission qu’avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un Président de la République hier, mais un candidat perpétuel. Il a dit à cinq reprises : "j’ai ma part de responsabilité" (on sent d’ailleurs un peu la formule de communication : en clair ça veut dire "je me suis trompé"). Mais il s’est trompé sur quoi ? Il ne nous l’a pas dit, ni quelles conséquences il en tire pour rectifier sa politique : on ne le sait pas.fichus à l’issue de l’école primaire". Je crois qu’un Président de la République ne peut pas s’exprimer de cette façon là. Il a fait aussi beaucoup d’approximations, d’improvisation (Bernard Guetta vient d’ailleurs de le dire, en politique étrangère), il a dit des contrevérités sur la question des retraites, il nous a dit qu’il allait financer le RSA par la suppression de la prime pour l’emploi (c'est-à-dire 4 millions de salariés modestes vont voir leur pouvoir d’achat baisser). Il n’a pas répondu sur les préoccupations concrètes des Français : c'est-à-dire rien sur la question du pouvoir d’achat. Il a dit des aberrations sur l’éducation, il a par exemple dit : "15 % des élèves sont Il a donné une image de la France en situation d’échec, en particulier sur l’Education nationale. Il a osé dire que c’était l’échec global de l’Education nationale : ce n’est pas vrai. (...) Le Premier ministre avait dit qu’il attendait de cette émission une feuille de route : compte tenu de tout ce que je viens de dire - et il y aurait encore beaucoup de choses à souligner sur les approximations, les contrevérités, le sentiment que parfois il ne maîtrisait plus les choses : je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute. »

« [Le bilan de cette première année de présidence Sarkozy] est un échec grave, d’ailleurs les Français le savent, nous le sentons, la France est tirée vers le bas. Mais (...) une autre politique est possible, il est possible et urgent de faire autrement. (...) Nicolas Sarkozy [attribue], de façon assez malhonnête, [les difficultés de cette année] à des chocs extérieurs (il a identifié quatre chocs, en particulier la hausse du coût de l’énergie - [que l'on ne peut] pas nier : mais tous les pays sont confrontés à la hausse du coût de l’énergie). Or l’Allemagne par exemple est en excédent commercial. On pourrait prendre plein d’autres exemples dans lesquels les pays prennent à bras le corps leurs talents, leurs potentialités, la France en a beaucoup. »

« La France a besoin de réformes, mais où sont-elles aujourd’hui, qu’est-ce que c’est qu’une réforme ? Une réforme c’est prendre des décisions pour que cela aille mieux, pas pour que cela aille plus mal ! Une réforme c’est faire des choses avec les gens, et pas contre eux ! Or c’est ce qui est aujourd’hui en train de se passer. C’est de la brutalité, c’est beaucoup d’arrogance - contrairement à ce qui a été dit moi j’ai vu un Nicolas Sarkozy parfois méprisant à l’égard des Français (je viens de le souligner sur l’éducation), il a dit des monstruosités sur la laïcité, une fois de plus, en confirmant que les clercs et les prêtres donnaient du sens à la vie et pas les enseignants ; mais dans une société ce sont tous les adultes qui donnent du sens à la vie aux plus jeunes. Il a dit aussi des choses aberrantes sur la Chine - il a osé dire, pour se justifier qu’il se couche devant la Chine (disons les choses très clairement), il a osé dire que la Chine aidait le Darfour. (...) Est-ce que ce n’est pas inquiétant qu’un Président de la République et membre permanent du Conseil de Sécurité ignore à ce point, que chaque fois qu’il y a eu des résolutions contre le Soudan, la Chine a voté contre ? Donc même sur la politique étrangère il ne nous a pas rassurés, et au contraire c’est extrêmement inquiétant. »

« Je crois qu’il est en train de payer (...) la masse des mensonges qu’il a proférés pendant la campagne présidentielle. J’ai là sous les yeux un certain nombre de promesses. Souvenez-vous : "+ 25 % immédiatement de l’augmentation des retraites" ; "travailler plus pour gagner plus" ; "je propose la propriété pour tous" - la crise du logement n’a jamais été aussi grave qu’aujourd’hui ; "l’allocation adulte handicapée + 25 %" : on attend toujours. Le remboursement des soins d’optique écoutez, il avait dit exactement (le 5 février 2007) : "les remboursements pour les lunettes et les prothèses dentaires, on ne peut pas dire que c’est du confort, on ne peut pas se trimballer avec une dent qui manque et c’est pareil pour les lunettes ; ce n’est pas une question de mode c’est une question de nécessité, et je vais porter les remboursements à 50 %." Et là le gouvernement est en train de faire le contraire, c'est-à-dire de diminuer les remboursements. Donc je crois que la situation est grave ! Et hier, finalement, on a eu quelqu’un qui était satisfait de lui, il a même osé dire que cela allait mieux pour les Français ! Mais autour de nous on ne voit que des Français qui disent que ça va plus mal. »

« Qu’est-ce que c’est que gouverner ? Gouverner d’abord c’est prévoir, c’est donner du sens aux choses. Hier, on n’a eu aucun sens donné à la politique globale. Gouverner, c’est ensuite dire la vérité. Il y a eu beaucoup de contrevérités qui ont été dites hier. Et enfin gouverner, c’est rectifier son action lorsque l’on fait des erreurs. Il a reconnu ses erreurs : [mais] c’est un truc de communication (...). [Moi] si je reconnais des erreurs, (...) j’en tire les conséquences : c’est à dire que je rectifie les choses, je réajuste ce que je dis ou ce que je fais. Ce que l’on attend quand on reconnaît des erreurs, ce n’est pas seulement une opération de communication pour que ce matin les gens puissent dire "ah ben il a reconnu ses erreurs il est plus modeste qu’avant". Non ! C’est d’aller jusqu’au bout de cette logique (...). »

