nicolas_sarkozy_le_7_jubLe candidat Sarkozy, ex-ministre de l'Intérieur, se révèle un effroyable truqueur, un menteur éhonté, il ne peut se départir de cette attitude, on dirait même que son départ du ministère l'a lâché ou libéré.

On ne sait si les évènements de la Gare du Nord sont le pur fruit du hasard : reste que la façon dont Sarkozy cherche à en tirer parti atteint au scandale, frise l'insoutenable. En déclarant par exemple :

  • « Si Mme Royal veut régulariser tous les sans-papiers et si la gauche veut être du côté de ceux qui ne payent pas leur billet de train, c'est son droit »
  • « Cette gauche qui voudrait nous faire croire que les voyous qui ont tout cassé à la gare du Nord étaient juste révoltés par l'injustice, cette gauche-là a perdu tout sens moral ».
  • « L'ordre juste c'est quand ceux qui ne veulent ni étudier ni travailler ont le droit de piller un magasin pour se procurer des chaussures de sport sans avoir à les payer! »

   
Appeler un chat un chat est un devoir de citoyen à la veille d'un vote : le voyou Sarkozy doit être confondu. S'il continue ainsi on ne peut exclure qu'il finisse en prison (on sait par exemple qu'il pourrait déjà être poursuivi pour prise illégale d'intérêt voire pour corruption passive, suite à ses manoeuvres frauduleuses lors d'une opération immobilière sur l'Ile de la Jatte, manœuvres qui lui ont permis d'économiser personnellement des centaines de milliers d'euros lors de l'achat de son ex-appartement à Neuilly).  

 

« La seule cohérence de [Sarkozy] est le pouvoir [...]. Il agit en fait comme le petit voyou qui peut dire tout et son contraire quand il est pris la main dans le sac, qui persiste dans ses mensonges, qui change de vérité à tout instant, qui se victimise, qui s’insurge, qui accuse les autres. Un voyou utilise tout ce qui est à sa portée pour réussir son coup. Sarkozy dans ce sens-là est un voyou. Du reste son langage et son comportement y font penser. »

(Imhotep, Agoravox)

  

 

Mise à jour 22 février 2012

Depuis son entrée officielle en campagne il y a une semaine, Sarkozy tombe à des niveaux de bassesse, de manipulation, de foutage de gueule, de vulgarité, qui étonnent même des observateurs avertis (car enfin il est encore en poste à la présidence de la République).

Dans son désormais classique Après la démocratie (2008), Emmanuel Todd écrivait, à propos de ces évènements de la gare du Nord :

« [...] le 26 mars [2007], Nicolas Sarkozy quittait le ministère de l'Intérieur. Le lendemain, à la gare du Nord, des affontements  spectaculaires opposaient bandes de casseurs et forces de police. Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, le sondage TNS Sofres dit de "sortie des urnes" indiquait que ce qui avait le plus influencé le vote des électeurs de Sarkozy était, mentionné par 43% d'entre eux, le choc de la gare du Nord.

L'enchaînement des faits, leur importance obligent à s'interroger (ce que la presse n'a pas fait) sur la spontanéité de ces affrontements. L'agent provocateur, après tout, est une figure familière dans l'Histoire. [...] l'épisode de la gare du Nord a joué un rôle central dans la campagne présidentielle. Jamais Nicolas Sarkozy n'aurait atteint 31% des suffrages au premier tour sans le climat de fièvre qu'engendra cet évènement, pas seulement en lui-même mais aussi et surtout parce qu'il rappelait la grande flambée des banlieues survenue 17 mois auparavant. »

(p. 151-152 en poche)

  

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A lire aussi :

«Ça va encourager les gens à voter à droite» (Liberation.fr, 30/03/2007)

La nausée (Coulisses de Bruxelles, 31/03/2007)