mardi 20 octobre 2009
Impact de l'affaire Jean Sarkozy sur l'opinion : une petite manipulation dans "L'Express"

L'Express ose ce titre ce matin :
La popularité de Sarkozy peu affectée par l'affaire de son fils ("L'Express")
Concernant cette cote de popularité, le résultat final du sondage sur lequel se base l'article (sondage d'ailleurs convenablement présenté par l'IFOP) se trouve être la moyenne entre 2 vagues de sondages : la première effectuée avant l'affaire Jean Sarkozy (JS), la seconde pendant (car nous y sommes encore).
Ce système atténue la baisse de popularité du président de la République. De la 1ère à la 2ème vague il descend de 39 à 37% d'opinions favorables, soit une baisse de 2% : le double du résultat final publié (et pris en compte par L'Express), résultant de la moyenne des deux vagues de sondages (1% de baisse, 38% d'opinions favorables).
Bref se baser sur un sondage dont la moitié est effectuée avant l'affaire JS, pour conclure en titre que cette même affaire JS résonne peu sur la popularité de Sarkozy : est-ce bien raisonnable ?
A noter que la 2ème vague du sondage montre un très net impact de cette affaire Jean Sarkozy sur l'opinion, par rapport aux autres sujets de mécontentement :
On peut saluer la façon non équivoque dont l'IFOP présente cette 2ème vague de son sondage (on aurait aimé retrouver le même parler vrai dans l'article de L'Express) :
« Le paysage change assez radicalement au cours de la seconde semaine d’enquête. Ayant été « sorti » par le Journal Le Parisien le 8 octobre, l’annonce de l’arrivée probable de Jean Sarkozy comme président de l’EPAD allait provoquer de très nombreuses réactions dans l’opinion publique. Alors qu’elle n’existait qu’à l’état résiduel la première semaine (1 % de citations), la critique, de ce que bon nombre d’interviewés ont perçu comme une nomination, est évoquée entre le 15 et le 16 octobre par pas moins de… 46 % des personnes se disant mécontentes. A la récurrence impressionnante des citations s’ajoute la virulence des propos. On parle de népotisme, du « prince Jean » et Nicolas Sarkozy est parfois comparé à Louis XIV… »
« L’arrivée à un poste stratégique de ce jeune homme, sans réelle expérience professionnelle ni diplôme heurte et interroge sur le fond. Elle est également perçue comme remettant en cause des principes républicains, certains interviewés ayant d’ailleurs noté le décalage avec le discours prononcé au même moment par Nicolas Sarkozy sur le lycée, symbole de la méritocratie. »
(source)
Instructif commentaire en ligne sur le site du Monde :
- « Au second tour, David Douillet a recueilli 12.203 suffrages, soit 17% des électeurs inscrits. Son prédécesseur en avait recueillis 19.321 (soit 27% des inscrits) en 2007 et 23.014 (soit 35% des inscrits) en 2002. Depuis 2007, 7118 électeurs des Yvelines ont donc abandonné Sarkozy. Désaveu patent. Et avec la mascarade déshonorante de l'EPAD, ça ne va pas s'arranger. Les gesticulations haineuses de la "famille" Sarkozy ne doivent pas intimider les journalistes, acteurs de la démocratie. » (Electrice UMP (mais sachant compter) 20.10.09 | 14h50)
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Sur le même sujet :
Liberté de la presse : la France s'enfonce encore (et toujours...) ("Les mots ont un sens")
vendredi 6 juin 2008
Un communiqué UMP dans "Le Monde"
Philippe Ridet, journaliste au "Monde"
Hier, quelques points grappillés par Sarkozy dans un sondage (TNS Sofres pour Le Figaro Magazine). Pas de quoi fouetter un chat. Aujourd'hui, nouveau sondage (CSA pour Le Parisien et iTELE) : le Nouvel Obs en ligne titre sobrement Sarkozy et Fillon se maintiennent (+1 pour Sarkozy et = pour Fillon).
Je me dis : si certains ont titré hier sur une "remontée" de Sarkozy, ils ont oublié que ces genres de titres, il y a un mois, étaient contredits par le sondage du lendemain. En prenant un peu de recul (par exemple en consultant les courbes sondagières de Dedalus, ICI et LA), on pourrait titrer simplement : "Sarkozy enraye sa chute dans les sondages".
Mais en consultant Le Monde en ligne, un titre cingle :
« Un premier frémissement dans l'opération reconquête de Nicolas Sarkozy »
Diable ! Opération reconquête ! Frémissement ! Les mots "Philippe Ridet" me viennent aussitôt à l'esprit. Je déroule l'article pour voir le nom du signataire : banco.