« Moi j’ai proposé que (...) avec les 15 milliards [du paquet fiscal], on double la prime pour l’emploi pour les 8 millions de salariés. Lui, il vient de dire le contraire : on va supprimer la prime pour l’emploi pour 4 millions de salariés. C’est quand même très grave ! Il fait de la redistribution entre les précaires et entre les gens modestes ; au lieu de reprendre aux plus riches, pour redonner aux plus pauvres : c’est ça que les gens attendent. (...) Il a défendu le bouclier fiscal, mais qu’est-ce que c’est que le bouclier fiscal ? Il y a même une personne qui a reçu un chèque de ristourne de 7 millions et demi d’euros ; il y a eu 350 millions d’euros rendus à 15 000 contribuables, les plus riches. Donc il faut arrêter ! Il faut cesser de redonner cette année en 2008 15 milliards aux plus favorisés, et encore en 2009 15 milliards au plus favorisés - parce qu’il faut que les Français comprennent bien que ces fameux cadeaux fiscaux, c’est tous les ans ! Donc il faut récupérer ces moyens là, pour les remettre là où c’est nécessaire, c'est-à-dire sur le pouvoir d’achat des salariés, et sur l’innovation dans les entreprises, je le répète une autre politique est possible. »

« Il y a quelque chose de profond qui est en train de se déliter [dans le pays], et en particulier la question des services publics. Le premier devoir de l’opposition, des élus d’opposition qui sont sur le territoire, c’est d’essayer d’amortir les chocs d’une mauvaise politique aujourd’hui, de quelque chose qui détruit des solidarités profondes. Dans la Région que je préside (...) il y a la suppression de 9 tribunaux d’instance et de 2 tribunaux de commerce ; il y a la suppression de 11 plateaux de chirurgie dans les hôpitaux, [dans] des villes petites et moyennes ; il y a 40 écoles qui vont fermer en milieu rural et il y a 74 suppressions de formation professionnelle pour les lycéens. Aujourd’hui les lycéens bloquent les lycées, pourquoi ? Parce qu’ils veulent travailler. Il y a la suppression du Brevet d’enseignement professionnel, ce qui est grave pour les entreprises, et ce qui est grave pour les jeunes. Eh bien moi je dis qu’il est possible de faire autrement, et la responsabilité de l’opposition aujourd’hui, et même des Français, vraiment c’est d’exiger autre chose. C'est-à-dire qu’on cesse de casser ce qui fonctionne bien dans le pays ; qu’on réforme l’Etat pour déployer les énergies qui sont sur le territoire, et il y en a ; qu’on donne du potentiel aux Français qui veulent aller de l’avant, et aux entreprises qui veulent aller de l’avant. Je pense que comme ça, la France pourrait remonter la pente. »

« J’ai été candidate à l’élection présidentielle et donc je sais, pour avoir parlé aux Français, avoir convaincu 17 millions de Français, qu’il y a une autre vision de la France, qu’il y a d’autres valeurs à mettre en mouvement, qu’il y a un potentiel formidable qui est aujourd’hui freiné et cassé par des réformes injustes et inefficaces. Et je le dis, le plus clairement, le plus fermement possible, parce que ma responsabilité c’est d’entretenir l’espérance aussi, c’est de dire aux Français que ce n’est pas possible de continuer comme ça pendant quatre ans. Et donc on va tout faire pour que de vraies réformes arrivent (...). »

    
Ségolène Royal répond ensuite à quelques questions d'auditeurs.


Question
: Si vous aviez été élue l’année dernière, quelle mesure auriez vous prise, la mesure phare que vous auriez pu prendre pour améliorer le pouvoir d’achat, et à votre avis quel en aurait été le résultat à cette période, un an après ?

« J’aurais fait plusieurs choses. D’abord, puisqu’il y avait une marge de manœuvre de 15 milliards (que Nicolas Sarkozy (...) a donnés en cadeaux fiscaux aux plus riches), j’aurais utilisé cette marge de manœuvre pour premièrement baisser la TVA. Deuxièmement pour doubler la prime pour l’emploi, ce qui aurait fait du pouvoir d’achat. Troisièmement j’aurais baissé les taxes sur l’essence, puisqu’il y a une partie de la consommation d’essence en taxes (Nicolas Sarkozy a supprimé le système qui faisait que lorsque le prix du brut augmente, les impôts sur l’essence diminuent, et ça je pense que j’aurais rétabli ce dispositif). Mais surtout, j’aurais mis en place une politique très volontariste de contrôle, non pas des prix, parce que vous savez que ce n’est pas possible, mais de contrôle des marges. C’est là où il y a un vrai problème. Hier Nicolas Sarkozy nous a raconté pour la troisième fois l’histoire de la tranche de jambon, d’ailleurs en exagérant. Le Président de la République, il n’est pas là pour raconter des histoires de tranche de jambon, mais pour résoudre le problème de la hausse des prix. Il nous a dit "la hausse du prix du jambon, c’est + 40 %" : comme sur tout il exagère, ce n’est pas + 40 c’est + 20 % (ce sont les yaourts qui augmentent de 40 %), mais passons ! La question est de savoir comment on répond à ce problème. »

   
Le soir, Ségolène Royal était au 20H de France 2.

