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Le philosophe et écrivain Emile Chartier dit Alain (1868-1951), encore trop méconnu ou sous-estimé, écrivait en mars 1914 :

« On se demande souvent pourquoi les réactionnaires se fient à des traîtres, qui ont suivi visiblement leur intérêt propre, et vont ingénument du côté où on sait louer. Mais justement la trahison est une espèce de garantie, si l'on ose dire ; car l'intérêt ne change point ; il n'est pas tantôt ici, tantôt là ; il tire toujours à droite. En sorte que celui qui a trahi le peuple apparaît comme dominé pour toujours par le luxe, par la vie facile, par les éloges, par le salaire enfin de l'Homme d'Etat. L'autre parti n'offre rien de pareil. Il n'y a donc point deux tentations, il n'y en a qu'une. Il n'y a point deux espèces de trahison, il n'y en a qu'une. Toute la faiblesse de n'importe quel homme le tire du même côté. La pente est à droite. »

Source : Propos n°240, Propos Volume II, Bibliothèque de la Pléiade.

 

Mise à jour juin 2011

Pour compléter le portrait, étonnant témoignage signé Bruno Roger-Petit (12/2009) :

« [...] Besson. Il suffit de l’écouter pérorer toute une soirée dans un cadre privé, l’entendre accumuler les mensonges, les manipulations, les amalgames, étaler une inculture étonnante pour un ministre de ce rang, recracher les mauvaises fiches argumentaires de Guaino pour se faire une idée du personnage. Et là, je parle d’expérience. J’ai vécu une soirée de ce type à laquelle j’avais été convié; j’ai vu, entendu Besson et suis reparti de ce dîner débat horrifié par le personnage, son inhumanité, son narcissisme, son agressivité et me suis juré de ne plus répondre à des invitations dont Besson serait la vedette. En vingt ans de journalisme politique, je n’avais jamais vu un tel caractère [...]. »
   

Une fois mieux cerné le personnage, on comprend mieux la toute récente réaction du ministre Besson : indisposé par un travail journalistique sérieux, il quitte tel un gamin capricieux le plateau de M6 en plein enregistrement d'émission.