Cet article, sorte de communiqué UMP mâtiné de quelques demi-phrases censées faire contrepoids ou servir de gage à l'"impartialité" du journaliste, est d'une courtisanerie aveugle, hallucinée (en particulier lorsque l'on sait que le fidèle Ridet se targue d'indépendance ou de juste distance vis à vis de celui qu'il a été chargé de suivre durant toute la campagne présidentielle).
Si l'on s'intéresse de près au plus récent des deux sondages cités par Ridet (CSA des 4 et 5 juin ; l'autre sondage plus favorable, TNS Sofres, date en fait des 28 et 29 mai : très exactement le lendemain de la pure opération de "com", si outrageusement médiatisée, de Nicolas et Carla à Rungis - Ridet équilibre d'ailleurs cette date faisandée en mettant glorieusement en avant la date de parution du journal commanditaire de ce sondage plus ancien : « 7 juin » !), si l'on s'intéresse donc au sondage le plus récent on s'aperçoit que les opinions négatives envers Sarkozy augmentent ! En fait il y a dans ce sondage moins d'indécis : le gain est équitablement réparti entre bonnes et mauvaises opinions (et d'ailleurs les variations sont non significatives : de l'ordre de 1%).
Bizarrement, Philippe Ridet oublie de mentionner dans son article un troisième sondage, pourtant postérieur au TNS Sofres des 28 et 29 mai : LH2 pour nouvelObs.com (30 et 31 mai). Dans ce sondage, qui « confirme la crise de confiance à laquelle est confronté le pouvoir » (dixit LH2), la cote de Sarkozy reste stable, au « plus bas niveau enregistré par cet institut depuis l'élection du président le 6 mai 2007 » (source). Mais, manifestement, il tardait à Philippe Ridet de pouvoir placer «frémissement » et « opération reconquête » dans un titre... Et d'amorcer ainsi son article, après les présentations d'usage :
« De quoi redonner le sourire à l'Elysée »
Nul doute en tous cas que l'article de Philippe Ridet y contribuera. En comparaison, l'article du Figaro sur le seul sondage "TNS Sofres" pourrait presque servir de modèle d'objectivité (il pointe par exemple la hausse du nombre de sondés prévoyant «beaucoup » de conflits sociaux dans les mois à venir).
- « Fantastique ! on se sent tout de suite mieux. Le Monde, nouveau panneau publicitaire au service de l'Elysée ? » (MICHEL Z.)
- « J’ai toujours en tête la déclaration de Ridet lors d’un Arrêt sur images consacré à la connivence entre Sarkozy et la presse et plus particulièrement entre lui et Sarkozy : ”J’espère qu’il m’aime bien”.** Chien fidèle. » (L'autre)
** La phrase exacte était : "peut-être par ailleurs il m'aime bien" (source - video n°1 à 2'35). Ce qu'a capté et gardé en mémoire le commentateur "L'autre", c'est manifestement le sentiment profond de Philippe Ridet.
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Mise à jour 08/06/2008
« De la pâtée pour chats »
Une video de Dominique de Villepin, invité de l'association "Dauphine Discussion Debat", vient d'être rendue publique. Extraits, sur la presse en France :
« Je trouve dommage pour ma part que trop souvent les médias soient dans la main d'industriels, qui sont partie prenante du jeu politique et du jeu économique - il y a une consanguinité (...). L'esprit de cour c'est une véritable vérole. (...) On n'a pas à lire la "Une" de certains journaux comme on lit les bulletins officiels ! Je vous promets que dans certains cas, l'époque impériale à bien des égards paraissait plus libre que parfois la lecture des quotidiens nationaux ! (applaudissements) J'estime qu'il y a un besoin d'indignation, un besoin d'audace dans la critique, qui fait défaut. Si
vous lisez la presse de l'entre-deux guerres dans notre pays,
croyez-moi elle est infiniment plus venimeuse, à certains égards infiniment plus courageuse, que ne l'est la presse d'aujourd'hui !
(...) En général je lis la presse dans ma voiture. Heureusement que mes
trajets se sont raccourcis, parce que au bout de 5 minutes il n'y a
plus rien à lire ! Ca/on manque de nourriture ! Tout tourne en rond, tout tourne en boucle, c'est toujours la même chose, c'est vraiment de la pâtée pour chats !
(...) On ne demande pas à des journalistes de répéter en boucle ce
qu'ils ont entendu dans les arrières-cours de l'Elysée, de Matignon ou
des gouvernements. (...) On a le sentiment que on peut annoncer
n'importe quoi, ce sera repris tel quel... »
(Dominique de Villepin, 06/05/2008 - source)
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A lire aussi :
Les journalistes et Sarkozy, retour sur lune de miel ("@rrêt sur images")
Fidèle Ridet! ("Vive le feu!")