    

France2 - 25 avril 2008

    
« Cette année est ratée, elle est perdue pour la France (...). Au fond c'est très simple ce qui s'est passé. Nicolas Sarkozy s'est occupé, et s'occupe encore, plus de lui-même que de la France. Et à un moment ça se paye : le problème c'est que ce sont les Français qui en subissent les conséquences. »

« Nicolas Sarkozy est Président de la République, et on a eu affaire à un candidat perpétuel, reprenant des promesses de campagne - alors même que celles que les Français attendaient n'ont pas été réalisées. »

« La France a besoin de réformes, mais la France n'a pas besoin d'être brutalisée, comme ce qui se passe dans l'Education Nationale. Pourquoi casser, pourquoi brutaliser, pourquoi ne pas réformer avec les gens, plutôt que de réformer contre eux ?»

« J'ai été très choquée quand Nicolas Sarkozy a dit "il y a 15% d'élèves qui sont fichus". J'estime qu'un Président de la République n'a pas le droit de parler comme cela (...). Aucun enfant n'est "fichu", au contraire il faut continuer à leur tendre la main, et à leur donner les moyens de réussir à l'école. »

« J'ai été très choquée aussi lorsqu'il parle de lui-même en disant, à propos d'un futur prochain quinquennat : "je vais quand même pas en reprendre pour 5 ans". On a l'impression que finalement ce qui l'a intéressé c'est d'arriver au pouvoir, que aujourd'hui il s'ennuie, qu'il s'occupe surtout de lui-même : mais la France a besoin de continuer à avancer. La France a du potentiel, la France a besoin de réformes, une autre politique est possible (...). »

« [Sur le RSA] il faut distinguer entre les annonces et la réalisation - la façon dont sont financées les réformes et [la façon] dont elles sont conduites. Ce qui est très choquant dans ce qui a été annoncé hier, c'est que il va reprendre aux gens modestes (c'est à dire aux smicards, qui touchent aujourd'hui la prime pour l'emploi - donc il va reprendre à 4 millions de salariés sur 8 millions) la prime pour l'emploi, pour financer le Revenu de Solidarité Active. Mais c'est tout à fait choquant ! Le RSA doit être financé avec les cadeaux fiscaux qui eux doivent être supprimés. Rappelons quand même que 15.000 contribuables [les plus riches] ont reçu en ristourne 350 millions d'euros ! (...) Ce n'est pas raisonnable de faire cela, et en plus c'est injuste. Je crois moi que les Français sont prêts à accepter des réformes, si elles sont conduites avec eux, si elles sont justes (...). »

« Gouverner c'est à la fois tracer un cap et donner une cohérence. Nicolas Sarkozy n'a donné ni le cap, ni la cohérence. »

« Pour avoir porté une campagne présidentielle et avoir dessiné un autre visage de la France que celui qui nous est proposé aujourd'hui, je suis convaincue que la France a beaucoup de potentiel, que les Français ont envie d'aller de l'avant, de croire en leur avenir (...). »

« Quand un pays est comme ça tiré vers le bas, et qu'on lui fait croire en plus que rien n'est possible (parce que c'est ce qu'a dit Nicolas Sarkozy - il a fait appel aux "chocs extérieurs", à la crise internationale pour expliquer qu'il ne pouvait rien faire) : [il se trouve que] d'autres pays arrivent à s'en sortir, parce qu'ils réforment mieux. »

   
***


Sur le même sujet :

Le micro-crédit en Poitou-Charentes
Vincent Peillon : "il y a pour le pays un problème de gouvernance"
Réactions à la grand-messe TV présidentielle
Le matamore
Ségolène tacle Sarkozy

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lundi 10 décembre 2007

Ségolène Royal appelle à un débat public sur l'indépendance des médias


livreroyal_couvDans son livre, puis sur Europe 1 mercredi dernier, Ségolène Royal avait fustigé le manque d'indépendance des médias.

Elle appelle maintenant à un débat public de fond sur ce sujet (interview Canal+ / Laurence Ferrari, dimanche 10/12/2007 - lien video).

Extraits.

 

Laurence Ferrari : Vous dénoncez dans ce livre la collusion entre les medias et le pouvoir, incarné par Nicolas Sarkozy. (...) Comment cela se traduit concrètement ?

Ségolène Royal : Par exemple avec des sondages très orientés au niveau des questions, par exemple "OpinionWay" relayé par "Le Figaro" et par LCI qui tourne en boucle toute la journée. C'est tout il faut le savoir.
C'est vrai que l'adversaire était très organisé de ce point de vue, très professionnel.

***

   

Laurence Ferrari : Est-ce que vous souhaitez une loi qui réglemente le fait que des grands groupes industriels possèdent des médias ?

Ségolène Royal : (...) Il faut un débat public sur cette question-là. (...)
Il y a des sujétions financières, il y a des connivences qui se font
, tout le monde le sait, je suis sans doute même en-dessous de la vérité. (...)
Je crois que la question c'est un débat de fond sur l'indépendance des médias.

***


Laurence Ferrari : Vous lancez une charge lourde contre les sondages, pensez-vous vraiment que les sondages font l'élection ?

Ségolène Royal : Non, mais je pense qu'un système de matraquage sondagier bien organisé et bien relayé...

Laurence Ferrari : Mais ils disaient tous à peu près la même chose...

Ségolène Royal : Pas tous la même chose, par exemple quand il y a eu des sondages qui affirmaient ma crédibilité économique supérieure à celle de Nicolas Sarkozy (alors que je subissais un procès en incompétence), eh bien ces sondages n'étaient pas publiés.

Laurence Ferrari : Celui du Nouvel Observateur de cette semaine doit vous faire plaisir alors, puisque vous êtes perçue comme le leader principal de l'opposition, pour les sympathisants de la gauche.

Ségolène Royal : Oui mais vous avez vu que le sondage "OpinionWay", comme [par hasard] publié ce matin, dit exactement le contraire.

 

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A lire aussi :

Ségolène Royal fustige le manque d'indépendance des médias
Roland Cayrol dénonce les conflits d'intérêt dans la presse française ("Marianne", 24/11/2007)

Sarkozy en bourreau de la liberté de la presse

 

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vendredi 7 décembre 2007

Ségolène Royal fustige le manque d'indépendance des médias

   

livreroyal_couvQuestionnée par Guillaume Durand sur Europe 1 (lien audio), Ségolène Royal a eu ces paroles claires :


Ségolène
: « Les hommes politiques parfois craignent de dénoncer un système de connivence, parce qu'ils craignent les rétorsions. Moi j'ai dit des choses [dans mon livre] qui sont sans doute même en-dessous de la vérité. De toutes façons les français l'ont bien senti, ils vont de plus en plus voir sur internet, à la source de l'information, pour se faire eux-même leur propre avis. (...) C'est vrai qu'il y a un système médiatico-financier - la France est le seul pays où les grands groupes de presse sont adossés aussi à des intérets industriels et financiers forts, et il y a des connivences et des amitiés, entre Nicolas Sarkozy et les grands patrons de presse. »

 

  • « C’est avec effroi, et honte, que l’on revit, sous la plume de Royal, le récit détaillé des heures de l’entre deux tours où tous les grands médias audiovisuels fermèrent leurs portes, par peur ou sur ordre, à l’organisation d’un débat Royal-Bayrou. »

(Daniel Schneidermann)

   

afp_logo_1_2aSégolène :  « Le patron de l'AFP, qui était [mot inaudible] un militant UMP : (...) c'est quand même lui qui a lâché le soir des résultats des élections législatives, qui n'étaient pas mauvaises pour le PS, l'annonce de ma séparation !
Durand :  - On a cru que c'était vous, à l'époque.
Ségolène :  - On a cru que c'était moi. C'est à dire que tous les français qui étaient devant leur poste de télévision en train d'écouter les résultats des élections législatives - et notamment les élus - ont pensé que pour m'amuser sans doute, et pour faire diversion, j'avais lâché cette information le soir des élections législatives. Or c'est une initiative prise par le directeur de l'AFP, que j'avais eu au téléphone l'après-midi, [en lui demandant] de ne pas diffuser cette information. (...)
Durand :  - Vous pensez qu'ils l'ont fait délibérément pour des raisons politiques ?
Ségolène :  - Oui je pense, bien sûr.
logo_opinionway2Durand :  - Et qu'OpinionWay faisait délibérément des sondages validant la politique de Nicolas Sarkozy ?
Ségolène :  - C'est plus subtil, d'ailleurs ça continue... Quand vous voyez il y a 2-3 jours la "une" du Figaro, sur "les français à fond derrière Sarkozy", et puis que vous regardez en détail les questions d'OpinionWay (parce que les questions font souvent les réponses), par exemple : "Nicolas Sarkozy a-t-il eu raison de parler du pouvoir d'achat ?" Réponse, 80% des français disent "ben oui"... (...) Quand on en déduit que les français sont à fond derrière Nicolas Sarkozy, vous avouerez que c'est quand même assez limite... Et quand il faut regarder de près la toute petite phrase qui dit en revanche que 51% des français ne croient pas en logo_lci2l'efficacité des mesures annoncées, c'est pas ça qui fait le titre du Figaro... Ce processus il a fonctionné pendant toute la campagne présidentielle. C'est-à-dire il y avait les sondages d'OpinionWay, avec le type de questions que je viens d'évoquer, relayés par Le Figaro et relayés ensuite par LCI. »

   

***

      

Le désormais glorieux Roland Cayrol précisait, dans une video (24/11/2007), certaines affirmations de Ségolène Royal.

Extrait :

Cayrol1« Nous sommes le seul pays au monde où les groupes de presse sont dirigés par des industriels ou des financiers, qui ont d'autres intérêts, et des intérêts plus importants, que la presse. Qu'il s'agisse de l'armement, du luxe, de l'eau...

Tous les autres pays ont des groupes de presse et de communication [mais qui] sont fondés autour de cette activité.

Tous les grands groupes [en France] dont je viens de parler sont des groupes qui ont une activité principale, et qui de surcroit ont des instruments de communication, sans doute pour servir aussi leur stratégie et leur politique.

Donc il y a peut-être une réflexion légale à avoir. »

   
   

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A lire aussi :

Opinion way : faux sondages, vraies manipulations
("Betapolitique", 03/05/2007)
Opinion Way devient Opinion War ! ("Marianne", 05/12/2007) 

Sarkozy en bourreau de la liberté de la presse

L'AFP aux ordres du gouvernement ("Plume de presse" 21/09/2007)
Silence de l’opposition ou médias sourds ? ("Agoravox", 07/12/2007)
Roland Cayrol dénonce les conflits d'intérêt dans la presse française ("Marianne", 24/11/2007)

samedi 23 juin 2007

Eloge de Jean-Louis Bianco


bianco_miniJean-Louis Bianco, Secrétaire général de la Présidence de la République de François Mitterrand de 1982 à 1991, puis deux fois ministre de 1991 à 1993, était à l'époque une silhouette discrète. Il fit un retour éclatant sur le devant de la scène, l'année dernière, comme loyal et sans doute premier soutien de Ségolène Royal pour la campagne présidentielle. Il mit à son service toute son expérience et son énergie, et pour commencer son humanité rayonnante. A chaque étape de la campagne, Jean-Louis Bianco était là, en coulisses ou dans les médias, comme co-directeur de campagne mais aussi comme premier porte-parole de fait. Ce fut toujours un régal de l'écouter. Aujourd'hui encore, il est là, fidèle à lui même et à Ségolène :

 


Jean-Louis Bianco à la sortie du Conseil National du PS (23 juin 2007)
(voir sur grande fenêtre)

 

Ségolène Royal a elle-même rendu publiquement hommage à Jean-Louis Bianco :

 


Réunion publique à Digne-les-Bains (jeudi 31 mai 2007)
(voir sur grande fenêtre)

 

Jean-Louis Bianco, réélu député dans son "fief" des Alpes-de-Haute-Provence le 17 juin dernier, n'a pas cherché à camoufler une émotion qui l'honore. Il livrait en mars dernier une sorte d'auto-portrait :

 


(voir sur grande fenêtre)
       

Liens videos.