Philippe Ridet, ta gueule, merci. ("Cabinet de subversion")
Le Monde : un journal corrompu ("antennerelais")
Le corporatisme de Philippe Ridet ("Pensées d'outre-politique")
Dominique de Villepin dénonce "l'esprit de cour" de la presse française ("Nouvel Obs")
jeudi 22 mars 2007
Un sondage bien peu divulgué
Intéressant sondage (BVA en face à face du 15 au 17 mars auprès d’un échantillon de 1090 personnes, pour Metro et L'Express) :
- 1. Ségolène Royal 36%
- 2. François Bayrou 33%
- 3. Nicolas Sarkozy 29%
Il faut faire une recherche sur le site de BVA pour obtenir l'intégralité du sondage (fichier pdf à télécharger), qui consiste précisément en ces questions et réponses :
Vous personnellement souhaitez-vous la victoire de Ségolène Royal à l’élection présidentielle de 2007 ?
=> oui 36%, non 49%, ne sait pas 15%
Vous personnellement souhaitez-vous la victoire de François Bayrou à l’élection présidentielle de 2007 ?
=> oui 33%, non 48%, ne sait pas 19%
Vous personnellement souhaitez-vous la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007 ?
=> oui 29%, non 55%, ne sait pas 16%
On constate que Sarkozy, ce danger public (d'autant plus que ce fou caractériel aspire à diriger le pays), cet homme aux nerfs malades, bref ce danger pour la République, remporte la palme absolue du refus : le bon sens reste donc la chose au monde la mieux partagée.
Bizarrement, aucune mention de ce sondage, pourtant fort éloquent, sur les ondes ce soir...
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Mise à jour 27/03/2007
Ségolène Royal => oui 36%, non 48%, ne sait pas 16%
Nicolas Sarkozy => oui 30%, non 53%, ne sait pas 17%
François Bayrou => oui 28%, non 53%, ne sait pas 19%
http://www.bva.fr/data/sondage/sondage_sondage/539/sondage_fichier/fichier/souhaitdevictoire_30b3c.pdf
Ceci n'empêche pas BVA de faire la "une" sur sa page d'accueil avec le commentaire suivant (sur un sujet on ne peut plus secondaire donc) :
- "Les propos récents de Ségolène Royal sur le thème de la défense de l’identité nationale ne paraissent pas lui avoir été particulièrement bénéfiques. A ce sujet, elle apparaît moins crédible que Nicolas Sarkozy (27% au lieu de 34%), mais davantage que François Bayrou (20%) ou Jean-Marie Le Pen (9%)."
BVA est obligé de faire son boulot de sondeur : pour ce qui est de la présentation des résultats (sur son site tout au moins), c'est manifestement une autre affaire...
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Mise à jour 17/04/2007
Un sondage escamoté par la presse ce matin ("50/50 au 2ème tour")
- « Les médias sont à droite, presses et télévisions, mêmes les chaînes du service public : France 2 et France 3. Pour exemples : Hier soir, France 3 dans l'édition du "Soir 3" après avoir affiché que pour la première fois Ségolène était à 50 - 50 avec Sarko au 2ème tour, a diffusé un reportage sur les indécis. Toutes les personnes interrogées étaient de gauche et se demandaient si elles allaient voter pour Bayrou à la place de Ségolène. Etonnant, non ? Ce matin, ni le journal "Le monde", ni le journal "Libération", ne publient le nouveau sondage ! "Libération" ne parle même pas du meeting de Ségolène d'hier soir à Nantes. La première leçon de cette élection est que la gauche au pouvoir doit changer les têtes. Depuis vingt ans, je travaille à l'info sur une chaîne publique, c'est la première fois que la rédaction est aussi partisane, et à droite, dans les mains d'une direction et de rédacteurs en chef qui imposent leur ligne éditoriale : A droite toute !J'ai honte de travailler dans ces conditions.Avant, les journalistes de gauche contoyaient des journalistes de droite. Chacun faisait son travail. Tous étaient vigilants. L'équilibre était respecté au sein de la rédaction.Depuis un an, la direction a fait le ménage, les journalistes de droite ont pris le pouvoir.Le pire est à venir si Sarkozy est élu. » (Alain, 17/04/2007, ici)
Le texte du sondage escamoté est disponible ici (sondage réalisé par téléphone le 16 avril auprès d'un échantillon de 1006 personnes).
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