Jean- Louis Bianco, RMC et BFM TV (8 mai 2007)

Jean- Louis Bianco, EUROPE 1 (4 mai 2007)

Jean- Louis Bianco, RMC et BFM TV (24 avril 2007)

Jean- Louis Bianco - réaction 1er tour (22 avril 2007)

Jean- Louis Bianco - débats participatifs (février 2007)

Jean-Louis Bianco - i>Tele (29 janvier 2007)

   

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Mise à jour 07/07/2007

 

Bianco (PS) invité de Barbier (LCI - 04/07/2007)

      
On notera le débit hystérisé de l'interviewer (un certain Barbier), qui semble vouloir imiter - en le caricaturant - Christophe Dechavanne (il est étonnant qu'aucun contrôle anti-dopage ne soit prévu pour les présentateurs télé). Face à cet olibrius on admirera comme Bianco reste calme et d'un débit égal, déclinant tranquillement, avec une exceptionnelle lucidité, ses analyses sur la situation politique en France.


Presse - Interview Bianco : "Ségolène Royal est tout sauf seule" (06/07/2007)

      
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Presse - Interview Bianco : « Le blues ne durera pas » (03/12/2007)
 

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lundi 28 mai 2007

Le bouffi consternant

   

« (...) des personnes insupportables comme le sont tous les ministres disgraciés et toutes les majestés déchues. Incommodes par leurs prétentions fanées, ces flatteurs du passé savent tout, médisent de tout (...) »

(Balzac, "L'interdiction")

   

All_greL'ex-ministre de l'Education Nationale Claude Allègre vient de déclarer dans une interview à Libération, entre autres propos consternants :

« Ségolène Royal risque de prendre le leadership de la gauche. (...) La seule personnalité qui puisse lui résister aujourd'hui, c'est Bertrand Delanoë. »

Delanoë pour rénover le PS. Pourquoi pas Jack Lang ? Mais l'interview de Allègre a sans doute pour objectif premier de faire oublier son image de traître sortant par la porte arrière du QG de Sarkozy. Assez raisonnablement bouffi d'importance et de suffisance (dans un monde parfait ses propos devraient se trouver disqualifiés d'entrée), Allègre aurait "refusé" un poste de ministre offert par Sarkozy...

Allegre2Allègre, membre du Parti socialiste, avait par ailleurs déclaré le 13 mars 2007 sur RTL (soit 5 semaines avant le premier tout de la présidentielle) :

 « Non, je ne voterai pas Ségolène Royal »

On peut aussi rappeler qu'au lendemain du face à face télévisé Royal-Sarkozy, trois jours avant le vote du second tour, Allègre, dans une démarche dont la félonie n'avait pas grand chose à envier à celle du désormais célèbre Eric Besson, a tout fait pour discréditer Ségolène Royal suite aux propos de celle-ci sur les handicapés (lien).

 

  • « La haine d’Allègre à l’égard de Ségolène Royal est tellement primitive que les médias devraient arrêter de lui passer la parole sur ce sujet. En attaquant Royal de la sorte, il ne se comporte pas comme un scientifique, mais comme un petit minable incapable d’accepter que son ancienne ministre-déléguée l’ait dépassé en matière politique de façon fulgurante. » (Bronstein)

    


Allègre à la soupe sarkozyenne

 

***

 

Sur le même sujet :

 L'allergique à Royal ("Libération")

Grosse ambiance au PS (Olivier Bonnet)

L'immonde raclure Claude Allègre ne vous donne-t-elle pas envie d'y aller à coups de poings sur son visage de porcin fourbe ? (CSP)

Nicolas Sarkozy ? "Il est formidable..." (Guy Birenbaum - "LePost")

   

vendredi 27 avril 2007

Graves pressions sur le débat Royal-Bayrou


François Bayrou accuse (27/04) (Reuters / AP) (lien audio)

Bayrou7    
François Bayrou affirme que Nicolas Sarkozy a exercé des pressions pour empêcher la tenue du débat télévisé qu'il devait avoir avec Ségolène Royal samedi sur l'antenne de Canal+.

"J'ai parlé de la part de Nicolas Sarkozy d'intimidation et de menace. C'est exactement là qu'on en est."

François Bayrou qui, lors de cette même conférence de presse mercredi à Paris, a évoqué "la proximité (de Nicolas Sarkozy) avec les milieux d'affaires, les puissances médiatiques", a dit disposer d'éléments à l'appui de son affirmation que l'ancien ministre de l'Intérieur était intervenu et avait fait pression.

Il a dit s'appuyer "sur des témoignages nombreux (de pressions) adressées pas seulement à la direction de Canal+ mais à tous ceux qui s'intéressaient à ce débat et avaient l'intention de le retransmettre".

"Par toute une série de réseaux, que nous connaissons tous, qui rapprochent de très grandes puissances financières et de très grandes puissances médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, des interventions directes sont faites auprès des rédactions, auprès des chaînes, de manière que l'information se trouve verrouillée." Le dirigeant centriste a affirmé qu'il n"acceptera pas que "dans mon pays on verrouille l'information".

"Je dis avec certitude qu'il y a dans l'organisation de Nicolas Sarkozy depuis longtemps une tentative de verrouiller l'information, que ceci passe par des puissances très importantes que j'ai tout au long de la campagne électorale désignées comme étant un problème pour la France, ce réseau qui fait que se rapprochent de très grandes puissances financières, de très grandes puissances médiatiques et la puissance politique que Nicolas Sarkozy représente".

"Je dis avec certitude que je ne peux pas accepter que cela se fasse et donc, autant qu'il dépendra de moi, je vous dis aussi, contrairement à toutes les informations qui ont été avancées, ce débat aura lieu parce que deux candidats qui représentent 45% des Français, c'est un droit légitime pour les Français de savoir ce qui les sépare, quelle est leur vision de l'avenir. Puisque la confrontation n'a pas pu avoir lieu avant le premier tour, il faut qu'elle ait lieu entre les deux tours".

François Bayrou a réaffirmé qu'il n'était "pas là pour donner une intention de vote". "J'ai dit que je le ferais si je dois le faire plus tard", a-t-il souligné, observant que "nous avons sous les yeux, là aujourd'hui, la preuve, que cette propension ou ce choix de Nicolas Sarkozy de verrouiller l'information et le débat est nuisible pour la France. Je ne laisserai pas faire ce genre de choses".

"On est en train de choisir le chemin d'une régression immense qui met en cause le droit élémentaire des Français à être informés"

"Et songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Alors, qu'en sera-t-il s'il est élu?".

 

***

Ségolène Royal accuse (27/04) (AFP / AP)

Sego_45    
Dans la matinée, Ségolène Royal a réaffirmé sa volonté de débattre avec François Bayrou, dénonçant au passage les "méthodes d'un autre âge" de l'UMP, accusée d'avoir fait pression pour empêcher la tenue de ce débat. "Ces méthodes d'un autre âge n'auront pas le dessus et le débat aura lieu". "Ce débat aura lieu", a-t-elle répété à la sortie. "Personne ne me fera taire".

"Je crois que le système médiatico-financier auquel est lié Nicolas Sarkozy a, comme le dit François Bayrou, essayé de faire en sorte que ce débat (avec le candidat UDF) n'existe pas. (...) Mais les électeurs, les citoyens ont quand même droit à la liberté d'expression de responsables politiques qui veulent parler ensemble de l'avenir de la France."

"J'encourage tous les journalistes à résister aux pressions de toutes sortes. On ne voit ça dans aucun autre pays démocratique. C'est quand même tout à fait surprenant. Cela en dit long sur ce qui se passe et sur ce qui se passerait [en cas de victoire du candidat UMP]."


"Les Français ne veulent pas que le pouvoir soit confisqué entre les mains de quelques groupes médiatiques liées aux puissances d'argent et liées à un candidat. Je crois que ce n'est pas acceptable dans une démocratie et je crois qu'il faudra faire les réformes nécessaires pour mettre fin à cette concentration."


"[Il faut que] les journalistes soient libres. Ce complexe médiatico-financier a été à juste titre dénoncé par François Bayrou parce que je crois que l'objectif, c'était surtout de le faire taire, lui. Il faudra faire les réformes nécessaires pour mettre fin à cette concentration d'un pouvoir financier, industriel et médiatique pour que les journalistes soient libres."

***

   
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) dénonce un "déni de démocratie"
(lien)

SNJ

"Avec le pitoyable feuilleton du débat empêché entre Ségolène Royal et François Bayrou, les médias se trouvent une nouvelle fois au cœur d’une des bavures majeures de la campagne électorale.

L’arithmétique pointilleuse du CSA d’un côté, le poids des sympathies auprès du candidat Sarkozy de l’autre, font que le devoir d’informer subit une entrave insupportable dans une démocratie comme la nôtre.

Les concentrations excessives dans la presse française ; les amitiés particulières entre le monde politique et les directions des médias ; la façon dont sont nommés les membres du CSA, jettent la suspicion sur tout un secteur professionnel et constituent une atteinte directe au droit légitime des citoyens d’être correctement informés.

Le SNJ, premier syndicat chez les journalistes, dénonce avec vigueur ce déni de démocratie. Cette situation le conforte dans sa lutte pour une véritable indépendance des médias, des équipes rédactionnelles, et l’inscription dans la Constitution du droit à une information honnête, complète, pluraliste et indépendante des pressions politiques."

 

Tout ce que Sarkozy a trouvé à répondre à ces gravissimes accusations, c'est son sempiternel refrain (adressé en particulier à Bayrou) :

   
"je trouve ces accusations insultantes et blessantes"

   
Ou l'inverse, il récite cela quotidiennement maintenant. Aucun mensonge, aucun trucage ne l'arrête. C'est ahurissant.

Et le sbire Copé, totalement décomplexé dans le mensonge (on dirait qu'il se singe lui-même), d'en rajouter une louche, à propos de Bayrou :

   
"Je suis scandalisé par les allégations ignobles et indignes d'un responsable politique qui se veut démocratique et respectueux du choix des Français"
. (lien)

 

  • « Tout bien comparé, les vieilles figures de la droite française profanatrice de libertés que furent les Frey, Marcellin, Peyrefitte, Poniatowski et autres, apparaissent désormais comme de bien pâles ancêtres de ce qu’est devenu le candidat de l’UMP, cette hydre médiatique engendrée par les puissances d’argent, brutale et arrogante, et qui s’apprête, sans trop se dissimuler, à faire main basse sur une nation.
    (...)
    La France est devenue le seul Etat démocratique du monde où une confrontation courtoise, souhaitée, décidée par deux candidats à une élection présidentielle, ne peut se tenir parce qu’un individu s’y oppose. Ce même individu peut ainsi imposer sa volonté à l’ensemble de la presse quotidienne régionale, à toutes les chaînes de télévisions, à toutes les stations de radios et à tout le CSA. Tout cela pour éviter une image qui serait pour lui assassine : Royal et Bayrou se serrant la main, tout sourire, puis débattant sereinement, et constatant, qu’au bout du compte, ce qui importe, c’est la défense des libertés publiques et leur volonté commune de faire obstacle à un candidat qui s’apprête à les bafouer. » (FM2007)
  • « Traiter François Bayrou de stalinien ! Ils sont vraiment en train de merder à l'UMP. » (P'tit LU)
  • « Sarkozy (...) a perdu une fois de plus ses nerfs à la simple idée que Bayrou et Royal puissent débattre en public, de façon transparente, démocratique. Le voilà qui trépigne, accuse ses adversaires d'être "staliniens", de "bavasser" ! Cet homme n'est pas tranquille. » (Olivier Bonnet)
   

La chronique de Sébastien Fontenelle

   

"Le candidat soutenu par Berlusconi d'un côté, la candidate soutenue par Zapatero et Romano Prodi de l'autre. Voilà le choix qui est devant vous"

(Ségolène Royal, Meeting de Lyon, 27/04/2007)

    

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Mise à jour 08/05/2007


François Bayrou censuré en direct

 

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Liens complémentaires :

Le danger Sarkozy : Edwy Plenel monte au créneau [medias]

L'intox sarkozyste à son comble

Sarkozy vu par François Bayrou

jeudi 12 avril 2007

Ségolène Royal adoubée par le ministre du Général de Gaulle


Jean-Marcel Jeanneney
, le dernier ministre encore vivant, avec Pierre Messmer, du général de Gaulle, vient de rendre publique une magnifique Lettre ouverte à Ségolène Royal :

    
jean_marcel_jeanneney« MADAME, je ne vous ai entendue et vue qu’à la télévision. Mais vos propos, votre manière d’être, ont fait que, depuis plusieurs mois déjà, j’étais enclin à voter pour vous le 22 avril. Ayant lu attentivement votre livre, "Maintenant", je ne doute plus de le faire.

Je suis un très vieux monsieur. Ministre du Général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l’honneur d’être reçu par lui à Colombey, après qu’il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu’il avait décidé.

Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n’a guère eu de chef d’Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu’allait être l’évolution du monde et percevant ce qu’étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n’ai jamais cru à la possibilité d’un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers.

segolene_royal_0002Cela dit – et sans vouloir vous écraser sous une telle référence en vous assimilant à cette très haute figure – j’ai le goût de vous dire que je constate d’assez nombreuses analogies entre ses idées et les vôtres, telles qu’elles apparaissent au long de vos trois centaines de pages. D’abord le volontarisme politique, puis l’attachement à la nation, à son passé et à son avenir, comme fondement nécessaire aux solidarités entre les individus vivant sur son sol ; la prise en compte des aspirations populaires mais sans soumission systématique à l’opinion ; l’idée, que de Gaulle énonça dès mars 1968 dans un discours à Lyon, que les activités régionales sont les ressorts de la puissance économique de demain ; encore, le fait que la France, dans un mode menaçant, ne doit pas renoncer à une puissance militaire forte.

Entre vous et lui, il est encore un trait commun : quand on lui exposait un problème de façon abstraite, il vous interrompait : "Alors ! Pratiquement, que proposez-vous ?" Or toujours vous proposez ou esquissez une solution concrète.

J’ajoute que vous rejoignez le général de Gaulle sur trois points, de grande importance. Le premier est la sobriété que vous voulez dans le comportement quotidien de la présidence de la République et du gouvernement. Le deuxième est le recours à l’article 11 de la Constitution, que vous devrez inévitablement utiliser pour modifier celle-ci, en particulier concernant le Sénat. Le troisième est que, comme lui, vous vous appuyez sur un parti, ce qui est indispensable, mais que, comme lui, vous êtes d’un tempérament assez fort pour pouvoir, quand besoin est, vous en affranchir.

Madame la candidate, je vous souhaite de tout cœur bonne chance et vous assure de la grande considération que j’ai pour votre culture gouvernementale, pour votre intelligence, votre sensibilité et votre caractère.

Jean-Marcel Jeanneney »

   

Après la lecture de cette lettre, qui fera date dans l'histoire de cette campagne, il est admirable de constater comme tous les miasmes de synthèse que s'efforcent de diffuser les Elkabbach Guiesbert Sarkozy et consorts semblent soudain s'être évaporés: l'air est comme purifié.

 

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Mise à jour 13/04/2007


  • « Au moment même où le nabot de labo joue les apprentis sorciers avec ses éprouvettes à gènes et sa bouillie de culture identitaire, l’intrusion du discours d’extrême droite est susceptible d’ouvrir les yeux aux hésitants. A ceux que l’idéal éloigne de la réalité, qui peinent à hiérarchiser les problèmes, les valeurs et les enjeux je dis ceci : Lisez et relisez la magnifique lettre que Jean-Marcel Jeanneney a adressée à Ségolène Royal. (...) Observez la lente mais sûre fusion des thèses du candidat de l’ UMP avec celles de JMLP, qui n’est que le prélude à un accord politique, assumé ou implicite, pour le second tour de la Présidentielle. Maintenant, vous disposez de tous les éléments pour peaufiner l’analyse du risque et déterminer votre choix. Désormais, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas

(héron Gris)


  • « Il est faux de dire que Sarkozy est un démocrate. Utiliser les moyens de l'Etat (CRS, flicaille, hélicoptères, RG, corps préfectoral, fonds publics) à des fins personnelles, opérer un verrouillage médiatique en règle, pratiquer la connivence médiatico-politico-financière, manipuler un populisme hyper-conservateur qui emprunte tantôt à la Scientologie tantôt au darwinisme social, proférer des propos racistes, manifester des réactions violentes (appels répétés aux cassage de gueule d'adversaires politiques), utiliser la corruption à grande échelle, ce n'est pas être démocrate. »

("Cabinet de Subversion")

 

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Mise à jour 30/04/2007

   

Après sa désormais fameuse Lettre ouverte à Ségolène Royal, Jean-Marcel Jeanneney s'adresse aux français en video :

Six vidéos de Jean-Marcel Jeanneney, ancien ministre de De Gaulle : "Nicolas Sarkozy a un effrayant appétit de pouvoir, il faut soutenir Ségolène Royal" ("Bétapolitique.fr")

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mercredi 11 avril 2007

Elkabbach


Elkabbach2

 

Les guignols de Canal + semblent avoir visé juste. Que l'on en juge : le 1er avril sur Europe1-TV5, dans l'émission Le grand rendez-vous, tandis que Ségolène Royal parlait, Jean-Pierre Elkabbach, ce suppôt sans honte du candidat voyou Sarkozy, Elkabbach affectait ostensiblement de remuer des papiers : à tel point que Ségolène dut lui adresser un "ça va je ne vous dérange pas trop ?" !

 

"Je vous dérange pas trop ?"

   

Au lendemain du second tour et de l'accession de Ségolène à la présidence, Elkabbach, cette triste figure (sur laquelle paraissent comme imprimées les marques de ses nombreux abaissements), cette honte de sa corporation, partira directement à la retraite : ce ne sera pas cher payé.

 

Mise à jour

   
En fait c'est pire.

  • « Ce tacle de SR vis à vis d'Elkabbach vient en fait après un premier incident : Elkabbach a donné une pièce d'un euro au directeur du journal "Le Parisien" alors que Ségolène Royal venait de féliciter celui-ci de sa question. Pendant que Ségolène Royal répondait à la question posée, Elkabbach a ajouté : "vous le partagerez équitablement avec vos collaborateurs" faisant référence au partage équitable des bénéfices prôné par Ségolène Royal. Il a tout fait pour déstabiliser de manière déloyale la candidate. » (Richard...)

   
L'émission intégrale est disponible ICI.

   
Perturbations de Elkabbach à 32'00 (1 euro) et 34'20 (papiers remués). Tout au long de l'émission Ségolène Royal est irréprochable, de clarté, de patience, elle ne se désunit jamais : ceci malgré l'attitude escagaçante d'Elkabbach qui de plus semble, par on ne sait quelle aberration de ses synapses, se croire supérieur à la femme qu'il a en face de lui. Tout son être respire le manque de respect. Elkabbach a sans doute déjà essuyé plus d'une gifle dans son existence de laquais : mais sa carrière ne pourra raisonnablement se conclure sans une dernière et magistrale, administrée par un bienfaiteur à moi encore inconnu.

Ne pas manquer le passage suivant, à 38'30. Elkabbach s'énerve et devient carrément agressif (sa face en vient même à s'emplir de haine) : il est magistralement renvoyé dans les cordes par Ségolène (« je ne voudrais pas être discourtoise avec vous » - admirable sous-entendu à la propre attitude d'Elkabbach - « mais vous avez une vision un peu dépassée de la politique » ; ceci après l'avoir toisé et tenu en respect). Elkabbach fulmine, c'est un délice.


  • « Duhamel et Elkabbach, qui sont les derniers avatars du giscardisme et que j’ai eu la faiblesse amusée d’utiliser à mon tour… J’ai déjà évoqué ces figures là, et je ne nourrissais guère d’illusions à leur sujet. Ils détestent Ségolène Royal car elle ne les considère pas, leur activisme destructeur contre elle ne me surprend pas. »

(François-Mitterrand-2007)

   


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Mise à jour 17/04/2008


Elkabbach joue les M. Propre du Net... (Marianne2)

« Journaliste, éditorialiste et intervieweur depuis plus de 40 ans, il aura fallu attendre Internet pour que Jean-Pierre Elkabbach se pose des questions sur la pratique journalistique. »


   

Mise à jour 23/04/2008


A propos du faux scoop sur la mort d'un animateur télé, diffusé sur l'antenne d'Europe1, Jean-Pierre Elkabbach s'écrie emphatiquement :

« C’est la première grande faute de ma carrière »

   
Le passage de ce "scoop" sur les ondes d'Europe 1 avait été ordonné par JPE lui-même (avant les vérifications d'usage par la rédaction), ce qui ne l'a pas empêché de déclarer courageusement :

« J’assume personnellement une erreur collective »


  • « A cause de Jean-Pierre Elkabbach, l’image d’Europe 1 s’est cradifiée, entre le Sarko-Show, les Sarko-interviews et ce qui se passe aujourd’hui. » (un journaliste d'Europe 1)

 

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A lire aussi :

Elkabbach menace d’« allumer » un opposant à Juppé ("Bakchich", 29/04/2008)
Elkabbach et la confraternité (Daniel Schneidermann - "Libération", 28/04/2008)

« Ta gueule Elkabbach » ("Bakchich", 20/04/2008)
Conformisme De L'Anticonformisme: Rions Un Peu Avec Jean-Pierre Elkabbach ("Vive Le Feu!", 05/09/2007)
Brèves de campagne (1) : Intimité, équité, inspiration, sondages ("Acrimed", 15/02/2007)
Jean-Pierre Elkabbach sert la soupe à Nicolas Sarkozy sur Europe 1 ("Acrimed", 21/11/2006)
Taisez Vous, Elkabbach ! ("Vive le feu !", 06/09/2006)

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